Voyez ci-dessus, p
que impériale et royale de Vienne, n* 2562 », tandis que le second est à Paris, Bibliothèque nationale, fonds fr. m J70. Vers 1863 les deux bibliothèques: de Parii et de Vienne ont échangé des copies de la partie qui leur manquait respectivement; la copie du manuscrit de Vienne porte à la Bibliothèque nationale le n^ 369 du fonds français. En 1861 F. Wolf a publié dans les Mémoires de l'Académie de Vienne (t. XII) une étude de seize pages, principalement consacrée au manuscrit de Vienne, où il a donné sur la composition du Contrefait de Renart les notions que je viens de résumer sommairement.
Le Contrefait de Renart^ ou Renart le Contrefait, n'a qu'un rapport éloigné avec les anciens contes de Renart d'Isengrin et des autres personnages de la cour du roi Noble. C'est à proprement parler un essai d'histoire universelle, et peut-être le premier qui ait été tenté en langue vulgaire. Les premières pages contiennent le récit d'aventures qui sont encore dans la donnée traditionnelle des contes de Renart, mais bientôt le principal personnage, Renart lui-même, se trouve amené, à la requête du roi Lion, à conter avec assez de détail les faits de l'histoire universelle. D'abord ce récit est rédigé en vers, puis Renart, sur l'invitation du roi Lion^, poursuit en prose, à partir de l'histoire d'Auguste.
1. C'est le n« 39 des mss. de la Biblbîheca Hokendorfiana (La Haye, 1720).
^ 2. Vovez ms. de Vienne ou Bib. nat. 369, fol. 156 c. (La copie qui (orme le n" 369 suit page pour page l'original.)
Pour la partie qui concerne Alexandre, les deux rédactions n'offrent que des variantes sans importance : je me sers de la seconde, que j'étudie d'après la copie très exacte du manuscrit de Vieniiei que possède notre Bibliothèque nationale.
L'auteur du Contrefait a rédigé l'histoire d'Alexandre d'après VHistoria de ptàdiis. C'est ce dont se convaincra aisément quiconque prendra la peine de comparer même superficiellement les deux textes. On comprend que je ne puis fournir une démonstration en règle qui exigerait un déploiement de citations pour lesquelles l'espace me manque. Mais déjà l'analyse sommaire donnée de cette partie du Contrefait par Robert, dans ses Fables inédites, I, cxlj-cxliij, suffit à mettre l'imitation de VHistoria hors de doute ^ et d'autres preuves seront fournies dans la suite de ce chapitre. II résulte des passages ci-après transcrits que l'auteur s'est servi du texte latin, non de la traduction en prose française, et qu'il a eu sous les yeux un manuscrit contenant, sinon le prologue de l'archiprétre Léon', ce qui ne serait guère probable, du moins une rubrique initiale où Constantinople était indiquée comme
1. Ainsi la réponse d'Alexandre aux ambassadeurs du roi de Perse : o Tant que mon père n'eut pas d'héritier, une poule lui « pondait des œufs d'or qu'il envoyait à votre maître pour avoir « fa paix, mais depuis qu'il a eu un fils, la geline est devenue « stérile » (Robert, p. cxlj; cf. fr. ^69, fol. 76 a): celte réponse, dis-je, manque dans Valérius, mais se trouve dans VHistoria] voyez Bibl. nat., nouv. acq. lat. 17^, fol. $ v% cf. la version italienne, / nobilifatti di Al. magno, éd. Grion, p. 2^.