‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 21 sur 118 · ACCROISSEMENTS · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENTS

En 1904

En 1905

En 1906

'Histoire d'Europe comprend YAllemagney V Autriche^ lussie^ la Belgique^ la Hollande^ la Suisse. L'Histoire enne comprend la Turquie moderne C'est ainsi. L'Hisi ecclésiastique comprend 7.666 pièces de Procès de canotion. Quand on élit un pape, elle g-randit un peu. Seule itoire A* Allemagne^ de Russie ^ etc., a un accroissement îux, quelque chose comme 5o mètres par an dont la moitié r les journaux. La Gazette de Cologne^ qui a encore à :endre six étages à toute réquisition, song'e à déména|si;'or. es longs greniers contournent les deux cours, longent la de Richelieu et celle des Petits-Champs. Une suite de 5s coupées en deux étages contiennent des doubles. Voici s la rotonde, à l'angle des deux rues, les 5i3 volumes ^el de Thoisg, pièces imprimées et manuscrites. On aperce Tétuve », ou atelier de photographie, et l'on peut redes- Jre aux salles où dorment un million de cartes géographis, qui ont leur salle de travail spéciale. ËnHn des portes l-rilles à fer séparent des autres sections, la salle publique 3s cinquante mille volumes, les Manuscrits, les Médailles, Estampes, la Réserve.

Béseroe. — Kappeious que nous n'avons point dans ce livre voulu parler des manuscrits ni même en général des livres anciens. (Jn tour dans la Réserve des imprimés vaudrait une description eu plusieurs volumes.

Le public était admis autrefois à Tentrée, rotonde où Ton conserve le cœur de Voltaire. Il entrevoyait, derrière une belle grille, la grande salle à deux étag'es où dorment environ cent mille volumes, rares, précieux, bien reliés, ou subversifs. On y met en principe tous les ouvrages tirés à moins de cent exemplaires, s'ils ne sont pas de simples tira;s|fes à part. On y compte 5.3oo volumes de poésie française, 4*ooo ouvrages de théâtre français, 3. 800 romans, 2. 620 livres sur vélin, 583 volumes nains, 5i impressions xylograpliiques, etc.

Enfer. — Une armoiredefer située tout au fond a été baptisée du nom très excilant iV Ënfi^r, Elle contient environ goo volumes, qui ne sont pas tous obscènes, ni même tous imbéciles. La renommée décide de l'eutréede l'Enfer, y ue de cochonneries sont communiquée.s librement, non seulement sur les rayons de la bibliutliè({ue, mais chez les marchands de journaux, en face, alors que de fades niaiseries ont l'honneur de voisiner avec les nombreuses éditions de Justine ^à^^Gamùmiy du ^*ortler des Churtreux, sans compter de simples barbouillages de maniaques, gravures découpées et aggravées au crayon à la manière d -s potaches. L'administration^ qui a le souci de la santé des lecteurs, exige une lettre, des a motifs scientifii^ues », surtout au printemps, pour communiquer tel ou tel de ces volumes; on ne donne pas d'autorisation générale.

Romans.

Et maintenant, voici la galerie la plus morne, la plus abandonnée, et la plus longue : celle des romans. Elle prolonge celle des livres de voyages, et de l'histoire du Monde : c'est la galerie de l'Imaginaire, Thistoire de tous les pays où l'on voudrait aller. Qu'ils existent ou non,ilssont toujours ailleurs.

Voici la poésie d'un peuple qui ne chante plus.

Ces combles, gi'eniers transformés et mansardes, vont de la rue Colbert k (^elle des Petits-Champs. Romans et voyages y sont log/'s. Ils sont bien. Ils ont là du silence clair et gai. Car c'est là qu'il fait le plus de silence de tout le vaste bâtiment. C'est tant de silence qu'on se croità des catacombes claires. A droite, à gauche, les livres bien rangés... pas un bruit. On peut marcher, aller longtemps, droit devant soi...

Ah ! s'ils se réveillaient ! Si ces romans allaient nous dire leurs histoires 1 Folies et horreurs., — tant de crimes sont là ! Los dents claqueraient à cette danse macabre... Mais non, ce sont des bouquins bien vieux, bien sa^es, bien morts, ils sont là depuis cent ans, depuis plus... Ce Jacques le Fataliste a cent ving't ans ; on Ta chang'é de place, mais on ne Ta pas coupé 1 Ce sont les anges, enfants qui moururent avant de vivre, livres que Ton a rangt^s avant de les avoir lus. Et c'étaient des romans, des choses pour amuser...

Où donc est-on? Quel cloître, quel asile, quel tombeau... On est rue de Richelieu. Les livres étoufFent le bruit et capitonnent les murs. Soudain le mur craque. Qu'est-ce là ?

Rien, rien. Nul mort ne s'est mis à parler, mais le gros omnibus de BatignoUes, quand il passe, ébranle le pavé, les itiurs, et jusqu'aux livres de Colbert qui dorment ici.

On va. Nul ne passe ici qu'un gardien, de loin en loin. Au centre môme de la ville, du vacarme et de la bousculade de g'ens à tête calme, c'est une rue de livres pleins de fièvre qui ne remuent pas I Ils sont en ligne comme des soldats à la revue. On peut passer de rang en rang, les appeler : toi, ton it«re ? D'où es-tu? Ton métier ?

Les vieux, très vieux... Ils ont des tomes et des tomes. Les chevrons de ces grognards ne se peuvent compter. Ils sont petits, sombres, sales, teint jaune, leur habit s'use. Ils sont Solides pourtant. Ils firent campagne, jadis, on les a lus, relus. On ne les lit plus, maintenant.

C'était alors toute une vie que de lire un roman. On commençait un livre ainsi qu'on se fiance. C'était très grave. Ou engageait là des années...

Clélie! Cjrusl Pays du Tendre I Scudéryl Oui... ces escouades de petits volumes rabougris. Dix-huit tomes I On vivait avec ces héros-là. Ils donnaientaux vies plates de magnifiques aventures, les gorgeaiont d'extraordinaire. Mais leurs passions étaient toutes simples, graves, et saines. Ah ! des femmes» y en a-t-il 1 De la femme partout. De siècle en siècle les malheureuses coulent du roman. On croit que cela auj^cmente, mais non, cela s'oublie. On voit plus leurs portraits, elles affichent plus crûment leur inversion, ou leur appel au mâle de coquettes mal tenues ; tant d'idéal en tas a comme une odeur g^sse. Mais quand toutes ces chaleurs se sont éteintes, il xtîste quelques gravures de mode dont le ridicule platt, et les x^its de celles qui surent raconter des histoires aux enfants*

Est-ce que c'est vrai qu'on n'en écrit plus, de romans? Est-ce vrai qu'il n'y a plus que les femmes qui en font ? Pourtant on cite ceux... Peuhl des femmes aussi.

Il y avait ici en 1876 70.290 romans, format moyen. Plus 5.195 in-4^t i3 in-folio, 1.658 brochures et 3.718 mis à part comme livres rares.

En 1897, '^ ^^^^^ ^^^ 116.824» exactement, ce qui fait, pour les formats moindres que rin-4®, 33.227 romans nouveaux venus s'ajouter depuis 1876. En octobre 1908, nous avons relevé le chiffre de 55.780 romans pour cette série, d*où sont exclus 10 à i5.ooo volumes parus depuis 1877 : rééditions, livres de prix, librairie de la jeunesse, etc. Nous trouvons & peu pi^s, en partant de 1877, et de 5 ans en 5 ans : 5. 000 volumes, 5.200, 5.700, puis, de 1892 à 1897, baisse : 4*2oo. De 1897 à 1902 baisse : 3.3oo. Enfin de 1902 à 1907 près de 4.000. En 1904 : 706; — 1905: 1.021. — 1906 : 859. — 1907 : 8i4 et pour 10 mois de 1908, 56 1 .

Ces chiffres nouveaux sont très approximatifs, mais s'efforcent de ne comprendre que les volumes, en général in- 18, dits à 3 francs, presque tous pareils de format à un dixième près, et donnent une idée du mouvement de la librairie des romans. Dans la dernière période le chiffre est sans doute bien trop fort. Il s'y môle pas mal de volumes, surtout de chez G. Lévy, qui ne sont que d&s doubles de Claude Fervaal, Gyp, etc., portés à leur vrai nom pour sauvegarder les droits en Allemagne. Il y a toutes les rééditions de Balzac, et bien d'autres, l'arrivée du domaine public dans le roman et la republication à i fr. des succès dUiier. On y retrouve de moins en moins le bataillon à 3 francs. Il y a des grands, des petits. Tordre de taille est mêlé.

J'ignore si la vente en nombre a baissé. Les éditeurs disent que oui aux auteurs, et que non au public. Si la masse d'exemplaires vendus augmente, et je le crois, il est certain que cette vente se restreint à peu d'ouvrages, et le nombre de romans neufs édités en volume va en diminuant. La mort du livre jaune, du vrai livre français pendant un demi-siècle, de ce roman qui a Fait notre gloire mondiale, est très proche, on n'en peut douter.

L'extension du monde qui lit, le peuplement des Etats-Unis, du Canada et de l'Australie et, en France, l'instruction plus répandue peuvent faire ilbision.Il se peut que Marcel Prévost, Paul Bourget ou Willy atteignent les tirages de Zola, Daudet,

Ohnet Ce tirage brut ne donne pas l'égalité relative, car la puissance de la librairie a triplé ; elle atteint aujourd'hui des disses et des peuples dont on ne se doutait pas. Le colossal succès d'^ /a/a en son temps se chi£Frait à un tirage infime. eo est de nos romans comme de notre langue même, qui s'arrête lorsque tout grandit à l'environ.

Laissons de côté la vaine recherche des causes morales. Kj a-t-il pas aussi des causes bêtes, qui sont fortes ? Le kogde ces greniers où les livres garnissent 87 boxes contenant iSo mètres de rayons, et une queue... — soit une lieue et demie de romans^ où les nouveaux venus se mettent à la file, et oe bougent plus, -- il y a des faits simples qu'on voit mieQX({u'ailleurs.

Ce qui est tombé surtout, c'est la vente régulière. La marque de l'éditeur n*est plus une recommandation et les collections se^chent promptement. Quant au livre nouveau, d'un quelconque dont jadis on voyait l'humble petit commerce régulier, c'est aujourd'hui le néant. Un a four 9, c'était cZ/i^ cents livres vendus, me disait un éditeur, aujourd'hui 3o, — un succès, c'était deux mille, aujourd'hui vingt. On le constate ici.

Plus de contes. Un moment, on ne voyait que cela. Le volume de nouvelles se vend moins qu'un volume de vers.

Cette vente a disparu vers 92. Ce fut la pleine faute des éditeurs. Tous les bourgeois le diront, et il me semble curieux que seuls les gens touchant à la littérature ne s'en soient pas aperças. Le public s'est lassé d'acheter des nouvelles qu'il avait déjà lues dans le journal. C'était surtout alors le G il Blas^ <IQ édite justement aujourd'hui le grand éditeur de nouvelles d'alors: Ollendor£F. J'ai vu, en ce temps-là, des gens furieux de s'être laissé voler les 3 fr. d'un volume. Oui, 3 francs... pour du déjà lu!

Ce ioar ne prenant plus, on en a joué un autre : au lieu de Qommer « contes de ceci » ou a de cela » le recueil, on ne sut que le titre de la première nouvelle sur le volume. Le public pressé croyait acheter un roman... La bonne farce ! Co n'étaient que des nouvelles.

Résultat : un commerce ruiné ou menacé. Le public met d«ux ou trois années à s'apercevoir d'une supercherie, mais il ^^^ aperçoit, et ce n'est pas deux ans, ni dix ans qui suffi- '^nt à lui rendre la confiance. . .

Toat particulièrement la vente des bibliothèques de chemins ^* fer a été tuée à ce trafic.

Ne faut-il pas aussi dire uq mot des formats? Au début du siècle, règ'ne TiQ-octavo, lourd, cher, summui des incommodités. C'était le règne des cabinets de lecture. revenait cher, à 4 sous le tome, de lire tel roman en 20 tomes( Dumas père. On l'achète aujourd'hui entier pour le même pri: Mais après, vient un format fort commode, grand octavo, qui se roule comme un journal. C'est l'époque des redingote on enfouit aisément un Balzac dans sa poche. Hetzel a fa fortune avec ce format-là. Tout Hugo, et Ërckmann-Chatriai Dumas le père... Le volume à trois francs actuel^ le form; Charpentier, convenait aux paletots; il avait la forme strie des poches. INfaisil devint plus gros et les poches se rétrécirem On tenta de petits formats, pour la jaquette, mais rien c suffisamment petit, plat, comme il le fallait, avec les auteu; qu'il fallait. Ces petites éditions eurent un succès de geotillessi mais difficiles à lire, ne contenant que peu de texte, sur d papier lourd, elles devaient vite lasser ; ce fut la mode d'u jour et leur stock au rabais nuit aujourd'hui à la vente d< livres neufs.

Si, d'accord au besoin avec les tailleurs, les éditeurs s'entei daient pour améliorer les formats, n'auraient-ils pas quelqu avantage à reprendre sur le journal ? Mais ils ont essayé dei nièrement certain format carré que l'on est obligé de tenir la main, et c'est avec cela qu'ils veulent séduire les gens qi ne lisent pas chez eux ! Et cela pour y mettre des gravure — quelles gravures ! — sur papier de plomb !

Il nous reste à parler du grand effort que firent contre 1 vente des livres — du livre à 3 fr. 5o — les éditeurs songean enfin h une entente, adoptant une règle, se solidarisant. Ils augmentèrent le prix des livres.

Ils l'augmentèrent de cinq sous; 3 francs net au lieu d 2 fr. 75, le prix habituel au temps de notre enfance.

On no peut nier que cette mesure si simple ait eu beau coup plus de cinq sous de résultat.

En supprimant à peu près définitivement la vente du volum' à 3 francs, elle nous a donné le volume à vingt sous.

Et voilà pourquoi, depuis quelques années, les formats s mêlent. Les livres ne [)ortent plus l'uniforme, et toutes le nouveautés ne sont que rééditions.

Le Iloman à vingt sous !

A l'heure môme où le roman se meurt, il se multiplie. Tan* dis que les sommets se dénudent de neige, l'eau coule abon

f damment dans les vallces et plaines. <c On ne lit plus de ro- L maos))... — ceci veut dire qu'aujourd'hui cent mille person- I nés lisent ce que deux ou trois mille lisaient il y a quinze ans. La librairie franç<iise semble se décider enfin. Le million de romans empruntés chaque année aux hibliothèciues de quartier aurait dû Taverlir. L'influence anglaise a peut-être Âé plus efficace. Mais, la forte raison, c'est l'avalanche meûaçante du domaine public. Le g-rand roman français, qui ne se démode pas, est presque séculaire, et voici 5o ans que moururent ceux qui sont morts jeunes. Balzac ouvrit la voie. La ip^rando actualité littéraire de Fan 1900, c'est Balzac. En 1907, c'est Musset; d'ici k moins d'années qu'on ne pense, ce seront Dumas, Hugo, les populaires Eugène Sue, Féval, G. Ejmard, et même les réalistes que nous traitons de contemporains. C'est que la menace produit son effet en avance. L'éditeur Amooopole na pas attendu lescinquante ans pour publier son auteur à 0,60. Mais on lui répondit en mettant des modernes — Hervieu, Lavedan, Prévost — à un prix analogue. On ne p^utnicr qu'une grande révolution de lecture est commencée. Onya pouvoir acheter des livres.

Les législateurs qui, en régularisant et]éternisant la propriété éraire, ont cru développer la littérature d'un pays peuvent mesurer leur erreur. Ils ont relardé d'autant l'extension, l'influence de ceux qu'ils protégaient. Ils ont protégé... eomme nous mettons en cage les petits oiseaux. Mais voici le teo)[)f( où l'on va i^endre la liberté à ceux-là qui devraient être morts depuis longtemps. Nous aurons un de ces jours les débuts de Flaubert. Tel livre qu'on croit célèbre n'est qu'une façon d'inédit. Qu'est-ce que <leux, trois mille lecteurs près delà masse lisante de l'humanité actuelle ? C'est à pou prcs le genre de célébrité de c<^s poètes inédits, qui montrent leurs manuscrits et récitent dans les salons.

Cette question du prix des livres est liée intimement au sort fe bibliothèques, et, contrairement à ce qu'on peut croire, plus le prix des livres est bas, plus les bibliothèques fleurissent; ^ ne sont pas les deux plateaux d'une balance, mais les deux pi^sd'un homme qui marche plus ou moins bien. Un pcupfequi veut s'instruiinî lit, et lit de toutes façons.

C'est à l'instar de l'Angleterre que les éditeurs qui les pre- '^^'ersIaDcèrenl de nouveau — car nous avions eu cela jadis 7* des livres à bon marché, crurent devoir les faire laids; •» «astreignirent, pour plaire, pensent-ils, au public, — mais

en réalité pour se plaire à eux-mômes, pour satisfaire leur propre et détestable goût, — à les mettre sur deux colonnes et les orner de g'ravures horrifiantes, et à choisir les formats lei plus incommodes. Il j a longtemps que le livre bon marché en Angleterre, après une forte résistance des éditeurs, se résigne à ôtre coquet, simple et net, artistique môme dans sa sobriété. Cela chagrine les éditeurs, mais cela se vend beaucoup mieux.

Les Journaux de province. — Il nous faut achever notie promenade.

Ce que nous venons de voir, en espace^ c'est la moitié.

L'autre moitié comprend presque tout l'angle de bâtiment qui va de la porte d'entrée à la rue Golbert et coupe toute cette rue jusqu'à la rue Yivienne. Et là il n'y a que des journaux. Quelques étrangers et toute la province. Le nouveau magasin ajouté récemment comprend g salles ou neuf divisions d'une salle gigantesque, à 4 étages. Ce sont là de belles salles dignes qu'on y mette des livres.

Et chaque jour le public, et chaque année les administn* tiens réclament qu'on mette ailleurs ces papiers peu utiles.

Sauf en temps d'élections, on ne les consulte guère. On ne peut les chercher d'ailleurs à toute réquisition, on va une fois par jour, le matin, chercher ceux qui furent demandés la veille. Les crédits qu'il faudrait pour agir autrement seraient peu justifiés. Et si le personnel était enfin augmenté il aurait mieux à faire. C'est dire que le public serait aussi vite serti si, en venant le matin, un commis apportait avec un tricycle do Clichy ou Montrouge les paquets demandés.

Au prix où est le terrain rue de Richelieu, ces journaux reviennent cher. Une salle spéciale de périodiques pourrait être installée dans ce corps de bâtiment, sans grands frais. Ce ne serait pas une salle moderne, munie des perfectionnements noiiveaux, mais ce serait une salle utile, et le public commencerait à se plaindre d'une installation défectueuse, alors que, n'en ayant aucune, il ne se plaint pas...

Mais ce n'est pas une réforme, c'est une institution. Créer une salle pour lire les journaux et revues de l'année en cours et de l'année d'avant peut avoir sur le public et les bibliothèques une influence décisive.

Le conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, M. Henri Martin, a réclamé depuis longtemps la création de Ciléméro^

èque^ et tout de même on finira bien par en avoir une. Mais si deux qu'il faudrait, et opposées : Tune tout près, pour I consultations courantes, la vie actuelle, utile. L'autre au in, pour la conservation historique des papiers, et le débars de nos dépôts actuels.

La nouvelle administration de la Nationale fait de jj^nds Torts pour hâter la communication des revues et rajeunir les rres et périodiques à la disposition du public dans la salle, lais il est évident qu'on ne peut aller loin dans cette voie sans aire aux services scientifiques de la Bibliothèque. 11 a fallu désencombrer les mag'asins de livres, où les cherches devenaient si longues. On commence à joindre aux lumaux de province une foule de bulletins et publications — nnonces, sport, pharmacie, amicales d'anciens élèves, villes 'eauXy syndicats agricoles, vinicoles, organes de corporations, ins et spiritueux^ bourse, banque et tirages financiers, tauro- (lachie, associations cultuelles, bulletins de paroisses, de heures du travail, de ventes de propriétés, etc., etc.

On a compté que le papier se détruirait tout seul. 11 sèche, *efFrite, mais en grande masse dure tout de même. Et tel livre leluxeà papier iroip couché durera moins que ces paperasses. 11 se peut même qu'un jour il ait moins de valeur. Cela surtout intéresse l'avenir, cela surtout devient rare^ [jui fut banal de son temps, qui exprime la vie ordinaire et courante.

Nous insisterons ailleurs sur la séparation nécessaire des périodiques et des livres. Mais nous voyons devant ce prodigieux entassement de papier que là aussi le rôle de conserver et le rôle de communiquer diffèrent. La paperasse réclame soD musée.

On peut nier l'utilité de garder tout. L'on a tort, je crois. Mais on peut discuter l'utilité de garder tout dans un établissement central, où la foule afflue, qui a un rôle scientifique mant. Trop souvent la Nationale joue le rôle de dépotoir pour les administrations encombrées. La baisse qui s'est faite sur la vente des vieux papiers au poids a valu à la Nationale de sinistres cadeaux.

Oo a renoncé à relier. On fait des paquets, qui conservent tout de même un peu les collections. Mais la place prise est plus grande, le maniement plus difficile; un remaniement ^ieux des collections deviendrait presque impossible avec le P^noQnel dont on dispose. On ne peut cependant regretter les

frais de reliure , très gros, quand on reg^arde un peu de quoi il s'agissait 1 Un procédé économique d'assemblage reste à trouver.

Cette promenade dans le plus grand amas de livres do monde a-t-cUc donné une idée de la difficulté de classemeot et de la question déplace dans une grande bibliothèque? Elb ne peut donner, hélas! qu'une idée bien insuffisante de la production mondiale. Ici, la Nationale est strictement nationalisle, et nous devons le répéter encore : la plus belle d'entre les bibliothèques n'est plus, pour l'époque moderne, qu'une bibliothèque de second ordre.

La France ! toute la France! Mais le dépôt légal donnerait-il tout ce qu'on attend de lui, la production des livres, comme bien d'autres productions, semble ne plus augmenter en France.

Si les chiffres du dépôt légal (voir tome I, p. 267, et frft> phique, p. 28G) atteignent aa.ooo. le nombre de placards, prospectus, affiches électorales qu'il comprend fausse IcsdoiH nées. Si Ton se reporte aux bulletins de la Nationale, ou à la Bibliographie de la France, qui enregistrent encore tous ki tirages à part, rééditions, etc., nous trouvons des chiCfrespIns modestes : Dans l'un 1896 : 12.788; igoi : i3.o53 ; igo6: 10.896. Dans Tautre, mômes années, 1 1.568, io.i33, io.7s5.

Nous avons donné (t. I., p. 272) un tableau des progrèi inouïs de la librairie allemande, qui en 3o ans a augmenté de 1 19 0/0 en nombre, de 182 0/0 en prix des livres. Le nombre des publications allemandes a atteint 27.606 en 1906. Cdai des journaux dépasse 9.000.

L'Angleterre et les Etats-Unis nous donnent les chiffres suivants, d'où sont exclus tirages à part, publications de sodétés, etc.

Angleterre.

ŒuvrM nouvelles.

Rééditions.

Total.

ŒoTrei •ouTtllei.

Euts-Uoû RéédilUmi. ToUl.

5i4 1.886 i.3ao

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