‹ Bibliothèque française du moyen âgeChapitre 5 sur 178 · JULIUS VALERIUS · texte numérisé non relu

JULIUS VALERIUS

une certaine mesure à des modifications arbitraires de la part des traducteurs. Cette dernière hypothèse est surtout vraisemblable, comme on le verra plus loin, en ce qui touche la plus récente de nos deux traductions. C'est à ceux qui s'occuperont d'une nouvelle édition, si désirable, du Pseudo-Callisthènes grec qu'il appartiendra de rechercher quels textes grecs les traducteurs ont eus sous les yeux et dans quelle mesure ils y sont demeurés fidèles. Ma tâche est différente; ces deux traductions sont les deux points de départ de nombreuses versions en langue vulgaire, et l'objet le plus prochain de ces recherches est de déterminer à quels textes romans chacune des deux traductions a donné naissance. Nous aurons donc à les comparer l'une avec l'autre afin de noter dans chacune d^elles les particularités auxquelles nous aurons plus tard à nous référer pour marquer la source de nos textes romans.

Mais d'abord, il convient d'exposer ce qu'on peut savoir de l'époque et des circonstances où furent exécutées ces deux traductions comme aussi des modifications qu'elles peuvent avoir subies. En même temps nous devrons traiter de certains documents apocryphes, également sortis du Pseudo-Callisthènes, qui se rencontrent fréquemment joints à l'une ou à l'autre de nos deux versions, principalement à la pkis ancienne.

La première version est celle de Julius Valerius, personnage de qui Pépoque, la qualité, le nom même ont donné lieu à des opinions bien diverses et demeurent encore enveloppés d'une certaine obscurité. Le premier éditeur, A. Mai, le faisait vivre au iii« ou. au iv* siècle

et inclinait à placer Poriginal à une époque notablement plus ancienne ^ Letronne au contraire, tout en admettant l'ancienneté de plusieurs parties de l'œuvre, pensait qu'on ne pouvait faire remonter le texte grec au delà du VII® ou du VIII* siècle, et le texte latin au delà du ix* > ; opinion qui tombe devant ces deux faits : i^ que l'un des mss., celui de Turin, est d'une écriture du vu* siècle; 2* que la traduction de J. Valerius est l'une des sources de Vltinerarium Alexandrie ouvrage composé entre 340 et 345. Ce dernier pointa été établi par M. Zacher, qui a par là reculé jusqu'au delà de l'an 340 l'époque où J. Valerius traduisait un texte grec du Pseudo-Callisthènes, plus pur assurément qu'aucun de ceux qui nous sont parvenus '.

Letronne ne se contentait pas de rajeunir considérablement Valerius, commettant une erreur que rendait excusable jusqu'à un certain point l'ignorance où il était de l'âge du plus ancien ms. : il allait jusqu'à considérer comme u fort probable » que le nom même de Julius Valerius était controuvé 4. L'examen des mss. détruit

1 . JuLii VALBRti rts gestae ab Alexandro Macedonîs translatae ex

Aesopo graeco edenU notisque illustrante Angelo Maio. Medio-

Uni, M DCCC XVII, p. II. La même opinion est exprimée par Mai dans sa seconde édition (Classicorum auctorum e Vaticanis codd. edi-torum, t. VII, p. VII).

Page 1