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supérieur et lui apprirent ce qui était arrivé à Anba Marina, que ses prières soient sur nous tous, amen!
Le supérieur dit : « Gloire à Dieu, qui sait dans quelles conditions l'âme de ce pauvre moine est sortie du corps, 51] a accueilli ou non sa pénitence! Mais allez, lavez-le, enveloppez-le d'un linceul, priez sur lui et enterrez-le, quoiqu'il ne le mérite pas de notre part! » Ils se réunirent et ailèrent vers lui; mais quand ils se mirent à le dépouiller de ses vêtements sur le lavoir, ils aperçurent ses mamelles et connurent qu'elle était une femme. Ils reculèrent épouvantés et tremblants et poussèrent des cris. Le supérieur en fut troublé, il sortit de sa cellule effrayé et dit : « Qu'est-il arrivé? » — « Anbä Märinä est une jeune ‘fille! » lui répondirent-ils. Alors it sanglota beaucoup en poussant des cris affreux et tomba en défaillance pendant quelque temps, de sorte que ceux qui étaient présents le crurent mort. Ils emportèrent le supérieur, oubliant pour le moment Anba Marina. Après un certain laps de temps il reprit ses sens et vit que tous se tenaient debout devant lui; il se leva et avec les autres il alla vers le corps de la sainte bénie, Anba Marina (que ses prières soient sur nous!). Le supérieur, à peine arrivé, se jeta sur elle en criant et en pleurant, et les autres avec lui. Il dit : « Je jure que je ne lèverai pas ma tête de la terre et je ne bougerai pas d'ici, avant de connaitre si Dieu a pardonné mon péché et ce que j'ai fait envers elle! » Et il se mit à pleurer et crier et il dit : « O sainte de Dieu, pardonne-
. moi mon erime et ce que j'ai fait, car j'ai fait un grand mal et
j'ai péché en ajoutant foi au discours d’un indigne contre toi et en te chassant d’entre tes frères bénis! » Il pleurait et gémissait en prononçant ces mots et des mots semblables, et tous les frères pleuraient en voyant ses sémissements, ses pleurs et sa grande douleur à cause de ce qu'il avait fait à sainte Marine. Les moines prièrent sur elle dans l'église depuis le matin Jusqu'au soir en chantant des psaumes, en pleurant et en criant. Tout d'un coup ils entendirent une voix du ciel qui disait au supérieur : « Lève ta tête de la terre; ce que tu as fait n'était pas par ton ordre ou par ta volonté, mais plutôt tu as accompli ce que la loi canonique commande. Ton péché est pardonné : ne t'attriste pas! » Tandis qu'il priait sur la sainte de Dieu (que ses prières soient sur nous!), la nouvelle arriva au maitre de
l'hôtellerie. Il se leva immédiatement et ils vinrent, lu > fille, et se jetèrent sur le corps de la sainte. Sa fille se mi pleurer, en criant, et en disant : « Pardonne-moi, sainte Dieu, car notre ami, le soldat (1), est celui qui m'a séduite m'a ordonné de dire ce que j'ai dit à ton sujet. »
Ils l'ensevelirent et l’enterrèrent en psalmodiant et en lo et glorifiant Dieu qui a soin de notre salut, clément et miséricordieux avec ceux qui font le bien envers ses élus et ses . saints : à Lui est gloire, honneur, puissance dès maintenant et jusqu'à la fin des siècles, amen ! Que la miséricorde de Dieu soit sur celui qui a écrit, sur celui qui lit et sur celui qui écoute. Amen, amen. ᾿
(1) Tel est, je crois, ici le sens du mot ea) = fasooo) ; le synaxare à en effet SM! DES 5». ‘4
AVANT-PROPOS
Le synaxare copte, ou plutôt le synaxare de l'Église copte, existe dans trois manuscrits de la Bibliothèque Nationale. Le ἐ premier, qui porte len° 256 du fonds arabe, se compose de deux tomes reliés ensemble. Il est très bien écrit, mais assez peu cor- ; rect. Il est parfaitement complet, quoi qu’en ait dit le célèbre Eusèbe Renaudot. On n'y remarque pas de date, mais on peut, sans crainte de se tromper, l’attribuer au xvi° siècle. Il est certain qu'il a été copié en Égypte.
Le second manuscrit comprend également deux volumes in-4°, qui portent les n° 4779 et 4780. L'écriture en est très médiocre. Il ἃ été copié dans les dernières années du xix° siècle.
Le troisième exemplaire du synaxare copte est formé de deux volumes petit in-folio, qui ont été donnés par l'Institut français d'archéologie du Caire à la Bibliothèque Nationale, où ils sont numérotés 4869 et 4870 dans le fonds arabe. Le corps de ces deux manuscrits est d'une belle écriture neskhi chrétienne, qui me parait de la fin du xiv° siècle de notre ère; malheureusement conrme beaucoup de manuscrits coptes et arabes chrétiens, ce synaxare a beaucoup souffert et les premières et les dernières pages des deux volumes ont disparu depuis une époque qu'il est impossible de déterminer. Ces parties manquantes ont été remplacées à une date tout à fait récente par une copie en neskhi égyptien cursif exécutée sur un exemplaire qui est peut-être d'une famille très différente de celle à laquelle appartient ce troisième exemplaire du Synaxare.
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