CHAPITRE li. 38 parce que la fortune contrarie tes Ronnes opérations
» Ello t'a fermé toutes les portes de la pitié, en même temps qu'olle Fa conduit dans cette redoutable solitude (2).
» Mais la plainte est lâcheté; tu dais donc opposer aux coups du sort un visage ferme et intrépide,
à Vois les étoiles et le ciek, vois la lune, vois les autres planètes poursuivre leur course sans pron+ dre jaméis aucun repos.
» Le ciel est tantôt ténébreux, tantôt clair et se: rein ; ainsi nulle chose aur la terre ne persévère dans le même état.
C'est de ces changemens que naissent la paix et la guerre; v’est de là que sortent les haînes renfermées entre les mêmes murailles et les mêmes fossés.
»De là vinrent tes premiers tourmens, et ces fatigues sans relâche auxquelles le sort te condamne.
» Le ciel n'a point encore changé pour toi, le ciel ne changera point, jusqu'à ce que les destinées aient accompli contre toi leur dure sentence.
Ces malignes humeurs qui te sont si contraires, ne sont point encore, non, non, ne sont point eñcore purgées.
» Mais quand les racines du mal seront dessé. chées tout-à-fait, quand les cieux se montreront favorables, alors tu retrouveras des temps plus fortunés que jamais;
‘e Des temps si agréables ‘et si doux, qu'ils te feront chérir la mémoire de tes peines passées, et supporter le pressentiment de tes peines futures.
»Et peut-être, en racontant la longue histoire de tes travaux et de tes épreuves, ressentiras-tu quelqnes mouvemens de vanité. |
.» Mais avant que les étoiles soient bénignes envers toi, il faut que tu parcoures le monde sous une peau nouvelle ; |
»Cette Providence, qui régit et maintient l'espèce humaine, veut que tu éprouves ce tourment pour ton plus grand bien.
» Il est donc nécessaire que l'empreinte de l'homime.s’efface:de tes traits, et que, réduit à la condition de res autres bêtes , tu sois mené paître avec elles.
» Cette dure loi ne peut se changer; t'avoir introduit dans ce.liew recule. le mal, mais ne le détruit pas.. ;
» Toutefois, il t’ est permis de demeurer momentanément aveé moi. , Pour que tu connaisses ce séjour'et ses. habitans. ..
.»Ne te livre point au désespoir ; mais que tes épaules. solides et robustes soutiennent franchemént ce fardeau ;
» Quelque jour tu seras bien aise de l'avoir porté. »