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La Bibliothèque se sert des fiches imprimées qu^elie peut acquérir; et les autres sont faites à la machine à écrire.
La question de fusion entre les bibliothèques, comme dans Le magnifique système de New- York, et celle d'une constructioD nouvelle sont à Tétude.
Passons à Tautre bout de l'Amérique. LOS ANGELES, en Californie, loS.ooo habitants, n'a de bibliothèque que depuis 1892. Lechiffre,en igo4, étaitde 1 10.807 voIumes,358 journaux, etc. Mais les communications étaient de 760.667, Taccroissement annuel de i5.ooo environ, le budg'et de 286.260 francs. — n est de 4û5.ooo fr. en 1906.
Reims, ville ég-ale, et plus riche en livres, a un chiffre de communications de 8.000, et donne à sa bibliothèque 20.210 francs. Encore le Musée doit-il se payer là-dessus. Ce chiffre : le treizième^ largement compté, voilà la proportion moyenne des bibliothèques de France à celles d'Amérique, dans des ▼illes égales. Par l'usage qu'on en fait, c'est encore treize fois moins . . .
Beaucoup de bibliothèques dites à cotisation ont des revenus qui dépassent l'apport annuel des sociétaires. Ainsi la Mercanàle Library de Saint-Louis, sur un revenu de 274.276 fr. pour
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1907, ne compte que 34-825 fr. de cotisations contre 200.000 fr. de rentes. Les 187.030 demandes se partagent en ga.g85 « Fiction », soit62,8 p. 100, contre 44o45 a Non-Fiction ».Les acquisitions de l'année ont été de 4- '77 vol.
A WORCESTER, les revenus totaux pour 1907 sont de 2iG8.955fr. L'appropriation municipale est de 19.000 fr. Viennent s'y ajouter des revenus divers : amendes, 5. 998 fr., taxe sur les chiens au profit de la l)il)liothèque 33.565 fr., ventes de catalog-ucs 175 fr., de vieux papiers 60 fr., etc.
Les achats sont de 5o.oa5fr., pour livres, et de io.i3ofr.,poiir périodiques. Les frais d'éclairage sont de 8.828 fr. Ilyadfis ascenceurs, appareils électriques, etc. Le personnel comprend un librarian à 18.875 fr., et une quaranliiino d'assistants, dont les traitements vont jusqu'à 8.000 fr. Une dizaine sont spécialement consacrés au service des enfants.
L'accroissement de l'année est de 8.45i vol. : 7.024 vol. ont été achetés, dont 2.841 pour enfants, 714 vol. ont été formés en reliant des périodiques. On déduit 2.321 vol. usés et 276 perdus. Le tulal est de i63.4oi vol. dont 60.000 pour la lecture sur place, 67.000 pour le prêt, 8.701 pour enfants. Ajou" tez 18.187 brochures.
La circulation est fort intense : 275.556 prêts; il y eut une journée de 3.3i9 vol. déplacés. Neuf stfitions fonctionnent dans la ville pour la délivrance des livres. Il y a eu 81.000 vol. lus surplace, 116.747 ('ommuiiiqués aux enfants, 27.666 déposés temporairement dans les écoles.
A DAYTON (Ohio) 85. 000 hab., la bibliothèque est de style roman américain, dans un joli parc. On en voit les photos dans le rapport publié fin aoilt igoS, par Miss Electra C. Doren, librarian. Le budj^et de l'année fut de 94-94<> fr. Los achats de livres et périodiques ont monté à 2i.i4o fi*-» Ift reliure à 1.700 fr., feu et lumière 3.870 fr. ; le petit musée installé à la Bibliolhè(fue a absorbé 3. 210 fr., le personnel 38.48o fr.,les bâti monts et l'enlroticn 3.4ôo fr., etc.
La bibliothèque occupe 1 1 bibliothécaires (assistants^ — dont un seul homme, — et 12 employés divers.
Elle e^t ouverte de 8h.3o du malin à9 heures du soir. Des dépôts sont ouverts de 4 î* 8 dans 4 écoles.
Les prêts à domicile ont varié do i52 vol. le 6 novembre à i.oi5 le 21 février. En tout 130.773. vol. lus, dans lesquels la Ficlion q\. Juvénile Jiclion entrent pour 100. 8i3. Sur place 76.512 vol. et périodiques.
Le nombre total desTolumcs monte à 55.537, Réduction faite de 4.848 volumes détruits en 3o ans d'usage.
D est curieux de voir Tactivité déployée par la bibliothécaire, notamment la propagande faite dans les écoles, les soins apportés à la lecture des enfants, le prêt encouragée avec autant de 1^ que les bihliolhécaires français en mettent à le repousser, tes remerciements à la presse locale qui publie les listes de livres nouveaux, aux clergvmen qui les annoncent au public, aux instituts et bibliothèques de toute l'Amérique qui prêtent des photographies à exposer temporairement. . . les clubs, les sociétés qui s^en mêlent... toute cette vie qui grouille là-bas, dans une bibliothèque !
Le budget, depuis 5 ans, a augmenté d*un quart : il est de
laS.ooofr., pour 1908. Ce n'est plus du zèle, c'est un prosélytisme que seules les
lellgioDs nouvelles connaissent.
Dans les écoles.
Et tout d'abord, pour comprendre que cet épanouissement des bibliothèques n'est pas affaire de donations et crédits, mais tient au peuplemème, et que les bibliothèques américaines sont moins remarquables par leur richesse que par leur utilité, par Tosage qu'on en fait, qu'on apprend k en faire, — il faut dire que les enfants apprennent k s'en servir : l'usage des bibliothèques fait partie de l'éducation.
Cet usage des bibliothèques comprend tous les degrés. La
Faculté des lettres enseigne chez nous quelque bibliographie,
malheurcusemeut tournée uniquement vers les études histori-
(^. Nous apprenons, sur le tard, à établir la bibliographie
dan sujet. Nous apprenons fort peu à le débrouiller. Les
déconvenues du public dans les bibliothèques sont souvent
objet de plaisanterie, et plus les bibliothèques sont riches,
offrent de ressources, de facilités — plus elles ahurissent le
poLlic. 11 faut à un licencié qui veut préparer une thèse une
bonne quinzaine pour apprendre à se servir de la Nationale,
et se mettre simplement au courant do ses commodités. 11 y a
une ignorance énorme dans les reproches que le public fait à
00s bibliothèques, qumque l'utopie de nos bibliographes qui
enregistrent en tas tous les livres dont ils dénichent les titres,
dates et lieux d'impressions, ne me semble pas venir de moins
d'ignorance. C'est toujours au conseil d'ami, à l'on-dit d'un
salon, au libraire qui vous fait Tarticle que ron demande ce choix si important : celui du livre que l'on doit étudier, qui sera la fondation de tout ce que vous connaîtrez et penserez sur tel sujet.
Je sais quel dangper offre la dispersion, et dans quel excès les Américains tombent souvent, je nous vois à regret prendre les mêmes manies hâtives, vingt volumes parcourus, pas on seul lu à fond, et ce n'est pas sans réserve que je conseille et envie les méthodes américaines. Je crois cependant que Ton a beaucoup à y prendre, et qu'à la condition de pousser à fond un point, de suivre docilement et progressivement un chemin choisi, l'élève doit apprendre à choisir par lui-même; ses fautes, ses erreurs mêmes lui seront profitables ; il doit prendre l'habitude de ne s'en remettre à personne.
Loin d'enfermer l'enfant dans un livre. Tunique livre, bréviaire que l'Etat ordonne à l'instituteur, afin qu'il l'ordonneaux enfants, les Américains appliquent la méthode dite séminaire^ qui consiste à présenter à l'enfant plusieurs livres à comparer, avec mission de dégager lui-même l'opinion qu'il croit juste.
Tout un ensemble de mesures sont prises pour habituer l'enfant aux bibliothèques, à la recherche personnelle, à trouver lui-même quel livre il doit lire.
Ces mesures, un article de Mary Wright Plummer les énumère dans le Courrier des bibliothèques (1901) :
lo Visites collectives à la bibliothèque comme illustration du cours ;
2° Prêts spéciaux aux professeurs de lots de livres qui restent un mois dans la classe ;
3^ Achats de livres complémentaires du cours, prêtés 3 mois aux écoles ;
4^ Visites du bibliothécaire aux écoles;
5<> Les livres intéressant certains cours sont achetés en double ou soustraits pendant une période limitée au service public ;
6' Exposition dans la bibliothèque de gravures et documents illustrant les cours ;
70 Prêts spéciaux pour les vacances d'été ;
8*» Préparation de listes de livres pour les devoirs et pour les débats scolaires ;
9** Livres illustrés prêtés aux écoles maternelles ;
10'^ Certains rayons de la bibliothèque sont désignés conmie
propriété de tel maître, qui y place les livres qu'il recommaDdc.
Ainsi rélève prend l'habitude d'aller à « son rayon » de la bibliothèque. Ainsi il acquiert l'habitude de considérer comme sienne la bibliothèque publique, et d'y mettre ses propres livres, de les mettre en commun — afin qu'ils servent à d'autres quand lui-même n'en fait rien, afin qu'il sache que, le jour où il veut s'en servir, c'est là qu'il les trouvera,plus vite et plus commodément que chez lui.
New- York dépense 255. ooo fr. par an pour les livres de ses 5i6 écoles. Le chiffre total dépasse 600.000 volumes. Le mouvement ne date réellement que de 1880. Le Muséum d^histoire naturelle tint à doter chaque école des 4 vol. de V Histoire naturelle de Cassell.
J'insiste sur un point. Les écoles n'ont pas de bibliothèques 00 ces bibliothèques contiennent seulement les manuels d'usage joumalier,que l'élève étudie plusieurs mois. Mais les livres de lecture, références, illustrations du cours, divertissements, etc., sont à la bibliothèque publique. Les enfants y ont une salle à eux, mais c'est tout de même la bibliothèque des hommes.
Très jeunes, ils en prennent le chemin.
Des années passées dans une bibliothèque française rendent sceptique et dédaigneux sur l'utilité des bibliothèques. Ahl que la visite et l'étude des bibliothèques libres de l'étranger modifie cette opinion I C'est parce que les nôtres sont rares, peu fréquentées, qu'elles servent de lieu de flâne et de préau couvert aux désœuvrés. Les gens d'affaires, les scientifiques, les actifs n'y trouvent pas et n'y réclament pas de commodités suffisantes, c'est vrai... Mais quand ils les ont, ils ne savent pas s'en servir. Ils se contentent de renseignements de dernière main, de manuels stupides, de la mise-en-avant des plus g'rossières réclames, quand les meilleurs livres sont à leur disposition. Et comme remède, que réclame-t-on ? — la résurrection de ce sot intermédiaire : la critique littéraire.
Celle-ci dispense de lire plus qu'elle ne fait lire. El le aggrave Vignorance d'une opinion d'emprunt.
L'usage d'une bibliothèque libre, avec l'accès libre aux
rayons apprend à choisir, apprend à acheter -^ mieux que
nous n'avons appris aux galeries de l'Odéon.
L'usage des bibliothèques dès l'enfance en Amérique est une
école de décision.
C'est aussi, par la présentation d'opinions multiples, la vraie école de tolérance.
BcUiments
Les modèles les plus variés, les bâtiments les plus prétentieux attestant la coiR-urrenco des villes à érig-er la plus somptueuse basilique. Celle de Carnec^ie, h Pittsburgh, dresse au-dessus d'une abside romane une tour qui rappelle plus notre Sacré-Cœur qu*uneSorbonne nouvelle. Cette abside est celle d'une salle de spectacle long-ue d'à peu près a5 mètres, lai^e de i8, dominée par un org'ue. DeTextérieur on peut deviner chacune des salles de celte vaste maison collective : la salle de lecture, en chœur de ciithédrale, de i5 mètres sur lo, la salle de conférences audessus, K'sannoxes, salles de catalogues, lagaleric de tableaux.
Tout de même, l'art roman semble mieux compris que le grec en cetle ville de Pittsburgh, si Ton compare Ténorme et colonnadeux Institut Carnegie à cette vivante bibliothèque.
Riche en documents d'architecture, de beaux-arts et de métiers, pourvue de six succursales, recevant de la ville une contribution annuelle de 790.000 francs, c*est-à-dire 3o.ooo de moins que notre Nationale, elle communique par an pas mal de volumes de plus : 640.093 en 1904. Elle comptait alors aoo.263 volumes et 1 2.444 brochures. Mais l'accroissement annuel est de vingt mille.
Miiiueapolis a aussi une sorte d'église ; l'abside est d'un gothi(iuc fantaisiste qui n'est pas sans pittoresque. On y réserve aux dames des salles qui sont de luxueux salons. Chacune met où elle veut son fauteuil et son tabouret. Tout semble préparé pour une intimité. La haute cheminée, l'hiver, concentre les lectrices de ce salon silencieux.
A Homostead (9.000 hab.), fondation Carnegie, deux salles de billard, hommes et femmes. Ce jeu divise les sexes...
L.'i IVabodvLibrarv de Baltimore a réuni autour d'une salle gigantesque cos cinq étag<\s de magasins, qui la surplombent de cinq balcons. Disposition qui prête à la splendeur, mais est peu confortable. Il y fait froid l'hiver, et ces galeries de recherches ne favorisent pas le silence des travailleurs. Il faut noter aussi combien ces éclairages du haut, de très haut, apportent de tristesse aux salles qu'elles éclairent si majestueusement.
La Morisson Rceve, à Richmoud d'lndiana(2o.ooo habitants) n'a pas tant de luxe. C'est la villa particulière d'ua million-
naîre, pittoresque, confortable, mais sans faste extérieur. Une tour seule disting'ue cette maison à quatre étag'es des demeures privées. Un porche de genre roman, les arceaux de fenêtres sans sculpture, rappellent les vieilles demeures de nos cités. C*est bien américain, aussi est-<:e plus près de nous. Certains châteaux de la France du xvi* siècle avaient cette allure et cette importance. Ils protégeaient des villes égales. Les bibliothèques aussi protègent. Sans leur appui, est-ce qu'on vivrait dans ces provinces ?
Après les palais, après les burgs et les villas, il y a les cottages, de jolies maisons de pierre et de brique où le lierre fait de la fantaisie, où un jardin bien vert forme l'escalier d'honneur. Elles ont dans les villages le rôle de beauté qu'avaient, neuves, nos églises romanes, dont elles ont la grâce forte, l'aimable solidité.
Elle est coquette,avecsa tourelle d'angle, son petit clocher et sa grande porte à plein cintre, la petite bibliothèque de Micldleton (Mass.). 838 habitants — et celle d^Ëaston, 4*4^2 habitants^ qu'on peut voir en photo dans le livre de Schultze. Celles de Dedham, 7.211 hab., etde Northampton, 16.746 hab.,sontdes châteaux de millionnaires. Quel charme dans cet art national, qui donne à la maison commune toute la grâce d'un domicile particulier !
Est-ce le même peuple qui,quand l'orgueil le travaille, bâtit les hideux monstres de New York et de Washington, à l'instar de l'Europe etde l'antiquité! Maquillage trahi par les noires cheminées qui dépassent les niaises colonnades, tels un gibus coifFant un Apollon antique.
Le Bulletin de la jSew- York State Library publie (oct. igo6) une vingtaine de plans de petites bibliothèques, depuis 3oo volumes, — un simple kiosque à Keene Valley (New-York). qui coûta 5.85o francs, mais apporta un abri pittoresque dans unesolitude de banlieue, — jusqu'à celle deZadocLong, terminéeen 1891,8.000 vol. coût. : i4-ooo fr. — et celle deTitusville, 8.000 hab., prête pour 12.000 volumes, construite en briques, et qui coûta i5o.ooo francs. Marshalltown(Iowa), 10.000 hab., a la sienne en coin de rue, et rappelle le pavillon de Hanovre, sur nos boulevards. Elle coûta i5o.ooo francs et contient i5.ooo vol., avec extension possible. La salle pour enfants y égale celle pour adultes. A East Orange (N.-J.) (17.000 hab.), également en coin de rue, on a utilisé Tangle avec élégance. Le vestibule donne accès, adroite, à gauche,aux deux salles oblongues(adul-
— Côtes etcDfaots), tandis que le fond laisse voir toute la perapectm du grand maf;^asin (aS.ooo vol.) en forme d'éventail» orné de plantes vertes, et dont le centre est occupé par les tables et casiers servant au catalog'ue et à la délivrance des livres. Même disposition à Marinette, i5.ooo hah. 18.000 vol.; prix : i35.ooo fr.; en pierres. Cette heureuse disposition en éventail, à un coin de rue, semble prédominer, avec installation devant le magasin d*un Delioery roorrij où on va chercher les volumes, et où se consultent les fiches de catalo^^ue.
Notez ces prix, dites-les à nos conseillers municipaux de pro* vince. i4*ooo francs pour log^er 8.000 volumes! Est-ce queb grenier de la mairie ne suffit pas ?
C'est qu'une bibliothèque, pour nous, est un cimetière. Pour r Amérique c'est un entrepôt. Les livres n'y dorment pas, ils j couchent k la nuit et repartent bien vite chez ceux qui lei lisent. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'ils s'usent et qu'on les jette.
Mais cette petite maison, la plus fréquentée du village, oà l'on va chaque jour, ne filt-ce qu'un moment, et où Ton se rOH contre, — il faut qu'on en soit fier et que ce soit la plus beile. '
Maintenant, quelques monstres :
Boston [56 1.000 habitants], dépense pour sa bibliotfaèqiw 1.625.000 francs, 3 francs par tête.
Impôt formidable? Non. Les cabinets de lecture à Pàrii coiltent 5 francs par mois. Ils sont plutôt moins bien fournis.
Fondée en 1847, la Bibliothèque de Boston est restée lapremière des bibliothèques municipales.
D'un grand luxe, décorée par Sargent, Abbej, Puvis da Chavannes, elle a eu la malencontreuse idée de calque." !• façade de notre Stc-Gcneviève. Mais ce n'est qu'une façadSi
En 1875 on comptait 3oo.ooo volumes, et 758.^93 prêts. La budget n'était alors que de i4i -300 dollars, et le crédit d'ae* quisition dépassaità peine celui de notre Nationale d'unqaart: 107.500 fr. Mais si notre Nationale devait rester à ses Ba.ooooA * 87.000. justifiait-elle autant un accroissement de crédit? Deo millions de volumes qu'elle possèilait alors ne profitaient qv'à 5 1. 000 visiteurs, qui avaient demandé 187.165 volumes,— chifiPrc bien exagéré vu que i on compte ici six fois le mèm livre lu sur place toute la semaine par la même personne, qv
doit s en aller quand on ferme à 4 heures. A Boston, le livre emporté à la maison compte pour un. Où l'on voit que 3oo.ooo volumes rendent plus de quatre fois le service de deux millions.
Il n'est pas très étonnant que ce succès ait pour ainsi dire pompé les générosités. Un donateur était vraiment silr de rendre service à ses concitoyens en dotant la bibliothèque, et il ne faut cesser de répéter ces exemples aux conservateurs qui se couchent en long devant les bibliothèques afin qu'on n*entre pas. L*affluence du public emporte moins qu'elle n'apporte. Le prêt des livres n'appauvrit pas les bibliothèques, il les enrichit. Un muscle qui s'exerce ne s'use pas, il se développe.
La Bibliothèque publique de Boston, en janvier 1906, comptait 871.050 vol., et en 1907 (3i janv.) 908. 349* Des collections spéciale.s sont consacrées aux mathématiques et astronomie, à l'histoire de la Nouvelle-Angleterre, à la statistique, au droit international, l'art militaire, la musique, les livres sur Shakespeare, sur Franklin, sur Browning, etc. Elle a 25 branches ou succursales .
Crédits en francs (1907).
Personnel et entretien i ./451 .oi3 fr.
Acquisitions. Livres 197 .390 —
— — Périodiques 43.545 —
Le personnel comprend 200 employas. La direction est assurées par 5 trustées, nommés pour 5 ans par le maire et renouvelés un par an. Ces fonctions sont gratuites et l'on cherche moins pour elles des paléographes que des financiers.
Le Librarj bureau, devenu très important, fournit de fiches de catalogue une partie des bibliothèques des Etats-Unis. On oe publie pas de catalogue, mais des listes d'accessions délivrées gratuitement.
Les communications se sont élevées à 1.509.086 volumes. Cette bibliothèque est-elle seule à Boston ?
A-i-elle tout accaparé? — Il reste encore, outre l'Université :
BostOQ Atheofleam. — aïo 000 vol. Acquisitions : 43.5oo fr. Mpdieal Library. ~a5.oooToI., a6 000 br., s8. 000 journaux. Suie Library. — iSg.ooovol., 1 10.000 br. Acquisitions : 35.350 fr. GoDgrecatiooal Library. — D4*ooo vol., 5a.ooo br. Acquisitions : O.i'I-o fr. Mntee des Beaux-Arts. — 6.000 vol., 8.000 br. Académie des Arts et Sciences. — 3o.ooo vol.
Mass. Htstoncal Society. — 43. 000 vol., io4.ooo br. New-Bo^Iaod historié «^eneaios^cal society. — 35. 000 vol., So.ooo br. ' Socii^lé d'histoire naturelle. — 35.ooovol. Etc.
Enfin Cambridge et la Harvard Uoiversity sont de Fautre côté de la rivière Charles. Il n j a que les ponts à passer : Cambridg^e, 81.000 habitants. L'Université [achats de livres: 1 17.685 fr.] comprend une bibliothèque centrale, 10 divisions, a8 sections. Il y a un bibliothécaire pour le Droit, un pour la (( Divinité », un pour l'école dentaire, un pour la littérature anglaise moderne, etc. En 1897, 488.356 vol. Eu 1907, 742.210 volumes, 44o.5ia brochures. Ceci n*empôche pas la ville de Cambridf;;^e, banlieue de Boston et siège de rUni* versité, d'avoir sa bibliothèque publique, 75.000 volumes, et d'y consacrer plus d'une centaine de mille francs, dont 35.6ao francs eu acquisitions de livres.
Et elle est utile : a4 1.705 prêts en 1906.
Chicago. — L'Université; 458. 000 vol., i.5io périodiques. — L'Université Nord-Ouest, à Evanston, 65.898 vol., et 43.235 brochures, plus 20.000 de droit, 3. 000 d'art dentaire, 19.000 de théologie, etc. — L'Inslitut Armour do technologie, 29.000 vol. L'Institut de droit, 44*ooo, la Société d'histoire, 5o.ooo, etc., etc.
Trois grandes bibliothèques publiques :
lO John Grerar, de Chicago, d'origine écossaise comme Carnegie, légua 600.000 dollars à des parents et amis, un million à dos œuvres de bienfaisance, et le reste c à une bibliothèque portant son nom, à bâtir dans le Sud de Chicago, en gardant assez pour l'entretenir et la munir de livres sains... — ce qui ne signiHepas d'y mettre uniquement des hymnes etdes sermons, mais d'en exclure à tout jamais les sales romans français et bali« vernes cyniques... w.Ce reste, deux millions et demi de dollars et divers intérêts industriels, peut être évalué aujourd'hui ù près de vingt millions de francs. La construction prévoit 600 lecteurs et un million de volumes. Mais une salle provisoire a été ouverte en 1895 au 60 étage d'un grand building et en a pris le 5« depuis peu. Une moyenne de 279 lecteurs par jour, 75.000 consultations dans Tannée et le triple si Ton compte les centaines de périodiques et les quatre mille volumes qu'on peut prendre librement, sans rien demander, et qui, outre les livres de référence courante, comprennent un choix a des meilleurs livres » sur tous les sujets. Le fait qu'ils sont placés là est une recommandation.
-Cg -
La Bibliothèque possède aujourd'hui plus de aoo.ooo vol. et .0 catalog'ue de sujets qui compreud le dépouillement de 00 périodiques. Ce catalogue est le fruit d'une entente avec & Librarj du Congrès et quatre autres.
Salle de lecture, comme les suivantes, ouverte de g heures la matin à lo du soir. Revenu d'un an : 180.000 fr.
»• La Newberry Library^ autre bibliothèque publique, ompte 283.458 vol. (1905). Moyenne de lecteurs par jour, i64* On compte, dans l'année 1907, salle des périodiques, U-723 hommes, 24-924 Femmes. Celles-ci empruntent les romans plus qu'elles ne consultent les gazettes Les acquêts de Tannée montent à ia.473 vol., 1.298 brochures. Le capital s'élèveà douze millionset demi, et le budgetdei907à 345.ooofr. B^* La Public Library, fondée en 1872, comptait, en 1904, 297.360 vol., 54-000 brochures. L'accroissement annuel avait été de 12.000 vol. En 1907 : 339.282 v. et 61.094 br. Accroissement de l'année : 15.672 vol. Le crédit, personnel et entretien,est de i.o5o.26o fr. Celui d'achats de livres, 100.390 fr. L'accès aux rayons est libre en grande partie, et environ 1.600.000 lecteurs en profitèrent dans l'année. Le prôt fut de 1.764.936. En 1904, il fut de i .986.6649 sans compter le millier de livres et les périodiques pour lesquels le public a accès iQz rayons.