‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 112 sur 126 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

» Combien la muse de l’histoire a de charmes, lorsque, fuyant les ravages, les meurtres et les tyrans, elle dirige son vol vers un prince patriote dont les pieux travaux consacrés à la science, à la liberté, au bon ardre et à la paix, brillent divinement à travers tous les âges, honneur et merveille du genre humain! Le soleil, de la splendeur de son midi, peut-il contempler un plus admirable objet que la vertu ainsi ornée de l'éclat du pourvoir, et les hommes se prêtant de mutuels secours?

»'Sois bénie, politique sacrée, que la liberté dirige! et toi, liberté sainte, que tempèrent les lois! Sans vous, qu'est-ce que l'homme? un troupeau rampant , enchaîné dans les ténèbres, dans le malheur et dans le besoin. Grands par votre union , les Grecs et les Romains tinrent sans rivaux le sceptre des arts. O! dans.ces derniers temps, puisse, en Albion , votre influence restée pure (9); élever à des œuvres divines les cœurs généreux, exciter les lecans du sage et enflammer les chants du poëte !

» Mais d’autres objets attirent mes regards. Pour calmer la furie effrénée de l'imagination, et contenir par des liens salutaires les cœurs heureusement nés, je vois la philosophie s’avancer avec une: grâce modeste et pourtant majestueuse. Toute cette race vaporeuse, nourrie par l’indolence et les illusions, la crainte, le mécontentement, la sollicitude , se retire dès qu'elle a soufflé dans

âme embrasée ses rayons vivifians » et fait place à l'espérance et au courage. |

XLY.

» Alors elle réveille d’une longue léthargie toutes les semences du bonheur et toutes les puissances de la pensée ; alors les passions grossières oublient leurs combats , enfans de l’ignorance et de la folie. Le plaisir dans les hommes sans frein est chère-

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ment payé par la cruelle vengeance, par la convoitise que rien ne réprime, par la gloutonnerie et par la mort. L'esprit dénué de préceptes et de règles, est une solitude ténébreuse où hurlent les tempêtes et les furies; la science est à l'âme ce ce qu'est le soleil à l'univers.

» Cependant, par le secours des nombres, des temps et de espace, la raison lance les éclairs subtils de son œil sérieux; et, par les faits comparés, enseigne à tracer des lois dont le long enchaînement conduit à la Divinité même. La force humaine a-t-elle bien pu prétendre à s'élever si haut? l’œil de l'homme, si souvent obscurci par les pleurs, peut-il supporter tant de gloire? car c'en est fait, les ombres ont fui de Ja face de la nature ; toute confusion disparaît ; l’ordre charme les yeux; et l'harmonie, les oreilles.

» Dans les profonds détours des tombeaux n’habitent plus l’impure sorcière ni le hideux fantôme; dans la chute du ruisseau qui s'échappe des montagnes ou dans le mugissement des vents, on ne déméle plus les hurlemens de quelque esprit teurmenté; le magicien ne fait plus ses évocations redoutables, il ne tombe plus en convulsion dans ses spasmes prophétiques ; il ne fait plus retentir le bruit des tambours ni des trompettes pour soulager dans ses tourmens imaginaires la lune en

travail, ou pour dissiper les ombres qui voilent le disque du soleil.

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