‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 19 sur 170 · PROJETÉE PAR DOM GRENIER · texte numérisé non relu

PROJETÉE PAR DOM GRENIER

Multo sibi unusquisque arbitretur gratins excidia Patrias repulissc , qtiàm propria perieula : prœslnntiusque esse existimet , quàd operam suam Patriœ impcnderit , quam si in oiio positiis, tranqnillam vitam voluptatum copiis functus egisset.

(S. Ainbros. de Officiis , L. III. cap. 3.)

L'ouvrage sera divisé en trois parties. La première, précédée de l'introduction générale, comprendra les Belges, la Gaule Belgique, la seconde Belgique, les Cités et la Picardie proprement dite, les Comtés du second rang, les Palais des Rois. Les Villes qui n'ont point d'autres titres entreront dans la deuxième. La troisième sera pour les Bourgs, les Villages, les Hameaux.

A la tête du premier volume sera placée une carte géographique de la seconde Belgique, avec ses forêts antiques, ses rivières, la capitale des Cités, des Pagi, les voies romaines, les stations les plus connues sur ces routes, les ponts bâtis sur les rivières , avec les camps romains de la plupart desquels les dimensions existent presque en entier sur les lieux. Ceux-ci, pour la meilleure partie, ont été gravés dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ; les dessins sont entre nos mains. Les frais d'une nouvelle gravure augmenteroient le prix de ce premier volume. Il sera orné d'ailleurs de plusieurs planches servant à faire connaître les armes des Belges à époques différentes; quelques-unes de leurs Divinités lorsqu'ils étoient sous l'empire des Romains; leurs tombeaux, les urnes cinéraires, les inscriptions, les vases et autres ustensiles qui pouvoient être renfermés dans les tombeaux. On donnera à l'article de certaines Cités, le plan de la capitale sous le Bas-Empire pour faire connaître la bâtisse romaine en ces temps-là; le dessin des monnaies particulières à différents Comtés et à quelques villes; d'anciens sceaux des Comtes et des communes , autant que nous en aurons pu découvrir; quelques

i Le titre développé de l'ouvrage devait être ainsi conçu; Notice historique du premier royaume des Francs nommé ensuite PICARDIE , ou Histoire détaillée de la plus grande partie de la Seconde Belgique au premier et au moyen-âge avec un coup-d'aeil sur le moderne.

restes de bâtisse carlovingienne ; plusieurs vignettes d'Amiens manuscrites , pour faire voir l'état du dessin et de la peinture dans des siècles où les arts étoient accablés par la barbarie. Le comté de Corbie offrira un monument de Blason le plus ancien peut-être qui existe sinon dans l'Europe du moins en France ; ce sont des armoiries travaillées à l'éguille sur des panetières en soie à l'usage de quelques chevaliers du Corbiois croisés au xm.^ siècle.

M. l'abbé Lenglet disoit que les histoires particulières ne lui ont jamais paru meilleures que quand il y a beaucoup de chartes et de pièces anciennes. Nous distribuerons donc à la fin de notre Introduction Générale et à la suite de chacun des articles de notre Notice les pièces justificatives qui y sont relatives.

Il nous reste à gémir du peu d'attention qu'on a eu jusque vers le milieu du siècle dernier de recueillir avec soin les antiques de toute espèce qui se trouvoient dans la Belgique à mesure que la découverte s'en faisoit. Cette négligence laisse un vide dans notre Histoire. On ne peut apprécier les pertes qu'elle a faites par l'ignorance, le peu de goût, l'avarice, ou même le zèle peu éclairé des personnes qui en étoient les dépositaires. On fondit les bronzes et les médailles. On cassa, on tailla, on défigura les pierres, les marbres, les statues, pour les employer dans la construction des bâtiments; et ce qui est encore pis , ce qui ôte toute ressource , on en fit de la chaux. Il est vrai que le temps a changé et qu'on marche à présent sur des pas tous différents. Il reste néanmoins une chose à désirer c'est que MM. les Intendants des provinces veuillent bien veiller à la conservation des découvertes qui sont faites dans l'étendue de leurs départements. Le fruit qu'on pourroit tirer de la collection de ces monuments pour l'histoire seroit d'un prix infini.

En donnant la préface de notre Notice historique de Picardie pour Prospectus, nous suivons l'exemple de dom Bouquet qui en a agi de même pour la grande collection des écrivains de l'Histoire de France. Nous avons préféré le format in-4.° pour la commodité des lecteurs; et nous croyons que cinq ou six volumes pourront suffire.

Nous avions pensé que nous pourrions publier notre ouvrage par livraisons. Des personnes éclairées nous ont fait observer que le temps nécessaire pour l'impression d'un volume in-4." n'étant pas très-long, le Public n'auroit pas lieu de se plaindre que le premier tardât trop à paraître, après que le nombre de souscripteurs nécessaire auroit été rempli; que d'ailleurs il seroit diflScile de diviser l'Introduction qui doit former la meilleure partie de ce volume; que quand cette division pourroit avoir lieu, certaines parties contiendroient grand nombre de planches tandis que d'autres pourroient n'en avoir aucune.

Dociles à ces avis dictés par la raison , nous nous sommes déterminés à faire paraître l'ouvrage volume par volume. Après avoir fait un calcul exact de la dépense, tant pour l'impression du discours que pour la gravure des planches, ne voulant pas faire payer le premier volume plus cher que le dernier nous avons fixé le prix des uns et des autres à DOUZE livres pour les souscripteurs et à SEIZE pour ceux qui n'auront pas souscrit.

Tous les volumes seront imprimés avec les mêmes caractères et sur le même papier que ce prospectus.

M. Pierres ne négligera rien pour ce qui concerne la partie typographique.

Il ne sera tiré que cent exemplaires au-delà du nombre des souscripteurs. Les trois premiers volumes sont en état d'être livrés à l'impression.

La Notice historique de la Picardie que nous annonçons "présente aux Français en général la plus grande étendue du domaine du premier roi chrétien jusqu'en 496; et aux Picards, en particulier, le titre qui a mérité à leur province le premier rang parmi les autres provinces de France.

Nous avons fait et nous faisons encore tous les jours ce qui peut dépendre de nous pour cette portion importante de l'histoire nationale; c'est au public à nous mettre en état de l'en faire jouir.

On souscrit à Paris chez dom Gremer , bénédictin de l'abbaye de Saint- Germain-des-Prés ; chez M. Morisseau , commis du régime de la congrégation de Saint-Maur, en la même abbaye; et chez M. Pierres, premier imprimeur du, roi, etc. , rue Saint-Jacques.

Imprimé en 1786.

Page 1