Voir sur ce document, ci-dessus, p. 82, note
2. Voir par ex. le Banquet des fées de Laurent de Briançon, (jui a pour sons-titre <r ou la vieuienance du jalon ». Dès les premières pages on rencontre montagni, forci, maneiri, etc. La plupart des exemples rapportés par M. Ascoli, Archiyio, II, sont empruntés à des textes de Grenoble.
3. Abbondanci dans la Parabole, ChampoUion-Figeac, Patois de l'Isère, p. 117.
4. Voir ias Noças de Jaaselon Roubi, dans la Revue des langues romanes, Vlli, 116 etsaiv.
à 70 kil. au sad : dans la coutume de Saint-Bonnet-le- ChÀteau comme dans celle de Saint- Vaiiier nous trou^ \om francheisay tailla j batailla^ signa, feira^ etcj:
Au est conservé dans pauc 5 1 , glauc 62 (ce mot étant pris à Julius Valerius, comme on le verra au § suivant, pourrait passer pour une création savante), mais modifié en dans losengetour 29, peut-être dans occisist, prov. aucizes. On considère ordinairement la persistance de cette diphthongue comme un des caractères les plus fermes du provençal. Mais on n'a pas cherché à déterminer jusqu'à quelle latitude au se conserve; on n'a pas fait attention non plus qu'il y a des textes où au et sont employés concurremment et véritablement ad libitum. Dans le Lyonnais au ne se conserve pas. Ainsi, chez Marguerite d'Oingt : huy (auditum), dos (clausum), p. 36, or (aurum), 37, povre^ }8, etc. ; citons encore repos, dans une inscription de 1 3 5 5 en pur dialecte lyonnais, conservée au palais Saint-Pierre. Dans la Drôme, à Romans, le cartulaire de Saint-Paul (xiii^'s.), publié par M . l'abbé Chevalier, offre chosa (causa), chartes 26,41, 44, 90, 91 et chousa ch. 51, 52, 55; mais lauve^ autree, autreiet (laudavit, auctoricavit)^ ch. 51. Dans la Nobla Leyczon (vallées vaudoises, fin du XV® siècle), au domine, mais pourtant on peut citer poc vv. 26, 99, 3^8, poverta v. 277.
J'aurai peu de remarques à faire sur les consonnes.
I. voir mon Choix ^anciens textes, partie provençale, n* 56 (Saint- Bonnet), 6, 7, 10, 18, et n* j 7 (Saint- Vallier), 12, 14, 17, 27.
C^est une question de savoir si dans le fragment d'Alberic c initiai (ou deuxième consonne d'un groupe) prend devant a le son de la palatale sourde (notre ch) . Le c est intact dans encantatour 28, ioca ^i^toccar 100, cabeyl 67 y enforcad 71 », cavalleyr 76, cabir 98, cant 103. Mais le son de la palatale, soit sourde, soit sonore, est clairement indiqué dans jausir 40, 96, janget 52 '. L'emploi de i (c'est-à-dire j) pour noter le son palatal de c devant Uy n'est pas sans exemple, voy. Romanidy I, 408. La notation ch parait, dans notre fragment, représenter le son de l'explosive gutturale sourde (c'est-à-dire c ou qu), au moins dans c/i/ 13, comme dans la prose de sainte Eulalie, probablement dans chest 24, chel 35, micha 58, mischin 88. Le passage de c k ch devant a n'est pas un phénomène purement français. On l'observe dans tout le nord de la langue d'oc et notamment en Dauphiné. Actuellement c'est dans les Hautes-Alpes que c guttural et ch devant a se rencontrent, comme on le voit par le glossaire du patois du Queyras de MM. Chabrand et de Rochas d'Aiglun, où les formes en cha succèdent à celles en ca sans que le lecteur ait le moyen de savoir quelle est la région propre à chacun de ces deux sons.
T entre deux voyelles est conservé, abstraction faite des mots savants, dzns natiz 18, encantatour 28, lojen-
1 . Je ne cite pas delcad 70, où le c n*est rapproché de 1'/ que par la chute d'une voyelle intermédiaire del(i]catum, ce qui n'a pas WtvL pour enforcad. Aussi le traitement de ces deux cas est-il différent aussi bien en français (delgii, enfourchii) qu'en provençal {delgaî^ enforcat).
2. Mon édition porte causir, janget, mais voyez les Additions et corrections.
getour 29, enperaiour ; i , ii passe à la sonore dans podent 19, enperadur 43, medips 103, il tombe dans esctteyfji^ espaa 95; ^ dans la même situation reste dans vidist 12, prodebaz 87. Il y a lieu de remarquer à ce propos que dans les plus anciens textes du Dauphiné la chute de la dentale [/ ou d\ entre deux voyelles est constante. Ainsi dans le censier de Montelier, près Valence, qui est de la fin du xi^ siècle, on lit coroaa^ coroaas 7 >, 8, 9, etc., maisnaa 14, civaa 39, muraor 9, Aamsy Aam 22, 26, Oalric 50, Aalart 59, etc. Cependant Lodoïc 100, 104. Dans une charte rédigée à la fin du xii^ siècle, non loin de Gap, et dont je donne en note le texte, qui est fort court*, on lit plusieurs fois partia^ parties ?. — Final en
1. Je cite d'après mon Choix d'anciens textes^ partie prov., n* 40.
2. Le pasquers de Montmaur fait xij parties : li Dionencan les set e les set tornout (x/c, corr. tornont) en cinc. De les cinc sont les does d'en Per Rainier de Montmaur ; li terza d'en Per Raimon, e est de Bertaut ; li quarta d'en Aut de Benevent, e est de Bertaut ; li quinta es deuz Alberz, e sont les does de Bertaut. De les autres dnc parties est li una parz d'en Falco de Vene e del Grimonehs (e est li meita de Bertaut), e li autra es del Bornos, e li autra d'en Oliver, e li autra de Père Lager e d'en Odo Baudemar; e li partia d'en Odo Baudemar est de Bertaut, e li autra es de na Blandina, e est de Bertaut. E en Guichart donet a Dieu e a ma donna sancta Maria e a las donnas de Bertaut la soa part del pasquer de Monmaur e de Voici. E aquest do fez en la presensa de la donna prioressa na Sarras e de tôt lo convent.
[Archives des Hautes-Alpes; fac-similé n" 420 de l'École des chartes, série lithographique.)
Montmaur, cant. Veynes, est à une quinzaine dé kilomètres à l'ouest de Gap. Bertaut appartient à la commune de Rabou, cant. Gap. Il y a deux lieux du nom de Bénévent dans les Hautes-Alpes. Vene est le ch. I. de c. Veynes. Pour de Voloi il faut p.-ê. lire \de] Devoloi ; Saint- Etienne en Devoluy est un ch. 1. de c. situé au n.-o. de Gap.
3. En présence d'un fait aussi bien constaté il n'est pas utile d'avoir recours aux exemples toujours suspects que fourniraient les rimes des troubadours. Notons toutefois, sans y attacher plus d'importance que
roman, mais placé entre deux voyelles en latin, t devient généralement d : figurad, etc., 66-7). Cependant «xâ//^ 22, au pluriel (est-ce l'influence de Vi final du latin?}. Dans le même cas d reste : vid 9, 34. — Le / des pré-térits en et (degnet 42, crollet 4S, perdet $0^ janget 52, resemplet 65] devient d dans enseyned 88. Le t final latin, pourvu qu'il soit appuyé sur une voyelle tonique, se compone de même : fud 18, 28, 31, 37, etc.' Après une consonne c'est t : regart 59, 79^ etc. Le î tombe dans mul 19; ^ tombe dans dun 24, 39, 4$ (de unde). Le t final latin reste dans les troisièmes personnes du pluriel : furent 19, 21, mentent 29, diciint 27, duystrunt 84, fait commun au français et à la partie nord de la langue d'oc >. L n mouillées sont notées par yly yn : meyllor 34, moylier 39, uyl 62, dey ne 79 (cf. degnet 42), teyne 81,. enseynaz 83, conseyl 85, enseyned 88, loyn 96, fayllenti 97. Toutefois rien n'indique le son mouillé lorsque la voyelle suivie de ce son est i : filz, fil (et non fiyl) 32, 37, 65 . Ce procédé de notation est l'un des plus ancien-
de raison, qu'Albertet, qualifié selon les mss., c de Sestero i (ms. fir. 8(6, fol. 2)5j ou a de Gapenses i (fr. 8 $4, fol. 133), originaire en tout cas des frontières du Danphiné et de la Provence, a des rimes d'où il résulte qu'il ne lui répugnait pas de laisser tomber la dentale entre deux voyelles. Ainsi chausia (participe, pour chausiia) en rime avec Lombariia (Lex. rom,, I, 497) ; cria (x= crida) avec guerentia (Mahn, Ged., n" 780), et dans la même pièce, fort analogue, amia {=s amiga) avec saihoria. La pièce Vers Dieus et vostre nom e de sancta Maria (dans mon Choix d*anciens textes^ partie provençale, n* 16), qui se trouve dans deux mss. desquels l'un la place sous le nom de Folquet de Marseille, l'autre sous celui de Folquet de Romans, appartient plus probablement au second, parce qu'on y voit rimer vi<2 (vita) avec via (via).