I.'' ARTICIiE
Beacffort. La maison de Beauffort. autrefois Beaufort, a eu beaucoup d'illustration en Artois, en Flandre et dans les Pays-Bas. Elle prit le nom de l'ancienne baronnie de Beauffort , située en Artois près d'Avesnes-le-Comte. Cette maison compte des services militaires éclatants et d'illustres alliances.
Plusieurs sires de Beauffort sont morts dans les Croisades ; le nom et les armes de Jean de Beauffort se trouvent dans les ] salles du Musée de Versailles ; d'autres ont été chevaliers du Temple, de Malte, de Rhodes et de St-Jean de Calatrava. Cette maison ai fourni des capitaines des gardes de l'empereur Charles de Luxembourg et de PhilippeJ IV d'Espagne ; des chambellans de l'empereur Charles-Quint , des rois de France et de la maison de Bourgogne ; un capitaine des arbalétriers et des échansons des comtes de Flandre et des ducs de Bourgogne ; un gouverneur d'Arras au xvi." siècle ; des gouverneurs de Bapaume et de Béthune ; des abbesses des chapitres de Maubeuge et de la noble abbaye d'Estrun ; des chanoines des grands chapitres de Mons , de Nivelle et de Denain, etc. Alliances avec les maisons |de Chateaubriand, Croy, Ilalluin , Ghistelles, Lalaing, Landas , Lannoy , Mérode , Montmorency, Ben ty, Saveuse , Wignacourt , etc. Les branches de Beauffort Noyelles-Wion , Beauffort comtes de Moulle et de Croix , Beauffort de Boisleux se sont successivement éteintes ; celles des marquis de Beauffort de Mondicourt et des barons de Beauffort du Cauroy comptent encore des représentants. La première a pour chef de nom et d'armes M. le marquis de Beauffort , qui habite Bruxelles; la seconde M. le baron de Beauffort , au Cauroy , en Artois. Armes : d'azur , à trois jumelles d'or. Devise : In bello fortis. — Un cadet de la maison de Beauffort ayant épousé en 1310 l'héritière de Gironvilliers prit les armes de cette dernière famille qui étaient de gueules, au château à l'antique d'argent, et y joignit les siennes en franc canton. Ses descendants ont repris les armes pleines.
Hacteclocqce. Maison d'origine chevaleresque, en possession dès le xu.' siècle de la terre seigneuriale de llàuieclocque { Alta-Cloca) au comté de Saint- Pol. Les Charles de l'abbaye de Saint-Jean d'Amiens et celles de Cercamp font mention, en 1174, de Wilbert ou Guilbert de Hauteclocque. Le nom et les armes de cette maison sont au musée de Versailles , Wauthier , Pierron et Gui de Hauteclocque élant du nombre des chevaliers qui prirent part aux croisades '. Tassart de Hauteclocque servait sous le sire de Licques , lorsque le fort château d'Oisy fut assiégé en 1254 ; on trouve encore Jacques de Hauteclocque , combattant avec deux écuyers dans la journée de Saint-Omer ; Walles de Hau-
' Nous avons à relever deux erreurs commises aux pages 81 et 109 de cet ouvrage. La première concerne Gui de Hauteclocque dont les armes sont au musée de Versailles. La garantie fut donnée par Barthélémy, doyen d'Arras, et non par Bernard, Les armes sont d'argent . à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or. On trouvera la charte de garantie à la page 86 de Noblesse et Chevalerie du comté de Flandre , d'Artois et de Picardie , publié à Amiens en 1843.
La seconde erreur est relative à Brougniars de Hauteclocque. Le texte de la quittance , page 109 , doit commencer ainsi qu'il suit : scachent tous que nous Brougniars de Haulteclocquc etc. (V. l'original aux Archives départementales du Pas-de-Calais.)
teclocque, capitaine de la forteresse de FoucquesoUes sous Jean de Bournonville selon montre de l'an 1382 (P. Anselme. Titres de la Biblioth, Roy.) ; Colart et Baudouin de Hauteclocque qui furent du nombre des gentilshommes siégeant aux états d'Artois en 1414 ; Jean de Hauteclocque tué à la prise de Saint-Denis en 1430 ; Wallerand de Hauteclocque , capitaine de Bapaume en 1550 ; Robert de Hauteclocque , seigneur de Quatrevaux , député des états d'Artois appelé à signer l'acte de réconciliation de l'Artois en 1579 ; Wallerand de Hauteclocque , légat à latere au xvi." siècle. En 1596 la terre de Hauteclocque sortit de cette famille ; elle est venue par alliance dans celle de Bertoult qui la possède encore. La maison de Hauteclocque , dont le nom a toujours été admis dans les chapitres nobles des Pays-Bas, a fourni deux abbesses d'Estrun au xvi.« siècle et compte encore de nombreux représentants ; le chef de nom et d'armes est M. Stanislas-François-Joseph de Hauteclocque , né à Arras en 1786 ; M. le baron de Hauteclocque , chevalier de Malte et ancien maire d'Arras, est de celte maison. Alliances avec les familles d'Ailly de Sains, Bergues-Saint-Winock , Bryas , Cayeux, Créqujj Humières , Monet de la Marck , Renty, Ricametz , etc. Armes: d'argent, à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'or.
RiENcocRT. Très-ancienne maison de Picardie. Elle remonte à Gui de Riencourt qui accompagna en Angleterre Guillaume-le-Conquérant , duc de Normandie. Gui devint possesseur, après la conquête, de l'honneur de Sutton, flef plus considérable qu'une baronnie, situé dans le comté de Bedfort. Il eut aussi en partage le manoir de Burton au comté de Northampton et divers autres fiefs. Les ducs de Norfolk , Devonshire et Gordon , les comtes de Shrewsbury, Salisbury, Carlisle et Sandwich descendent de la branche des Riencourt établie en Angleterre au xi.'" siècle (Archives de la Tour de Londres.) La branche ainée resta en Picardie et y posséda la seigneurie de Riencourt , l'une des plus considérables de l'Amiénois. Les cartulaires des abbayes du diocèse d'Amiens font souvent mention des seigneurs de Riencourt. En 1223 , Thomas de Riencourt, qualifié chevalier, souscrivit à la donation faite par Enguerrand de Picquigny à l'église de Sainte-Marie de MoUiens-Vidame ; Jean de Riencourt , son fils , transigea avec l'abbaye du Gard en 1223 touchant les marais de Croy-sur-Somme. La maison de Riencourt habituée en Picardie, à laquelle appartenait Raoul de Riencourt , chevalier de la troisième croisade , eut de grandes alliances et se subdivisa en trois branches : les Riencourt d'Orival , les Riencourt de Tilloloy-en-Vimeu , les Riencourt d'Andechy. Plusieurs seigneurs de cette maison servirent avec distinction dans nos armées ; Enguerrand de Riencourt avait le gouvernement de Calais vers 1382 ; Jacques de Riencourt, seigneur de Parfondriie, lieutenant-général de la compagnie d'ordonnances des gens d'armes du roi , fit les guerres du règne de Louis XII ; Charles-François de Riencourt , marquis d'Orival , commandait le régiment des dragons de la reine dans le xvni." siècle. Augustin-Réné , comte de Riencourt, est mort lieutenant-général des armées du roi. Hugues de Riencourt eut l'office de premier maître-d'hôtel d'Antoine de Bourbon , roi de Navarre. Maison alliée à celles d'Ailly, Angennes, Des Friches-Doria , Forceville , Joyeuse, La-
meth , Montmorency , Moreuil , Rouhault-Gamaches , Saisseval , Vérac , etc. La maison de Riencourt a plusieurs représentants en Picardie. M. le comte Adrien de Riencourt qui habite la terre de Rellevue , près le lac de Genève , est aussi de cette maison. Armes : d'argent , à trois fasces de gueules frettées d'or.
Bryas. Maison d'origine chevaleresque illustrée par ses services militaires et les hautes dignités ecclésiastiques dont elle a été revêtue , originaire d'Artois au comté de Saint-Pol , où se trouvait la terre de Bryas , et apanagée dans le xii."^ siècle de celle de Bristel dont elle a aussi porté le nom. Des généalogistes font remonter l'origine de cette maison à Hugues de Bryas, premier du nom, qui vivait en 1120. On trouve depuis lors: Jean de Bryas tué à la bataille de Monthléry dans l'armée de Charles-le-Téméralre ; — Jacques II de Bryas , à qui Charles - Quint confia la défense de Renty ; il eut plus tard le gouvernement de Namur ; — Jacques III de Bryas , gouverneur de Marienibourg , commandant d'un corps wallon au service de S. M. Catholique ; — Guislain de Bryas, marquis de Molinghem, capitaine-général de l'artillerie et de la cavalerie légère espagnole , chevalier de l'ordre de Calatrava ; — Jacques- Théodore de Bryas , archevêque-duc de Cambrai , prince du Saint-Empire ; Fénélon fut son successeur ; — Englebert de Bryas , comte de Bryas-Nédonchel , marquis de Molinghem , grand-bailli héréditaire des bois et forêts du Hainaut. — La noblesse de la maison de Bryas a été souvent jurée dans les chapitres nobles des Pays-Bas. En 1645, la terre de Molinghem en Artois fut érigée en marquisat par le roi d'Espagne pour cette maison ; l'érection du comté de Bryas est de 1649 ; celle du marquisat de Royon-Bryas de 1692. Alliances avec les maisons d'Argenteau , Créquy , Esclaibes , Gavre , Hamal , Hinnisdal , Hunolstein , Nédonchel , Oultremont , etc. Cette maison compte encore des représentants. Le chef de nom et d'armes est M. Charles-Marie comte de Bryas. Armes : d'or , à la fasce de sable , surmontée de trois cormorans de même, bccqués et membres de gueules.
LouvEL aujourd'hui Lupel. « C'est une noble maison que celle des Louvel , dit » de La Morlière dans ses Antiquités d'Amiens ; on rencontre d'elfe de grands » enseignemens tant es registres de la Cour qu'en plusieurs roolles et catalo- » gués de noblesse très-antique ; elle est d'environ les confins du Beauvoisis » et de la Normandie. » Le premier Louvel dont l'histoire fasse mention, parent par son aïeul maternel de Robert-le-Diable , duc de Normandie, prit part avec les chevaliers normands à la conquête d'Angleterre et eut pour sa part le comté de Hertfort. La branche dont il fut la tige porta le nom de Lovel ou Lowel, et brilla pendant plusieurs siècles à la tête des barons de l'Echiquier. Guillaume Louvel, neveu de celui-ci, demeura en Normandie et prit le parti de Guillaume Cliton, petit-fils de Guillaume-le-Conqucrant , contre le roi d'Angleterre, Henri V\ Mais il fut obligé de passer la Seine et alla s'établir en Beauvoisis (Orderic Vital et le père Daniel.) La maison de Louvel fixée depuis lors en Picardie y posséda un grand nombre de seigneuries entre autres celles de Glisy, Fontaine et Fiers. Jean Louvel fit preuve de cinq degrés de noblesse pour être reçu écuyer de Charles d'Orléans , fait prisonnier par les Anglais à la bataille d'Azincourt; Jean Louvel partagea à
Londres la captivité de ce prince. Le célèbre Dunois, frère de Charles d'Orléans, épousa Jeanne Louvel, l'une des plus riches héritières de son temps; Dunois n'eut point d'enfants d'elle et La Morlière nous apprend qu'il employa les richesses de sa femme « la recousse du royaume pour le roi Charles VII sur les Anglais et sur les Bourguignons. La maison de Louvel a fourni plusieurs raaïeurs d'Amiens, au moyen-âge, et des officiers distingués à nos armées. Antoine Louvel eut le commandement de la forteresse du Crotoy en 1639. Famille alliée à celles d'Ailly , Cacheleu , Rély , Récourt , Sacquespée, Saisseval , etc. Armes : d'or , à trois hures de sanglier de sable. — La maison de Louvel a pris le nom de Lupel depuis la mort du duc de Berry. L'assassin qui frappa ce malheureux prince portait aussi le nom de Louvel , et bien que ce rapport fut pour la noble famille de Louvel le seul que rappelât le crime du 13 février 1820 , elle a cru devoir quitter un nom voué désormais à une si déplorable célébrité.
NÉDONCHEL. L'une des plus anciennes et des plus illustres maisons d'Artois portant le nom de la terre seigneuriale de Nédonchel située dans le voisinage d'Aire. Dès le x." siècle, il est question des sires de Nédonchel. Alors vivait Robert de Nédonchel qui donna diverses dîmes à l'église de Clairmarais. La maison de Nédonchel a fourni des chevaliers aux Croisades, un conseiller du roi Charles VI , des gouverneurs de Paris , Saint-Omer et Romorantin , un grand-chambellan de Louis II duc de Bourbon pendant le xiv.' siècle, plusieurs officiers-généraux, des chanoinesses aux chapitres nobles des Pays-Bas, un chevalier de Malte, etc. Ses preuves de cour ont été signées par Chérin en 1765. La terre de Nédonchel fut érigée pour elle en marquisat par lettres-patentes du mois de septembre 1723. Le chef de nom et d'armes de cette illustre maison est M. Charles-Alexandre , marquis de Nédonchel. Alliances avec les d'Arcos, Berghes- Saint -Winock, Béthune, Bryas, Créquy , Clermont-Nesle , Hennin-Liétard , Lannoy , Mailly , Poix , Saveuse , Wignacourt, etc. Armes : d'azur , à la bande d'argent.
MoBEL. La maison de Morel que la Chronique de Guînes fait descendre des premiers^ sires de Fauquerabergues , est connue en Cambrésis et en Picardie depuis plus de six siècles. Sa généalogie sur preuves commence à Guillaume I." du nom , chevalier , nommé par Saint-Louis gouverneur du château de Walincourt en Cambrésis. Il fut inhumé dans l'abbaye de Saint-Aubert de Cambrai. Raoul Morel, son arrière-petit-flls , mourut à la bataille de Crécy. Robert Morel , grand-écuyer du duc de Bourgogne , Philippe-le-Hardi , devint son ambassadeur à Liège. Philippe Morel, II."" du nom, lieutenant d'une compagnie d'hommes d'armes des ordonnances du roi Charles VIII , se couvrit de gloire à la bataille de Fornoue. Pour reconnaître sa valeur, Charles VIII lui concéda le droit d'ajouter une fleur de lis d'or à ses armes. On trouve parmi ses descendants deux chevaliers et un commandeur de Malte , des conseillers d'état , des intendants de provinces , des lieutenants-généraux de bailliage et un pair de France. Les Morel de Vindé , Morel de Foucaucourt et Morel de Boncourt sont de cette maison qui compte plusieurs représentants
en Picardie et à Versailles. Alliances avec les familles d'Ailly , Aube de Bracquemout , Aumale , Carnin , Courtenay , Du Fresne , Ghistelles , Lannoy , Le Fevre de Caumartin , Marie , Nédonchel , Saisseval , Soyecourt , etc. Armes : d'azur, à la fleur de lis d'or accompagnée de trois glands de même, deux en chef un en pointe.
Bertoult , Berlhoult , Bertout. Très-ancienne famille noble , originaire d'Arras, illustrée par ses services militaires et ses alliances. Jacques Bertoult était archer du corps de MJ" le duc de Bourgogne, en 1462. Robert Bertoult, seigneur de Fiefs , fut admis aux états d'Artois , dans l'assemblée de 1599 , et devint échevin d'Arras. La famille de Bertoult s'étant alliée à celle de Payen de Bellacourt en reçut , à titre d'héritage , la terre et seigneurie de Hauteclocque , ancienne possession féodale de la maison de ce nom. En 1766 , la terre d'OEufs , unie à celle de Hauteclocque , fut érigée .en marquisat sous le nom de Bertoult d'OEufs, en faveur de Philippe-Louis- Joseph de Bertoult , chevalier. La maison de Bertoult a fourni plusieurs chevaliers à l'ordre de Malte et compte encore des représentants en Artois et en Picardie. Elle s'est alliée aux maisons de Belvalet , Du Carieul , Duglas , Le Vasseur du Valhuon , Maussion , Obert , Pronville , Tenremonde , Vitry , Wignacourt , etc. Armes : de gueules, à la fasce d'or, accompagnée en chef de trois coquilles et en pointe d'un lion passant , le tout d'or.
GoMER. Ancienne maison de Picardie habituée en Amiénois et en Beauvoisis. « Les Gomer , dit d'Hozier, dans ses recherches sur les officiers aux gardes, » se sont divisés en plusieurs branches. Il y a dans beaucoup de ce nom des » services et de la valeur; et dans plusieurs preuves faites pour Malthe et » pour la maison de Saint-Cyr , on voit que la chevalerie des Gomer est » prouvée de temps immémorial. » Charles de Gomer, seigneur de Cuignières, fut député de la noblesse du comté de Clermont en 1560 ; Louis de Gomer figure dans divers titres comme lieutenant du roi à Amiens en 1703. Un Gomer était vers ce temps capitaine aux gardes-françaises ; son frère, lieutenant aux gardes , fut tué à la bataille de Ramillies. Alliances avec les maisons de Briançon , Cacheleu , Gourlay , La Tramerie , Longueval , Maulde , Vendeuil , etc. Les Gomer portent d'or , à sept merlettes de gueules , quatre en chef, trois en pointe, au lambel de même posé en face.
Beaulaincourt. Maison d'origine chevaleresque et l'une des plus illustres du pays d'Artois , portant le nom de la terre de Beaulaincourt située près de Bapaume. Jean de Beaulaincourt, chevalier, fut capitaine et gouverneur de Cambrai en 1152 au témoignage de Gélic. Antoine de Beaulaincourt , roi d'armes de la Toison-d'Or, était de cette maison. La terre de Maries, en Artois, fut érigée en comté en faveur de Jean-Georges de Beaulaincourt, seigneur de Bellenville. Cette famille , divisée en plusieurs branches , compte encore des représentants en Artois. Alliances avec les maisons de Boudart , Genevières , Hamel de Bellenglise , Haynecourt , La Fontaine-Solare , Mons , Nédonchel , Tramecourt, etc. Armes: d'azur, à deux lions léopardés , adossés , d'or, les queues fourchées et entrelacées , surmontées de la couronne royale d'Angleterre, aussi d'or.
HiNNisDAt, Hinnisdael. Très-ancienne famille originaire du pays de Liège établie en Artois depuis plusieurs siècles et illustrée par ses alliances comme par ses services militaires. Elle avait obtenu le litre de comte du Saint-Empire qui fut confirmé en 1T23 par lettres-patentes de l'empereur Charles VI. La maison d'Hinnisdal a fourni des mestres-de-camp de cavalerie, un lieutenant-général au gouvernement de la ville de Namur, des brigadiers et raaréchaux-de-camp et un gouverneur-général de Saint-Domingue. Elle a joui des honneurs de la cour en 1776 en vertu des preuves faites au cabinet des ordres du roi. Son nom et ses armes sont dans les salles des Croisades du musée de Versailles. Le chef de nom et d'armes actuel de cette maison est M. le comte Hermant d'Hinnisdal. Alliances avec les maisons de Bryas , Bournel , Villeneuve de Vence , Carnin , Schulembourg , Van der Gracht , etc. Armes : de sable, au chef (V argent chargé de trois merlettes de sable.
M0C1.LART. Maison habituée en Artois et en Picardie. Elle est connue depuis le xm.'' siècle et a fourni un grand-prévôt de Cambrai en 1341 , un gentilhomme de la chambre du roi, des chevaliers de Malte et un commandeur de l'ordre du Mont-Carmel et de Saint-Lazare. La terre de Torcy a été érigée en baronnie pour cette famille qui a aussi possédé la terre de Vilmarest, le marquisat de Lisbourg en Artois, le comté d'Estrées en Flandre, etc. La maison Moullart de Torcy compte encore de nombreux représentants et s'est alliée à celles de Boulogne , Bresdoul , Chinot de Fromessent , Colbert de Castelhill , Du Blaisel , Fatras de Campaigno , Rocquigny de Fayel , Sart , Van der Cruysse , Tenremonde , etc. Armes : d'or , au lion de vair , lampassé et armé de gueules.
Sarccs. Très-ancienne maison de Picardie habituée dès le xi.' siècle en Amiénois et en Beauvoisis. Elle eut de grandes charges à la cour, s'illustra dans les armées et fut pourvue d'importantes dignités dans l'Église. Parmi les seigneurs de cette maison l'historien doit surtout mentionner : Hugues et Adam de Sarcus , chevaliers de la troisième et de la sixième croisades ; Renaud de Sarcus , chambellan de Philippe de Valois ; Hugues de Sarcus , grand-prieur de France en 1420 ; Jean de Sarcus, son frère, panetier du duc de Bourgogne ; François de Sarcus , II." du nom , conseiller et chambellan des rois Louis XII et Charles VIII ; il se distingua dans les guerres d'Italie. Jean de Sarcus , chambellan et maître-d'hôtel de François I." , capitaine-général de la légion de Picardie , s'illustra dans la défense de Péronne , l'un des événenements les plus glorieux du règne de François I." ; Jean de Sarcus et le seigneur de Saisseval se jetèrent dans la ville avec deux mille légionnaires de Picardie et forcèrent les Impériaux à s'éloigner. Jean de Sarcus rebâtit avec magnificence le vieux manoir de Sarcus ; les constructions du nouveau château n'existent plus et ont toujours été considérées comme l'un des chefs-d'œuvre de la Renaissance. Nous citerons encore parmi les seigneurs de la maison de Sarcus : François de Sarcus , aumônier d'Henri II et évéque du Puy ; David et Adrien de Sarcus, commandeurs de Malte; Jean de Sarcus, abbé de Locdieu au diocèse d'Amiens , en 1531 , et plus tard de Lannoy au diocèse de Beauvais ; Robert de Sarcus , commandant de mille hommes de pied de la lé-
gion de Picardie , mort après 1573 ; Eléonor-Maximilien , marquis de Sarcus , directeur des fortifications des places de Picardie , mort en 1768 ; César-Eléonor, comte de Sarcus, commandeur des ordres de Saint-Lazare «t du Mont- Carmel , mort en 1787 ; Jean-Baptiste , comte de Sarcus , gouverneur des pages de la petite écurie du roi, gentilhomme ordinaire de Monsieur, comte de Provence , mort en 1778. La maison de Sarcus compte encore des représentants en Picardie et en Bourgogne. Nous avions cru pouvoir affirmer dans les Archives historiques de Picardie et d'Artois , publiées à Amiens en 1843 , et en nous appuyant sur l'autorité de l'historien La Morlière, que la maison de Sarcus était éteinte. Cette assertion est inexacte et nous nous sommes fait un devoir de réparer ici notre erreur. L'ancienne branche aînée des Sarcus et la branche de Fricamp sont les seules qui n'aient plus de représentants. L'extinction de la première de ces deux branches fit l'erreur de La Morlière; elle s'accomplit vers 1570. Bonne de Sarcus , héritière des biens de sa maison, épousa dans ce temps Josse de Gourlay ; leur fille fut mariée à Adrien Tiercelin de Brosses , sénéchal du Ponthieu. La branche de Fricamp ne s'est éteinte que vers 1780. ( Voir pour la généalogie de cette maison : d'Hozier , dom Cafjiaux , dom Grenier , les documents déposés aux Archives départementales de la Côte d'Or et les titres et chartes de la maison de Sarcus dont les originaux nous ont été communiqués. ) Les Sarcus se sont alliés aux Blotefierre , Boulainvilliers , Carvoisin d'Achy , Ghabannes La PaUsse , Dufour de Maulevrier , Estrées , Pellevé , Pisseleu , Saveuse , Villiers de l'Isle-Adam , etc. La maison de Sarcus a fait ses preuves pour les honneurs de la cour en 1785 ; ses armes , placées dans le Musée de Versailles ( salles des Croisades ) , sont de gueules, au sautoir d'argent, cantonné de quatre merlettes de même.
Valenglart, Le Roy de Valenglart. Ancienne famille de Picardie dont la filiation noble est prouvée depuis 1375. Cette maison, en possession des titres de marquis de Valenglart et de comte de Barde , a fourni plusieurs chevaliers de Malte , des officiers de distinction à nos armées , un écuyer du duc d'Aumale en 1573 , un gentilhomme ordinaire de la maison du duc de Guise en 1582, un mestre de camp de cavalerie, mort en 1794, etc. La maison Le Roy de Valenglart compte plusieurs représentants en Picardie et s'est alliée à celles de Cacheleu, Carpentin, Crévecœur, Du Passage, Runes, Sainte-Hermine , etc. Armes : tiercé en fasces : au 1 d'or au lion léopardé de gueules ; au 2 de sinople ; au 3 d'hermine.
LouvBNcounT. Ancienne maison de Picardie qui prit le nom de la terre de Louvencourt en Amiénois. La filiation des Louvencourt, au moyen-âge , n'a jamais été établie par preuves authentiques. On trouve qu'Enguerrand de Louvencourt était en 1254 au siège d't)isy sous la conduite du seigneur de Licques {De La Morlière.) Charles de Louvencourt fut maieur d'Amiens en 1567. Charles de Louvencourt , gentilhomme ordinaire d'Henri IV, servit avec distinction dans les guerres de la fin du xvi.*^ siècle. Eustache de Louvencourt, seigneur de Pissy , fut en 1651 député de la noblesse pour assister aux Etats. Augustin de Louvencourt, échevin d'Amiens, contribua à placer la ville sous
l'obéissance d'Henri IV ; ce prince le conflrma dans sa noblesse par lettres de 1594. Marie de Louvencourt , l'amie de mademoiselle de Sciidéry, était de cette maison. Titon du Tillet parle d'elle avec éloges dans son Parnasse Français. « Elle étoit belle et modeste ; sa conversation étoit enjouée, sa voix bril- » lante ; elle chantoit avec goût et jouoit avec grâce du théorbe. » La maison de Louvencourt a fourni un chevalier de Saint- Jean -de- Jérusalem et s'est alliée à celles de d'Aguesseau , Bélhisy, Biencourt, Boufllers, Cacheleu, Carvoisin d'Achy, Etchegoyen, Saint-Blimont , Sainte-Aldegonde , Saisseval , Wignacourt, etc. Ses armes ont varié: Enguerrand de Louvencourt avait, au nnu' siècle, des armes parlantes d'or à trois têtes de loup de sable ; les Louvencourt portent aujourd'hui d'azur, à la fasce d'or chargée de trois merlettes de sable et accompagnée de trois croissants d'or.
MoNRT DK LA:tiARCK. Ancicnue famille originaire du Béarn , établie vers le milieu du xyii." siècle en Picardie où elle était en possession de la seigneurie de Bazentin, près Albert. Celte maison compte d'honorables services militaires et d'illustres alliances. Bernard de Monet avait le gouvernement du château de Lourdes en 1547 ; Philippe de Monet était en 1654 major au régiment d'Arbouville. La généalogie de cette maison qui compte encore aujourd'hui des représentants a été dressée en 1757 par dom Gaffiaux. Alliances avec les familles d'Armagnac, Caussade, Fontaines, Lyonne, Wasservas, etc. Armes: écartelé, aux i et i d'azur au lion de gueules ; aux 2 et 3 d'or à trois colonnes de sable ; au chef de gueules chargé de trois roses d'argent.
Des Covrtils de Merlemont. Maison originaire du pays de Liège fixée en Beauvoisis depuis 1430. Elle tire son nom du bourg de Coctils ou Courtils situé dans le Liégeois. Baudouin de Cortils figure dans un acte de donation fait, en 1235, au chapitre noble de Thorens au pays de Liège. Jean Des Courtils accompagna Jean , comte de Soissons , dans la septième croisade. Ses descendants servirent avec distinction dans nos armées. André Des Courtils , lieutenant d'une compagnie de cent hommes d'armes, était à la prise de Luxembourg en 1542. Jean Des Courtils , son fils , fut capitaine d'une compagnie de chevau-légers pour le roi Henri III qui le fit chevalier de son ordre. ( Manuscrits de la Bibl. Roy. ) Nicolas Des Courtils commandait pour la Ligue dans le château de Dreux, lorsque cette place fut assiégée par Henri IV. Jean Des Courtils ne la rendit qu'après que la tour grise eut sauté (Histoire de Chartres. ) Alexandre Des Courtils était mestre de camp d'un régiment de pied sous Louis XIII. François Des Courtils , de la branche des Merlemont, figure parmi les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem ; il fut titulaire de la commanderie de Boncourt. Adam Des Courtils de Merlemont mourut dans les guerres du temps de François I.". Daniel Des Courtils de Merlemont, son neveu, périt au siège de Rouen. Jean II Des Courtils de Merlemont prit part à la guerre de trente ans dans l'armée du célèbre comte de Mansfield ; il y commandait une compagnie de chevau-légers. Jean Charles Des Courtils de Merlemont, capitaine de frégate, fut tué en 1702 sur les côtes de Portugal; Louis, son neveu, lieutenant-colonel au régiment de marine-infanterie, périt à la bataille de Lawfcld. Louis René Des Courtils fut fait comte par le roi Louis XVI
et nommé grand-bailli d'épée de la i)rovincc de Beaujolais. Cette famille est aujourd'hui représentée par M. le comte Des Courtils de Merlemont (Charles- René. ) Elle s'est alliée aux maisons de Boufllers, IJoulainvilliers , Chantcloup, Epinay, Ganay , Gaudecharl , Lannoy, Surlet de Chokier, Urre , Vieux-Pont, Vilain de Gand , etc. Armes : d'azur , au lion grimpant d'argent portant an col Vécu de Flandre , d'or au lion de sable attaché par un collier de gueules. ( Diplôme original délivré par d'Ilozier , juge d'armes de France. ) '
P. ROGER
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