I. — SOUKA OÙ LA VIEILLE LAURE
La Vieille Laure a porté ce nom de bonne heure, afin qu'on püt la distinguer de la Grande Laure ou laure de Saint-Sabas et de la Nouvelle Laure, autre fondation monastique importante qui s'élevait non loin de Thécoa. Elle s'appelait aussi, du nom de son fondateur, laure Saint-Chariton, nom sous lequel elle est le plus connue et qui lui est resté dans la tradition populaire. En effet, aujourd'hui encore, les cartes mentionnent près de son emplacement le Ouady-Khareiloun, vallée de Chariton, le Moghar-Khareitoun, grotte de Chariton, et, sur son emplacement même, le Khirbel-Khareitoun, ruines de Chariton. Elle s'appelait enfin Souwka ou C'houka, mot syriaque qui signifie couvent et paraît, dans le cas présent, être Synonyme de laure.
Sous ces désignations diverses, notre maison religieuse a vécu une existence passablement obscure, quoique assez mouvementée; c'est elle que je voudrais esquisser rapidement à propos d’un de ses saints, qu'un document nouveau nous fait un peu mieux connaître. L'histoire de la Vieille Laure, commencée dès la première moitié du 1v° siècle, se termine vers la fin du xrre, date probable de sa disparition; soit, en tout, 800 ans d'existence, mais avec des hiatus considérables que ne réussis-
sent pas à combler quelques maigres données des pèlerins ou des hagiographes.
Cette étude comprendra trois petits chapitres :
1° Les fondations de saint Chariton ;
2° De saint Chariton à la mort de saint Cyriaque;
s° De saint Cyriaque à la destruction de la laure.
Quant à saint Jean le paléolaurite, le saint religieux de la laure qui est l’occasion et l’objet de cette publication, je donnerai sa biographie dans la seconde partie de ce travail, pendant que mon confrère, le R. P. Pétridès, éditera les nouveaux textes poétiques qui le concernent.