‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 20 sur 126 · L. Des chapelains et des chanoines · texte numérisé non relu

L. Des chapelains et des chanoines

IL. De la paix et de la fraternité qui règnent entre eux II. Comment ils s’affranchissent de toute discipline.

1. Qu'ai-5x besoin, en effet, de parler longuement des chapelains et des chanoines, lorsqu'en deux mots je puis déclarer que ceux-ci sont tous semblables à leurs évêques, C'est-à-dire, ignorans, simoniaques, cupides, ambitieux, jaloux, négligeant leurs propres mœurs, et curieux de connaître et de reprendre celles des autres? Ajoutons qu'ils sont ivrognes et tellement débauchés, qu'ils ne rougissent pas de nourrir publiquement ches eux leurs bâtards et leurs coneubines, Enfin ils sont babillards, et passent leur temps à s’entretenir de frivolités et de fables, parce qu'ils ne savent rien d’utile, et qu'il n'est rien d'honnète à quoi ils puissent s'occuper. Aussi leur vie se consume-t-elle à soigner leurs affaires par tous les moyens justes ou injustes qui sont en leur pouvoir, à remplir leur ventre, à flatter leur palais

16 DE L'ÉTAT CORROMPU et à se vautrer dans les voluptés de la chair, comme de véritables pourceaux d’ Épicure.

Il. Quant à la concorde et à la fraternité qui régnent entre eux ; on peut en juger par les sectes et les séditions que d'irfernales furies soulèvent dans toutes les églises; cette hydre diabolique du schisme, que la Discorde à lancée au plus haut sommet de l’Église, a pullulé partout avec une telle fécondité, qu'il n'est pas une assemblée religieuse qui ne soit infectée de son venin.

III. Et ces hommes seront encore appelés chanoines (canonici), eux qui sont étrangers à tout canon, c’est-à-dire à toute règle, et qui pour se permettre impunément quelques désordres ét quelques crimes que ce soit, se sont affranchis, fut-ce au prix le plus haut, de la discipline et du châti-

ment de leurs prélats! Ils fraudent les indigens ; ‘ils fraudent les fidèles; et, selon les expressions de saint Paul : « On cherche parmi les recteurs des églises, si l'on peut trouver un seul homme de bien. » Mais pourquoi ne se permettraient-ils pas ces tromperies et ces rapines? il n’est personne qui ‘les punisse. La plupart d’entre eux déclarent n’avoir pour juge que le pape; et les plaintes du pauvre ne peuvent pas monter si haut.

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