‹ Bibliothèque historique et littéraire du DauphinéChapitre 155 sur 213 · TAILLES — TAIN · texte numérisé non relu

TAILLES — TAIN

royaume, qui sont de janvier 1634 , de novembre 1641, d'août 1642, d'avril 4643 , de juillet 1664 , d'août même année, de mars 1665, de février d666, de mars 1667, de mars 1668, de mars 1673, de septembre 1676 et autres ; bien que le Daupbiné y soit compris avec les autres provinces, parce qu'il y en a de locaux pour elle.

Quant à la remise des tailles depuis 1646, il y aune déclaration du Iv de juillet 4648 et celle depuis 1647 jus-

3u'en 1656 ; il y en a une autre du 5 e mai 1662, en conséquence d'un arrêt du Conseil du 5 de janvier précédent.

Il y a eu un arrêt du Conseil du 7 de décembre 1667, qui ordonne qu'à regard du recouvrement des tailles il en sera usé comme auparavant l'ordonnance du Roi.

Par édit de mai 1657, il est porté qu'un habitant de cbaque paroisse peut assister à l'assiette des tailles.

Nonobstant la remise de 1648, le Conseil fit un arrêt le 18 de juillet de la même année , par lequel, nonobstant icelle, les collecteurs sont condamnés à payer au receveur de l'élection ce qu'ils avaient reçu des cotisés.

Il y a eu un autre arrêt du Conseil le , qui pointe qu'un fonds décrété pour tailles est restituable à perpétuité^ moyennant le remboursement de la taille et des frais.

Je ne fais aucune distinction entre la taille royale , la négotiale , l'estape, le taillon et les autres impositions, sinon que la taille royale et l'estape sont seules exigées par la voie de gens de guerre , et que la recette est prescrite par le laps de trois ans ; mais pour la négociale on peut faire des exécutions réelles, et l'exécution s'en fait pendant trente ans.

Lorsque j'ai dit que le Daupbiné ne payait point de tailles aux Dauphins du Viennois , j'ai entendu de cette taille ou tribut qui dépend de la volonté des princes et qui ne s'impose que par leurs ordres. Cir, en quelques endroits de cette province, les revenus des Dauphins y étaient appelés taille comtale , comme qui dirait taille du comte, parce que les Dauphins n'étaient qualifiés que comtes avant que d'avoir pris le nom de Dauphins. Mais cette taille comtale était toujours fixe et participait du domaine du prince et

nullement de ses finances. Telle a été celle de plusieurs contrées du Daupbiné, comme le Champsaur, Oisans, et le pays de la Mure , que Humbert , dauphin , donna au monastère de Montfleury lors de son établissement.

Telle est encore aujourd'hui celle du Brian^onnais , qui est fixe et terminée et qu'on appelle les ducats briançonnais.

Il y a une autre taille que les seigneurs imposent sur leurs vassaux, laquelle consiste en de certains cas impériaux dus par reconnaissance ou par coutume, j'en ai parlé en l'article de ces cas.

Avant que cette province fût cadastrée et du temps de Guy Pape, plusieurs personnes était exemptes de tailles.

Cet auteur les nomme toutes en ses Questions depuis la 376 jusqu'à la 404, de cette manière :

Les officiers du Parlement , quest.

Même ceux qui étaient privés de leurs offices par le Roi, qucst. 377 ;

Les vi-baillis, vi-sénéchaux et juges royaux, qtiest. 378;

Les veuves des officiers du Parlement et de la Chambre des comptes , quest. 379;

Les officiers de la Chambre des comptes, même question ;

La roturière, veuve d'un gentilhomme ou exempt, quest. 380 ; mais non pas la demoiselle , veuve d'un roturier, dit la même question;

Les clercs ou prêtres vivant cléricalement, quest. 38i, 382;

Ceux même qui n'avaient que la première tonsure, quest. 383 ;

Les nobles noblement vivant, quest, 384;

Les roturiers tenant des châteaux , quest. 385 ; mais non pas ceux qui n'avaient que de simples fiefs , quest.

Les avocats et les docteurs , quest.

388, et leurs fils, quest. 389;

Les médecins, quest. 394 ;

Les consuls de la ville de Grenoble, quest. 398;

Les officiers de la monnaie , quest.

402; mais non pas leurs fils, ni les maîtres des monnaies , quest. 403.

TAIN est un bourg de huit feux deux quarts et huitième, vis-à-vis Tournonen"Vivarais, le Rhône entre deux, dans le diocèse de Vienne, au baillic'.;;e de Saint-Marcellin , dans Té-

TAIN — TAUUGNAN

lection de Valence et au mandement de Mercurol. C'est dans son territoire que croît le vin de T Ermitage , ainsi nommé parce que les vignes sont plantées contre un coteau où il va un ermitage et un ermite. Dans la Table de Peutinger, il est appelé Tegna.

L'église est dédiée à la Sain te- Vierge, de la collation de Tabbé de Cluni. La fête de Saint- Julien et certains jours du mois d'aoïU qu'il y a des foires en ce lieu, le vi-bailli de Saint-Marcellin s'y transporte avec un greffier pour y faire , pendant ce temps-là, tous actes de jurisdiction au nom du Dauphin. Ce fut dans ce lieu-ci que se consomma le mariage de Charles I«r, dauphin de France , avec Jeanne de Bourbon, Tan

TALLARD est un ancien vicomte du diocèse , du bailliage et de l'élection de Gap, à deux lieues de cette ville, composé des paroisses de :

Tallard ;

Pelleautier ;

Neffes ;

Lardier ;

Valença ;

La Saulce;

Fouillouse.

Celle de Tallard est composée de cinq feux et demi. Je parle des autres enparticulier.

L'an 1326 ce mandement fut donné en échange par les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem à Arnaud de Trians, maréchal de l'Église romaine, neveu du pape Jea XXII, contre une terre qu'il avait ej, Sicile.

Louis de Trians , vicomte de ^allard , son fils, acquit Tan 1363 de Jeanne, reine de Provence , tout le droit qu'elle avait sur cette terre , tant en supériorité qu'en justice. Anne de Trians.

petite fille de Louis , la porta en dot a Antoine de Sassenage , son mari. Françoise de Sassenage , leur petite-fille , épousa Antoine , baron de Clermont ; la famille de Bonne d'Auriac l'acquit de celle de Clermont, et Bonne, étant tombée en Hostun-la-Baume , la vicomte de Tallard y est aussi passée.

Les vicomtes de Tallard étaient en si grande considération à la Cour des comtes de Provence , qu'ils ont prétendu la préséance sur les marqms de Trians et les barons de Sault, ainsi que le rapporte Chopin, de Domanio, lib. 3, tit. 26, n« 7, et Chassanée, m Caialogo gloriœ tnundû

J*ai parlé de la montagne de Saulce et du lac de Pelleautier, qui sont an mandement de Tallard et qui sont assez curieux pour être remarqués. Il j avait autrefois des eaux sal^, mais on les a fait perdre. Le vin y est fort bon, bien qu'il soit gros et noir.

Tallard, dans la Table itinéraire de Peutinger, est appelé Alarante.

TAPAREL est une famille noble du Gapençais , finie environ Tan 1^

Ï»ar deux filles, l'une desquelles, appeée Briaude Taparel , dame de la Bâtie-Verdun , fut mariée à Jacques de la Vilette ; l'autre , Catherine , femme d'Henri Raymond.

TARDÉS a été une fanûlle noble du Viennois qui était ancienne et qui portait losange d^or et d'azur. Elle a tini par Ennemonde de Tardes , dame de Meyzieux, femme, en 1595, d'Antoine de Salomay.

TARDIN a été une famille noble de la Roche-de-Glun , finie il y a plas de trois cents ans.

Il V en a eu une autre à Saint-Marcellin, finie presque en même temps.

TABDZN^Jean), médecin de Grenoble , était de Toumon , en Vivarais.

Il a composé une Dissertation sur la Fontaine-qui-brûle , en français ; un docte Traité des poils , en latin , et une autre Dissertation en la même langue sur l'enfantement dans le onzième mois.

TARDIVON a été une famille noble de vàdence , de laquelle il y a eu Valentin Tardivon , conseiller au Parlement de Grenoble, l'an 1590.

Louise Tardivon, sa petite-fille, en a été la dernière et fut mariée à Pierre Isnard, seigneur d'Odefred.

TARTARIN est une famille noble du Valentinois, qui porte de gueules à trois têtes de licorne arrachées d argent, François de Tartarin a été capitaine-major en un régiment de cavalerie.

TAU est une marque bleue que portent au côté gauche de leur estomac les religieux de Saint- Antoine, comme une représentation de la potence à l'aide de laquelle les malades venaient au corps de Saint-Antoine

Eour avoir leur guérison, lors de l'étalissement de cet ordre , qui au commencement n'était qu'un hôpital , comme rai déjà remarqué.

TAULIGNAN est un bourg dans la sénéchaussée et Téleclion de Montclimar, au diocèse de Die, faisant

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TAUUGNAN — TAUTAMAL

six feox, dont le vieux château et la moitié du terroir sont de la mouvance du comte de Grignan , suivant un arrêt du Parlement de Grenoble, du 14 de décembre 1606. Par une reconnaissance générale des habitants, du 29 de novembre 1580 , il conste que le seigneur exige la quarantième partie des blés qui s'y recueillent en détrayant les moissons et le» droit des batteurs, à la réserve des chanvres.

J'ai dit sur Tarticle des Mesures quelque chose qui regarde celles de cette communauté. Le château fut ruiné l'an 1561.

Il y a une famille noble de ce nom irenue de Bertrand, seigneur de Taulignan, qui vivait l'an 1252. Le baron de Barry, au Gomtat-Venaissin , est le seul qui en reste. Une branche était restée à la Côte-Saint-André dans le Viennois; mais elle a fini il y a plus de deux siècles. Elle portait d'argent à deu x bar r es de gueules.

TAVERNIER a été une famille noble du mandement de la Gôte-Saint- André , finie par trois filles, qui vivaient Tan 1570, l'une desquelles, nonmiée Philiberte , épousa Jacques de Gallien ; Catherine eut pour mari Claude de Sainte-Colombe , seigneur de Piney, et la troisième eut nom Berthe , dont l'alliance m'est inconnue. ^^

TAUROBOIflON (le), si nous en croyons Charles Etienne, était un sacrifice de taureaux fait à Mars et à Diane^ dont l'usage était venu du taureau qui avait paru à la place d'Iphigénie ; d'où vient que Diane avait été appelée Tauripolia et qu'Oreste lui avait bâti un temple sous ce nom dans la Grèce et en rîle de Samos^ dont Strabon a fait mention, liv. 14. On a trouvé â Die un monument qui marque les outils ou les instruments de ce sacrifice, n est de la figure d'un portique d'un temple , et les têtes d'un bœuf et d'an mouton embellies de festons de fleurs, y sont figurées au dessous de ces instruments et dans le plus haut espace on lit ces mots :

PRO SAL. mP. TADR. PBG. TIB. FLA.

■ABGBLLIM. BT VALBR. DECWILLA BX YOTO SACER. ATTIO ATTIAlfl FIL.

M. Chorier, dans le l*** tome de V Histoire du Dauphiné, liv. 4, sect.

17, explique cette inscription en cette manière :

MAONiB DBORUH MATRI.

Je crois néanmoins qu'il faudrait dire Dianœ au lieu de Deorum , puisque ce sacrifice était affecté pour cette déesse. Voici la suite :

PRO BALVTB IMPERATORIS TAUROBOUON FRCIT TlBBRIUa FLAVIUS MARCBLLIMCS BT VALBRU DECI- MILLA BX VOTO 8ACBRD0TB ATTIO ATTIARI FILIO.

Aimar Dupérier l'exnlique autrement dans le Discours historique des Gaules, où la figpure du portique est représentée ; mais je crois qull s'est trompé , car si c'était une pieire pour marquer une colonie, les outils d'un sacrifice n'y seraient pas mis comme ils le sont, et il faut ])lutôt lire DecimiUa que Deeumani, comme il le suppose.

Ce môme sacrifice est encore remarquée dans une inscription trouvée au territoire de Tain , dans le diocèse de Vienne , dont voici quelques fragments :

DOMUSQOB DIVI

NAB GOLON. GOPIAB CLAUD. Al'G. LVG.

TACROBOLIUM FBGIT a* AOVIUS.

ANTOKANIUS PONTIF. PBRPBTUU8.

BX VATICINATIOKB PU80NI WLIAKI

ARCBIGALU INCBOATUM XH KAL.

MAI GONSUMATUM VDII KAL. MAI

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