‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 32 sur 178 · Lis. accqfimus · texte numérisé non relu

Lis. accqfimus

qui lui étaient accessibles. Le livre V est fait à Paide d'Orose (III, 23) et de Justin (XIII, 5 à XVII, 2) et l'ouvrage se termine par ces mots empruntés, sauf la phrase soulignée, à Justin (XVII^ 2) :

Quippe, post menses admodum septem ab Ptholomxo cujus sororem Lisimachus in matritnonio habuerat, par insidias circumventus occiditur, regnumque Macedoniae quod Lisimacho eripuerat, cum vita pariter amittit. Deniqut hac solutio belli Macedonici et hic finis fuit, perindcquc belli finis idem et libri sit.

On voit qu'en somme le fonds de la compilation est fourni par Justin. Il y a là un témoignage de plus, et qui jusqu'ici n'a pas été recueilli, de la grande popularité de cet auteur pendant le moyen âge ' . De la compilation elle-même je ne connais que deux mss., fort semblables à tous égards, tous deux conservés à Cambridge, l'un à Corpus Christi (n° 219), l'autre à Caius {n^ 154). La similitude de leur aspect, la parité de leurs leçons, indique clairement qu'ils sont dérivés d'un mèmems., à moins qu'ils aient été copiés l'un sur l'autre ». Le ms. de Corpus est certainement des premières années du xiii^ siècle 3. Le ms. de Caïus est un peu moins ancien,

1. M. Fr. Rûhl n'en fait pas mention dans sa dissertation sur la connaissance qu'on a eue de Justin pendant le moyen âçe : Die Verbreitung des Justinus im Mittelalter, eine literarhistorische Untersuchung, Leipzig, Teubner, 1871.

2. Voici par ex. une faute (^ui se trouve dans l'un et dans l'autre. C'est dans un passage du livre III, emprunté à Pline, VI, 80 : c Nam quaecumque in ea arbor nascitur, numquam filio caret. » Il faut fulio, leçon qui en effet a été rétablie par l'addition d'un audessus du premier / de filio, dans le ms. de Corpus.

5 . Il ne serait que du xiv* selon M . Skeat, ouvr . cité, p. xxxiv, ou même du XVI* selon Nasmith, l'auteur du catalogue des mss. de Corpus.

mais pourtant encore du xiii« siècle. Il n'y a pas de doute qu'ils ont été exécutés en Angleterre. Indépen* damment de la compilation que je viens de décrire, le ms. de Corpus contient les lettres d'Alexandre et de Didime (fol. 64 et suiv.]. Caïus ne contient que les deux premières (Sapius..., Desiderantem.,.y voy. plus haut, p. 29). En revanche ce ms. contient les courts extraits de Valerius mentionnés ci-dessus p. 34, et quelques autres pièces qui sont sans rapport avec Alexandre.

La compilation des mss. de Corpus et de Caïus se retrouve encore dans un ms. de la Bodleienne (Douce no 299) qui parait appartenir à la fin du xiv« siècle, et qui est d'origine anglaise conrnie les précédents. Je me borne actuellement à cette indication, ayant l'intention de revenir avec quelque détail sur ce point à la fin du chapitre.

Il reste à déterminer l'époque et l'auteur de notre compilation. Pour l'époque, on peut avec grande probabilité désigner le milieu du xii" siècle. La grande érudition déployée dans cet ouvrage ne permet guère de le faire remonter plus haut, de même que l'âge du ms. de Corpus établit au commencement du xiii*^ siècle une limite inférieure qui ne peut être dépassée. Quant au compilateur, nous n'avons pas le moyen de le déterminer avec certitude. Rien dans les mss. mentionnés ci-dessus ne nous renseigne à cet égard.

Mais on y trouve des e cédilles pour <f , ce qui, avec d'autres carac-

' us bas que le commencem pas dans le ms. de Caïus.

tères, ne permet pas de le placer plus bas que le commencement du xui* siècle. Ces e cédilles n'existent pas dans le ms.

j8 CHAP. IV, § I.

Toutefois il existe une tradition qui attribue l'ouvrage tantôt à Radulfus^ abbé de S.-Alban', tantôt à Galfridus de Hemlington^, moine de la même abbaye, tous deux ayant vécu au milieu du xii* siècle. Cette tradition n'offre assurément rien d'invraisemblable en elle-même, mais nous ne pouvons pas la vérifier. Elle remonte à l'érudit J. Leland qui eut sous les yeux des documents d'où il semble que l'une et l'autre des d«ix attributions aient pu s'autoriser. Nous n'avons malheureusement ni ces documents, ni le texte même de J. Leland, dont les notes, après avoir été utilisées par plusieurs générations d'antiquaires, sont maintenant dispersées en diverses collections, et n'ont été que partiellement publiées ^ Je n'ai rien trouvé sur le sujet qui nous occupe ni dans son livre de Scriptoribus Briiannia 4, ni dans ses ColleC" tanea $.

Baie (f 1564) qui, le premier je crois, utilisa les notes laissées par Leland, s'appuie du témoignage de cet érudit pour attribuer à « Galfndus Hemlingtonus » une compilation en cinq livres, faite d'après les auteurs de l'antiquité, ayant pour titre De Gesiis Macedonuniy et

1. Radulphus, surnommé « Gubion », fut le 17* abbé de Saint- Alban, de 1146 à 11 $1. Il est dit de lui, dans les Gâta abbatum monasterii Sancti Albani (éd. Riley, p. 106, dans la coUeaion du Maître des Rôles) : c Librorum copiam huic ecclesi« contulit... c amator librorum et adquisitor sedulus, multis voluminibus abunc davit. »

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