ÉGLISE SAINTE-MARINE, À PARIS
Gravure extraite de Paris Historique; Promenade dans les rues de Paris, par MM. Charles Nodier, A. Regnier et Champin, Paris, Postel, 1837-1840. Vol, IV, Atlas, pl 85).
dans le quarré qui commence à l’église, et qui tourne à droite à la rue de Saint-Pierre aux Bœufs, ensuite encore à droite à ce coin de la rue des Marmouzets, et va se terminer à la porte du cloitre du chapitre de Notre-
(1) Je donne une gravure représentant l’église Sainte-Marine d’après d'ouvrage de Charles Nodier, Paris hislorique, mais il en existe une meilleure exécutée d’après un dessin de Heroy, datant de 1839, dans 7rois cents planches de l'Ancien Paris, par A. P. Martial (Paris, Cadart, 1864-66, in-fol.), fo 209, c’est-à-dire 9° fo du % arrondissement.
Dame. Elle a aussi toutes les maisons comprises dans la première cour de l’Archevêché. »
(Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par M. l'abbé LEBEUF, de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1754-58, vol. 1 p. 351-353.)
« L'église de Sainte-Marine. — Elle est beaucoup plus ancienne que nos Historiens ne l'ont pensé. Je n’examinerai pas si ce fut de la Grèce, de la Thrace, ou plutôt de la Bithynie que le corps de cette Sainte fut transporté à Venise; ni si la translation se fit en 1113, comme le dit du Breul ou vers 1200, suivant l'abbé Lebeuf, ou en 1230, selon M. Baillet; je ne serois dans le cas de discuter ces différentes époques, qu'autant qu'elles aideroient à fixer l’origine de l’église qu'on a bâtie sous son invocation, mais elle est absolument incertaine. L'abbé Lebeuf ἃ cru pouvoir suppléer à cette incertitude par des conjectures. Les Reliques de sainte Marine ayant été transportées à Venise, il pense que l’église dont il s’agit a pu être bâtie par les soins de quelque Vénitien qui demeuroit dans ce quartier-là, vu qu'il y avoit ci-devant dans le voisinage une rue de Venise. Ce raisonnement ne me paroit pas décisif, car la rue dont parle l'abbé Lebeuf devoit son nom à une enseigne de l'écu de Venise, et non à la demeure d’un Vénitien, et elle ne le portoit que depuis environ 200 ans : auparavant, et du temps même de Corrozet, on la nommoit rue des Dix-huit, à cause d’un petit hôpital ou collège, dont je me réserve de parler à l’article de la Sorbonne.
Le plus ancien Titre qui fasse mention de l’église de Sainte-Marine, est, selon l'abbé Lebeuf, un acte d'amortissement que le prieur de Saint-Éloi accorda au Curé de Sainte-Marine en 1214, pour une maison dont il avoit fait son presbytère. On en trouve de semblables dans les censiers de Saint-Éloi en 1216 et 1218 : du Breul et Sauval rapportent aussi des lettres de Guillaume d’Aurillac, évêque de Paris, de l'an 1228, au sujet d’une contestation entre le chapitre de Notre-Dame et Anselme, curé de Sainte-Marine; ce qui a fait penser à quelques auteurs que cette église n’avoit été bâtie et érigée en paroisse que vers ce temps-là, quoique les amortissements que je viens de citer soient antérieurs à cette époque.
J'ai dit que cette église étoit plus ancienne que nos Historiens ne l'ont pensé; j'en trouve la preuve dans un diplôme d'Henri Ie", sans date, à la vérité, mais qu'on estime être d'environ l'an 1036 : par cet acte Henri donne à Imbert, évêque de Paris, la petite abbaye que Robert, son père, avoit fait bâtir à Saint-Germin-en-Laie, avec ses appartenances et dépendances; savoir, la terre, etc., et l'église de Sainte-Marine dans l’isle de
(1) « Ecclesia Sancte Marine in insula Parisii ». Cet acte ἃ été inséré (sous la date : 1045 environ) dans Cartulaire de l'église Notre-Dame publie par M. Guérard, Paris, 1850, vol. 1, p. 273.
Paris. D'où l'on doit conclure que cette église existoit ‘avant l'époque de la translation du corps de cette Sainte à Venise, et du culte public qui lui a été rendu en Occident.
Cette église est la paroisse du Palais archiépiscopal et des cours, et celle où se font les mariages ordonnés par l'Officialité. »
(Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, par le sieur JAILLOT, géographe ordinaire du Roi. Paris, 1782, in-8, vol. 1. Premier quartier, p. 158-160.)
« Il faut renoncer à cette conjecture (celle de l’abbé Lebeuf sur l’origine de l’église Sainte-Marine), car il était fait mention d'une église Sainte- Marine dans le cartulaire de Notre-Dame dès l’an 1045. Peut-être ce nom lui vient-il simplement des mariniers qui habitaient les bords de la Seine, et qui voulurent élever une église à la Vierge protectrice des matelots.
ses revenus étaient fort modestes. Le 22 février 1790, le curé Rolland le Riche, qui aurait dù plutôt s'appeler Rolland le Pauvre, déclare, que le revenu fixe est de 1.010 livres et que le casuel peut être évalué à 120 livres. Vendue le ὃ mars 1792, Sainte-Marine devint une propriété particulière, on y installa un théâtre populaire, puis des ateliers. Elle ἃ subsisté jusqu'à nos jours au n° 6 de l'impasse Sainte-Marine, rue d’Arcole.
(Paris à travers les âges, par MM. E. FOURNIER, PAUL LACROIX, etc., Paris, Didot, 1875, p. 58.)
« Saunte-Marine. — Paroisse minuscule dans l'impasse de ce nom près la nouvelle rue d’Arcole (1) qui l’a fait complètement disparaitre. Elle datait de 1036 et ne comptait qu'une vingtaine de maisons, ce qui faisait dire « que tous les paroissiens étaient marguilliers de la paroisse ». Quand deux personnes étaient condamnées au mariage par la cour de l'official, deux sergents les conduisaient dans cette église, où le curé les unissait en leur mettant au doigt un anneau de paille.
(E. DE MÉNORVAL, Paris depuis son origine jusqu'à nos jours, Paris, 1889-1892. Vol. I, p. 183.)
(1) La première rue d’Arcole, construite en 1839, vers le milieu du règne de Louis-Philippe, n'était en réalité que l’ancienne rue Saint-Pierre-aux-Bœufs rectifiée. Elle commençait du côté du Nord, au pont d’Arcole. et aboutissait sur la place du Parvis de Notre-Dame, à une certaine distance de la cathédrale. La nouvelle rue d’Arcole, celle qui existe aujourd’hui et dont le côté oriental se trouve sur le même alignement que la facade de Notre-Dame, a été bâtie en 1867, sous-le règne de Napoléon III, lorsque le quartier fut transformé par la construction du nouvel Hôtel-Dieu.
TABLE DES MATIÈRES
XXVIIT
Χ Texte ἘΝ ΝΗ ΕΒ és de sainte Marine en syriaque....
Suppléments aux textes latins, grecs et arabes. -
Β BLIOTHÈQU HAGIOGRAPHIQUE ORIENTALE