XVI
»La fin ét la récompense du travail, c'est le repos. Que toutes mes prières soïent pour la vertu et pour la paix ! Quel est l’homme à qui la richesse ou le renom , le luxe ou la puissance aient allégé le poids de ses maux? que servent toutes les leçons de Rome et de la Grèce, et les chants inspirés du:
ciel, et les cordes harmonieuses , et la pourpre de Tyr et les trésors de l'Orient; qu'importe tout ce que peut procurer l'adresse, l’audace ou le bonheur, si l’envie, le dégoût, le remords ou l’orgueil tourmentent misérablement notre âme?
» Que sous l’obscur dongeon de quelque voûte gothique, demeure éternelle de la nuit et de la désolation, la vanité orne de trophées, de vers et d'écussons le marbre somptueux des tombeaux; je choisis pour mon dernier asile cette colline rafraichie par les zéphyrs, qui borde et couronne la plaine. Là, tout ce que je désire, est un monticule de gazon parsemé de violettes ; qu’il soit arrosé d'un ruisseau ou d’une fontaine murmurante, et que quelques rayons du soir luisent doucement sur ma tombe !
» Que le berger s’y rende; que la joyeuse villàgeoise, le cœur vide de soucis, y vienne rattacher avec des fleurs sa chevelure dérangée, et célébrer la matinée riante de Mai. Que, tout le long du jour, dans ce lieu, le pasteur enflant ses pipeaux rustiques, fasse retentir les bosquets de ses plaintives chansons d'amour; et, quand vient le soir doux et tranquille, paré de son manteau grisâtre, que la bande animée ne se presse pas de s'éloigner ; ni spectre ni magiciens n ‘assiégeront ma dernière demeure.
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