LA VENGEANCE ALEXANDRE DE JEAN LE NEVELOIS
Ce vers, dit Fauchet, « me fait deviner qu'il veult « parler de Henry comte de Champagne, surnommé le « Large, depuis roi de Jérusalem^ Que si ma conjecture c( est yraye, Nevelois auroit vescu du temps. de Louis <x le jeune, roi de France, et avant l'an mcxciii, qui fut a celuy du couronnenaent dudit Henry, auquel Nevelois « auroit présenté son œuvre. Car j'oseroy presque assôu- « rer qu'il fut suhjeçt de ce. comte, y ayant encore à « Troyes une faonneste famille portant le nom de Neve- « let. » Il est inutile de faire ressortir la faiblesse de cette argumentation. Je me bornerai à dire que le poème ne parait pas assez ancien pour être attribué à l'époque du comte de Champagne Henri II (i 181-1 192). Il y a toute apparence qu'il est plus récent d'un siècle au moins. Ce qui le prouve, c'est, indépendamment de la langue et du style, le fait qu'il ne se rencontre que dans des mss. postérieurs au xiii® siècle. Par la même raison il y a lieu d'écarter Henri, comte de Ngmur, contemporain du comte de Champagne Henri II, que M. A. Dinaux 1 a proposé, très dubitativement du reste, d'identifier avec le protecteur de Jean le Nevelois. Dans l'incertitude où nous sommes au sujet de la patrie de notre poète, il ne me parait pas possible de dire en toute sûreté qui était le comte Heiiri duquel il se réclame. Toutefois on peut, je. crois, hasarder une conjecture qui ne manque pas de vraisemblance. Remarquons tout d'abord que ce comte étai^probablement un seigneur du Hainaut, de la Flandre^ du Brabant ou des contrées