‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 117 sur 126 · TRADUIT DU GREC · texte numérisé non relu

TRADUIT DU GREC

40° Siècle avt Hesus-Chas….

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Lx: hymnes d'Homère, soit qu'ils appartiennent au prince des poëtes, ou seulement à l’âge homérique, ou à une époque un peu moins éloignée, sont des monumens mythologiqües fort remarquables, qui ne se rapportent point au genre de l’ode, comme le mot d’hymne pourrait le faire croire, mais à celui de l'épopée. Vainement y cherchérait-on quelque trace du désordre et quelque étincelle du feu pindarique ; c’est toujours la régularité calme et la douce chaleur d’un simple récit. L'école des Brames dans leurs Védas s’y fait particulièrement sentir; non-seulement par la gravité naïve des formes, mais par le fond même des choses. En effet, les événemens qu’on y rapporte tiennent à une cosmogonie en quelque sorte orientale. C’est la naissance des sociétés, c’est Ja découverte des premiers arts, c’est l’établissement des religions qui #’y trouvent racontés dans les aventures des dieux , et l’Apollon, le Bacchus, le Mercure des hymnes ont quelques traits de l’Apollon, du Bacchus et du Mercure indien. Cela me fait penser que les hymnes, quel que en soit l’auteur, doivent être reportés au premier âge de la mythologie des Grecs, lorsque leurs dieux venus de l’Orient n’avaient pas encore perdu leur physionomie et leur parure étrangère ; et l’on pourrait, ce me semble, expliquer ainsi pourquoi les fables retracées dans ces vieilles compositions n’ont pas , en général, été répétées

par les poëtes des âges suivans, qui se plaisaient à célébrer des traditions plus récentes et mieux acclimatées.

On sait que l'Hymne à Cérès, long-temps perdu , fat retrouvé à Moscou, dans la bibliothèque du synode , par Mathæi, tout à la fin du dix huitième siècle, et publié par Runkenius, qui en a donné, en 1808, une seconde édition , où sont rétablis quelques vers. Il discute, dans sa préface , avec autant d’impartialité que de critique, la question de savoir si c’est décidément Homère qui doit être regardé comme l’auteur de cet ouvrage. D’un côté, Pausanias , écrivain d’une grande autorité, le lui attribue en quatre passages différens ; .de l’autre, le scoliaste de Nicandre et quelques vieux grammairiens croient trouver, dans le style et dans la composition du poëme, des motifs de ne point l’assigner à l’auteur de l’Iliade.

Une question ainsi controversée restera toujours indécise. Si les hymnes sont véritablement d’Homère, os voit, par un passage de l’hymne à. Mercure et à Vesta, qu’il était jeune lorsqu'il célébrait ces divinités ; ce n’était donc qu’un prélude, mais un prélude où semble se manifester le caractère et parfois la sublimité de ses autres chants.

Pour ne parler 4 que dr Hymne à Cérès, l’ensemble et les détails de cette composition révèlent déjà le grand poëte. ‘L'action y est simple, entière, continue. Le sujet est l’hymen de Pluton et de Proserpine, c'est-à-dire, l'alliance des productions extérieures et des feux souterrains de la terre. C’est Jupiter, ordonnateur suprême du monde, qui a fait entrer cette alliance dans l’économie générale de l’univers. Mais Cérès en souffre et s’en irrite; la terre est momentanément privée de ses moissons et de ses fruits; Jupiter rétablit l'ordre et l'équilibre par use

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