CHAPITRE XXX
Conclusion de livre.
À Jésus-Christ.
O Canisr, si tu veux purger ton Église de toutes ces impures scories sous lesquelles son or et son . argent ont disparu, que te reste-t-il à faire que de remettre ces vils métaux dans la fournaise, pour qu’épurés par les soufiles ct par les feux , ils redeviennent un or pur et brillant encore de leur éclat primitif? De même, si tu veux rendre à sa douce fécondité ta vigne céleste, étouffée aujourd’hui par les ronces et les buissons, qu’as-tu de micux à imaginer que d'en arracher tous les mauvais rejetons qui la rendent stérile, d'en confier la culture à de nouveaux laboureurs, et de la féconder en la provignant? C’est toi-même qui l'as dit : «On ne peut cueillir dessaisins sur les épines ni des figues sur des chardons;» Et tu as condamné à être coupé et jeté au feu tout arbre qui ne porterait pas de bons fruits. C’est donc se
tromper lourdement que de croire que les maux de l'Eglise doivent finir aux travaux et aux souffrances dont nous sommes accablés. Ce ne sont là que les commencemens de. nos douleurs, et de faibles préludes de ce qui doit leur succéder. Mais il est temps qu'aux approches de la tempête, nous cherchions à gagner le pert, et que, dans de si gragds périls, nous songions à notre salut; évitons que la violence des ouragans, prête à emporter en des tourbillons fougueux la nacelle brisée de saint Pierre, ne nous -engloutisse dans les flots avec ceux qui ont mérité de périr!