‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 119 sur 195 · TEXTE LATIN PUBLIÉ PAR · texte numérisé non relu

TEXTE LATIN PUBLIÉ PAR

LÉON CLUGNET

© AVANT-PROPOS

Bien que la version latine de l’histoire de sainte Marine se trouve déjà dans les recueils de Rosweyd (1), des Bollandistes (2) et de Migne (3), il est naturel et il n’est pas inutile, je crois, qu'elle soit donnée de nouveau dans la collection des textes relatifs à cette sainte, collection qu'on tient à rendre aussi complète que possible. On ne se contentera pas d'ailleurs de reproduire le récit en question, tel qu'il est publié dans les ouvrages mentionnés, mais on le tirera des onze manuscrits ᾿ς la Bibliothèque Nationale dans lesquels il existe.

Ces manuscrits DEUNEnI se diviser en trois séries. La première comprendles mss. 2328 (1x° siècle) et 3306 (xiv' siècle), tous deux

(1) Εἶτα Palrum, Antverpiae, 1615, p. 393-394. « (2) Acta sanclorum, vol. IV de juillet, p. 226-287. (3) Patrol. lat., vol. LXXIII, col. 691-694,

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écrits par des copistes négligents ou illettrés. Le texte qu'ils donnent est très fautif, mais enfin c’est’le plus ancien que nous ayons (1). La deuxième série est composée des mss. 10840 (x siècle), 5345 (xu° siècle), 5573 (xn° siècle), 5666 (xn° siècle), 28438 (xn° siècle), 12612 (xr° siècle), 5367 (x1v° siècle) et 17632 (xv° siècle). Ces sept recensions, étroitement apparentées, ne différent des deux premières que par quelques détails présentés différemment, mais ne modifiant en rien l'allure etla physionomie du récit. Quant au ms. 5296 (ΧΠ|" siècle), qui forme à lui seul la troisième série, il contient çà et là quelques mots et quelques phrases que le copiste ἃ cru devoir ajouter pour rendre la narration plus claire et qui, au moins sur un point, n'ont réussi qu’à la rendre plus obscure.

Chaque série sera représentée par la publication intégrale du texte d’un manuscrit. Des huit autres manuscrits on ne donnera que les variantes (2).

Que la version latine soit une traduction d’un texte grec perdu, cela ne semble pas douteux. Il suffirait pour le reconnaître d'y constater la présence de mots tels que pandochium (πανϑοχεῖον) et panducius (ravè:yes), que le traducteur parait avoir conservés, en leur donnant une forme latine, parce qu'il n'en comprenait pas bien le sens, et dont le second ἃ même été considéré par certains copistes comme un nom propre.

Le récit contenu dans les diverses recensions latines qui, somme toute, diffèrent peu l'une de l’autre, se distingue assez, sinon pour le fond, du moins pour un certain nombre de détails, des versions copte, éthiopienne, syriaque, et même de la version grecque sous la forme où elle nous est parvenue.

Il ne faut pas confondre la version latine de la Vie de sainte Marine donnée par Rosweyd, les Bollandistes et Migne avec

(1) Un certain nombre des fautes du mss. 2328 ont été corrigées, probablement par le copiste même qui l’a écrit. Toutefois il en est plusieurs qui ont subsisté. Le correcteur en ἃ même ajouté quelques-unes, grâce à des corrections maladroites.

(2) Au moment où ces pages vont être mises sous presse, on me communique deux autres textes de la vie de sainte Marine, contenus dans les manuscrits 313 (xu° siècle) et 870 (xn°-xm* siècles) de la bibliothèque de la ville de Douai. Comme ils ne présentent aucun détail digne d'intérêt, je ne crois pas nécessaire de donner leurs variantes. Je me contenterai de dire qu'ils reproduisent de très près, le premier, le ms. 5345, et le deuxième, le ms. 5573 de la Bibliothèque Nationale. j

celle qui existe dans l'ouvrage de Surius, réédité par Lipomani (1). En effet, tandis que les premiers ont inséré dans leurs recueils un texte qui n’est autre que celui des manuscrits énumérés plus haut, Lipomani en ἃ publié un assez différent, qui est la traduction de la recension grecque attribuée au Métaphraste. Je crois bien faire en reproduisant ces deux textes, car le lecteur ne sera sans doute pas fàché de pouvoir facilement comparer le premier avec les diverses recensions latines extraites des manuscrits, et le second avec la recension grecque en question qu'on trouvera plus loin.

Enfin, je les ferai suivre du texte de la leçon qui appartient à l’ancien bréviaire de Paris, à la date du 18 juin, jour où sainte Marine était fètée dans ce diocèse.

(1) De vitis sanctorum, Venetiis, 1581, vol. I, fo 282r-283r.

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