AAA AAA AAA AAA AAA SARA RAA A AAA AAA AA VA V
(1) Le passage de foi à vous est fréquent dans les langues des Indiens. Ils commencent ordinairement par la forme la plus affectueuse , la plus expansive; puis, arrivent à la plus cérémonieuse et à la plus recueillie.
(2) Cette manière de jouer les royaumes tient à la nature du despotisme, qui regarde les peuples comme un meuble, un bétail. Jeu pour jeu, celui des guerres est plus cruel pour les nations que celui des dés. Les despotes ruinés à ce dernier jeu se soumettent tranquillement à leur sort, sans ensanglanter le monde pour leur cause personnelle,
(3) Derma Raja est supposé avoir vécu dans l’âge d’airain, on troisième âge ; quant à Nella Raja , son existence se reporte à l’âge d'argent. L’âge d’or était celui des grands dieux sur la terre.
(4) L'état moral des femmes est à peu près le même dans Orient, qu’il était dans l'antiquité : femmes honnêtes et insipides, femmes déshonnèêtes et séduisantes. Le christianisme , en faisant pour elles des attraits de leurs vertus mêmes, a produit en leur faveur et à l'avantage de l'espèce humaine, une immense révolution.
(5) Les chartes de l'Occident coûtent beaucoup plus cher, et ne tiennent pas toujours ce qu’elles promettent. Aussi, par amour du bien public, beaucoup de gens cherchent -ils à leur substituer le despotisme oriental.
(6) Les animaux parlent dans les vieux livres orientaux, y compris la Bible. Tout ce qui n’est pas le dieu unique n’étant que des formes, des apparences, est, pour eux, de même nature.
(7) Beaucoup de fictions romanesques de l’Orient sont fondées sur ces passions de princes et de princesses qui ne se sont jamais
vus. L'oisiveté des hommes, la clôture des femmes, la mollesse du climat, les entretiens des serviteurs, tout concourt à allumer et à fomenter ce délire de l'imagination.
(8) Suivant l'opinion populaire des Indiens, les biens extérieurs sont classés dans cet ordre : enfans, richesses, pouvoir. Aussi l'amour paternel a-t-il chez eux cette brülante énergie que M. de Jouy a si heureusement exprimée dans sa tragédie de Tippo Saëb.
(0) Les cheveux tressés et roulés sont, parmi les Indiens, les signes d’une grande mortification, propre à diverses classes de religieux. Comme ils ne sont point humectés d’huile (luxe particulier eux profanes), ils forment une croûte desséchrée qui devient, contre l’ardeur du soleil, une espèce de hideux turban.
(10) Ce n’est pas dans l'Orient seul que les faibles rois se font
les serviteurs des prêtres, au grand dommage de Pétat et de la société.
(11) Le lotus ou tamaray dont il s'agit ici, est le nelumbo de Linné. Cette plante, image de la fécondité de la terre et des eaux, est célèbre dang la mythologie de l’Inde. Les lotophages d’Homère sont connus.
(12) 11 ne faut pas être surpris du rôle important que joue Lune dans les compositions des Indiens ; c’est presque uniquement à sa douce lumière qu’il leur est possible de respirer.
(13) Les plaines sont nécessaires pour la culture du riz.
(14) Nous retrouverons plusieurs fois, dans cet ouvrage, les momens d’heureux augure ; nous y verrons aussi les horoscopes tirés à la naissance des princes, comme ils l’étaient encore au dixseptième siècle en Occident. Les Indiens ont une grande foi aux présages et à l’astrologie judiciaire ; ce n’est pas pour nous une raison de nous moquer d’eux.
(15) Les pieds des femmes de l’Inde sont teints de henné; moucheter les mains fait également partie de leur parure. On peut comparer celte description d’une beauté orientale à celle de épousé dans le Cantique des Cantiques.
(16) M, Kindersley remarque, avec raison, que cette vive pein-
ture des effets de l’amour sous un ciel et dans un temps si éloignés de nous, est curieuse à observer.
(17) Phrase proverbiale de l'Inde.
(18) Ces soixante-six monarques étaient censés tous ceux de la terre. Nous verrons plus loin que cinquante-six d’entre eux étaient tributaires de Nella Raja.
(19) Les Indiens considèrent les jongleurs de toute sorte comme étant en intelligence avec les malins esprits ; et véritablement quelques-uns de leurs presliges sont si merveilleux, que cette opinion parmi le peuple est fort naturelle. D'ailleurs, toutes les superstitions se tiennent; les sorciers commencent à revenir en Occident.
(20) Allusion à l'aventure du débat de Vichnou et de Bruma, rapportée dans la notice.
(21) Ce sont : le corail, la perle, l’œil de chat, l’émeraude. le diamant, le saphir, la topaze, le rubis, et une autre, dont M. Kindersley dit avoir oublié le nom. La réunion de ces neuf précieux joyaux porte chez les Indiens le non de Nova Rettum.
(22) Cette dénomination, dont M. Kindersley dit avoir conservé exprès la simplicité, est fréquente dans Homère. Dans les temps primitifs , les noms d’hommè et de femme étaient supérieurs à ceux de roi et de’reine. L'espèce humaine avait alors toute sa dignité.
(23) Dans le proverbe indien, femme et diable font ensemble un jeu de mots.
(24) Dans les mariages indiens , on répand sur la tête des époux
quelques grains de riz teints d’une substance jaune appelée munjal.
(25) Les enchantemens dont il s’agit ici consistaient en amulettes, dont l'usage est très-grand chez les Indiens, de même que chez : les Mahométans. On les attache au cou des enfans, des chevaux, etc., pour les préserver des mauvais sorts qui pourraient être versés sur
eux : ces superstitions, ou d’autres analogues, ne nous sont pas étrangères.
(26) L’éléphant blanc est, chez les Orientaux, le signe de la puissance suprême.
BIBLIOTH. ÉTRANG. T. Il. 22
(27) On sait que le bétel est une sorte d’épice dont les Indiens mâchent habituellement les feuilles.
(28) M. Kindersley avertit que l'original, en cet endroit, porte : « six sortes de mets; » et que ce nombre est toujours employé pour désigner le dernier degré du luxe de la table, dans les temps de l’ancienne simplicité.
(20) Ces feux s'appellent, dans l'Inde, yaigum et omum; on leur attribue des propriétés miraculeuses ; il faut une grande pureté de vertu pour les allumer et les entretenir.
(30) M. Kindersley remarque judicieusement que ce don fait à Nella Raja ne l’empècha pas de tomber dans une extrême pauvreté. Peut-être, en perdant son trône et son innocence, perdit-il aussi les présens des dieux.
(31) Ces cannes d’or des officiers des cérémonies, s’appellent aujourd’hui chuledars , nom qui vient des Maures. Elles ont pour objet de repousser le peuple et de faire faire silence. Les officiers des cours européennes en portent de semblables.
(52) Le traducteur anglais avertit qu’en cet endroit, comme en plusieurs autres, les expressions de l'original sont trop licencieuses pour être littéralement rendues. Les écrivains orientaux peignent, en général, avec beaucoup de nudité des mœurs très-dissolues.
(35) Rien n’excite plus l'indignation des brarhines, dans les livres indiens, que les chasses des rois et des guerriers. Cette destruction de choses ayant vie leur est en exécration. D'ailleurs, la chasse tendait à rendre les rois et les peuples plus aguerris, et conséquemment moins dociles au joug des prêtres.
(34) Métaphore usitée dans le style poétique des écrivains de l'Inde.
(35) C’est, dit M. Kindersley, l'expression même de l'original. 11 semblerait que les échecs, dont les Indiens sont les inventeurs, eussent été un jeu plus convenable à la dignité royale ; mais il s’agissait ici d'indiquer les chances les plus soudaines du hasard, celles qui prêtaient le moins au calcul et à la réflexion; et les dés sont fort bien choisis pour peindre ce rapide et aveugle entraînement qui précipite les joueurs dans l’abime , sans qu Hs aient eu le temps de se reconnaitre.
(86) Plus les rois furent absolus dans la puissance, .plus ils sont
abandonnés dons le malheur. C’est une lecon terrible et infruc-
tueuse que présentent sans cesse les révolutions d'Orient, et quel
quefois celles d’Eur ope. La seule ressource des princes déchus est
alors de descendre aux plus humbles conditions. Orgueil et bassesse sont deux choses qui vont fort bien ensemble. |
(37) Chiven et Bruma, primitivement, avaient chacun cinq têtes. Cette ressemblance ayant été cause qu’un jour Parvadi fut au moment de recevoir les embrassemens de Bruma qu'elle prenait pour son époux, Chiven prévint le retour de cette erreur en coupant à Bruma l’une de ses têtes, qu’il joignit aux siennes propres ; de sorte que l’un en eut six, ‘tandis qu'à s’autre il n'en réstait plus que quatre.
(38) Vichnou voulant détruire la puissance de Baili, se présenta à lui sous la forme d’un petit nain de ‘bramine, et le prie de lui accorder autarit de terre qu'il pourrait en mesurer en trois pas. Le géant y consentit. Alors Vichnou se déployant sur les quatorze mondes dans toute l’immensité de sa nature, parcourut.en deux pas la terre et les cieux, et demanda à Baili comment il. accomplirait sa promesse à l’é jgard du troisième. Baili $ inçligant devant le dieu, lui présenta le cou en signe de soumission, et fut enfoncé par lui, pour un certain temps , dans les entrailles de la terre, de manière à ce que sa tête seule restât dehors. Cette fable a quelqne rapport avec les trois pas de Vulcain dans l’Iliade , et avec le châtiment de Tévétat, dans la Vie de :Somona:Codam, traduite du siamois per Laloubère.
(59) Wilkins a donné sur les Pouranas des détails particuliers. Cés poëmes sont en très-grand nombre, chacun d'eux d’une étendue immense et embrassant cinq différens sujets, savoir : la création première , ou émission de la matière prise abstractivement; Ja création secondaire, ou production des êtres subordonnés, spirituels et matériels ; l’histoire des grandes périodes mythologiques; la généalogie des. familles royales; et enfin les détails historiques relatifs aux familles privées. Chaque Pourana s’atiache plus spécialement à quelqu’une de ces diverses parties.
(40) Nella, ea indien, veut dire bon.
(41) Cette chétive industrie est celle d’un grand nombre d’Indiens. Le gazon ainsi arraché est lavé ensuite pour servir de fourrage.
(42) Cette situation est sublime, et le discours qui précède offre de grandes beautés.
(43) Ce dogme dn châtiment ou de la récompense mérités dans une vie antérieure, revient sans cesse à l'imagination des Indiens. « Le destin, dit l’Hitopadesa, n’est autre chose que les actions commises dans une précédente existence; il faut donc employer avec activité les facultés qu’on possède. »
(44) L’imagination de l’auteur convertit ici en miracle un phénomène tout naturel, et très-fréquent dans les forêts de bambous qui couvrent la Carnatique.
(45) Allusion à une histoire rapportée dans un recueil de fables et contes indiens que M. Kindersley annonce l'intention de publier.
(46) L’œil frontal de Chiven, qui se retrouve dans les cyclopes, est, selon l'opinion du docte W. Jones, un emblème des volcans ou des fanaux.
(47) Cette chose à demi-humaine ressemble beaucoup au Caliban de la Tempête, de même que les anais retracent l’idée d’Ariel.
(48) Les Védas, les plus révérés des livres sacrés de l'Inde, étaient autrefois très-multipliés. Ils ont été revus et resserrés de . telle sorte, qu'aujourd'hui lenr nombre est réduit à quatre, formant sculement onze volumes in-folio, qui comprennent onze cents branches de doctrines, en diverses divisions et subdivisions.
. {49) On voit, par divers passages de ce roman, que certaines tribus de l'Inde étaient, de même que les Incas du Pérou, réputées enfans du Soleil. Cette circonstance , jointe à celle des feux sacrés, dont il est parlé plus haut , peut fortifier la conjecture de quelques savans, qui font dériver de l’Inde le culte des Gaures ou Parsis.
(50) Personnages de quelques contes, dont M. Kindersley dit n’avoir pas connaissance.
(51) Chaque village de l'Inde a son Matthieu Laensberg. Le fonction d’astrologue , ainsi que celle de messager, est généralement
remplie par les bramines. On sait combien les messagers sont honorés dans l'Orient.
(52) Les seconds mariages n'ont plus lieu aujourd’hui dans l'Inde, du moins parmi les castes inférieures. Au contraire, les buchers des veuves se rallument avec une nouvelle frénésie. 11 semble que l’univers entier retombe dans la barbarie des superstitions.
Chacun connaît la division des Indiens en quatre grandes castes, premier principe de leur servitude. Ces castes, selon les récits sacrés, sont sorties de quatre membres de Bruma, savoir : les bramines, ou prêtres, de sa bouche, pour prier, lire et enseigner ; les kehetris, ou rois et guerriers, de ses bras, pour tirer de l'arc, gouverner et combattre; les visias , ou laboureurs, de ses cuisses, pour fournir à tous les besoins ; les soudras, ou artisans , de son pied , pour travailler et pour servir. Ces grandes castes se subdivisent en plusieurs particulières. En dehors de toutes, sont les misérables parias, qui ont leurs prêtres particuliers appelés gourous, et même de pauvres dieux à leur usage. M. Kindersley a remarqué, pendant son séjour dans l'Inde , que la caste des bramines a fini, grâce aux priviléges’, par dévorer presque toutes les autres.
(53) Toutes ces aventures se rapportent à des histoires racontées dans les poëmes sacrés. -
FIN DES REMARQUES
RE à