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davas ; auxquels appartenait légitimement la totajité, Le conseil se partage ; les vieux inclinent à la paix ; les jeunes, à la guerre. Tout-à-coup, un serviteur de Crichna vient l’avertir secrètement quele roi a rassemblé des troupes pour le faire ‘périr. Crichna donne ordre qu’on se mette en mesure de repousser par la force cette criminelle agression.
« Puis, s’abandonnant à sa colère, il s'élança de son siége, et sa passion se souleva dans lui-même, comme s’il eëé été sous la furie de la déesse Cali. Ses discours cessèrent d'être douxs ils devinrent rudes et superbes , et il représenta le tout-puissant Vichnou., dont la figure réunit la force des trois pouvoirs et des trois mondes. De ses épaules, 01 vit se déployer quatre bras surmontés de trois têtes et de six yeux. Dans $a personne entrèrent ls vigueur et la divinité de tous les dieux , de Brama, des saints, des déités, des chefs des Racsasas (5) avec la puissance de tous les habitans et de tous les princes du monde immatériel, et.de tout ce qui avait puissance. Alors balancant son corps çà et là, et poussant un soufile aussi fort que lé rugissement du lion, il ébranla la terre dans sa base, et troubla les fondemens de toute chose. Le sommet des mon tagnes eñ trembla , et les flots dé la mer s'élevèrent en tourbillons coiïnme des montagnes, et lancèren! les poissons des profondeurs de l’abime sur le plages environnantes. En un instant, les cent Couravas furent saisis de terreur. Ils restèrent muet‘, eomme s'ils eussent été sans vie el sans volonté.”
Crichna ést enfin calmé par les discours soumis -d'Aria, son hôte, qui lui rappelle le vœu de la belle Droupadi, femme de l'aîné des Pandavas, de ne point rattacher sa chevelure jusqu'à ce qu'elle .se soit baignée dans le sang de tous les fils de Courou. Il reprend sa forme naturelle, se relire en déclarant la guerre; et, après de vains efforts pour attirer à son parti le vaillant Kerna, il va retrouver les Pandavas, dont il enflamme le courroux en leur annonçant ce qui s’est passé. Soudain, les préparatifs de guerre sont faits; chefs et combat- -tans se rassemblent. | .
« Au point du jour, les Pandavas se levèrent et sortirent de leur capitale, resplendissans comme le soleil du matin lorsque, dominant au-dessus des montagnes, il darde sur la terre ses premiers rayons; et aussi nombreux, aussi serrés que les flots de la mer. Éléphaus ; chevaux , chars éblouissans de harnais d’or, tout à la fois fut mis en mouvement. Innombrables étaient les fleurs qui furent répandues sur éux en nuages par les. Panditas; éclatans étaient les sons des airs guerriers qui soufflaient le triomphe aux fils de Pandou. Et quand les fleurs cessèrent de tomber, il s'éleva un vent puissant et comme favorable à leur marche; car les dieux étaient assemblés en haut, et leur souhaitaient la victoire. » ; Le poëte fait ensuite un dénombrement homérique des chefs et des corps de l’armée, et transporte la scène au conseil de guerre, tenu par le roi
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des Conrous, à qui le sage Aria venait de doriner avis des approches de l'ennemi. Il met sur pied, de son côté; toutes ses forces. La longueur d'une seule ligne était de douze millions et cent mille combattans , et les légions pressées couvraient les montagnes et les forêts.
La peinture du premier choc des deux armées rappelle quelques traits de l’lliade,
« Les Pandavas arrivés sur le champ de bataille, s'avancèrent, du côté de l'Orient, devant les corps déployés.des Conravas. Les deux armées, en face l'une de l’autre, jetaïent des cris de joie et brandissaient leurs armes. De toutes les deux à la fois sortaient des.sons perçans et confus. Les plus forts et les plus braves guerriers avaient été placés au front ; les seuls qui ne prirent point part à la mélée étaient les musiciens et les porte-étendard. On vit d'abord les cavaliers qui formaient la premitre ligne, caracoler et se mouvoir agilement en brandissant leurs sabres; bientôt les armées s'élancèrent intrépidement l’une contre l’autre, parmi les rugissemens des éléphans, les hennissemens des chevaux, le roulement des tambours, et les clameurs des guerriers; jusqu'à ce qu'enfin les airs et les cieux se remplirent de bruits discordans , et que la terre fût ébranlée par le tumultueux fracas de la guerre. » |
Des stances nombreuses sont censacrées à décrire les mouvemens particuliers de chaque corps, et les exploits individuels des combattans. Assu-
rément, la matière ne manque pas au poëte; car la bataille dure plusieurs jours, et le nombre des chefs montés sur des éléphans est de mille millions, suivis de onze cent mille billions d'hommes, Quant aux chefs à cheval, leur nombre est d’un billion seulement , et leur suite ne forme que dix billions. Changemens d’évolutions et de phalanges, défis, combats singuliers >. blessures et morts, trèves, sépultures, épisodes, tout se passe comme dans Homère. Seulement , les femmes sont plus souvent introduites sur la scène. Ici c’est une mère qui pleure sur les cadavres de ses trois fils, et qui fait d'inutiles efforts pour les rappeler à la vie. Là c'est une épouse qui se revêt de ses plus brillantes parures, et qui se précipite dans le bûcher de son époux, tandis qu'une autre femme de guerrier, grosse de huit mois, est privée de cet honneur. Eafin la mort du brave Kerna et la défaite du roi d’Astina terminent cette première bataille. À la vue de son fils sanglant et inanimé, le Soleil, père de Kerna, s’obscurcit de douleur, et témoigne sa peine profonde par un grondement de tonnerre et une pluie de larmes, tandis que de ses yeux enflammés jaillissent incessamment des éclairs. C'est ainsi que, dans l'Iliade, Jupiter honore par une
pluie de sang le trépas de son fils Sarpédon.
Il s'agit de remplacer Kerna dans le commandement général de l’armée. Le roi d’Astina, consterné de sa perte, jette les yeux sur Salia, qui se
débat long-temps contre l'honneur qu'on lui veut
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faire ; il accepte enfin; c’est l’Hector des Courou. Ia, comme le prince troyen, son beau palais, dont il fait une description brillante, et son Àrdromaque, appelée Satiavati, l'héroïne du poëme, où elle est introduite un peu tard.
Une scène répondant à la fameuse scène des adieux daus l’Îliade, a lieu entre les deux épour. Cependant les choses ne se passent pas tout-à-hi de la même manière. Satiavati ayant déclaré i Salia sa résolution inébranlable de l’accompagnt dans le combat, les époux javanais se prodigue! des marques si vives et si répétées de tendres, que, fatigués d'amour, ils tombent endormis dar les bras l’un de l’autre. Salia se réveille le premitr, profite du sommeil de Satiavati pour s’échappf doucement de ses bras, se revêt de son armurt, et est honoré par les Panditas qui jettent sur guerrier une pluie de fleurs.
À peine Salia s'est-il mis à la:tête de son arntt, qu'il s engage une nouvelle bataille dans laquelle après des prodiges de valeur, le général des Cotrous voit ses troupes plier et fuir. Demeuré #1 dans la. plaine , il lance contre les ennemis ses ft ches ; qui se changent successivement en des mir liers de Racsasas, de dragons et de malins esprit “Cette subite apparition jette un moment la con ternation et l’effroi dans Parmée des Pandavé Enfin Crichna ordonne à tous ses soldats de tiré! leurs épées et de serrer leurs rangs ,: et la troupt des démons disparaît sans avoir exercé aucun
PORME JAVANAIS. . 483 vage. Alors le bon et paisible Derma, chef des Pandavas, se laisse persuader avec beaucoup de peine de sauver, par:la mort de Salia, ses frères et lui-même. Il lance un flèthe qui pénètre dans la poitrine du chef ennemi, et le renverse mort. À ce signal , l’armée des Couravas est mise en pleine déroute, et il en est fait un grand carnage. Le roi, sur le point d’être pris, se défend encore vaillamment , et finit par échapper aux poursuites. Ici le poëte place un de ces petits épisodes qu’on rencontre quelquefois dans Homère, et qui sont destinés à agrandir encore par le contraste, l'effet de la haute vaillance et des prodigieux exploits des héros.
« Sacouné, tremblant ct tout-en larmes, tombe aux mains des ennémis, et. implore miséricorde pour prix de sa douceur et de son hospitalité. — « Silence ! vil et infâme dogue. Avec quel acharnement n’as-tu pas cherché à me nuire et à me tour-. menter? Non, je ne veux pas laisser échapper ma vengeance ; la mort va te saisir avec des souffrances. affrçeuses.» Ainsi parle Birna; et, le foulant sous les pieds, d’un coup de son glaive il réduit en. atomes le corps de Sacouné. L'histoire dit, ajoute le poëte, qu'il le déchira en pièces, suça le-sang du cadavre, et en dispersa les membres dans les villages du nord et du midi.»
Cependant la mort de Salia est annoncée à Satiavati par des personnes âgées et dignes de foi, qui, s'inclinant respectueusement: devant elle, lui apprennent que son époux est couché sous des mon-
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œaux de morts. À cette nouvelle, qui répand dans Je pays une subite désolation, Satiavati perd l'usage de ses sens. Rappelée à la vie par Îles secours dt sæs femmes, elle se lève, s'arme d’un poignard, monts sur son char rapide, et, accompagnée d'unt suivante, erre de nuit sur le champ de bataille, pour chercher les restes d'an époux adoré. Elk regarde partout, interroge tous les cadavres, croi souvent trouver et ne trouve pas ce qu'elle cherche + « Enfin, fatiguée de perquisitions inutiles, « désespérantde reconnaître les précieuses dépouilk: qwelle voudrait honorer, la princesse tira «1 poignard, résolue de percer ce cœur qui ner, pitait Que pour son époux. Mais le Tout-Puissit, œei la prit en pitié, envoya un rayon luminen pour la guider aux lienx qu'elle avait déjà parcorros en vain, et lui inspira le désir et la force de renouveler ses recherches.
s Ainsf le char avancait, chargé des fleurs dt on l'avait inondé; et, comme si le tonnerre gro dant eût pleuré lui-même, des larmes tombait du ciel en faible rosée, déploralent la mort di héros. -
” C'est par la même hardisse de figures que, dat le Paradis perdu , Milton nous montre les ciel qui s'obscurcissent, le tonnerre qui gronde, 4
quëlques gouttes qui tombent des : airs, à J'accorr plissement du péché mortel.
- “&Telle était la marche que suivait Ja princess jusqu'à ce qu'enfin elle aperçut le corps de Salia.
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1 lui parut grincer des dents, et jeter sur elle un regard sinistre, Alors elle saisit doucement par les pieds ce corps, maintenant inanimé, qui, brillant de vie, s'était dérobé de sa couche; et tout égarée, ne sachant ce qu'elle faisait , elle le couvrit de caresses et de baisers ; puis elle lui frotta les lèvres, les teignit de rouge, et lui éssuya le visage avec ur pan de.ses habits; mais les yeux de Saïia ne devaient plus jeter de lumière, Et, tandis qu’elle lui apphiquait du siri (6) dans le vain espoir de fermer ses blessures : « Hélas ! hélas! mon tendre époux, s'écriait-elle, toi que j'ai cherchs si long-temps et que je trouve enfin, pourquoi restes-tu silencieux? Ne veux-tu pas parler à celle qui accourt ainsi vers ini? Quelleautre voix que la tienne peut m'être douce et conselante, infortunée que je suis? Je me suis épuisée de fatigues pour te retrouver, et maintenant tu détournes les yeux et refuses de me voir. Faut-il que je pleure, ou quelle chose veux-tu que je fasse? Parle et réponds-moi, au Heu de garder ce silence inintelKgible. Dois-je penser que ta n’as pour moi nul égard? Aflons; viens; dise-moi de suaves } paroles et rends mon cœur
joyeux. » |
« C'était par ces mots soigneusement chotsis et plus doux que le miel, qu'elle tâchait de converser avec ce cadavre; mais tous ses efforts étatent vains. « Etait-ce donc, reprit-elle, pour t'offrir’ ainsi pâle et livide à més yeux, que tu t'es dérobé de moi pendant que je dormais? Voulais-tu partir
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seul et-à mon insu pour les régions supérieures? Mais je saurai te suivre. Seulement, je t'en conjure, viens à ma rencontre, et aide-moi à franchir pont fatal. Sans ton assistance, sans ton soutien, je serais craintive et tremblante. Quoique de belles et nombreuses Vidadaris (7) s’empressent à tes ordres, réserve-moi, cependant, une place au-dessus d'elles Quelle préférence ne dois-tu pas à celle qui t'eit venué chercher ainsi, et qui va mourir pour toi’
. En cet endroit , la mesure des vers change, cit l'auteur qui parle. :
« Îl serait ennuyeux, dit-il, de répéter tous les discours de Satiavati. Oppressée à la vue de s époux, par un poids de douleurs gros comme urt montagne, et résolue à mourir, elle saisit son por gnard d'une main ferme, en retira du fourreauh lame étincelante , et, d’un coup furieux, le plor gea dans son sein. Un sang vermeil comme lo s’échappa de la blessure. Elle ne mourut p#i l'instant ; mais, d’une voix éteinte, elle appeh# .suivante, et lui dit : « Ma vieille et fidèle comp+ gne, retourne à Mandaraka, et porte au bnt digne peuple ma dernière prière. Que l'on écrit l’histoire de mes souffrances, afin qu’elle soit r# contée et connue. Peut-être, à ce triste récit, le cœurs généreux seront-ils émus d'amour et & pitié; peut-être laisseront-ils échapper quelqu“ larmes. »
. —« Ô ma maîtresse! en quel temps t'ai-je jamais quittée? Dans quelque état d'existence que {!
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passes, je veux m'attacher à toi. Qui est-ce donc qui puiserait de l’eau pour ton service? Qui veillerait aux genoux de ma noble'reine, si je n'étais pas avec toi?» Ainsi pleurant, la suivante désolée retira le poignard du corps de sa princesse, et, s’en frappant, mourut à l'instant même à ses pieds; leurs âmes heureuses s ‘envolèrent ensemble avec délices vers les cieux. » |
« Aussitôt l’âfne enchantée du prince Salia, s'élançant à la rencontre de sa bien-aimée, s’écria : : « Je t'attendais, triste et impatient , parmi les nuages, avec les Panditas, les Dives et les Vidadaris. Puis, saisissant la princesse dans ses bras, il s’en retourna avec elle par les chemins qui mènent aux cieux. Ils arrivèrent à la céleste demeure, et la trouvèrent d’une grande beauté. Les maisons étaient de soie, et brillantes de pierres précieuses: La princesse charmée voyait s'y succéder les amusemens. La nourriture s’y reproduisait avec abondance, et l'extrême bonté du Tout-Puissant envers l'espèce humaine effaçait entre les habitans toute sensible différence d’âge et de fraîcheur. »
Les amateurs pourront comparer ce beau passage’avec les plaintes d’Andromaque sur les restes d'Hector, au xxu° livre de l'Iliade. Il y a plus de charme naïf dans le poëte grec, mais plus de passion dans le poëte oriental ; et cela devait être ainsi. Des mœurs qui entraînent la femme à se tuer sur le corps de son époux, et la suivante à se frapper sur celui de sa maîtresse, sont plus exal-
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tées que celles qui leur permettent de tendre ls mains aux fers du vainqueur. La mort de Panthée et des esclaves, dans Xénophon, est un tableau tout-à-fait pareil à celui qu'a tracé le génie de Pouséda. |
Le reste du poëme n'est plus qu’un complément d'action sans beaucoup d'intérêt. Le roi fugiti d’Arjuna s'était caché dans une rivière, les Pandr vas l'y découvrent. Il combat cohtre l’un d'eu, qui le tue ; ainsi l'aîné des fils de Pandou recourt son royaume, dans lequel il fait fleurir la justic et les lois. Tous les princes voisins qui ont survéti à cette horrible guerre’, lui rendent hommage t se soumettent à son autorité.
. Cette épopée, autant qu'il est possible d'en jt ger par une simple analyse, est fort remarquab eu égard au peuple qui l’a produite. La marchet est régulière et rapide ; l’action grande et plein d'intérêt; les caractères aussi bien tracés que Nr tement soutenus ; les détails variés avec art; l'et ploi du merveilleux très-sobre, et propre sil ment à agrandir, sans les défigurer, les formest les proportions des personnages.
FIN DR L’EXTRAIT DU BRATA YOUDA. :
AMV MIA MMA WP ARAAIAMAA MMA MAR EM MMM 123171419433)
(x) Cricana, Apollon des Indiens, lun des a anciens héros de leurs histoires fabuleuses. .
(2) C’est le nom que portent dans l’Inde les docteurs ou bardes. (5) Se noircir les dents, fait partie de la toilette des Indiens.
@) Legp
euples indo-chinois sont très-friands. Il y a une histoire
… de confitures, fort bizarre, dans la Vie de Tévetat, morcéau tra-
duit du pali , ou siamois ancien, par Laloubère. On y raconte qu’à la naissance de Samonacodam, dieu fort révéré des Siamois, le roi son père fit tirer son horoscope par ses devins, qui lui prédirent que l’eufant aurait le choix de posséder ou toute la terre. comme empereur, ou le Nirenpan (le plys haut ciel \ comme moine ou talapoin , et qu’il choisirait ce dernier lot. On ajoute que lorsque les grandes destinées de Somonacodam furent connues, ses parens, au nombre de dix mille, voulant y faire participer leurs enfans, lui donnèrent chacun pour compagnon l’un d’entre eux ; et que tous, excepté six, du nombre desquels était Tévetat, se firent talapoins avec lui. Or, ces six profanes étaient des princes plongés dans les plaisirs, et qui ne voulaient pas changer en de pieuses mortifica- tions les jouissances et l’orgueil du rang suprême. Amourout, l’un d'eux, gâté par les complaisances et les flatteries, ne comprenait pas ce que voulait dire non. Un j jour que ces six jeunes princes sé divertissaient au jeu de boule, et jouaient des confitures pour la collation, Amourout, ayant perdu, envoya demander des confitures à sa mère, qui en donna. Lorsqu'ils les eurent mangées, ils jouèrent une seconde collation , puis une troisième , puis une quatrième, pour chacune desquelles il fut fourni des confitures nouvelles, Enfin , lorsqu'elles furent épuisées, la mère dit au serviteur qui en venait chercher d’autres : « Non, il n’y eu a plus. » Amou- BIBLIOTH, ÉTRANG. T. Il. 31%
490 REMARQUES SUR BRATA YOUDA.
rout, qui crut que ces mots étaient le nom de confitures encore plis excellentes, fit prier sa mère de Jui envoyer des confitures Non, ilny en a plus. Celle-ci, pour se faire comprendre de son fi, prit un grand plat vide, le couvrit d’un autre plat, et le donna au serviteur, avec ordre de le porter à son maître. Mais les génies, qui craigoirent que, si Amourout trouvait le plat vide, il ne le brisât la tête en sept morceaux, le remplirent de confitures apportées du ciel, et d’un goût si exquis, que lorsqu’Amourout décurvrit le plat, l’odeur seule embauma toute la ville : aussi priat-ls mère de ne jamais lui donner d’autres confitures; et la princess. pour le contenter, ne faisait pas autre chose que de prendre plat vide et de le couvrir d’un autre plat ; les génies se charge du reste.
(5) Espèce de génies , de la famille des Divaudes. (6) Sorte de pâte.
(7) Nymphes célestes , de la famille des Dives.