I. Quelles seront les suites de ce fléau
JL. PLusrcurs écrivains qui, animés, à ce qu’on croit, d'un instinct céleste, ont prédit dès longtemps ce schisme et toutes ses calamités , pensent qu'il doit en résulter l'anéantissement total de l'Église, qui, après avoir envahi beaucoup sur la puissance séculière, sera à son tour foulée aux pieds par elle et forcée un jour de vomir, avant de les avoir digérées pleinement, toutes les rapines dont elle s'est gorgée. Ils croient que tous ces nombreux enfans de fornication qu'elle a produits et qui ont tourimenté les princes par leur orgueil et leurs trafics scandaleux, auront à souffrir en retour la mort, la fuite, l'exil, la faim, la captivité, et que la persécution est peut-être plus près qu'ils ne se l’imaginent, de s'appesantir sur leurs têtes. En effet, si nous ne sommes pas frappés d'un entier aveuglement , il nous est impossible de ne pas reconnaître que déjà les grands fondemens de lédifice sont ébranlés, et à la veille d’étaler aux yeux
86 : DE L'ÉTAT CORROMPU leurs immenses ruines. Et certes c'est par l'effet d'un très-équitable jugement de Diea que s’abimera, dans un affreux déluge de maux, celle qui a poussé à un tel point de délire l'excès de toutes les abominätions, qu'il n’est aucun autre moyen de la châtier et de lui rendre sa première innocence. Combien, pour la rappeler à la raison et Jui épargner ses désastres, n’a-t-il pas éclaté de signes frappans, avertissecmens, menaces, remontrances, revers, et fléaux! Toutes ces choses ont été vaînes. En vain - le fondeur a jeté en fonte, »
selon les paroles du prophète; les perversités de ces hommes n’ont point été consumées; d’un front d'airain , ils se sont révoltés contre Dieu, et, sans cesse d'un plus rapide essor, tels qu'un cheval
‘qui a brisé son frein, ils se sopt plongés dans le
fleuve de leur cancupiscence.
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