MÉMOIRE SUR LA PAROISSE DE SAINTE-MARINE EN LA CITÉ
On ne trouve point la fondation.
Le plus ancien titre qu'on a est l'union que Pierre, évêque de Paris, fit d’une chanoinie de la chapelle inférieure de la maison épiscopale à la cure de Sainte-Marine en 1400.
Il y a deux choses dans cet acte qui peuvent prouver que cette paroisse etoit fondée depuis long tems. 1° Que le curé n’avoit pas de quoy vivre et que c'est pour ce sujet qu'on fait l’union : cela marque que ia cure n’etoit pas nouvellement fondée, et que pour le laps du tems, le revenu qui lui avoit eté donné en la fondant etoit deperi ou tres dimmué. 90 Que la chapelle de l’eveché où etoit cette chanoïnie etoit située dans la paroisse de Sainte-Marine ; ce qui marque que l’eveché etoit de la paroisse de Sainte-Marine apareïñ depuis que cette paroisse avoit eté fondée, et que l’eveque pour faire subsister le curé de sa maison y unit une prebande de sa propre chapelle; l'union de cette prebande a la cure de Sainte-Marine est en l’année 1400.
Curés :
1400 Jean le Fevre. — Il vivoit encore en 1412. 1415 Jean de la Garde. — Il vivoit encore en 1448.
1472 Girard Toussains.
1514 Thomas Bricot.
1517 Mathieu Boucheron. — Il vivoit encore en 1542.
1553 Jean Gals.
1566 Mathieu de Caen.
1581 et 1618 Antoine Balin. — Il a vecu jusqu'en 1624.
En 1572 est une transaction entre Saint-Pierre aux Bœufs et Sainte- Marine au sujet du presbitere de Sainte-Marine.
1634 Jean-Batiste Dobbé. — Decedé le 27 octobre 1684.
[5] (Le) ©
1684 Francois Dupuy. — Decedé le 6 octobre 1717. 1717 André Hanicle. — Decedé le 22 octobre 1719. 1723 Nicolas Isoard a present curé.
(Bibliothèque Nationale. — Papiers de l'abbé Drouyn, XLII. — Les Eglises de Paris, IIL. Ms. du fonds Francais 22864, f°S 117:-117%.)
« Ilest difficile de concevoir la raison pour laquelle on ἃ érigé la paroisse du nom de cette Sainte si près de l’église de Saint-Pierre aux Bœufs. Mais en faisant réflexion qu'anciennement il n’étoit pas rare de voir de riches Habitans construire chez eux de petites chapelles pour leur dévotion, et que quelque Venitien ἃ pu faire sa demeure en ce quartier-là, vu qu'il y avoit ci-devant une rue dite la Rue de Venise, je croi que cela suffit pour conjecturer que c’est ce qui ἃ déterminé à bâtir une chapelle sous le nom de Sainte-Marine, d'autant que le corps de cette Sainte fut apporté de la Grèce à Venise vers l'an 1200, et que suivant M. Baillet parlant d’après du Saussay, on croit posséder à Sainte-Marine de Paris depuis long-tems des reliques de cette Sainte.
Cette chapelle étoit érigée en Cure dès le règne de Philippe-Auguste, puisque dès l’an 1214 on trouve l'amortissement que le Prieur de Saint- Eloy accorda au Curé pour une maison dont 1] avoit fait son Presbytere, à ‘la charge du cens et de cinq sols à l'installation de chaque nouveau Curé (Tab. Ep. in spir. Invent. f. 187) (1). Aussi est-elle au Pouillé du xm° siècle, et on en connoit un Curé de l’an 1228. Elle est à la collation pure et simple de l’Archevêque. C'étoit la seule cure de la cité qui fût dans ce cas, parce que toutes les autres étoient sur le territoire de quelque abbaye, chapitre ou Prieuré. C’est sans doute pour cette raison que les évêques de Paris, dans le tems où la cathédrale cessa d’être la paroisse de toute la cité, l’assignèrent pour paroisse aux officiers et domestiques de leur maison, quoiqu'elle fût plus éloignée de leur Palais épiscopal que quelques autres. Anciennement le (πρό avoit sa pitance à l'évêché, pour me servir des termes d’une enquête de l’an 1495 : mais aussi il étoit chargé de confesser les prisonniers des prisons épiscopales. Il fait encore dans cette église les mariages qui sont ordonnés par l'officialité.
Le bâtiment de cette petite église, quoique très petit, est plus grand qu'il n’a été originairement. Il paroit avoir été refait il y a trois cents ans ou environ. Il faut que le sol de la rue ait été fort élevé en ce lieu, puisqu'on descend quatre ou cinq marches en entrant dans cette église. On voit dans le chœur la tombe de Jean Hurault, président en la cour des
(1) Une copie manuscrite de ce titre se trouve aux Archives Nationales sous la cote L 426.
Aydes, décédé en 1505, et de sa femme Guillette de Guéteville. Francois Miron, Lieutenant civil, mort en 1609, y est aussi inhumé (2). Cette paroisse n’est composée que d'environ vingt maisons, comprises