‹ Bibliothèque hagiographique orientaleChapitre 89 sur 195 · XII. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

XII. — CONCLUSION

Voilà, telle que je la connais, l’histoire du mont Saint- Auxence. Les couvents qu'il portait encore à la fin du χα siècle n'entrèrent dans le x1v° que pour décroitre et périr. On sait que l’émir Othman s'empara de Brousse avant de mourir, en 1327. Son fils le sultan Orkhan rêva tout aussitôt de conquérir la Bithynie entière Jusqu'au Bosphore. Même avant la prise de Nicée, où il entra en 1328, même avant le siège de Nicomédie, où il échoua deux fois en 1331 et réussit en 1337, ses armées avaient contourné l’ancien golfe Astacène et ravagé sa rive septentrionale. Les auteurs byzantins ont pensé qu'il était d'un bon patriotisme de ne point prodiguer les détails sur ces incursions, \ mais tel historien turc nous affirme que le sultan vint camper une fois en personne à l'Alem-Dagh et au Kaïch-Dagh (1). En faut-il davantage pour comprendre que les couvents auxentiens se soient rapidement vidés? Plutôt que de vivre sous le coup de perpétuelles menaces, les moines de la colline coururent chercher la sécurité en d’autres parages et leurs cellules abandonnées, si les Turcs ne les renversèrent point tout d'un coup, s'écroulèrent peu à peu.

Il en reste les fondements et, en partie, les ruines.

Au sommet, quelques coups de pioche livreraient sans peine le plan peut-être complet du dernier monastère, de celui, je crois, que restaura Michel VIIT, et déjà l'emplacement de l'église michaélienne se trahit à son orientation, aux alignements des murs qui l’enveloppent, aux innombrables cubes de mosaïque qui y brillent parmi les plätras. Tout à côté, mais à un niveau inférieur, vers le sud-ouest, la disposition des rochers caves et l’entassement de ruines plus anciennes indiquent le

(1) Tarikh Αια, τ. 1, p. 20. Cf. X. SIDEROPOULOS, περὶ τοῦ Δαματρύος τῶν Βυζαντι- { vov,dans 1 Ἑλληνιχὸς φιλολογιχὸς Σύλλογος, supplément archéologique au t. XIX, % p. 15: G. ALBerT, 0p. cil., p. 49; M. GÉDÉON, Tumxov, p. 15.

MONT SAINT-AUXENCE. + 129

premier logement de saint Étienne le Jeune et de ses prédécesseurs immédiats, ainsi que le couvent dirigé peu après 750 par l’'économe Marin. Bas sur le flanc, au sud, à proximité du col, un large mur de pierres sèches conserve encore le tracé de ce qui fut le vaste enclos des Trikhinaires et le centre en est occupé, je l'ai dit, par un aghiasma, par les fondements d'une église, et les restes d'un couvent. Au pied de la colline, vers l’ouest, en deçà de la grande source, de fortes substructions encadrées dans un quadrilatère de ruines doivent marquer à mon avis l'endroit précis où s'élevait l’église des Cinq-Saints. Et peut-être le Kaïch-Dagh porte-t-il aussi quelques traces d'établissements monastiques au nord ou à l'est, mais Je n'ai jamais eu l'occasion de l’explorer de ces deux côtés. Parmi les marbres épars, je me contenterai de signaler, couché près de la grande source, le gros chapiteau où tel propriétaire des environs ἃ gravé son nom en turc, majestueusement, en l’année 1908 de l’hégire, c’est-à-dire entre octobre 1851 et octobre 1852.

Des fouilles, si elles avaient lieu au mont Saint-Auxence, pourraient peut-être fournir plusieurs données chronologiques plus intéressantes, En tout cas, même très sommaires, elles jetteraient une vive lumière sur l'architecture des monuments rasés au niveau du sol. L'Institut russe de Constantinople, qui projette ces fouilles, est tout désigné pour les entreprendre. Puisse-t-il voir ses travaux comblés de succès et féconds en résultats qui permettent de corriger et de compléter largement la présente étude!

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INDEX DES NOMS PROPRES

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