‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 15 sur 126 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

I. Des promoteurs établis dans la juridiction des évêques, et de leurs abus. | -* IL. Des exactions à Souffrir au sujet des concubines. TI. De la collation simoniaque des ordres sacrés et des sacremens.

I. On ne saurait dire combien de maux enfautent ces scélérats explorateurs des crimes, appelés promoteurs. Souvent ils appellent pour rien &leur tribunal de simples et pauvres paysans qui ménent dans leur chaumière une vie-innocento:et dégagée des fraudes de ha ville. Ils iiventent contre eux des motifs d'accusation, lés: vexent, Îles épouvantent, les menacent ét les forcent à composer ; ou, si ces pauvres gens t'efusewt de le faire, ils les persécutént d’asfignatibas répétées. Les ‘paysans osént-ils manquef de comparaître? 'soudain:ils sont frappés d'anatfhéme, cemme contrevebans et rebelles. Défèrent-ils humblement à Aoutés les citations qai leur sont données? on Ics traine de remises en remises; em épulise contre eux tous les subterfuges des délais et des jugemens interlocutoires, jusqu’à ce qu’enfin, accablés de vexations et de fatigues, et ruinés par la

perte de leur temps, Hs consentent à racheter de leurs deniers la peine d’un délit puéril ou imaginaire, 1,

IT. Et quel scandale, je vous-prie, que de voir dans la plupart des diocèses, les curés et desservans des paroisses obtenir de leurs évêques, à prix d'argent, lé-droit d'entretenir publiquement des’ concabines , et de tarifer tous les crimes et toutes les indulgences? Mais je reviendrai sûr cela.

III. Ce qui est vraiment intolérable, c'est que personne ne puisse recevoir qu’en payant , soit la cléricature, soit les ordres sacrés, soit quelque grade ecclésiastique que ce puisse être; que la grâce des sacremens ne soit conférée, que l'impositio des mains n’ait lieu que moyennant un prx convenu; gue toutes les confessions, absolutions et dispenses ,.se vendent et s’achètent comme des dearées ; qu'enfin les bénéfices eux-mêmes soient mis à l’encan par ceux qui en disposent; ou s’ils

‘nent, que ee soit à leurs bâtards ou à des iens.. Leur objecte-t-on cette parole de l'Éle : « Vous avez reçu gratuitement, donnez

gratuitement, » ils se hâtent de vous répondre que ce-n’est pas ponræien qu'ils ont reçu, qu'ainsi on ne peut les obligerä donner pour rien; et que cela est bo& à.dire aux prélats qui n'ont pas payé leur sitge. |,

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