AAA AA AA AA AA PAR AA AP PA AAA AA
Un des découvertes les plus curieuses dues aux travaux des savans orientalistes de la société de Calcutta , est l'acte que voici, d’une pieuse donation royale , qui se rapporte au onzième siècle de l’ère chrétienne. Ge monument en langue sanscrite appartient à l’histoire par son objet, à la philosophie par son caractère, et à la littérature par sa rédaction; car les brames mélaient des vers partout ; ils avaient particulièrement soin de ranger la jurisprudence parmi les sciences canoniques et inspirées (*), de même que jadis les papes couvraient de tribunaux ecclésiastiques l’Europe asservie à leur joug sacré.
Pour s'assurer de la parfaite interprétation de cet acte, les savans anglais se sont fait aider des soins d’un docte
(*) Un passage remarquable du Véda, traduit par W. Jones, s’exprime ainsi: « Dieu ayant créé les quatre ‘classes, n’avait pas encore complété son ouvrage; mais, en guise de supplément, de peur que la classe royale et militaire ne devint insupportable par sa puissance et sa férocité , il produisit le corps suprême de la loï; car la loi est le premier souverain, beaucoup plus puissänte et plus sévère que les rois; rien ne saurait être plus puissant que la loi, dont le secours, comme celui du suprème monarque , peut donner au faible l’avantage sur le fort. » Rien de plus vrai, assurément, que cette suprématie essentielle de la loi sur le prince ; mais ce qui est encore plus vrai, c’est la suprématie nécessaire de la loi sur Îles prêtres. L'Égypte et l'Inde nous apprennent les affreux malheurs des contrées où ils se sont faits législateurs et souverains.
pandit, ou docteur indien, appelé Ramalostchan. C'est, pour ainsi dire, sous sa dictée, qu'ils ont écrit leur version, qui présente en quelque sorte la scrupuleuse exactitude d’un calque, tant ils ont été attentifs, autant que le permettait la différence des idiômes, à rendre le mot par le mot, soulignant ou enfermant entre deux parenthèses ce qu’il était rigoureusement nécessaire d’ajouter pour l'intelligence ou la construction de la phrase.
Il a été facile à nos orientalistes français de reproduire cetle minutieuse fidélité, lorsqu'ils ont transporté la découverte de leurs doctes confrères, dans les deux volumes in-4° qu’ils ont publiés, il y a environ quinze ans, d'après les Recherches asiatiques. Malheureusement cette bell entreprise qui devait nous faire j jouir de tous les trésors nouvellement fouillés dans J’Orient, n’a pas été continuée, moins sans doute à cause des énormes dépenses qu'ell entraînait, et auxquelles le gouvernement ne se refus pas, qu’à défaut d'encouragemens suffisans dans les classes érudites de lecteurs; l'essai qui en a été offert est demeuré l’ornement presque stérile de quelques grandes bibliothèques, en attendant qu’un mouvement plus viffût imprimé parmi nous à celte partie intéressante des con- Naissances humaines.
C’est dans le travail de nos compatriotes, que j'ai cru devoir puiser de préférence mon court extrait. Je saisis avèc empressement celte occasion de dire que je dois aux secours obligeans de plusieurs d’entre eux, la communication de tout ce que j'ai emprunté des diverses langues ‘orientales poar enrichir la Bibliothèque.ctrangère.
FIN DE LA NOTICE
DONATION DU VILLAGE DE TCHAVINARA, FAITE PAR UN RAJA | A SON PRÈTRE DOMESTIQUE.
eng
- OM, vicrorRe Er ÉLÉVATION (1).
P uisse celui qui, en toute affaire, demande la priorité d’adoration, puisse ce Ganesa, détournant le malheur, vous garantir du danger (2)!
Puisse vous préserver constamment ce Siva sur la tête de qui brille (Ganga) la fille de Djahnou, semblable au croissant pur qui s'élève du sommet du Soumerou !
Puisse ce Dieu, cause des succès, cause de la félicité, qui garde, placée sur son front, une section de la lune aux rayons frais, tracée sous la forme d’une ligne pareille à celle de la pointe infiniment brillante d'un ketaka fraîchement épanouï (qui est) orné d’un bouquet. de boucles d'un rouge foncé liées avec le prince des serpens, VOUS être toujours favorable!
Se ESS SE ol
Après plusieurs autres stances mystiques, vient cette stance morale :
La richesse est inconstante; la jeunesse, détruite en un instant; et la vie, placée entre les dents de Kritanta (ou Yama). Néanmoins (on montre de la) négligence pour la félicité des ancètres décédés. Oh! combien les efforts des hommes sont étonnans!.. |
La richesse et la vie sont deux choses plus mobiles qu’une goutte d’eau tremblante sur la feuille d’un lotus agité par le vent, et le monde ressemble au premier et tendre feuillage d’un plantain.
Ces réflexions mélancoliques conduisent le donateur à se rappeler quelques autres stances dont les trois dernières sont ainsi conçues :
Nos pères décédés battent des mains; nos grands pères triomphent, disant : Un donnéur de terre est né dans notre famille ; il nous rachetera.
Une donation de terre à des personnes vertueuses, pour de saints pélerinages et, dans les (cinq) jours solennels de la lune, est le moyen de traverser l’océan illimité du monde. |
Des parasols blancs et des éléphans ivres d’orgueil (signes de la royauté) sont les fleurs du don d'un territoire; le fruit est Indra dans le ciel.
Enfin, commence le corps de l'acte.
Ainsi, confirmant les déclarations, des : anciens Mounis, savans dans la distinction entre le juste et
DU VILLAGE DÉ TCHAVINARA. 393 l'injuste, pour l'avantage de ma mère, de mon père et de moi-même ; (date) la lune étant alors pleine et éclipsée; après m'être baigné dans la mer opposée, semblable aux ceintures qui -entourent les flancs de la terre femelle, teinte d’une variété
de rayons pareils à plusieurs rubis ‘excessivement .
brillans, perles et autres joyaux, avec de l'eau dont la vase étäit devenue du musc par le bain fréquent qu'y avait pris le sein parfumé des belles
déesses qui se soulevaient après s'y-être plongées, et ayant offert au soleil, luminaire divih, pierrerie à
d’un cercle du ciel, œil des trois mondes, seigneur du lotus, un plat embeili de fleurs diverses (ce plat est rempli de la plante darbha, de riz
dans sa gousse, de différentes fleurs, et de sandal),
j'ai donné à celui qui a vu le précepteur des dieux et des démons {suivent dix kgnes de louanges'emphatiques),.au prêtre domestique, au lecteur Sri Tikkapaiya, à l'effet de sacrifier , de. faire que d’autres sacrifient ; de lire, de faire que d’autres
lisent; et de remplir Île reste des six obligations
sacerdotales; à l'effet aussi d'accomplir le (service journalier de) Vaisouadéva, avec des offrandes de riz, de lait, et les objets qui servent aux sacrifices , et de compléter avec la solennité requise le sacrifice du feu ; de faire les actes qui doivent être faits continuellement -et ceux qui doivent l'être de teinps en temps, et de rendre les honneurs pres-
-crits envers les hôtes et les étrangers, et de soute- .
nir sa propre famille.
Le village de Tchavinara (désignation des limites). Cette terre ainsi inspectée aux quatre points cardinaux et limitée dans ses propres bornes, avec son herbage, ses bois et ses eaux, et avec puissance de châtiment pour les dix crimes, excepté la partie donnée ci-devant comme la portion de Deva (ou Brahma), lui est par moi cédée en vertu de cet acte, limité à la durée du soleil, de la lune et des montagnes, confirmé par la cérémonie de l’adoration, par une effusion abondante d'eau et par les plus grands actes du culte; et la méme terre sera possédée par ses héritiers directs et collatéraux, ou la possession leur en sera procurée et ils n'y. seront troublés par qui que ce soit.
Suivent encore denombreuses citations de stances sacrées, dont quelques-unesdisentquequis’empare de la terre donnée par lui-même ou par un autre (souverain) pourrira parmi les vers, ver lui-même, au milieu de. l’ordure; que ceux qui s'emparent des terres données, renaissent pour vivre avec de grandes frayeurs dans les cavités sèches des arbres, dans les forêts non arrosées des (monts) vinddhia; qu'un roÿ qui s’est emparé d’une vache, d'un vêtement, ou même dela largeur d’un ongle de terrain
sacré, demeuresnenferjusqu’à l'entière destruction
du monde ; que le détenteur d'une terre (donnée)
n'est pas absous de son crime par (le don de) mille jardins, par (celui de) cent étangs-d'eau, par (ce-
lui de) cent laks (dix millions) de bœufs; enfin