‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques; (volume 2)Chapitre 42 sur 57 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Au. contraire, celui qui de l'hiver à l'été change son allure, .se trouvera bientôt étouffé sous les chardons et sous les ronces.

Les bonnes lois même n’y font rien; de mau-< vaises coutumes suffisent pour qu'il se perde enfin de lui-même et cesse de reconnaître son but.

Ceux qui lisent les choses passées savent de quelle manière les empires: commencent par les Ninus et finissent par les Sardanapake.

Le premier fut réputé un: homme divin; on trouva le second parmi les servantes, occupé * à filer comme une femine.

Telle est la progression des choses : le courage rend les pays tranquilles; puis, du repos. naît l'oisiveté, et l'oisiveté met en cendres les villes et les étatss . cet ct

Puis; lorsqu'un empire a été” plongé quelque temps dans.les désordres, la vertu.s’y ranime et revient l'habiter.

Ces changemens sont permis ou plutôt ordonnés par le suprême régulateur du monde, pour que rien ne soit stable ou du moins immuable sous le soleil.

Il est nécessaire, il le fut et il le sera toujours, que le mal succède au bien et le bien au mal, et que l’un soit constamment la cause de l'autre,

Dans mon opinion personnelle, l'usure ou tout péché de la chair sont choses pernicieuses pour les états, et les mënent infailliblement à leur perte,

De même que rien ne les pousse à la gramdeur

398 L'ANE D'OR et ne les maintient hauts et puissaus, comme les jeünes, les aumônes et les prières ;

Mais, je l'avoue, il en est de plus sages qui croient à l'insuffisance de ce mal pourles détruire, et de ce bien pour les conserver.

S'imaginer que Dieu combatte pour nous sans nous-mêmes , et lorsque nous nous tenons oisifs et à genoux, est une pensée qui a perdu bien des royaumes. e

‘ Sans doute les praisons sont nécessaires; bien féu qui enlève au peuple ses cérémonies et 5 dévotions;

Car il semble que de là dépendent l'union, le bon ordre et la joyeuse fortune.

Mais il ne faut pas non plus avoir assez peu de cervelle pour croire que, quand la maison tombe en ruüirtes, Dieu va la sauver sans qu’on se remut;

© estun sûr moyen d'él tre écrasé sous ses débris.

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