‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 132 sur 178 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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ration à i'aide des rubriques Ixxiiij à ccxxxix. A partir de la rubrique ccxl, l'auteur se met à nous conter, d'après le livre III de Valerius, la guerre contre Porus, l'épisode de Candace, le retour à Babylone, et enfin la trahison d'Antipater. Puis, abandonnant de nouveau Valerius à l'avant-dernier chapitre de VEpitomey il complète son poème à l'aide de la quatrième branche du Roman en alexandrins , celle qui a pour auteurs Alexandre de Paris et Pierre de Saint-Cloud. Il n'a pas admis cette branche dans son intégrité : il en supprime les quatre premières tirades et s'arrête bien avant la fin. Ce qu'il lui emprunte correspond aux pages 507, V. 29, à 534, v. Il, de l'édition de M. Michelant. Puis il ajoute une conclusion de sa façon, qui est en partie la paraphrase des deux derniers chapitres de VEpiiome, Pour les détails, le lecteur pourra se reporter aux extraits donnés dans le premier volume du présent ouvrage. Il y trouvera, pp. 223 et suiv., toute la fin du Roman de toute chevalerie, depuis le retour d'Alexandre à Babylone, avec des renvois aux sources.

Nous sommes maintenant en mesure d'apprécier le Roman de toute chevalerie. C'est l'œuvre d'un homme aussi érudit que dépourvu de. jugement. Eustache de Kent connaissait le Roman en alexandrins ' . Mais il

I . Je suppose qu'il le connaissait en entier, bien qu'il n*ait fait usage que de la seconde et de la quatrième branches. Mais, si la seconde branche se rencontre isolément (voy. ci-dessus, p. 239-40), il n'en est pas de même de la quatrième, qui est toujours jointe aux trois premières.

connaissait aussi les ouvrages latins dont s'étaient servis les auteurs de ce Roman. Il lui parut que l'histoire de la jeunesse d'Alexandre, de la guerre contre Darius, de l'expédition en Inde, n'était pas assez conforme aux récits de Valerius et de la lettre d'Alexandre à Aristote. Aussi refit- il cette histoire à sa façon, restituant à Vectanebus le rôle que lui assignait le Pseudo-Callisthènes, et que lui avaient enlevé les romanciers français, ajoutant aux données fournies originairement par le roman grec, et notamment à l'exposé des merveilles de l'Inde, un grand nombre de traits empruntés à Solin, à Isidore de Séville, à Ethicus. Mais ses sources latines ne pouvaient lui procurer l'équivalent du Fuerre de Cadres (deuxième branche), ni du partage qu'Alexandre mourant fait de son empire (quatrième branche). Aussi n'a-t-il pas hésité à extraire du Roman ces deux morceaux pour les faire entrer dans sa propre composition. Il a fait cet emprunt en toute simplicité, suivant l'exemple des chroniqueurs de son temps^ dont les chroniques sont, en tout ou en partie , la compilation de récits antérieurs. Il est d'autant moins légitime de l'accuser de plagiat qu'il n'a nulle part émis la prétention de faire une œuvre originale. Legrand d'Aussy, auteur de la seule notice qu'on eût jusqu'à ce jour sur le Roman de toute chevalerie^ a donc bien vainement dépensé son indignation lorsqu'il s'est récrié sur « le vol impudent du romancier anglois ' », sur « sa forfanterie' », sur

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