‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 161 sur 170 · ET RÉCEPTION DE SIGISMOND, ARCHIDUC D'AUTRICHE, EN · texte numérisé non relu

ET RÉCEPTION DE SIGISMOND, ARCHIDUC D'AUTRICHE, EN

ucuNE époque de l'histoire d'Artois n'offre plus d'intérêt pour nous que le temps de la domination de la maison de Bourgogne. Quels hommes, en effet, méritèrent mieux du pays que ces princes auxquels tout artésien instruit voue un respect traditionnel? C'est qu'ils furent grands et généreux, favorisèrent le développement de l'industrie, nous ouvrirent les débouchés d'un immense commerce, protégèrent les arts , accrurent nos franchises. Ces éloges, un rapide aperçu les justifiera. Philippe -le-Hardi , le premier de cette noble famille , dota la ville d'une halle aux draps , encouragea les corporations industrielles, obtint du roi la remise d'une rente de 1,000 livres, somme énorme pour le temps et bien onéreuse pour la commune.

Son fils, Jean-sans-Peur, donna à l'institution communale un caractère démocratique, en rendant élec-

tive la charge du maïeur. Il institua la compagnie des archers.

Philippe-le-Bon , prince magnifique qui aimait le faste, la pompe des fêtes et les nobles jeux de la chevalerie, fut long-temps l'arbitre de l'Europe. Il dicta les conditions de la célèbre paix d'Arras qui , seule , consolida le trône de Charles VII. Sous son administration paternelle , l'Artois jouit d'une tranquillité profonde tandis que le reste du royaume était en proie aux horreurs de la guerre.

Sous le dernier duc , Charles , que son caractère aventureux fit surnommer le Téméraire, la puissance et la gloire de la maison de Bourgogne furent à leur apogée. Sa cour, la plus splendide de l'Europe, fut l'asile de tous les princes malheureux. L'Artois ne put oublier que ce grand justicier, la terreur des méchans, assura sa tranquillité en débarrassant le payy^des bandes de malfaiteurs cpii l'infestaient, en affermissant le règne des lois. L'histoire, prise au point de vue français, a jugé trop sévèrement ce prince , dont une grande infortune expia les fautes , dont l'esprit chevaleresque fut toujours dupe de l'ignoble astuce, des ténébreuses perfidies de son ennemi Louis XI. Plus impartiaux , les mémoires contemporains, sans justifier quelques-uns de ses actes , ne dissimulent pas au moins ses belles qualités. Ils dépeignent Charles comme un homme laborieux , infatigable , aumônier , généreux avec discernement , poursuivant la gloire avec passion , protecteur des faibles et poussant l'amour de la justice jusqu'à l'extrême sévérité. Aussi , dit Olivier de la Marche , fut-il aimé autant qu'estimé de ses sujets des dix-sept provinces.

Tel fut Charles-le-Téméraire , cette dernière grande figure du moyen-âge. Ce prince vint à Arras le 16 mars 1469, pour recevoir Sigismond, archiduc d'Autriche , et traiter avec lui d'une importante affaire , la cession de l'Alsace, du comté de Ferrette, du Bnsgaw , etc. etc. La ville reçut ces deux grands personnages avec beaucoup de solennité et toutes les magnificences de la cour de Bourgogne furent déployées par le duc pour fêter Sigismond.

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