‹ Bibliothèque, essai sur le développement des bibliothèques publiques et de la librairie dans lesChapitre 35 sur 118 · COMMENT FINIR · texte numérisé non relu

COMMENT FINIR

Je m'expose au reproche d'une bien mauvaise action : a II y a bien assez de causes de découragement, me dit-on, et de prétextes pour rogner les budgets... sans que le dénigrement d'un travail acharné, consciencieux, savant, — et dont ceux qui le font ne sont nullement responsables, — vienne prêcher l'abandon d'une œuvre si utile. »

En écrivant ces pages, je n'ai eu en vue que rendre possible l'achèvement. L'abandon semble fatal si l'on ne change très bientôt.

Cet abandon, hélas I aura non une excuse — mais, ce qui en tient lieu, en administration : un précédent.

Ce précédent, c'est l'abandon du catalogue méthodique commencé en 1862, poursuivi pendant 28 ans, dont un tiers était fait, un autre tiers était prêt, et que la venue de M. Léopold Delislea arrêté en 1875, a pour arriver plus vite à des résultats dont le public devait bénéficier »...

Vraiment ne serait-il pas temps que chacun prit la tâche qui lui convient, s'attelât à la besogne qu'il peut accomplir, et n'imposât pas aux autres, à l'avenir, des systèmes qui ont moins de durée que leurs auteurs I

A la Bibliothèque Nationale, en 1876, les sciences — toutes ! — et la poésie et les beaux-arts, le commerce comme la musique — restaient à classer. Cette besogne ne suffisait-elle pas à la nouvelle administration sans refaire le déjà fait? Pour les

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parties même déjà traitées,Ia classification adoptée dans le passé n'imposait pas Tavenir. Un comptable tire un trait sur Tezercice fini. Ici, non. Toutes les années continuent à courir et les 900 divisions ouvertes sous TEmpire continuent comme jadis, tandis que, sans aucune tentative de classement, s'empileni simplement les volumes d'autres séries, dont le soi-dist&t catalogue ne nous donne que les auteurs, gigantesque table d'un ouvrage qui n'est pas fait.

Que de choses ont détruites ces fondations énormes I Nos vieux catalogues du xYni* siècle offrent encore à ceux qui les consultent d'utiles séries (sectes religieuses, poètes, etc.). Que de révélations auraient données le catalogue des sciences naturelles ! mémoires inconnus, observations curieuses, des faits, des sujets... — et qu'est-ce que cela peut nous faire, le nom des auteurs que nous ignorons...

Au moment où Ton entreprenait cette œuvre de trois quarts de siècle, M. Delisle repoussait avec un beau dédain les méthodes nouvelles de classification décimale, raillant le travail formidable qu'elle nécessiterait.

Distinguer des auteurs et des éditions n'est pas un travail moindre. Mais quoi !... Lisez cette préface du Catalogue général. Elle est admirable. Avec quelle clarté, quelle lente et sdre méthode toute la partie historique, tout au long, est exposée. Mais à la 63^ p^ge vous trouvez : « N'oublions pas non plas qu'on aura besoin de multiples exemplaires pour dresser, au moyen de découpures, de vastes répertoires répondant à des préoccupations d'ordre très varié... ».

Toutes les sciences, l'industrie, le commerce, les arts, tout — sauf l'histoire — voilà ce que sont les « préoccupations variées • que tout de même « il ne faudra pas oublier ».

Le catalogue doit en effet servir un jour k la confection d'un catalogue de matières. C'est, à vrai dire, une utilité bien vague, dont nos générations n'ont pas k se préoccuper. Oa peut, il est vrai, commencer dès maintenant. Cela rendra des services — vaut mieux peu qjie rien, — si par chance le sujet dont on poursuit l'étude fut traité justement par des auteurs dont le nom commence par A, B, C.

Cette utilité même sera, hélas! bien minime. Us sont trop! Ils sont trop!

On a commeDcé en 1878, avec un Bulletin mensuel où Ton ne met que les premières éditions, un cataiog'ue non méthodique, mais par « mots typiques » du titre. On a déjà dil le recopier et le diviser en deux séries. Elles rendent des services pour les sujets rares. Moins pour les sujets gros, où le lecteur se perd. Au mot France^ ou Armée ^ ou Finances ^ force est bien de prendre quelque méthode de classement... On y a mis de Tarbitraire, mais de l'arbitraire de mauvaise volonté : un palliatif. N'importe ! De tous les travaux offerts au public de la Nationale, c'est le plus utile.

Mais c'est un catalogue un peu choisi déjà, restreint à de petites périodes, et il est au courant à 3 ans près !

C'est là surtout qu'on voit l'utilité de deux caractères pour distinguer les ouvrages d'ensemble des notes de détail. Beaucoup de bibliothèques étrangères ont un catalogue des brochures (pamphlets) distinct. A la Nationale ils sont séparés sur les rayons, dans le classement. Ce n'est que sur ce catalogue qu'on se croit tenu à les mêler !

C'est par malheur une des raisons majeures de l'encombrement des services que l'existence de ces catalogues de matière, noyés de détails. L'importance de la description trompe le lecteur. 11 croit faire venir un livre et reçoit un prospectus. 11 dérange cinq ouvrages, dix, tant qu'on en permet, s'impatiente à les attendre pour les rendre, furieux, dès qu'il les a en mains.

On met le nombre de pages, maintenant. C'est bien heureux. Les essais de classement décimal furent raillés comme ne s'appliquant pas à une grande et ancienne bibliothèque, on peut voir que c'était justement en raison de ce qu'elle est plus grande qu'il y faut plus de système, de guide, de divisions...

Quand un tel catalogue comprendra tout, depuis l'origine de l'imprimerie, le moindre mot renverra à des milliers de volumes, de toute époque, de toute grosseur, de toute valeur.

L'on verra alors qu'un catalogue qui veut faciliter les recherches peut quelquefois les compliquer, car la lecture de pages de catalogues, le choix de titres, l'attente de volumes qui ne sont pas ce qu'on veut... tout cela est plus long et moins sûr que si l'on avait mis le lecteur en présence d'un tas de livres. Il eût plus aisément, à l'oeil, deviné le sien.

Mais ce sont là questions qui ne se posent pas, car ce catalogue de matière — aura-t-on à le faire ?

II faut finir. Est-ce possible ?

Il faut que ce le soit, même au prix de sacrifices.

Combien de volumes, en tout? Nous en sommes au 3o^.

Le rapport de i8g4 disait : 80 au plus.

Mais il s'agissait de volumes de 3a. 000 notices, in-4*9 '^ triple des volumes qu'on fait. Ce serait donc 240. . .

Cela au moins est net. Quatre par an : soixante ans.

La préface du catalogue s'est bien gardée de telles prédictions. Elle parle seulement d'un million et demi de notices, (( chiffre qu'il faut notablement augmenter, dit-elle, pour tenir compte du dépouillement... des rappels... et des ouvrages qui paraîtront dans le cours de la publication... »

Augmentation notable en effet I Soit. Divisons toujours un million et demi par 1 1.067, nonibre de notices du tome I, cela fera i35 volumes, chiffre à augmenter notablement.

Mais i35 volumes pour quoi ? Pour le catalogue général en 3 parties : Auteurs — Matières — Séries spéciales — ou pour celui des Auteurs seulement ?

Le doute le plus profond règne sur ce point. La page LXIV de la Préface parlant des Mémoires de Trévoux laisse prudemment croire que c'est anonymes compris, mais alors les chiffres ne s'appliquent plus... L'auteur de la Préface, si merveilleusement clair, précis et prudent, est bien vague page LXIV. Disons donc que le Catalogue a été entrepris sans évaluation sérieuse de son étendue. Du moins, un certain doute laissa venir les crédits. Le mot Catalogue ^^n^ra/ laissa croire qu'il s'agissait de tout.,. Il ne s'agissait que des Auteur$,\t& parties difficiles, urgentes — non traitées ailleurs — étant ajournées. Et maintenant on a pris l'habitude d'appeler Catalogue général cette première partie : les Auteurs.

C'est de cette première seule que nous nous occuperons et qu'il s'agit de finir.

Trente volumes parus nous donnent aujourd'hui des éléments sérieux d'en calculer l'achèvement possible.

Le Rapport au Ministre, en avril igo6, affirme que l'on serait parvenu au cinquième de cette grande œuvre.

Si l'on se reporte aux catalogues récents (Salle de travailla droite), on peut voir qu'on s'arrête au 8* volume d'une série

^3 et au 49* d'une série de ag6 volumes. En comparant ; le Brunet, le Lorenz, etc., nous nous trouvons plus près 1 sixième que d'un cinquième. Mettons que le 5® est vrai ntenant, au 3o* volume, en 1907.

In peut donc espérer, en tenant compte de la bonne volonté a déjà obtenu quelques tassements, on peut espérer -— pour jà première partie — terminer en 120 volumes, soit dans ite ans.

rialheurcusement, il n'en est rien.

1 semble que la commission qui décida du Catalogue ait du lui ôter toute chance d'aboutir. L'idée la plus cocasse, 3lus invraisemblable, a été accueillie avec enthousiasme et itinue en dépit du public, qui n'y peut rien comprendre, en >it du bon sens, des articles réitérés, de lavis de tous, céments ou non, et de la plupart de ceux mêmes qui rédigent le talogue — à être appliquée avec rigueur.

Le catalogue a la prétention d'être A'actualité, Chaque urne a sa date, non seulement au titre, mais au bas de chas feuille ; à tel moment précis qui a varié déjà de neuf ans

A au C, il enregistre tout ce qui vient d'arriver. Impossible donc de savoir où s'arrête le catalogue, et si un re doit ou non s'y trouver. Dans le même volume, parfois ns l'œuvre du môme auteur, il peut être ou n'être pas. Les bizarreries de détail que donne ce système ont déjà été es. C'est le renvoi continuel à... à rien, des ouvrages figurant in seul de leurs auteurs, ou à leur traducteur seul. Erreurs continuelles, pertes de temps... Il faut savoir dénier la petite date mise en bas de chaque feuille. Mais cette petite date môme (mai 1904) vous fera croire que \ Extraits du Journal du M'» d'Argenson, par A. Brette, rus en 1898, ne sont pas à la Nationale. Ils y sont, mais le îpôt légal a manqué le train, et c'est quelques mois après li 1904 que le volume est arrivé. Exemple entre mille. Deux points sont plus graves encore. L'un est que le cataj-ue de l'avenir ne dispense pas d'en faire un actuel. On mprime, ce qui est assez inutile, mais passons. Ainsi tout ce li a paru depuis 189650 trouve, identiquement, imprimé deux is, une fois au Bulletin mensuel, une fois au catalogue. Gaspillage qui représente, en 10 ans, trois volumes. Nous voici au bord du grand trou par où fuit le catalogue.

i5o volumes 1 Illusion! Tant que les dates seront flottantes, nt que le catalogue ne sera pas « fermé », nous n'avons

II «o

aucun moyen , même approximatif, prévoir quand et en combien de tomes il s*achèvera.

La production contemporaine mondiale suit une progression croissante, géométrique. Et celui qui peut dire combien de volumes entreront à la Nationale, et combien la France publiera d'ouvrages d'ici igôo est bien malin I

De combien la linotypie et autres mécaniques vont-elles d*ici là grossir les récoltes d'imprimés?

Tout augmente, même la théologie. Mais elle du moins aug*mente doucement. Nous avons vu que la section Sciences et Arts (V) de la Bibliothèque avait doublé en 3o ans. Depuis l'origine de rimprimerie jusqu'à 1870, cela fait moins que depuis 1870 jusqu'à nos jours... Or nul n'espère sérieusement voir dans 3o ans le Catalogue fini. Ce n'est donc pas là une discussion de peu d'importance. C*est le simple ou le double. C'est la possibilité d'achever qui est en cause.

La préface, p. LXIV, parlait bien « d'un chiffre qu'il faut assez notablement augmenter ».

Elle ne disait pas de combien. Nous non plus.

Il est facile de vérifier que la lettre A, cinq volumes, terminée en décembre 1900, demanderait en 1907 plus d^un volume de supplément. — Ilyavait 1 3. 000 notices supplémentaires l'an dernier, et un volume n'en tient pas plus de 10.000. Or, actuellement, aux calculs les plus baSy 120 volumes restent à paraître.

Cent-vingt, — en supposant que le catalogue s'arrête...

Siy en 6 ans, 5 volumes donnent 1 volume de supplément

120 volumes ont donné——- = 24 volumes.

Ainsi en ces six ans, vingt-quatre volumes non prévus devront figurer dans le catalogue !

Or pendant ces six ans combien a-t-on publié de volumes du Catalogue ?

On en a publié 23.

Le Catalogue a donc avancé de 23 — 24= — i. Ilarelardé d'un volume...

Le but recule quand on avance, recule à plus grands pas que les pas que l'on fait !

On a tassé, depuis l'A. L'on est bien plus concis. Peut-^tre bien que pour le B on a atteint le pair. On a si peu publié en France! Je crois môme qu'actuellement l'avance est d'un demi-

volume par an, quelque chose comme cela. Ce n*est pas sûr. Plus on ira vite, plus on a chance d 'aboutir. Mais de toutes façons on est dans Tinconnu. L'achèvement de ce catalog'ue « historique » dépend de la librairie en France. Si elle va mal, peut-être on aboutira...

On voit que les discussions sur la forme et le genre n'étaient que secondaires. La fable du Meunier, son fils et l'âne nous apprend qu'on ne peut contenter tout le monde, et que, quand on mène son âne au marché, peu importe qu'on le porte, le suive ou monte dessus. L'imporUmt est d'arriver au marché. Par ce chemin-ci, on n'y arrive pas.

Ces calculs, n'aurait-on pu les faire d'abord? La Bibliothèque publiant un Bulletin des ouvrag'cs nouveaux, il était aisé de voir que ce Bulletin avait t\l\o paires en i885 et 56o en 1896. Moyenne de 800 maintenant... Le Bulletin étrang-er n'augmente pas : 35o pages. La production étrangère n'augmente donc pas? En aucune façon, affirment les crédits d'achats de la Nationale. Ceux du catalogue seuls sont dignes d'augmenter.

Le conservateur actuel des imprimés, qui a présidé à Timmense travail — terminé, celui-là — de l'inventaire des richesses imprimées, et à qui doit revenir l'honneur des grands mérites d'exactitude, de la sûreté du catalogue, a publié récemment une notice où on lit :

L'œuvre se pouriuit depuis six ans et à raison de 4 volumes par au avec une refilante qui permet d'en prévoir l'achèvement dan» une vingtaine éCannées, un demi-siècle à peu près avant le terme que lui ont assigné quelques critiques aussi fantaisistes que mal renseignés.

Nous ne demandions qu'à être enfin renseignés par l'un des hommes qui ont le plus fait pour maintenir, malgré les crédits insuffisants, notre Bibliothèque dans son ancienne suprématie, et qui lui ont fourni le plus de travail utile, par exemple cette table du catalogue de l'Histoire de France, 798 pages, concise et suffisante, et d'un type qu'on aurait bien dû imiter pour le catalogue général ! Cette table nous donne le mot Cicerif auquel s'arrête le tome a8 du catalogue, à la page 160, soit au cinquième, exactement au ^.qS']^, Cette table n'a guère que des noms français, sans W ni Z ; or Kayser, pour r Allemagne, donne, lui, le mot Ciceri à la page 3Go sur a. 286 pages, soit au 6,45«. Bref, cette table, qui va se trouver réimprimée, chose urgente, dans le catalogue général, nous dit qu'il y aurait encore de 4 À 5 fois 28 volumes. On public justement par an 4 volumes. C'est donc 28 ans — sjius compter

l'afflux des livres nouveaux) I — On dit 20. C'est que des mesures radicales seront prises...

Lesquelles? Nous ne savons pas. Nous voyons bien au tome 28» Chevillard^ une Notice fantaisiste, claire, concise, lisible, disant ce qu'il y a...

Ne semble-t-il pas aussi que les litanies diminuent? Si 48 colonnes énumèrent les productions de feu Clairville, — et toutes ont au moins 3 auteurs I — s'il faut 48 lig'nes pour dire Ya-mein- Herr (4 fois 12 lignes : 4 auteurs), toute une notice pour Rhum y et une pour les Raseurs.,, du moins on a fait tenir en une colonne les 5o exemplaires du Prince Zilab, de M. CLiretie.

On peut donc améliorer! C'est la seule récompense que puissent espérer ceux qui se permettent de critiquer nos institutions : voir qu41s se sont trompés, que ce qu'ils demandaient se réalise, que justement c'était à l'étude...

Quelque respect que l'on doive avoir pour l'Institut, et pour de longues vies de science et de travail, on peut penser que si ceux qui ont décrété le catalogue avaient été d'un âge à le voir achever, ils auraient fait en sorte qu'ils puissent s'en servir. Ils auraient mesuré leur œuvre à l'ordinaire de la vie humaine I II est touchant de voir un vieillard planter un arbre. Cet arbre, de ses propres forces, grandira et vivra. Mais un catalogue n'est pas un arbre qui pousse tout seul. Il faut que ce soit nous qui le bâtissions. Nous avons autre chose à faire.

Les savants qui établirent ces règles fantastiques étaient d'une bonne foi pleine, dont la ruse ne ternit pas la candeur. On a dit qu'ils vivaient exclusivement au mojen-âge. Du moyen-âge serait plus exact. En ce temps-là on commençait des cathédrales, dont quelques-unes, en Allemagne, grâce à des loteries, viennent d'être achevées tout récemment.

Honneur aux gens des cathédrales I ils ne s'inquiétaient ni du budget, ni de quand ce serait fini et autres contingences. Croyants, ils faisaient leur salut. Artistes, ils faisaient des chefs-d'œuvre !

Honneur aux gens des catalogues ! Je souhaite vraiment qu'ils fassent leur salut et que leur œuvre soit un chef-d'œuvre. Cependant les prêtres, au moyen-âge, tandis qu'on n'achevait pas les grandes cathédrales, étaient logés, les fidèles avaient un toit, fût-ce celui d'une grange, pour prier. Le public voudrait un catalogue de chaume, en attendant.

Ce qu'il y a à faire?

On ne songe pas à cesser le catalogue, pour lecpiel Soo.ooo fr. au moins furent déjà dépensés. Mais on peut prendre des mesures pour qu'il ne dépasse pas le million et dix ans.

Et pour qu'il puisse servir.

La première est de l'arrêter à une date précise» tout de suite.

Il lui faudra un supplément. Il a déjà un supplément. Si Ton calcule qu'il peut être terminé vers 1918, et c'est possible, on peut arrêter d'avance en 1920 le supplément. Le catalogue général on son supplément comprendraient tout jusqu'en 1920. Le public n'aurait à chercher que dans deux séries.

Nous aurons donc : i*^ série allant jusqu'en 1910 sauf pour A, B,C,et D parus ou à paraître entre 1897 et 19 10, — 2« série, 19 10-1920 servant aussi de supplément 1897-19 10 pour les lettres A, B, C et D. — Deux séries, mais du moins une date fixe, et l'avenir réservé.

Pour arriver en dix ans, sans augmentation de crédit, il faut des réformes radicales, qui doivent s'allier avec une réforme typographique dans le double but de rendre le texte plus bref et plus facile à lire. C'est dur. Autant il est pénible à un élève de l'Ecole des Chartes de ne pas chercher qui est l'auteur de cette impression de i48o ou de ce vaudeville de i83o, autant il est cruel pour un prote de l'Imprimerie Nationale d'utiliser les marges, de mêler de l'égyptienne, ou autre gras qui « se voit », à la civilité, au roman uniforme.

Je n'ai aucune illusion. Tout ceci est hérétique. L'honneur bibliothécarien exige de décrire aussi minutieusement un monologue, une allocution de mariage mondain ou une réclame pharmaceutique que les plus précieux elzévirs.

Seulement... il faudra.

L'heure viendra, peut-être plus tôt qu'on ne pense, où l'on ne discutera plus s'il est urgent de refaire autrement un catalogue fait, s'il faut mesurer, décrire les formats, deviner un nom d'auteur ou d'imprimeur, mais où la nécessité sera de classer le plus économiquement possible, avec a renvoi au tas » en fait de catalogues, la masse formidable des riens imprimés.

Pour conserver quelque ordre et dresser des états parmi ces nouveaux venus, des méthodes plus expéditives s'imposeront, et des systèmes.

Vouloir faire rentrer — d'avance ! — dans un catalogue tout

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ce qui paraîtra, on peut, sans être prophète, dire que c'est de l'imprudence. Nul budget ne permettra do si coûteuses descriptions. Nulle patience de chercheur ne les tolérera si longues.

£t c'est courir le risque de laisser inachevée une œuvre que tant d'efforts, de soins, d'érudition et de dévouement semblaient devoir mener à bien, et que la science avait hAte d'utiliser.

CIIAPITRB IX

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