MESURES
idO
demi-pot, chopine. On ne sait, en cette province, ce que c'est que setier, demi- Betier et émine de vin, pas même parmi les moines, quoiqu^anciennement on leur mesurât leur vin par émine, comme nous l'apprenons d'une savante dissertation sur i'émine du vin et la livre de pain , de saint Benott , imprimée à Paris, l'an 1667, sans le nom de Fauteur.
Le pot ou la pinte ne sont point d'égale mesure partout. A Grenoble, le pot de vin ne pèse que deux livres et demi, et à Montbonnot, qui est à une
Eetite lieue, il pèse près de quatre vres; on ne saurait aller en aucun mandement du Graisivaudan , que les mesures de vin ne soient différentes, n n'en est pas de même dans les autres endroits de la province, où l'on trouve plusieurs mandements se servir de mômes mesures , et les changements ou les différences n'y sont pas si fréquents.
Les tonneaux sont indistinctement gros ou petits; on voit pourtant plus communément des poinçons ou des tonneaux de deux charges^ quand on les a remplis du vin de Languedoc, de Provence ou de l'Hermitage, qu'on appelle à Grenoble du vin d'en bas, que non pas de ceux qui en contiennent davantage. L'entrée dans cette ville est de neuf livres pour denier d'octroi lors-
2u'il est apporté pour le vendre^ au eu que celui qui vient au ressort du bailliage du Graisivaudan ne doit que deux sols, pourvu qu'on ne veuille point le venore, et huit sols quand on le fait entrer et qu'on le débite ; et des autres vins de la province, l'entrée n'est que de trente sols.
La cnarge est composée de deux barreaux ou de trois barrils ou de quatrevingt-seize pots. Les deux barreaux font la chaiîj^e d'un cheval ou d'un mulet et les deux barrils celle d'un ftne : ce qui est appelé en plusieurs reconnaissances pour droits seigneu* rîanx,uneânée.
A la Bnissière il y a deux barreaux â la sommée ou charge de vin . au barrai trente-six pots; le setier de vin est de trente-deux pots; l'émine de seize, le quart de huit ; le quarteron de deux.
Ceci est tiré du cahier d'Olivier Gabier, qui est en la Chambre des comptes.
L'huile se mesure par pot, picotte , et autres petites mesures du vin et se vend en chaque lieu suivant les vais-
seaux qui sont d'usage; on la vend quelq[uefois par livre; le pot va depuis 8 fr. jusqu'à 12 fr. ; celui de Grenoble pèse deux livres et demi.
A Taulignan, à la sommée de vin , il y a deux barreaux , au barrai huit quartaux, au muis neuf sommées et au barrai vingt-quatre pots.
Mesure du blé et autres grains. Elles sont presque toutes aifférentes ; mais si l'on s'en sert qui ne soient pas d'usage dans le lieu, on est sujet à répréhension de quelque qualité et condition (p'on soit ; témoin le procès qui fut fait à Grabriel de la Poype, dont parle François Marc, queat. 279, part. l»"».
Le blé et les autres grains se mesurent en Dauphiné par charges , sommée , ânée , setier, émine , bichet, quartal, quarte, civier, moucosse, durière, coupe, cuillière ou écuelle.
La charge s'entend celle d'un cheval ou d'un mulet : elle est de deux setiers; on l'appelle aussi sommée, mais elle est de neuf quartaux, surtout aux Baronnies. L'ânée n'est que d'un setier.
Le setier est composé de quatre
Suartaux, et chaque quartal, mesure e Grenoble , pèse trente ou trenteune livres.
Le quartal, mesure de Grenoble, est fort petit; celui des environs n'est guère plus grand : il y en a même de plus petits, treize quartaux de Vizille n'en faisant que douze de cette ville.
Les rentes sont payées, à la mesure de Grenoble, à la f&rme (ies arrêts du Conseil et du Parlement du Dauphiné, dont je parlerai sur l'article des Rentes.
A la Buissière la mesure du setier est de huit quartes au ras et le gros blé se mesure au comble aussi bien que les noyaux. Au setier il y a deux émines; à l'émine, quatre quartes ou deux quartaux; au quartal, deux ouartes; à la quarte, quatre moaures.
La cosse est une mesure de trois quartaux dans les Baronnies.
Les mesures de Grenoble et du mandement d'Allevard . dans le Graisivaudan, sont semblables.
Celles de Lemps et de Ghirens, dans le Viennois , sont beaucoup plus grandes ; on les appelle bichets.
MESURES — IfÉVOUILLON
Le bichet est la commune mesure de tout le Viennois ; il iBnut deux quartaux de Grenoble pour en faire un.
Cinq quartauz d'avoine de Groncelin, dans le Graisivaudan, font deux benatées de Grenoble ; Tavoine se mesure plus communément par benatée que par quartal ou bicbet.
La cbar|^e du blé à laTour-du-Pin, dans le Viennois, est plus forte de quatre coupes que celle de Lemps.
Le quailal ou bichet de Lemps pèse quarante ou quarante-une livres.
n &ut six coupes pour un quartal, et six cuillières ou écuelles pour une coupe.
L émine est de deux quartaux.
Huit moudurières composent le quartal.
Six civiers ras ou quatre combles de même.
La quarte est une mesure qui est différente enplusiem^ endroits, car du côté de la Mure, elle faisait la quatrième partie du quartal ; et bien avant dans le Grapençais, elle est presque aussi grande que le quartal ae Grenoble. On use aussi du mot de quarte pour quartal en plusieurs communautés du Valentinois.
Vingt-quatre pugnerées font le setier de froment.
Les mesures du blé sont plus petites d'un neuvième^ dans Montbonnot, Vizille et Goncelm, que celles de Grenoble et celles d'Eybens, moindres d*un neuvième que celles de Vizille, à la différence de celles du vin et de l'huile qu'on trouve plus petites à Grenoble de beaucoup.
Le bichet du Viennois est composé de vingt-quatre cuillerées.
Huit moudurières, mesure de Doméne, font un quartal, mesure de Grenoble.
n y a des endroits où deux quartes font un quartal , comme à Goncelin et en d'autres paroisses du Graisivaudan.
L'avoine se mesure au comble.
A Taulignan la spmmée de blé censuel est de dix émines; chaque émine est de quatre civiers et im civier de ({uatre cosses; au setier il y a deux émines.
MÉTAUX, n est certain que dans le Dauphiné il s'en trouve de plusieurs sortes : les marcassites qui paraissent en plusieurs endroits et une infinité
d'albergements <pii en ont été fidts , et dont je donnerai un détail à l'article des Mines , en sont des preuves assurées; il conste par ces aU>ergements que ces métaux consistent en or, argent, plomb^ cuivre, for, étain, azur, cinabre et vitriol.
MEUIftANG (^Henri de), chancelier de France, le fut aussi du Dauphiné, l'an 1360; il portait d'or à la bande d^ argent chargée de trois croisettes de g ueule s.
MÉVOUILLON est une paroisse des baronnies, et c'est une baronnie elle-même, laquelle et celle de Montauban ont donné le titre de baronniea à tout ce qui dépend du bailliage da Buis. Elle est composée de trois feux au diocèse de Gap et en l'élection de Montélimar, de la mouvance del'évéque de Die, comme le dit M. Basset, tom. 2, de son Recueil d* arrêts^ pag.
381 , et comme je l'ai vu dans le dénonibrement donné par M. de Gosnac, en cette qualité d'évéque , le mois de juillet lt>84, en la Chambre des comptes du Dauphiné, ensuite de son hommage. Le père Golombi, jésuite, en son histoire des Evêaues de Va-' lence et de Die y liv. 3, cutqgue ce fut Reymond de Mévouillon qm donna à l'évéque ce domaine direct, par on acte de l'an 1293.
Il y avait unfort chàteauà Mévouillon et un gouverneur, mais il a été abattu par ordre du Roi, au mois d'avril de cette mémeannée 1684. Cette communauté tire son nom des MedualeSy ancien peuple qui occupait ce pays-là.
L'empereur Frédéric donna à Raymond de Mévouillon la souveraineté de cette baronnie , qui était de trentecinq paroisses , pair une bulle de Tan 116o. Avant qu'elle fût unie au Dauphiné , de la manière que j'ai dit sur l'article des Baronnies, il y avait deux juges souverains ^e des actes de IS^ appellent /udtcei universales in soUdum Baroniœ seu toiius terrœ il-lustris et potentis viri domini Rmi" mundi de MeduUone; le virbaillidu Buis leur a succédé.
Cette Êunille de Mévouillon tenait un rang de souverain dans les baronnies et ne reconnaissait que l'empereur, suivant le pouvoir que lui en avait cédé Frédéric !«■*, dit Barberousse, par une bulle du 7 août 1178. EUepcôrtait d^argent moucheté de sable au chef d'or chape de gueules.
MÉVOUILLON — MEZIËRES
GÉNÉàLOGIB DIS BARONS DE MÉVOUII/- LON , SOUTERAINS DES BARONNIES DE MÉVOUILLON BT DE MONTAUBAN.
Raymond, Tan 1178, eut pour femme Laure , fille de Grégoire , sans autre surnom. Il eut pour enfants Raymond, qui fut baron des baronnies de Mé- ▼ouillon et de Montauban. Il se fit reli-
fieujL de Tordre de Saint-Domini(jue.
1 fut appelé l'ancien. Raymond, dit le jeune qui suit; Bertrand; Guillaume.
qui fut père de Béatrix, mariée à Éouvent Jarente, seigneur de Brancas; Grarrende, femme de Bertrand Rambaud de Calme.
Raymond n succéda à son firère , fut baron de Mévouillon et de Montauban , seigneur de Molans, d'Àlauson, de la Roche d'Autane, de Bruières, du Buis et de Prioras, Tan 1251. DeGomitissame, sa femme, il eut Raymond qui suit, Galburge, épouse de Lambert Ademar, et Msibille, femme de Hugues Ademar ; et puis il se fit religieux de Tordre de Saint-Dominique, d'où il fut tiré pour être évéque de Gap, 1282, et a la suite archevêque d'&nbrun, 1289.
Raymond m fut baron et seigneur des mêmes terres. Tan 1297. Sibille fut sa femme , de laquelle il eut :
Raymond IV , baron et seigneur des mômes lieux, qui, d'une femme inconnue, laissa :
Legasse, baronne et dame des mêmes terres, qui , mourant sans enfants de Bertrand des Baux, comte d'Avelin, son mari, fit son héritière Eléonor Ademar, sa cousine, mariée à Pierre de Galme. Cependant cette Eléonor ne put pas recueillir cette succession, parce que Guignes, dauphin, s'empara de Mévouillon, par on droit de fief, et ne lui laissa que le domaine utile de cette terre pendant sa vie, pour la tenir de la mouvance des Dauphins; et à la suite elle fut réunie au domaine delphinal.
De ce Pierre de Gaune et de cette Eléonor Ademar, naquit Guillaume de Mévouillon, seigneur de Pomet, de Valbaret. de Ruinât, de Valclause et de Montbocher, qui vivait Tan 1405.
n fut sénéchal de beaucaire. Celui-ci eut Pierre de Mévouillon, gouverneur de Marseille, grand écuyer de René, comte de Provence et Guillaume de Mévouillon, qui mourut sans en£uits. Il eutausslBeiEitrixdeMévouillony épouse
en premières noces de Jean Alleman, seigneur de Séchilienne, et en secondes, de Jean de Grolée , dont les enfants prirent le nom de Mévouillon , comme j'ai dit sur l'article de Grolée.
METLAN est une paroisse du mandement de Montbonnot . dans la vallée du Graisivaudan , au oiocèse et en l'élection de Grenoble et au bailliage du Graisivaudan. Son église est dédiée aux saints Victor et Ours , de la nomination del'évêquede Grenoble, à qui Bernard Lombard l'avait donnée en la personne de saint Hugues, qui y prend toutes les dîmes grandes et petites.
Le prieuré de Saint-Eynard, tenu par les Récollets, est dans cette paroisse ; il était autrefois tenu par celui de Saint-Michel de Connexe, suivant la visite de Laurent Alleman, de 1494.
MEYRIEU est une paroisse du mandement de Saint-Georges, dans le Viennois. Il y en a un autre dans le mandement de Quirieu.
MEYMANS est une paroisse de Télection de Valence, en la sénéchaussée de Grest , laquelle étant jointe à celle de Beauregard, fait huit feux t rois quarts.
MEYROGE est une rivière du Diois^ qui vient de la montagne du haut de G ras, et s e jette dans laDrôme.
MEYSIEUX est une paroisse du diocèse de Lyon, du bailliage et de Télection de Vienne, faisant cinq feux trois quarts. Son église est dédiée à saint André, de la nomination de Tabbé de Saint-Pierre de Vienne.
Meysieux est dit en latin Mœsiua, qui est un nom romain; il a aussi porté celui de Macuaium^ peut-être à cause d'Her cule^Ma cusain , qui y était adoré.
MEZIËRES ayant été assiégée par Tarmée impériale. Tan 1518, Pierre du Terrail, chevalier Bayard, offrit de la défendre, en disant qu'il n'y avait point de ville faible où sont de braves gens, parce qu'alors le conseil du Roi portait qu'U fallait l'abandonner. Bayard y entra done avec Laurent Aynard de Monteynard;
Charles Alleman, seigneur de Laval;
Antoine et Bernardin de Clermont;
Jean de Vaux , seigneur de Millieu , qui fut tué en une sortie;
François de Sassenage;
Jean- Jacques Aynard ou Montaynard;
Philippe de Ville et autres Dauphinois.