ARTICIiE. — DIOCKSE »*ARBAS
Grâce à l'extrême bienveillance d'un illustre prélat, S. E. Mgr. de la Tourd'Auvergne, cardinal évéque d'Arras; grâce, aussi, au zèle éclairé de M. l'abbé Tcrninck , chanoine et secrétaire-général de l'Évéché , nous allons donner sur plusieurs églises du diocèse d'Arras des documents en quelque sorte inédits. Les détails qui vont suivre, ne se trouvent en effet, ni dans l'Annuaire du Pas-de-Calais de 1814 , ni dans le Mémorial de M. HarbaviÛe. Ces deux ouvrages sont cependant ceux qui contiennent le plus de recherches sur l'histoire et les monuments du département du Pas-de-Calais.
CI. Église de Laventie f arrondissement de Béthune ). — L'édifice offre à gauche un bras de croix qui le rend fort irrégulier. Le chœur se termine à l'extrémité en trapèze , puis en arc. A l'intérieur , ce monument religieux se recommande à l'attention des amateurs par un assez bel aspect. La chaux recouvre les piliers ; les voûtes sont en partie défigurées par le plâtre dont on les a badigeonnées. Une tour carrée se trouve entre le chœur et la nef principale. Cette tour est surmontée d'une flèche en bois qui donne un peu d'élévation au clocher. L'église de Laventie est sous l'invocation de Saint-Vaast; sa construction semble remonter à diverses époques. Le chœur porte la date de 1749 ; c'est celle où celte partie du monument fut rallongée. On n'a aucune notion sur son origine ' . Chaque année les habitants de Laventie , qui s'adonnent au tir de l'arbalète , aux combats de pinsons ou à la culture de l'œillet, faisaient dire une messe solennelle dans cette église, avant de se livrer à leurs fêtes particulières. La Société des Oiseleurs mettait en présence deux pinsons qui luttaient entre eux pour le chant, dans les mois d'avril et
1 Renaeignements commuuiqués par M. l'abbé WarengheJD , curé de Laventie.
de mai. A une autre époque, les Fleuristes, réunis aussi en Société, présentaient les plus beaux œillets de leur parterre à des juges choisis dans les communes voisines , et ces juges décernaient la palme à l'heureux possesseur du plus bel œillet *.
CIL Église de Lestrem. — Cette église est construite en grès et forme la croix latine. Ses portes et ses fenêtres sont en ogive. La porte latérale est placée sur des pierres sculptées qui paraissent bien plus anciennes que l'église et auront servi primitivement à un autre édifice. Deux rangs de colonnes avec chapiteaux ornés de volutes existent à l'intérieur. Au bas des arêtes des voûtes qui sont saillantes , on voit des bustes représentant divers personnages. Le jubé de l'orgue et la chaire à prêcher fixent les regards. On remarque aussi quatre grandes dalles, servant de pavé, sur lesquelles sont représentées des figures et diverses armoiries. Malheureusement les sculptures sont tellement effacées que l'on ne distingue qu'imparfaitement les sujets qu'elles offraient. Une seule de ces dalles porte encore les armoiries de la famille Jonglez, qui possédait la seigneurie du marais situé à Lestrem. Cette terre qui passa par alliance de cette famille dans celle de Donkel de Cohen , appartient aujourd'hui à M. de Puységur. Dans le mur est enchâssée la pierre sépulcrale de M. Aronio de Fontenelle, qui possédait lui-même le château et la terre de Lestrem. A l'extrémité opposée au chœur se trouve le clocher. Il est formé par une tour surmontée d'une flèche en pierre. La foudre ayant abattu la partie supérieure de cette flèche, on l'a remplacée par un chapiteau en bois recouvert d'ardoises , ce qui produit un singulier effet. St.-Amé , évêque , est le patron de l'église de Lestrem. Ce monument parait remonter à l'année 1422 , d'après une inscription placée au bas de la voûte et en partie cachée par la boiserie existant derrière le maître - autel. Suivant la tradition , l'église aurait succédé à une chapelle, située vers l'entrée du cimetière. Les habitants du village de Lestrem qui , au xu." siècle , dépendaient de l'advouerie de Béthunc , y venaient entendre l'office, l'église n'existant pas alors.
cm. Église de Neuve Chapelle. — Le chœur de cette église se termine en hémicycle. La sacristie est placée à côté , vers le nord , et en avant sur la même ligne on voit l'autel de la Sainte-Vierge. Le clocher qui se trouve près du chœur est soutenu par de forts piliers en grès. Des consoles supportent la corniche. A l'intérieur, on remarque quelques piwres sépulcrales, vis-à-vis l'autel de la Sainte- Vierge ; mais le frottement des pieds a rendu les inscriptions illisibles. L'église de Neuve Chapelle est dédiée à St.-Christophe ".
CIV. Eglise de Sailly-sur-la-Lys. — La construction de cette église remonte , dit-on , au xvi." siècle ; mais on y a fait beaucoup de réparations à une époque postérieure. On voit dans un ancien cueilloir, signé par maître
1 V. Ïj' Annuaire Statistique du département du Pas-de-Calais pour l'an 181*, iii-8.", Arra», 1814, pog. IH.
S Renseignements communiqués pat M. l'abbé Beysière, desservant à Neuve-Chapelle.
Guilain Lebrun, curé de Sailly-sur-la-Lys, en 173G, que cette église ayant été brûlée en 1653, u fut réparée sur tous les biens et même toute la dix- » me (le la paroisse, par octroi accordé par l'archiduc d'Autriche alors » régnant». Ce qui vient confirmer l'exactitude de cette note, c'est le millésime de 1616 qu'on a trouvé gravé sur l'une des poutres en bois récemment supprimées. Le chœur et les chapelles latérales datent de 1626. En démolissant en 1840 un pan de muraille de l'une de ces chapelles , on a découvert, en effet , un certain nombre de médailles ou pièces d'argent , portant les dates de 1622 , 1623 , 1624 , 1625 ct 1626. Un incendie a fait disparaître une tourelle placée au côté droit de l'église. La porte principale par laquelle on y entre est pratiquée dans une tour de style dorique , construite vers la fln du dernier siècle, et placée à l'extrémité de l'édifice. Cette tour, quoique moderne, a des ouvertures en plein cintre; une galerie en pierre la surmonte. A l'inlérieiir , les encadrements des fenêtres sont taillés en cannelures. Avant la révolution de 1793 , ces fenêtres étaient divisées par des montants en pierre; elles offraient dans le haut divers compartiments garnis de vitraux peints qui n'existent plus. La chaire est d'une assez belle sculpture. On rencontre çà et là des pierres sépulcrales ornées d'inscriptions qui font seulement connaître les noms des défunts , leur âge , leur qualité et la date de leur mort. On garde dans celte église un usage ancien qui pourrait être quelque reste d'un pèlerinage contre la peste, ou contre les maladies contagieuses ; on y donne des évangiles de Saint - Roch. Cet usage n'a pu s'établir , dit M. l'abbé Choisy , qu'à l'occasion d'un grand concours de fidèles. Les époques où l'on récite encore ces évangiles sont le 16 août et le lundi de la Kermesse ou Ducasse , fixée au dernier dimanche d'août > .
CV. Église d'Éperlecques ( arrondissement de Sainl-Omer ). — On voit à Éperlecques une église paroissiale et une chapelle de secours dite du Gans-Pette (en français /bsse aux oies ) du nom d'un hameau voisin. Cette chapelle beaucoup trop petite pour la population qui l'environne, n'offre rien de remarquable. Au-dessus de la porte d'entrée sont gravées les inscriptions suivantes :
marLb DonaVIt LVDoVici coLIn caVcheteVr MagIstritV aVgent.
L'église d'Éperlecques a un portail de style ogival. La tour est carrée ; une galerie sculptée à jour règne au bas de la flèche en bois qui surmonte cette tour. On croit que sa construction date de la fin du XIL* siècle. Sur trois de ses faces se trouvent des niches sous lesquelles on voyait probablement des statues de saints. Le travail de ces niches est très -remarquable. L'édifice se termine en hémicycle. Il n'est pas entouré de chapelles. Trois rangs de piliers cylindriques divisent cette église à l'intérieur. La grande nef, qui dans l'origine a dû être plus longue , date aussi , dit-on , du XIL' siècle. Les bas-côtés ont été construits bien postérieurement. Le chœur actuel qui ne remonte guère au-
1 Ri-nseigiiement» communicjur's par M. l'abbé Choi«y, desjervant de Sailly sur-la-Lys.
delà (le 80 ans, était, à ce que Ion rapporte, à la charge du chapitre d'Ypres. Les guerres qui désolèrent le pays à différentes époques auront sans doute été funestes à l'église d'Èperlecques , comme à bien d'autres édifices religieux. Les fenêtres sont les unes en ogive , les autres en cintre. Les vitres de deux de ces fenêtres , voisines du roaître-autel , ont été récemment badigeonnées de couleurs de toute espèce; les murailles et les piliers eux-méraes n'ont pas été épargnés ; on les a recouverts de chaux. Vers le porche de droite on trouve gravée sur une pierre encastrée dans le mur une inscription en flamand dont les caractères sont gothiques. L'escalier de l'orgue et le buffet sont trèsremarquables ; des sculptures gothiques les décorent. Ils furent achetés à la fabrique de l'église de Lederzelle quelques temps avant la Révolution. Deux dalles de marbre, ornées d'attributs funèbres , sont placés dans l'église d'Èperlecques. On lit cette épitaphe sur la première :
Ici reposent J. B. Roels , greffier de la chdtelenie d" Esperlecques
et de la baronnie de Ruminghem
décédé le 17 avril 1755, âgé de 70 ans.
et damoiselle Marie- Anne Decocq , sa femme ,
décédée le. . . . âgée de. . . .
comme aussi plusieurs de leurs enfans décédés.
Voici l'autre épitaphe :
Ici repose le corps de Adriennc Varon
femme en son vivant à Germain Drincqbier ,
bailly d' Esperlecques ,
décédée de ce monde
le 24 février 1760 âgée de 79 ans.
PRIEZ DIEU POm SON AME.
CVL Église de Saint-Denis , à Saint- Orner. — L'église de Saint-Denis, l'une des trois paroisses de la ville de Saint-Omer, est en forme de croix latine. Au-dehors le chœur se termine en hémicycle; aucune chapelle ne l'entoure. L'édifice a été primitivement construit en pierres avec soubassement en grés piqués. On l'a restauré en briques plates du pays. Ses portes sont cintrées et surmontées de frontons. La corniche n'a aucun ornement; elle est portée sur le nu des murs. Des contre-forts soutiennent ces murs. Ceux qui datent de la première construction étaient décorés de couronnes plates recouvertes en cul-de-lampe. La tour placée à l'entrée opposée au chœur est de forme carrée. Le jour y circule par des fenêtres longues , étroites et terminées en cintre , avec moulures au-dessus et sur les côtés. Cette tour est surmontée d'une plateforme ; aux quatre angles sont placés quatre cylindres à pans coupés. Des colonnes ou piliers cylindriques supportent les voûtes de l'église; ces voûtes sont en plein cintre et en charpente. On remarque à la voûte de la nef principale des sculptures représentant la Foi, l'Espérance et la Charité. Les murailles sont couvertes de lambris. Le chœur a des stalles à paneaux avec fleurs sur
les onglets. Quatre bas-reliefs décorent la chaire qui est d'un beau travail.
Plusieurs pierres sépulcrales sur lesquelles sont représentés des hommes, des
femmes et des ecclésiastiques, se voient çà et là sur le pavé de cet édifice.
C'est, dit -on, la plus ancienne des paroisses actuelles de St-Omer. La
chronique porte qu'en 1152 l'église de Saint-Denis devint la proie des flammes,
par suite de l'incendie qui se manifesta à l'abbaye de Saint-Bertin , et qu'elle
fut restaurée deux ans après par l'abbé Léon.
En 1705, la flèche pyramidale placée au-dessus de la tour tomba sur la voûte
de la nef du milieu et la renversa jusqu'à l'entrée du chœur. Cet accident
arriva par suite d'une tempête survenue le 31 décembre de la même année.
La commotion que produisit cette chute ébranla tellement les bas-côtés que
celui du midi s'écroula entièrement; celui du nord tomba en partie. Il ne
resta guère d'intact que le chœur et quelques parties voisines. La restauration
de cet édiflce commencée en 1706 ne fut terminée qu'en 1714 '. Le prince
de Condé , le roi Charles X et le prince royal , ont visité cette église.
t CVIL Eglise de Tatinghem. — Elle est sous l'invocation de Sl-Jacques-
le - Majeur. Sa construction n'offre de remarquable à l'extérieur que les énormes briques qui lui servent de soubassement. La tour placée au bout de l'édifice est terminée par une flèche octogone en bois. Les fenêtres de cette tour, au nombre de quatre , sont en ogives , comme celles de la nef. Il n'existe à l'intérieur ni colonnes ni piliers. On remarque, entre deux fenêtres , du côté de l'évangile une statue de la Sainte-Vierge tenant sur ses genoux le Christ descendu de la croix. Le piédestal qui supporte la Vierge représente un bœuf; ce piédestal servait probablement autrefois de support à une statue de St-Luc. Du côté opposé, et aussi entre deux fenêtres, se trouve une statue de St- Antoine dont le piédestal ofl"re un aigle; c'était sans doute le support d'un St-Jean. Chaque statue a un mètre cinquante centimètres environ de hauteur. Aux deux extrémités du chœur, du côté de la nef, on voit encore à gauche Ste-Anne tenant la vierge Marie entre ses bras et à droite Ste-Catherine. Ces statues sont peintes et ont le bord des vêtements dorés. La chaire est très-belle. Sur le devant on remarque la figure du Bon-Pasteur , puis , à droite et à gauche les bustes de St-Jacques , St-Omer, St-Pierre et St- Berlin. Cette chaire vient du faubourg de Sainte-Croix qui fut détruit lors du siège de Saint-Omer par les Français. On voit plusieurs pierres sépulcrales dans l'édifice. Quelques - unes sont en marbre ; .leurs inscriptions font connaître les noms des personnes à la mémoire desquelles on les plaça dans l'église. On pense que la construction est de 1655. A la ruine du faubourg de Sainte-Croix, il n'y avait, en effet, qu'une chapelle en ce lieu. On y joignit depuis un bâtiment qui servit de chœur. Cette espèce d'églisa , construite à la hâte , dura peu et l'on fut forcé de rebâtir sur le même plan l'édifice actuel. La paroisse de Sainte-Croix fut transférée à Tatinghem pour conserver, dit-
i Renteigoementa comrauniquét par M. l'abbé Chevalier, curé à Saint-Omcr.
on , les privilèges du chapitre de la cathédrale de Saint-Omer et ceux de l'abbaye de Saint-Bertin dont les abbés nommaient à la cure de Langanesse , et le chapitre à la cure de Sainte-Croix. La tour et le chœur étaient entretenus par le chapitre; la nef par les religieux dominicains de Saint Orner et les paroissiens.
Avant la Révolution on venait honorer St-Jacqucs dans cette église. Il s'y trouvait une confrérie du Sacré-Rosaire '.
CVIII. Église de Wismes. — L'église de "Wismes a en tête le chœur auquel viennent se rattacher trois nefs qui forment la partie appelée la basse église. Le chœur se termine au dehors en polygone. Sept fenêtres , de sept mètres environ de hauteur sur trois de largeur, éclairent ce morceau gothique , le plus beau , sans doute , du diocèse , pour une église de village. Chacune de ces fenêtres se laisse apercevoir entre deux contre-forts saillants d'un mètre et demi , s'élevant du sol jusqu'au toit. Vers le milieu de ces contre - forts sont ménagées des niches supportées par des culs-dc-lampe à rosaces, destinés peut-être autrefois à recevoir les statues des Saints-Apôtres. Ces niches ont bien un mètre cinquante centimètres d'élévation. La base des murs du chœur est en cailloux ( silex ) parfaitement taillés. Le bas des contre-forts adhérents au chœur est de granit. Le reste de l'édifice , pour le chœur comme pour la basse église, est composé de pierres blanches taillées. La basse église, qui annonce par sa construction massive une époque fort reculée, n'a rien de régulier. La petite porte de l'édifice autrefois la porte seigneuriale , est moins remarquable. Un beau feuillage chargé de raisins , dans lequel on distingue des cerfs , des lièvres ou lapins , entoure cette porte ; son cintre n'est pas ogival comme celui des fenêtres du chœur. Le clocher se trouve au bas de l'église. Il forme une tour octogone reposant sur trois énormes piliers. Au bas de la galerie ou balustrade règne un gros cordon composé de feuilles , de têtes d'hommes , de bœufs , de lions et d'autres quadrupèdes. Du haut de cette tour s'élance une flèche en pierre, dentelée et à jour, très-svelte et haute de vingt-quatre à vingt-cinq mètres. A l'intérieur, quelques colonnes octogones séparent la nef d'entrée de la nef principale. Trois arcades dont les énormes piliers carrés sont parallèles aux colonnes de la première nef forment la division qui existe entre les deux nefs; une petite dentelure règne aux quatre coins des colonnes faisant face à ces deux nefs. Cette dentelure forme le chapiteau. On distingue au fond du chœur , et dans des niches surmontées de magnifiques dais ou clochetons . les statues de St.-Ândré , patron de la paroisse de St. -Jean, de la Sainte-Vierge et de St.- Étiennc. Trente-neuf stalles , d'environ cinquante centimètres de largeur sur trois mètres de hauteur , sont ménagées dans l'intérieur du mur , tout autour du chœur; ces stalles se divisent en neuf compartiments dont les points de séparation forment de longues colonnes cannelées; les nervures de ces colonnes devaient servir de supports à l'ancienne voûte détruite lors des guerres qui
1 Renseignements communiqués par M. l'abbé Terlatte , desservant de Tatinghem.
désolèrent l'Artois. Chaque stalle se termine en ogive et se trouve couronnée par une magnifique dentelle à jour que surmonte un gros cordon où l'on voit des feuilles de vignes ou d'acanthe , des animaux Tantastiques , des poissons , des jongleurs , etc. Dans l'une de ces stalles , placée près de l'autel , on remarque un beau feuillage à jour où des cerfs semblent se montrer. Ces sculptures gothiques sont vraiment admirables.
L'église de Wismes a pour premier patron St.-André et pour patron secondaire St. -Maxime. « La tradition constante, dit M. Labbé, est que ce dernier a fondé l'église de Wismes. Il vint comme évéquc régionnaire évangéliser le pays au v.'^ siècle , et il mourut à Wismes après avoir élevé une chapelle ou un oratoire sous l'invocation de la Sainte-Vierge et de St.-André. Ses restes furent transportés de Wismes à Thérouannc , vers le x." siècle , pour les soustraire à la fureur des Normands. On conserve à Wismes une relique de St.-Maxime , que l'on vient encore vénérer et qui était en grande réputation avant 89 , quand St.-Maxime passait pour le patron du diocèse de Boulogne. La fôte de ce saint , qui a lieu le vingt-sept novembre , attire à Wismes beaucoup de pèlerins. On l'invoque surtout contre les maux de léte. On voit à Wismes un puits miraculeux dit de St - Maxime ; l'eau limpide et légère de ce puits jaillit avec abondance et fournit seule à tout le village. Notre église, continue M. Labbé, loin des villes et dans un pays de difficile accès, n'a jamais eu l'avantage d'être visitée par des rois ou des reines, des princes ou des princesses. Je me trompe, cependant, l'ancien château seigneurial qui était à la maison de Montmorency, certaines propriétés du voisinage appartenant aux princes de Croy, et plus encore la bataille de Renti livrée à six kilomètres de là , ont pu y diriger quelquefois d'illustres personnages * ».
CIX. Église d'Avesnes-le-Comte ( arrondissement de St.-Pol ). — Cette égUse, selon M. Harbaville, date du xvi.° siècle. Le soubassement des murs extérieurs est fait à compartiments de damier, partie en grès piqués, partie en petits cubes de silex taillés et assemblés. La porte principale, formée par un grand arc ogival qui prend naissance à l'extrémité des piliers de la tour, n'a rien de remarquable. Cette tour est percée latéralement par trois étages de fenêtres : au premier étage les fenêtres sont de forme ogivale ; au second étage elles deviennent circulaires ; au troisième elles sont géminées. La flèche primitive a été détruite par la foudre. Trois panneaux anciennement sculptés se trouvent entre les deux derniers étages. L'escalier est pratiqué dans une tourelle voisine. La porte qui conduit à cet escalier n'a guère plus d'un mètre de hauteur. On pense que le peu d'élévation de cette porte avait pour but de faciliter la défense des habitants qui , en cas de guerre , se retiraient dans la tour de l'église. A l'extérieur, cet édifice est ceint d'une litre ou bandeau noir. Au-dessus, on remarque l'écusson du duc de Levis, sur fond d'or à trois chevrons de sable. On lit cette devise sur le ruban : aide Dieu , au se-
1 Renieignements coiDmunicjués par M, Lahlié , desservant de Wismes.
cond chrétien, Levis. Dix piliers dont quatre sont engagés et six isolés existent à l'intérieur. Ces piliers composés de faisceaux de colonnettes ont été horriblement mutilés et sont maintenant de forme cylindrique. Les chapiteaux des colonnettes conservées , sont ornés de sculptures représentant à un pilier des personnages grotesques, à un autre une tête de mort ou. de bœuf, plus loin des salamandres , etc. Les voûtes de l'église , en ogive , ont des nervures anguleuses qui les divisent en plusieurs travées. Ces nervures se terminent à leur point de jonction par cinq culs-de-lampe sur lesquels sont représentés la naissance de J.-C. et l' Annonciation , l'ange Gabriel et St. -Michel , les quatre évangélistes et un chevalier le dos tourné vers la tête de son cheval. Contre un des piliers de la nef principale se trouve un groupe représentant une scène de l'écriture-sainte. Le confessionnal de l'église d'Avesnes est fort beau; mais ce qui attire surtout les regards, c'est la tribune élégamment bûtie, placée au-dessous de l'arcade qui sépare l'église de la tour; les colonnes qui supportent cette tribune sont ornées de chapiteaux corinthiens d'une riche sculpture '.
ex. Église d'Erin. — Le chœur de l'église d'Érin se termine en pans coupés; cet édifice a été reconstruit en grande partie, en 1777, aux frais des religieux de Blangy; mais la tour est plus ancienne. L'escalier par lequel on y monte est pratiqué dans une tourelle qui tient à la face septentrionale. L'église d'Érin est sous l'invocation de Ste-Marie Madelaine. L'intérieur n'a qu'une seule nef. Il n'y a ni piliers , ni colonnes pour soutenir la voûte. Dans une chapelle particulière , attenante au chœur, se trouve un caveau qui a servi jusqu'à ces derniers temps à la sépulture de plusieurs membres de l'illustre maison de Créquy. On y voit les débris d'un mausolée détruit à la Révolution et les épitaphes suivantes:
Première Épitaphe.
^ ien je ne puis cy bas encor moins ma noblesse O sang des preux Créquy où est ta gentillesse f a parque me a ravy par trop subitement > lors que je sentois l'ardeur de ma jeunesse, ^e me réputois moins en voeul et en hardiesse Oe figurer Roland en mes jours pleinement.
© élaissant mon bon père en triste pensement Wt en très grand ennuy pour parfaire sa lame
^ royez que moy vivant à icelluy sans blasme
^ essemblois en toutz faictz et de ses quatre enfans
testais le moindre alors eagé de quatorze ans
fOuand Atropos m'occist ô viateur terrestre
d oeulle Jésus prier qu'au règne des vivans