‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 106 sur 170 · COS. AB. AV · texte numérisé non relu

COS. AB. AV

SVBSS. I.BV6.

C'est-à-dire :

Imperante Cœsare Marco Aurelîo Antonio pio, Augusto, Britannico . Maximo , tribunitid protestate decimum quartum , Imperatore secundum , consule tertium, pâtre patrice, proconsuls . ab Augusta Suessonum leuga septima '.

Les recherches des savants ont fait remonter à l'an 212 de Jésus-Christ l'établissement de cette colonne , sous l'empire de Caracalla.

. L'église de Vie-sur- Aisne , située à quelque distance du bourg et de la rivière, présente de côté et d'autre

* Sous l'empire de Marc-Aurèle, Antoniti (Caracalla), pieux, auguste et très-grand prince , vainqueur de la Grande Bretagne , revêtu pour la quatorzième fois de la puissance tribunitienne , imperator pour la seconde fois, consul pour la troisième , père de la patrie et proconsul , cette colonne a été placée pour marquer la septième lieue gauloise, depuis Soissons.

des parties qui peuvent remonter à 1 1 96 , époque où fut fondé le prieuré. Le portail en plein cintre à trois retraites est soutenu de chaque côté par autant de colonnes ; leurs chapiteaux à tailloir commun faisant l'office d'entablement sont garnis de feuillages peu saillants; leurs fûts sont sillonnés par des cannelures en torsades semées de perles que l'état fruste de la pierre permet difficilement de distinguer. Le premier cintre est parcouru par une série de quatre feuilles, le second par une rangée de losanges en creux et le troisième par un bandeau plissé en avant. Le tympan est rempli par une coupe particulière , des pierres en longs claveaux formant en haut un double plan incliné comme un fronton et en bas le linteau d'une porte carrée. Le porche est terminé par un fronton en triangle équilatéral.

La fenêtre supérieure souterme de chaque côté par une colonne est contournée par une archivolte en dents de scie qui s'étend jusqu'aux piliers butants des extrémités du portail. Au-dessous se développe un tore chevronné placé entre deux scoties de même , décor qui produit un très-bel effet.

Le chœur se termine carrément; il est ouvert, ainsi que les transepts, par trois lancettes dont la centrale est plus élevée et qui sont comprises sous un arc de décharge en ogive.

Le clocher construit au centre de la croisée, porte la date de 1558; il est en selle ou en bâtière, forme lourde répétée trop fréquemment dans cette partie de la Picardie , mais cependant moins maussade que celle des campanilles que voudrait imposer l'Ecole des Beaux-

Arts ' ; le slyle de ce clocher est celui de la Renaissance ; il est soutenu par des pilastres , accouplés d'ordre dorique dans le bas et ionique dans le haut; il est ouvert par des ouies géminées.

La porte latérale de droite a malheureusement perdu une partie de ses ornements ; ils étaient d'une grande élégance.

La nef est séparée de ses bas- côtés par des arcs en plein cintre soutenus par des piliers carrés , que flanquent latéralement des colonnes demi - cylindriques ; les chapiteaux très -courts ont des feuillages ou des têtes à leurs angles; quelques astragales sont sculptées en forme de cable; les bases sont munies de grifies.

Le chœur est supporté par des colonnes ternées qui appartiennent plutôt au style ogival qu'au style roman. Les voûtes renouvelées en même temps que le clocher , sont pesantes et n'offrent rien de remarquable.

Si le bourg de Vic-sur-Aisne a perdu , comme tant d'autres, les bienfaits vivifiants d'une riche abbaye, les progrès de la civilisation l'ont doté de faciles communications qui y répandent l'aisance et le bien-être. Le passage de la rivière par la voie incommode des bacs a été remplacée par un beau pont suspendu en

fer, de près de 50 mètres de longueur.

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