‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 156 sur 170 · ET SOUS LA DIRECTION DE · texte numérisé non relu

ET SOUS LA DIRECTION DE

M. P. ROGER, iSlembrt tic la Société "bti J3Vnttquatre0 tu T^xtaxVxt.

« Un grand nombre de cartes routières , administratives , topographiques , ont été partiellement publiées pour les départements de la Somme, de YOise. de V Aisne et du Pas-de-Calais dont le territoire formait autrefois la Picardie et l'Artois. Il manquait une carte historique des deux provinces. Celle qui vient de paraître y a pourvu dans des conditions d'exécution que nous croyons supérieures à tout ce qu'on pouvait espérer.

» La combinaison des tirages rouge et noir a été heureusement appliquée à ce beau travail. L'emploi du rouge a servi à la partie ecclésiastique; les limites des anciens diocèses, l'emplacement des cent cinquante-quatre abbayes que la Picardie et l'Artois renfermaient, sont présentés avec une extrême clar-

té, se détachant de la partie historique gravée eu couleur noire. Ces détails relatifs à l'ancienne délimitation des diocèses et aux abbayes rappellent les cartes du Gallia Christiana et d'autres travaux du même genre publiés dans les xvii." et xYin.*^ siècles par les Bénédictins.

» La partie historique de la carte comprend les limites de , l'Artois ; de l'Amiénois ; du Ponthieu ; du Vermandois ; du Boulonnais ; du Calaisis ; des pays de Guînes et d'Ardres ; du Santerre ; du Beauvoisis ; du Valois ; du Noyonnais ; de la Tiérache ; du Laonnois et du Soissonnais. On y trouve l'emplacement de cinq cents châteaux-forts. Plus de trois cents de ces châteaux ont disparu du sol ; mais les faits historiques auxquels leur existence se rattacha méritaient qu'un souvenir leur fût donné. L'emplacement des champs de bataille n'a point été oublié. On trouve, en parcourant la carte, les noms connus de Testry, Saucourt , Soissons, Crécy, Azincourt, Mons en Vimeu , Lens, Renty, Enguinegatte , Saint-Quentin.... tous ces noms ont été illustrés par de grandes batailles. Les sièges des duchés-pairies sont marqués avec exactitude ; nous en dirons autant des camps romains , et M. Roger , sous la direction duquel la carte s'est exécutée, a été bien inspiré en faisant appel sur ce point aux lumières de M. le comte d'Allonville , ancien préfet de la Somme , dont les savants travaux sur les camps romains ont acquis une autorité incontestée. Les camps romains ont servi à répandre bien des erreurs ; que de gens croient découvrir un camp de César là où quelques retranchements , quelques médailles , quelques débris de poterie sembleraient indiquer un établissement des légions romaines? Il fallait donc un guide sûr pour traiter cette partie délicate, et M. Roger a agi sagement en réclamant le concours de M. le comte d'AUonville.

» Les points essentiels du territoire, les rivières, les forêts principales sont indiqués sur la carte dont nous nous occupons ; et si toutes les communes n'y sont pas, c'est que toutes les communes n'ont pas marqué dans l'histoire. Il faut pour juger cette carte se placer dans ses conditions spéciales. La carte a d'ailleurs beaucoup gagné à ne pas être surchargée de tant de communes, hameaux ou écarts, renseignements excellents pour les études topographiques mais qui , en général , nuisent à la clarté et à la précision. Nous avons cependant reconnu quelques hameaux qui, comme Thiepval ou Rumesnil en Amiénois , n'ont rien d'historique ; la pensée de ne pas laisser sans points de raccordements un espace de territoire trop considérable a dû guider en cela le dessinateur. De bonnes indications historiques ont encore trouvé place dans la carte; nous citerons le célèbre gué de Blanque-Taque que traversa l'armée anglaise deux jours avant la bataille de Crécy , le monument de la Croix- Pèlerine élevé en mémoire d'un pas d'armes célèbre, et le Camp du Drap-d'Or où François I" et Henri VllI eurent une entrevue eu 1520.

» L'encadrement de la carte est d'une grande beauté. Les principaux monuments des deux provinces s'y trouvent reproduits; ils ont été dessinés par MM. Duthoit, frères, et gravés à Paris par MM. Lacoste, père et fils aine, et Hyp. Porret. Voici la désignation de ces monuments : la cathédrale d'Amiens , l'hôtel-de-ville d'Arras , l'ancienne cathédrale de Senlis , l'hôtel-de-ville

de Compiègne, le beffroi de Calais, l'hôtel -de-ville de Saint-Quentin, le château de Ham , la cathédrale de Beauvais , l'église de Saint-Vulfran d'Abbeville, le château de Montreuil, la charmante église de Saint-Riquier, celle de Clermont en Beauvoisis et Saint-Jean-des-Vignes de Soissons. Ces monuments tirés en noir sont rehaussés par un encadrement de couleur rouge dont l'exécution mérite quelques détails. L'auteur de cet encadrement est M. Woillez , membre de la Société des Antiquaires de Picardie, dont le savant crayon est bien connu des archéologues et des artistes des déparlements de l'Oise et de la Somme. M. Woillez a composé son encadrement de détails empruntés à des constructions contemporaines des xv.*^ et xti." siècles et appartenant aux plus beaux monuments religieux de la Picardie. L'ensemble de celte ingénieuse compilation, qu'il était difTicile de bien coordonner, peut donc être considérée comme une sorte de spécimen du style qui dominait alors et que les artistes désignent sous les noms de style flamboyant. Les ornements et arabesques formant l'arcade ou accolade de la partie supérieure ont été pris au portail de la cathédrale de Beauvais , côté du nord ; ce portail fut élevé de 1530 à 1537 pendant le règne de François I". Les parties latérales de l'encadrement reproduisent aussi des morceaux empruntés au même portail : 1." dans le couronnement des armes de Beauvais et de Laon ; 2." dans les arabesques placées au-dessous des écussons de Roye et de Saint- Valéry. — On remarque dans ces mêmes parties plusieurs emprunts faits aux églises de Saint- Vulfran d'Abbeville et de Saint-Riquier; nous citerons pour ce dernier édifice: 1." les festons trilobés des moulures qui avoisinent l'intérieur de la carte; 2." les deux rosaces placées dans la partie inférieure des écussons de Senlis et de Doullens ; 3. " les arabesques de la frise au-dessus de la cathédrale de Senlis. Plusieurs entourages rappellent des arcatures ou ornements tirés de la façade principale de Saint-Vulfran. Enfin , on a réuni dans la partie inférieure plusieurs détails de la chapelle de Rue en Ponthieu et de l'ancienne salle capitulaire de la cathédrale de Beauvais. Les monuments que l'encadrement renferme sont placés dans des arcades dont les formes circulaires ou elliptiques ont tous les caractères des constructions du xv." ou du xvi.*" siècle. Les armes des villes d'Amiens, Beauvais, Abbeville, Laon, etc., sont surmontées de couronnes héraldiques ou d'arcades simulées de forme gracieuse et dans le style de la Renaissance.

» Près des consoles qui supportent l'encadrement on a inscrit , sur quatre tables dyptiques , les noms de ceux qui illustrèrent l'Artois et la Picardie dans le clergé , dans la magistrature , dans les affaires publiques , dans l'art de la guerre', dans les lettres et dans les arts. Les culs-de-lampe des consoles ont servi à rappeler les principales devises et quelques cris de guerre de la noblesse picarde et artésienne. Ces culs-de-lampe sont formés de rosaces encadrées par des festons trilobés ( église de Saint-Riquier ).

» Une vignette placée dans la carte rappelle l'un des plus grands événements du XVI," siècle : la destruction de Théronanne. Au milieu d'armes brisées, de chaînes, d'étendards en lambeaux, de fragments d'anciens édifices, s'élève une pierre sur laquelle l'artiste a gravé le nom de Thérouanne [Tar-

venna), le plan de la ville et la célèbre inscription chronographique DeLetI Morinl, dont les lettres MDLIII forment les chiffres de l'année 1553, époque où Thérouanne fut détruite par l'ordre impitoyable de Charles-Quint.

» Tel est l'aperçu rapide des indications que la carte renferme. L'historien, l'archéologue, le dessinateur, le graveur ont, comme on le voit, rivalisé de zèle et de soins. L'exécution lithographique et celle de la typographie sont dignes d'éloges; elles étaient confiées aux meilleures presses de Paris.

» Si chaque province du royaume avait une carte semblable à celle dont M. Roger vient de doter l'Artois et la Picardie, la réunion de ces cartes, conçues sur un plan dont on chercherait vainement ailleurs l'équivalent, ne constituerait-elle pas une oeuvre historique dont les lettres et les arts pourraient à juste titre s'enorgueillir? » H.... C...

REVUE

HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE

DES ÉGLISES DE PrCARDIE ET D'ARTOIS.

4/ ARTICL.E. — DlOCÈ«»E D%4RRAS '.

Sur les bienveillantes recommandations de S. E. Mgr. le cardinal évéque d'Arras, M. l'abbé Terninck, secrétaire-général de l'évêché, a pris soin de nous faire parvenir de nouveaux renseignements relatifs aux églises du diocèse d'Arras. Nous allons reproduire ce qu'ils offrent d'intéressant pour l'archéologie et l'histoire.

CXIIL Église de Baralle (arrondissement d'Arras. ) — L'église de Baralle, placée sous l'invocation de Saint -Georges, a été reconstruite en 1786, au moyen d'une somme de cent louis d'or que M. Ile de Nédonchel avança aux habitants du village. Vendue pendant la tourmente révolutionnaire, cette église ne dut sa conservation qu'au courageux dévouement de deux charpentiers , Joseph et Berlin Savary. Déjà on avait dressé des échelles pour découvrir le tott et en arracher le plomb, lorsque, par une belle nuit, ces deux hommes se mirent en devoir de scier les échelles et de raccourcir à coups de hache les câbles attachés au clocher pour le renverser. Ce trait de hardiesse détermina la commune à racheter l'édifice, et c'est ainsi qu'il est

1 Voyïï pngf 575.

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resté debout. On y remarque un tableau de Sic - Anne qui n'est pas sans mérite, au dire des connaisseurs *.

CXIV. Église d'Écoitst-Saint-Mein. — La tradition locale fait remonter la construction de cette église au xti.« siècle. Son architecture est fort élégante et indique le style gothique fleuri *. Le chapitre d'Arras avait donné une verrière à cette église en 1645. Ses armoiries étaient représentées au bas ; elle fut détruite, en 1793, avec les autres vitraux peints qui décoraient ce monument religieux. Les contre-forts ou piliers buttants extérieurs, sont d'une grande richesse. On y remarque surtout les sculptures des niches destinées à recevoir des statues de saints. La tour, placée à l'extrémité de l'édifice, a conservé aux quatre angles des restes d'encorbellement sur lesquels on avait ménagé de petites guérites pour abriter les sentinelles chargées, en temps de guerre , d'observer les mouvements de l'ennemi. On conserve dans l'église d'Écoust un tableau sur bois donné par Jean Therri , écuyer, lieutenant-général de la baronnie de Croisilles, pour rappeler à la postérité que la foudre tomba, le 25 juillet 1623, sur la chapelle de Saint Mein, patron de la paroisse , où elle brisa plusieurs objets d'art et brûla la nappe d'autel. L'église d'Écoust fut démolie en partie en 1793. M. Lemoine , propriétaire , ayant racheté la tour et les murs latéraux, qui seuls étaient restés debout, en fit don à la commune en 1822. Les habitants s'imposèrent alors une contribution de 16,000 fr. qui servit à abriter ces ruines et à construire un plafond horizontal pour tenir lieu de voûtes ".

CXV. Église de Gouy-en- Artois. — Quoique moderne, l'église de Gouy est remarquable par la délicatesse de sa structure, l'élégance de ses piliers et la beauté de la boiserie du chœur. Elle possède plusieurs reliquaires qui lui ont été donnés par la famille des comtes de Diesbach. Trois de ces reliquaires sont en argent , un autre en ivoire. Ils renferment des reliques de St. -François de Salles, de Ste-Jeanne de Chantai, de St. -Quentin, àe St.-Clément, de St.-Nicolas, de St.-Silvestre , de St.-Maurtce , etc.

L'authenticité de ces reliques a été constatée en 1841 par Son Éminence Mgr. le cardinal de la Tour d' Auvergne-Lauraguais , évéque d'Arras.

Au bas du marche - pied du maître autel , est l'épitaphe à demi effacée d'Alexandre de Cardevac de Gouy d'Havrincourt, évoque de Perpignan , mort en 1733, après 40 ans d'épiscopat.

D'autres pierres sépulcrales , consacrées aussi à la mémoire de plusieurs seigneurs de la maison de Cardevac d'Havrincourt, sont placées au milieu du chœar et près de l'autel de la Ste-Vierge *.

1 Renscignementa communiqués par M. l'abbé Carlier , dcaiervant de Barallr.

! Mémorial historique et archéologique du département du Pas-de-Calais , par M. Harhnville, tom. I , page tOO.

ô Renteiguementa communiqués par M. l'abbé Parenty, chanoine à Arras.

\ Id. par M. l'abbé Cabocbe, desservant de Gouy-en-Artoii.

CXVI. Église (THaucourt. — Les Français ayant brûlé cette église, pendant les guerres avec l'Espagne, elle fut reconstruite en 1652. C'est un édifice en forme de croix grecque dont les voûtes sont soutenues par deux rangs de piliers ronds. La tour est au-dessus delà porte d'entrée. St.- Aubert, évéque d'Arras et de Cambrai, naquit à Haucourt, au commencement du vn.'' siècle '.

CXVIL Église d'Hébuterne, — L'église d'Hébuterne peut être mise au nombre des belles églises de campagne. Sa flèche en briques, qui a plus de vingt-cinq mètres de hauteur , attire les regards ; elle passe pour un des plus curieux ouvrages de maçonnerie du commencement du xviii."' siècle.

CXVin. Église d'Inchy. — Le portail de cette église est orné de colonnes, au-dessus desquelles on aperçoit les débris d'une énorme tête de mort. Au xni." siècle, les Chrétiens rappelaient à l'homme sa fin dernière par la représentation du jugement général qu'ils plaçaient dans le tympan' du principal porche des cathédrales. Dans le xvni.'' siècle , époque où fut construite l'église d'Inchy, on se contentait de figurer des ossements ou une tête de mort au haut du portail de certaines églises de village , pour donner aux fidèles la même leçon de morale religieuse. De là, sans doute, est venu l'étrange emblème qu'on remarque au-dessus de la porte de l'église d'Inchy. Les fonts de cette église sont en grès et remontent à 1555. La chaire est ornée de sculptures représentant les Vertus Théologales , les quatre Évangélistes et le bon Pasteur *.

CXIX. Église d' Izel-lez-ÉquercMn. — Cette église a deux patrons : Ste- Barbe est la patronne primaire ; les habitants reconnaissent St.-Martin pour second patron. Quelques anciens fermiers de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras sont inhumés dans cette église.

Le maître - autel est décoré d'un tableau assez estimé , représentant la Transfiguration ••

CXX. Églises de Mont-Saint-Eloy et d'Écoivres. — L'église de Mont- Saint-Éloy est l'ancienne chapelle paroissiale qui existait à l'époque où l'abbaye de ce nom fut détruite ( moins les deux tours ) au grand regret des amis de nos antiquités nationales. Cette chapelle, qui forme un carré long, était desservie par un religieux de l'abbaye. Quant à l'église d'Écoivres , elle n'a de remarquable que son ancien clocher en pierre , orné de têtes de moine et de sangliers, en relief. Ces singuliers ornements rappellent, suivant une tradition populaire , le défrichement du pays par les moines de Saint-Éloy •♦.

CXXI. Eglise de Neuville - Saint - Yaast, — La tour de cette église est

1 Rt-nseignements communiqui's par M. l'abbé Pietré, desservant à Haucour».

4 Id. pat M. l'abbé Delval , desservant à Inchy.

3 Id. par M. l'ablié Baquet , desservant à Yzel-lez-EqiierchiD •

A Id. par M. l'abbé De])ret , desservant à Moiit-St-Éloy.

surmontée d'un dôme superbe. A l'intérieur , on remarque un bon tableau représentant J.-C. au jardin des Oliviers. Un docteur de Sorbonne , nommé Hespelle , rapporta ce tableau de Paris , au moment de la Révolution , afln de le soustraire au vandalisme.

CXXII. Église d'Oisy. — Cette église est construite en grès. Les fonts, selon un ancien usage , sont incrustés dans le mur voisin. On dit que l'église d'Oisy a été bûtie par les Espagnols. On s'y rend en pèlerinage le lundi de la Pentecôte , pour invoquer St. - Druon. Une procession solennelle a lieu chaque année à l'occasion de ce pèlerinage.

CXXIII. Église de Wancourt. — L'église de Wancourt ne remonte pas à une époque bien reculée. Elle fut reconstruite en 1777 et offre tous les caractères de l'ordre toscan. Près de ce monument, on voyait autrefois le monastère des dames Bernardines , fondé par Eustache de Montmorency , en 1227. Ce seigneur, étant à la chasse, courait risque de perdre la vie au milieu des marais, lorsqu'il fit voeu de bâtir un monastère, s'il échappait au danger. Sorti sain et sauf de ce mauvais pas il fit bientôt construire en ce lieu un couvent appelé l'Abbaye du Vivier. Avant la Révolution , un pèlerinage assez célèbre avait lieu dans les environs. On y venait puiser de l'eau à la fontaine consacrée à St.-Aulbote et qu'on voit encore. Cette eau est regardée comme très-efficace pour la guérison de la fièvre '.

CXXIV. Église d'Ames ( arrondissement de Béthune ). — Comme dans beaucoup d'églises, la tour de celle d'Ames était devenue une véritable forteresse pendant les guerres désastreuses qui désolèrent la France. On y remarque encore des créneaux, des meurtrières et dans l'intérieur, des cheminées pour chauffer la garde pendant les grands froids. Les gargouilles représentent des têtes de lion, de singe, d'ours, etc. La construction de l'église d'Ames remonte , dit-on , au -delà du xi.' siècle. On fit de grandes réparations à cette église en 1660 , après le départ d'une bande de Calvinistes qui la pillèrent et saccagèrent. On voit par un registre de la fabrique que la duchesse de Parme , son frère Philippe , roi d'Espagne , un évéque d'Arras et un abbé de Ham, contribuèrent à réparer le désastre. Une confrérie de St.-Sébastien existait jadis dans cette église*.

CXXV. Église de Choques. — On ne saurait préciser l'époque de la construction de l'église de Choques. Elle fut brûlée en 1813 et rebâtie presque en totalité en 1815. Une reconstruction partielle a encore eu lieu en 184-2. Cette église est sous l'invocation de la Ste-Vierge. Quelques tableaux assez estimés la décorent.

CXXVL Église de Courrières. — Cette église a trois nefs. Une superbe boiserie en chêne garnit ses murs à l'intérieur. Les confessionnaux , au nom-

1 Renseignements communiqués pat M. î'abbé Moi, desservant à Wancourt. S Id. par M. l'abbé Allart , desservant à A.mes.

bre de quatre et la balustrade , qui occupe toute la largeur de l'église vers le chœur, sont parfaitement sculptés. Deux grandes dalles armoriées recouvrent la sépulture de plusieurs membres de la famille d'Ongnies, anciens seigneurs de Courrières. Au fend du bas-côté droit, on remarque le magnifique tombeau en marbre et en pierre de Jean de Montmorency, gouverneur de Lille, Douai et Orchies, chevalier de la Toison-d'Or, mort en 1563. Ce seigneur fit rebâtir l'église de Courrières, avec les dons de Charles-Quint, vers l'an 1532. On lit cette curieuse inscription sur le mur de la tour de l'église , à gauche du grand portail :

LAN MDLVIII , LE 11 MAI , LE ROI PHILIPPE A DISNKZ A COVRIERE , An LOGIS HESSIRE JEAN DE MONTMORENCI , CHEVALIER DE LORDRE *.

CXXVIL Église d'Houdain. — La tradition veut que cet édifice religieui occupe l'emplacement d'un temple de Diane qui aurait existé à Houdain, sous la domination romaine *. La principale porte d'entrée est surmontée d'un bas-relief représentant la Résurrection du Christ, Les rampants du pignon du grand portail offrent plusieurs animaux , entre autres des singes mangeant des fruits. La chaire de l'église d'Houdain est assez remarquable. Le bas repose sur la statue de Notre Seigneur vêtu d'une longue robe et tenant de la main gauche un calice d'où sort une hostie. L'abat - voix a la forme d'une écaille de mer ^.

CXXVIII. Église de Lillers. — Lillers ne possède qu'une seule église , autrefois collégiale composée d'un doyen et de dix canonicats. Celte église fut fondée en 1043 , par un ancien seigneur de Lillers ; elle est placée sous le vocable de St.-Omer. Les corniches en plate-bandes ofl'rent des sculptures bizarres. Une tour carrée surmonte l'édifice ; le bas de cette tour et l'escalier en pierre qui s'y trouve pratiqué, paraissent seuls de vieille date. Le portail présente en quelques endroits des restes du style roman , tels que des corbeaux grimaçants, des zigzags, etc. Des piliers cylindriques et d'autres en faisceaux supportent les arcs ogives des diverses travées qui séparent les bas-côtés de la nef. Une porte, aujourd'hui murée, ouverte dans le transept nord et qui donnait sans doute sur la cour des anciens chanoines , est la partie la plus ornée de l'église de Lillers. Ses archivoltes , à voussures multipliées et en plein cintre , offrent un double zigzag, plusieurs moulures concentriques et une série de billettes allongées d'un très - bel effet. Celle église a subi plusieurs réparations maladroites en 1723 et 1821. On y remarque un très-ancien Christ qui a quelque ressemblance avec les statues du xii." siècle , aux formes raides et allongées.

Suivant la légende, lors de la révolte des Pays-Bas contre Piiilippe II, roi d'Espagne , un soldat huguenot , ayant tiré un coup d'arquebuse contre ce

1 Renseignements communiqués par M. l'abbi Guilhert, desserrant à Courrières.

S Mémorial du Pas-de-Calais par M. Haibavi]le , t. I p. 331.

3 Renseignements communiqués par M. l'abbé Eversin , curé-doyen d'Houdain.

Christ, le sang jaillit aussitôt par l'ouverture que la balle avait faite. On montre encore aujourd'hui la tête bien caractérisée d'une cheville que l'on prétend boucher la plaie faite par cette balle, au côté droit de la sainte image. Le peuple l'avait jadis en grande vénération ; il l'appelait le Christ des cinq cents miracles *.

CXXIX. Église de La Couture. — Cet édifice, construit à l'extérieur en grès équarris, a une corniche en pierre bien remarquable. Sur la partie circulaire d'une moulure en forme de cavet, on voit une série non interrompue de sculptures représentant, dit-on, les principaux traits de l'Ancien et du Nouveau Testament, entremêlés d'animaux fantastiques et de monstres marins. Un porche se trouve près de l'ancien portail. Ce porche , dont l'arc d'ouverture affecte la forme ogivale , est bordé d'une nervure ornée de distance en distance de figures bizarres et terminé par une espèce de dais pyramidal couvert de touffes de feuilles. On voit à l'intérieur, contre les murs du chœur, quatre petites tourelles sculptées à jour. Les fenêtres étaient autrefois garnies de vitraux peints. Ceux qui ont échappé au vandalisme représentent des bustes et des figures en pied de saints et de rois, le Jugement général, etc. La date de 1530 se trouve au bas de l'un de ces vitraux. L'église de La Couture est placée sous l'invocation de St.-Pierre ; les villageois des environs s'y rendent en grand nombre le jour et pendant l'octave de la fête de cet apôtre •.

CXXX. Église de Loison. — Cette église n'a qu'une simple nef. Le chœur se termine en demi-hexagone. Une petite tour carrée, placée à l'entrée, lui sert de clocher. On remarque dans l'église, plusieurs pierres tumulaires, rapportées de l'abbaye des religieuses bénédictines d'Annoy , mais elles sont tellement mutilées qu'on peut à peine distinguer quelques traces des figures et des inscriptions qui les décoraient '.

CXXXI. Église de Nœux. — L'église de Nœux est un édifice moderne ; nous n'en ferions même pas mention, si son clocher ne rappelait le souvenir d'une sanglante catastrophe dont l'ancienne tour de cette église fut le théâtre. Pendant les guerres du Hanovre, en 1709 ou 1713, après la prise de Lille, Louis XIV n'ayant pu obtenir la paix à des conditions honorables se vit obligé de continuer les hostilités. Les Confédérés, parmi lesquels se trouvaient des Anglais , des Hessois et des Hanovriens, prirent Douai , Béthune et Saint- Venant. Au moment où ils passaient à Nœux, les Français les attaquèrent; mais forcés de battre en retraite, ils se retranchèrent dans la tour de l'église élevée de plus de 80 pieds , d'où ils tirèrent sur eux. Aussitôt , le général ennemi donna l'ordre de cerner l'église , d'enfoncer la porte et de mettre le feu à la tour. Tous ceux qui s'y trouvaient périrent dans l'incendie ; les cinq

1 Renseignements communiqués par M. l'abbé Beghin , curé-doyen de Lillers.

2 Id. par M. l'abbé Delassus, desservant à ha. Coulure.

3 Id. par M. l'abbé Delory , desserrant à Loison.

cloches qu'elle contenait furent fondues et on détruisit la tour de fond en comble ^

CXXXII. Église de Rely. — Douze contre-forts adhérents aux murailles soutiennent les murs de l'église de Rely. Une belle tour carrée, surmontée d'une flèche en bois , s'élève au-dessus du toit de ce monument. Les fonts sont anciens. On y voit un tableau représentant l'Adoration des Mages qu'on croit avoir quelque mérite, mais auquel nous préférons les deux anciens reliquaires en bois doré que possède cette église. Avant la Révolution, il y avait une confrérie du Mont-Carmel ; sa fête se célébrait le troisième dimanche de juillet *.

CXXXIII. Église d'Audrehem ( arrondissement de Sainl-Omer ). — L'église d'Audrehem est en forme de croix latine. Les piliers qui supportent les voûtes du chœur et du sanctuaire sont à huit pans. Ces voûtes, de forme ogivale, ofl'rent à leur point de jonction un Agneau Pascal, une Rosace ou des Armoiries. Tout annonce que la construction de l'église d'Audrehem remonte au xvi." siècle ; mais on ne possède aucun document historique qui la concerne. Il s'y fait un pèlerinage peu fréquenté en l'honneur de St.-Maxime ^

CXXXIV. Église d'Audruick. — L'édifice est en forme de carré long , construit en briques et soutenu à l'extérieur par des contre-forts. Des sculptures représentant les quatre Évangélistes ornent la chaire à prêcher. Les fonts semblent assez anciens ; la cuve est en marbre , le pied en pierre. Plusieurs épitaphes, devenues illisibles, sont placées sur le pavé de l'église dédiée à St.-Martin de Tours et qui fut , dit-on, reconstruite en 1696 *.

CXXXV. Église de Fléchin. — La principale église de Fléchin n'a qu'une nef, et son chœur se termine en hémicycle. La tour qui paraît beaucoup plus ancienne que l'église est d'un style tout différent. On y remarque d'abord deux cordons unis , puis un autre plus saillant porté par de petites pierres carrées et terminé par des arcades et des figures grimaçantes. Les statues qui décoraient les archivoltes des portes ont été brisées pendant la Révolution. Le vandalisme n'a pas mieux respecté les vitraux peints qui ornaient les fenêtres à l'intérieur. Les voûtes de l'église de Fléchin sont surtout remarquables; on y distingue différents noms peu lisibles et plusieurs dates , telles que celles de 1534 , 1613 et 1677. Les stalles sont bien sculptées , mais recouvertes d'une peinture grossière qui nuit à leur mérite. On se rend en pèlerinage dans cette église pendant le mois de janvier et à la St. - Jean. Les pèlerins invoquent St.-Antoine pour la conservation ou la guérison de leurs porcs. Plusieurs de ces pèlerins se munissent d'un morceau de pain qu'ils font toucher religieuse-

f Renseignements coni m i! niques pat M. l'abbé FoiiquencUe , desservant à Nœux-lez-Béthune.

2 Id. par M. l'abbé Danel , desservant à Rely.

5 Id. par M. l'abbé Brebion.

4 Id. par M. l'abbé Dewentre, curé-doyen d'Audruick.

ment à la statue du saint, pour le mêler ensuite au breuvage de leurs bestiaux malades ^

Dans l'église de Boncourt , (annexe de Fléchin) , on voit une grande pierre bleue qui recouvre probablement les restes d'un ancien chevalier. Sur cette cette espèce de mosaïque se trouve tracée la Ggure d'un guerrier , revêtu de son armure. L'inscription qui l'entoure est assez difficile à lire, les caractères se trouvent presque effacés.

CXXXVI. Église de Landrethun. — Cette église est très-ancienne, et la science des antiquaires, s'est dit-on trouvée jusqu'à ce jour en défaut pour découvrir son origine. Le chœur se termine au dehors en hémicycle; ses fenêtres sont cintrées. La basse-église n'a point de voûte; mais le chœur, qui est moins ancien, en possède une en pierre dont les nervures sont ornées de culs-delampe, à leur point de jonction. La porte n'a qu'une seule ouverture cintrée. La tour, placée sur le chœur, est carrée et n'offre plus que les traces de l'escalier. L'église de Landrethun a pour patron St. -Martin de Tours.

CXXXVn. Église de Nielles-lez-Ardres. — L'église de Nielles est en forme de croix latine. En certains endroits de ses murs , on remarque des portions en petites pierres carrées et aussi, de place en place, des assises de grandes briques plates. Une tour hexagone, surmontée d'une flèche en pierre, s'élève près du chœur. Deux rangs de piliers ou colonnes surmontent les voûtes de l'édiflce. Les chapiteaux de ces colonnes sont ornés de sculptures représentant des hommes , des animaux et des feuillages. Plusieurs grandes dalles en pierre sont placées dans cette église. Nous regrettons que M. le desservant de Nielles, à qui l'on doit ces renseignements, ne nous ait pas fait connaître les inscriptions de ces dalles.

CXXXVin. Église de Nordausque. — Cette église se compose d'une tour massive contre laquelle on a adossé un chœur et une nef sans bas-côtés. La tour supporte une belle flèche qui , de loin , ajoute un agréable coup-d'œil au beau paysage qu'offre le pays voisin. Mais le voyageur qui se détournerait de la route , guidé par ce phare , serait étrangement trompé s'il croyait trouver là un édifice majestueux; l'église de Nordausque ne présente en effet qu'un amas de décombres et de ruines ; on voit que la guerre a exercé ses ravages sur ce monument»; il. fut pillé et saccagé par les Français en 1595.

CXXXIX. Eglise de Saint-Folquin. — L'église de Saint-Folquin a deux nefs de même longueur , de même largeur et de même hauteur , formant un carré long, divisé par un rang de colonnes. Quatre ancres, placées contre l'un des pignons, portent les chiffres de 1663; c'est probablement la date de la

1 Cette étrange coutume a lieu dans plusieurs églises du diocèse d'Amiens. Voy. le» Lettres sur le D'^partement de la Somme , par M. Dusevel , in-S.® Amiens 1840.

3 Renseignements communiqués par M. Labhé Rioême , desservant à Nordausque.

construction de cette partie du monument. A l'intérieur, on remarque audessus de l'autel , la statue de Saint-Folquin auquel celte église est dédiée. Un buste en bois doré contient quelques reliques de ce saint évêque. Le tableau du maître-autel représente l'Assomption de la Ste-Vierge , et n'est pas sans mérite. Les fonts sont anciens et en marbre ' .

CXL. Eglise d'Upen d'aval. — Cette église est construite en pierres tendres. Au-dessus de la porte on remarque une pierre carrée , saillante et propre à recevoir une inscription. On entre immédiatement dans l'intérieur en passant sous le clocher. Près de la porte , on voit une grande dalle dont l'inscription est effacée. Sous le chœur on trouve un caveau qui servait de sépulture avant la révolution aux membres de la famille Taviel. Cette famille possédait alors la seigneurie d'Aval. Une pierre gravée et incrustée dans la flèche porte que le clocher fut terminé en 1720; le chœur a été reconstruit en 1835 et 1836 ».

CXLL Eglise d'Anvin (arrondissement de Saint-Pol). — L'église d' Anvin ne se compose plus que de la nef et du chœur. Elle avait autrefois des bas-côtés qu'on supprima à une époque déjà assez reculée. Une tour , remarquable par sa belle simplicité, est placée au côté méridional du chœur; cette tour n'est éclairée que par des espèces de lucarnes qui ressemblent à de véritables meurtrières. La porte d'entrée existant à l'extrémité de la nef fixe les regards par ses ornements. Elle est surmontée d'une ogive élégante dont une colonnette légère supporte les moulures. On voit, dans l'intérieur de cette église, une pierre tumulaire sur laquelle on lit cette inscription:

Ici repose le corps de....

Marie de Guelque de Laronville ,

En son vivant veuve de Jean-Louis Haweel , escuyer, seigneur dudit Laronville,

Et femme au sieur Frédéricq de Musnier, seigneur de Scloncourt,

Laquelle est décédée le 6 d'avril 1708=

Priez Dieu pour le repos de son âme.

La charpente de la nef est de 1564. Le chœur de style ogival a des voûtes à nervures anguleuses qui reposent les unes sur des colonnes simples , les autres sur des faisceaux de colonnettes. Les fûts de ces colonnes et colonnettes sont ornés de cannelures torses ou en zig zag. Les sculptures qui décorent leurs chapiteaux représentent des ceps de vigne, des lapins et des lièvres qui se battent*.

GXLIL Eglise de Bailleul - lez - Pernes. — L'origine de cette église parait remonter au xn.° siècle. On croit que les sires de Saint-Martin ont d'abord fait bâtir en cet endroit une chapelle ou un oratoire auquel les comtes

I Renseignements communiqués par M. l'abbé Dewevrc , desservant à Sl-Folquin. S Id. par H. l'abbé Dubois, desservant aux Upen.

5 IJ. par H. l'abbé Bloquez, desservant à Ânvin.

de Bailleul ajoutèrent plus tard , c'est-à-dire dans le xvi.' siècle et le commencement du xTii/, les différentes parties dont se compose aujourd'hui ce monument. Il forme la croix latine, et le chœur se termine au-dehors en hémicycle brisé. Deux chapelles latérales tiennent lieu de transept. On voit sur les rosaces des voûtes du chœur et du sanctuaire les armes des comtes de Bailleul, des anges, des calices et des étoiles. Au-dessus du lutrin et sous une niche , se trouve une petite statue de St.-François d'Assise ; deux autres statues en albâtre, représentant l'une St. -Orner , l'autre Ste-Claire, sont placées dans celte église. On y remarque plusieurs pierres tumulaires , au pied de l'autel , au bas du chœur et dans la chapelle du Rosaire * .

GXLIII. Eglise de Camblain - l'Abbé. — Selon M. Harbaville, cette église remonterait à l'an 1404 *. La tour placée à l'entrée de l'édiflce est carrée; une belle flèche en pierre, de forme octogone, la surmonte. Au pied se trouve une galerie dont les sculptures ne sont pas sans élégance. La corniche qui règne à l'intérieur est formée de pièces de bois sculptées, offrant des guirlandes, des têtes d'hommes et de femmes, etc.

CXLIV. Eglise de La Comté. — L'église de La Comté a trois nefs ; elle est élevée sur une belle fondation en grès. On voit à l'intérieur deux rangs de colonnes. Il y a trois sortes de fenêtres dans cette église; celles du chœur se terminent carrément; celles du bas - côté droit sont en ogive ; celles du bas - côté gauche unissent en cintre. Les stalles sont sculptées. Une des dalles de marbre servant de pavé est surmontée d'une couronne avec fleurs de lis; quatre écussons se trouvent au bas. La tour date dit-on du xii."= siècle; c'est la partie la plus ancienne de l'édifice. La nef de droite remonte à l'an 1575; celle de gauche est de 1708. Le chœur n'a été reconstruit qu'en 1785, par les soins des moines de l'abbaye du Mont-Saint- Éloy '.

CXLV. Eglise de La Thieuloye.— Cette église, en forme de croix grecque, est placée sous l'invocation de la Ste-Vierge. Elle parait dater de la Renaissance. A l'extrémité de l'édifice , on remarque une tour ronde sans escalier. Plusieurs miracles ont eu lieu, dit-on, dans l'église de La Thieuloye, par l'intercession de la Ste-Vierge qu'on y révère sous le nom de N.-D. du Mont- Séra. L'autel où l'on voit sa statue était autrefois l'objet d'un pieux pèlerinage *.

CXLVI. Eglise de Lignereuil. — On croit que la nef de cette église remonte au xv!."- siècle. Le chœur fut bâti en 1707 , aux frais de l'abbaye du Mont-Saint-Éloy. Le portail est précédé d'un petit porche. On remarque dans cette église la pierre sépulcrale de M. de Gomicourt , grand d'Espagne ,

1 Renseignements comtnuniquét par M. l'abbé Lebel, desservant & Bailleut-lez-Pemes. i Mémorial historique et archéologique du départemeut du Pas-de-Calais, t. II pag. 362. r> Renseignements communiques pur M. Cazier, desservant à La Comté. 4 ïd. par M. l'al)t)é Poulain, desservant à La Thieuloye.

dont la famille possédait la terre de Lignereuil. Il n'y a point de pèlerinage

dans cette commune ; mais il en existe un très-suivi à Givenchy-le-Noble ,

annexe de Lignereuil. On y vient en foule invoquer Ste - Brigide, le 1/' février '.

CXLVII. Eglise de Lisbourg. — L'église de Lisbourg est un édiflce long, uniforme et sans chapelle. La nef remonte à l'an 1602, date qui se lit à la voûte. Le chœur est beaucoup plus ancien. On ne saurait préciser l'époque de sa construction. La chaire offre quelques sculptures. L'église de Lisbourg a adopté St.-Omer pour patron , depuis le miracle qui s'accomplit en ce lieu lors de la translation des reliques du saint, le 8 juin 843. La source de la Lys est à deux cents pas de l'église; cette source présente cette singularité, dit M. Harbaville, que ses eaux s'agitent et se troublent à l'approche des mauvais temps et déposent leur limon lorsque l'atmosphère n'est plus chargée de vapeurs.

CXLVIIL Eglise de Rebreuviette. — On voyait autrefois à l'extérieur de cette église et autour du chœur des statues en pierre qu'une main vandale à enlevées, à l'époque de la Révolution. Quelques débris de vitraux coloriés qu'on remarque encore çà et là dans cette église font regretter la perte de ceux qui la décoraient jadis. La voûte du chœur était en ogive ; ses arrêtes à nervures saillantes se terminaient par de belles rosaces; aujourd'hui un plancher plat , du plus triste aspect , a remplacé cette voûte. Les murailles du chœur sont soutenues par des contre-forts décorés de niches d'un très-beau travail. On voit encore gravé sur la tour, au-dessus de la porte d'entrée , ce remarquable aveu qu'il serait peut-être bon de rappeler à certains philosophes de nos jours :

Le Peuple Français reconnaît l'existence de l'Être Suprême , Et l'immortalité de l'âme ".

CXLIX. Eglise de Sachin. — Le chœur de l'église de Sachin se termine carrément sans chapelle. Une arcade ogivale sépare ce chœur de la nef. St. -Jean-Baptiste est le patron de cette église. On s'y rend en pèlerinage le 24 juin , jour de la fête du saint Précurseur. Une procession solennelle suit ce pèlerinage ^.

CL. Eglise de Wail. — On remarque à l'entrée de cette église un bénitier fixé dans la muraille et qui se compose d'un grès énorme de deux pieds carrés sur dix pieds d'épaisseur. Ce bénitier, fort bien taillé, vient de l'ancien couvent des Récollets de Wail qui a été presque entièrement démoli; il porte sur une de ses faces la date de 1609 *.

CLI. Eglise de Warluzel. — L'église de Warluzel , construite en pierres ,

1 Renseignements communiquét par M. l'abhé Martin, desservant à Lignereuil.

2 Id. par M. l'abbé Delmotte, desservant à Rebreuviette. S Id. par M. l'abbé Debret, desservant à Sachin.

4 Id. par M. l'abbé Feroux , desservant à Wail.

au milieu du xtoi.'' siècle , a remplacé une autre église beaucoup plus grande et dont l'entretien était devenu très-dispendieux. Elle n'a ni piliers ni colonnes. Sa voûte est cintrée et en bois. Une dalle en marbre avec inscription , rappelle la mémoire d'un ancien curé de la paroisse.

CLII. Eglise de Willeman. — Cette église est en forme de croix. Le chœur se termine en hémicycle. A l'entrée et à gauche se trouve la chapelle seigneuriale. Une table de marbre , sur laquelle sont gravés les armes et le nom du seigneur de Willeman , est incrustée dans la muraille. On lit aussi cette inscription sur une pierre placée dans la maçonnerie , à l'extérieur :

Claude Caudron, année 1592.

D'autres pierres portent ces dates: 1563—1592.

Le portail est en ogive et orné de rosaces. Un pilier en grès divise les deux ouvertures qui s'y trouvent. La tour fixe l'attention. C'est la plus belle partie de l'édifice. Plusieurs piliers la soutiennent ; des tourelles , des niches et des feuillages la décorent en divers endroits. L'église de Willeman a St - Sulpice pour patron. Un pèlerinage s'y faisait autrefois en l'honneur de ce saint; il avait lieu au 17 janvier et au 28 mai. Ce pèlerinage est aujourd'hui peu suivi *.

En terminant ici notre iJevwe des Eglises du diocèse d'Ârras , qu'il nous soit permis d'exprimer de nouveau notre vive reconnaissance à S. E. Mgr. le cardinal évéque d'Arras, à M. l'abbé Terninck, secrétaire-général de l'évêché, et à M. le baron de Hauteclocque , ancien maire d'Arras. L'empressement et la bonté qu'ils ont mis à nous procurer les indications qui nous étaient nécessaires ont facilité la tâche laborieuse que nous nous étions imposée.

P. ROGER. H. DUSEVEL.

1 Renseignement» communiqués pat M. l'abbé Anssart, desservant à Willeman.

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