‹ Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature, ancienne et moderne; ou, Choix d'ouvrages remarquables et curieux, traduits ou extraits de diverses langues, avec des notices et des remarques;Chapitre 80 sur 126 · DR DS · texte numérisé non relu

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35a ROMANCES

11 avait recu quinze coups de lances, dont chacun était mortel, et c'eût été grand miracle qu'il eût échappé de la plus légère de ces blessures.

: Ce spectacle renouvela les deuleurs du marquis ; on l’entendit pousser un grand soupir.

Il entra dâäns la chapelle, se mit à genoux, pos la main sur la pierre sacrée de l'autel, et jura ainsi aux pieds d’un crucifix :

« Je jure par le Dieu tout-puissant , par Sainte- Marie sa mère, et par le Saint-Sécrement déposé en ce lieu,

» De ne point peigner mes cheveux blancs, ni raser ma barbe, ni vétir d’autres habits, ni char ger de chaussures ;

» De ne point entrer en lieu habité, ni quitter mes àrmes, excepté une heure seulement, pour me laver le COrps; de ne jamais manger sur une nappe, ni m'asseoir à une table,

» Avant que Charlot ait péri, soit en justice,

soit en duel, et je mourrai, s’il le : faut, pour soutenir la vérité.

» Que si l'on me refuse justice de ce grand forfait , je. jure de guerroyer contre la France, de ma personne et de tous mes moyens,

»* Et de continuer la guerre jusqu’à ce que je sois vainqueur ou mort: Et, par suite de ce serment, je promets de ne point enterrer

» Le corps de Baudouin avant de l'avoir vengé.

Après avoir juré ceci, le marquis se sentit plus

soulagé. Il pria l'ermite de Faider à transporter le corps au village voisin.

L'ermite compatissant prêta sa bête pour cet office; ils ensevelirent le cadaÿre et le posèrent sur le mulet.

Cependant le marquis ayant revêtu les armes de Baudouin, monta sur son prapre ‘cheval ,:et-ils se mirent en route.

Ils prirent le chemin du bourg ; l'ermite marchait devant pour les conduire.

Avant d'arriver à ce lieu, ils trouvèrent une abbaye de l'ordre de Saint-Benoît, située sur une hauteur à mi-côte. Il fut convenu de s’y arrêter, et d'y déposer le corps, qui serait placé dans un cercueil et embaumé. Le marquis offrit de l’argent au bon ermite pour le récompenser de ses peines ; mais il n’en voulut pas recevoir; des joyaux lui furent présentés ;

Il les refusa pareillement, et se contenta de reprendre sa bête; puis il se sépara du marquis, en le recommandant à Dieu.

Comme il retournait à son ermitage, f vit la route couverte de monde. |

C'étaient les gens du marquis courant à sa recherche ,-êt désolés’ de ne pas le trouver. Sur le signalement qu'ils. lui donnèrent, il comprit quel était celui. qu'ils chérchaient, L |

Et leur répondit à tous : « Je vais vous dire la : vérité. Depuis deux jours, j'ai accompagné un homme tel que vous me le dépeignez; j'ignore qui

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il est, et où il va; je l’ai laissé dans une abbaye qu'on appelle Floresval, avec un chevalier mort qu'il avait rencontré par hasard.

» Si vous voulez, Seigneurs, vous rendre à cétte abbaye , vous l'y trouverez sans aucun doute. » Tous s'en allèrent joyeux , dans l'espérance de revoir leur seigneur. |

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