‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 40 sur 170 · lMstoir& et le droit public. ^ .^r · texte numérisé non relu

lMstoir& et le droit public. ^ .^r

l)e. là -j'ai:. passé aux -archives de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons, abbay^ particulière de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin.' J'ai" suspendu ce travail" pour profiter de la communication d'un cartulaire de Vabbare-de Saint-Berlin n Saint-Omer que M. Mercier , célèbre bibliographe , abbé de Saint- Léger de Soissons , entre les mains duquel il était tombé par bazard , a bien voulu m'en donner. .£, y^j.j^[,„,^ iindinoa

J'ai fini à Laon , soit sur les titres de M.'' l'évéque soit sur ceux de l'abbaye de Saint-Vincent, le travail de cette année. J'aurai l'honneur d'observer que ces deux chartriers , ainsi que celui de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons, ne sont pas entièrement dépouillés et ne pourront l'être que l'année prochaine.

Ces dépôts et le cartulaire de Saint-Bertin m'ont procuré plusieurs charte.s de nos rois, grand nombre de chartes d'évéques, d'abbés, de comtes, savoir comtes de Vermandois , comtes de Soissons ; des vidâmes de Laon et autres seigneurs titrés ; sans parler de plusieurs lettres de papes qui ne sont imprimées ni dans le cinquième volume des écrivains de l'histoire de France de Du Chesne , ni dans le tome second du Thrésor des anecdotes de D. Martenne , qui renferme la collection des lettres des papes Urbain iv , Clément iv , Jean xxii , Innocent iv et autres , ni dans les portefeuilles de D. Ursin Durant qui sont , je crois, entre les mains de D. Labal.

Le total de la collection que j'ai l'honneur de présenter à Monseigneur le garde des sceaux monte à deux cents pièces copiées sur les originaux ou, à leur défaut , sur des cartulaires des xi.*' xn." et xui.'^ siècles. Chacune de ces pièces est accompagnée de notes historiques et géographiques que j'ai faites sur les lieux. : yuphuJiîili 'J^ifllO-J

J'en attends une pareille quantité de l'associé que j'ai à Senlis , M. Afforti , chanoine-doyen de Saint-Rieul , qui a servi utilement le Gallia Ckristiana , qui travaille encore à l'âge de 75 ans à enrichir le dépôt avec la même ardeur qu'il y a dix ans. Un coopéralcur aussi zélé ne mériteroit-il pas quelque droit aux bontés de Monseigneur et avoir un sort plus avantageux que celui qui lui a été fait jusqu'ici ?

Les deux collections dont je viens d'avoir l'honneur de parler augmenteront donc le dépôt du Roi de 400 chartes qui, tous frais faits, ne reviennent qu'à cent pistoles.

« SÉANCE DU t7 JANVIER 1782.

] J'auroi l'honneur , Monseigneur , s'il veut bien l'avoir pour agréable , de lui

rendre compte et à l'assemblée des recherches diplomatiques que j'ai faites dans

la province de Picardie depuis le mois de juin jusqu'en octobre inclusivement

de l'année 1781.

J'ai achevé le dépouillement des archives de l'église de Noyon. Le travail

est fini absolument dans les autres dépôts de chartes de cette ville, si l'on

en excepte vingt-neuf registres aux délibérations de l'hôtel-de-ville dont le premier commence au 22 février 1388. Il s'y peut rencontrer des lettres de nos rois , des gouverneurs de la province et d'autres grands seigneurs qui sont des objets intéressants pour l'histoire. Je ne parle point d'une suite d'anciens comptes de dépense faite par la ville depuis 1307 jusqu'aujourd'hui , dont quelques chapitres , particulièrement celui de la dépense pour l'entrée des princes , peuvent piquer la curiosité. L'hôtel-de-ville de Chauni conserve pareillement une suite de ses anciens registres aux délibérations et de ses comptes de dépenses.

J'ai continué mes recherches dans le Vermandois , le Soissonnois et le Laonois. Le dépouillement du chartrier de l'évéché de Laon n'étoit point achevé. Le second travail m'a produit une cinquantaine de chartes assez importantes ; la mort de D. Brillet , notre confrère , suite d'un travail opiniâtre dans les archives de l'abbaye de Saint-Vincent de Laon , a suspendu celui qu'il m'y restoit à faire. '' ' '■';"''

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L'abbaye de Saint-Nicolas de Ribemont m'a procuré un assez bon nombre

de chartes ; il est dans le nombre , à commencer au onzième siècle , des chartes de nos rois , des comtes et comtesses de Vermandois. Il n'y a plus à revenir sur ce dépôt, ni sur celui de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons, abbaye de chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin. Les chartes que je n'avois pas vues sont la plupart des anciens comtes de Soissons. L'ample moisson que j'ai faite en cette abbaye doit suppléer à la stérilité des archives de Monseigneur le duc d'Orléans, engagiste du comté de Soissons. Je n'y ai aperçu que des copies informes de titres très mal copiés. L'archiviste de S. A. pense que les originaux se pourroient trouver au Palais Royal , à Paris.

Les archives de ce comté dévoient être le terme du travail que j'avois à faire dans la ville de Soissons , savoir au palais épiscopal , au chapitre de l'église cathédrale , dans les abbayes de Saint-Crépin-le-Grand , de Saint-Médard , de Notre-Dame , de Saint-Jean-des-Vignes , de Saint-Léger , de Saint-Crépin-en- Chaye , dans les chapitres de Saint-Vast , de Notre-Dame-des-Vignes , de Saint- Pierre , à l'hôtel-Dieu , à l'hôtel-de-ville , au bureau des finances ; mais il reste à parcourir les dépôts qui sont répandus tant dans le Soissonnois que dans le Valois , à l'exception du chartrier de l'abbaye de Chézy dont le dépouillement est fait.

Cinq mois de travail m'ont procuré deux cents chartes , tant lettres des rois , bulles des papes , actes publics , d'évêques , de chapitres , cathédrales , d'abbés et abbesses, de comtes et comtesses, de seigneurs particuliers, de communes de villes, qu'autres pièces importantes, savoir 4 du dixième siècle, ,12 du onzième, 70 du douzième, 88 du treizième, 21 du quatorzième, les autres des siècles suivans, autant qu'elles m'ont pu paraître intéressantes.

Ces différentes pièces ont été transcrites ou sur les originaux ou sur les cartulaires , lesquels cartulaires ont été rédigés aux xm."^ et xiv.° siècles. A chacune sont jointes des notes géographiques travaillées sur les lieux où je résidois et des observations diplomatiques autant que les secours des livres ne m'ont pas manqué.

Le zèle dont je suis plein pour tout ce qui concerne la collection des chartes ordonnée par Sa Majesté, sous l'inspection de Monseigneur, a conduit mes pas vers Saint-Omer, aux sollicitations de M. l'abbé de Saint-Bertin. Il étoit bien aise que je visse le travail qu'il avoit fait faire sur toutes les chartes de son abbaye jusqu'au commencement du xvi." siècle afin que je pusse avoir l'honneur d'en rendre compte à Monseigneur. Je suis chargé par M. d'Halleine de représenter très respectueusement à Monseigneur qu'il n'avoit pas perdu de vud les engagements pris avec M. Berlin , ministre et secrétaire-d'Élat ; que les embarras dans lesquels son abbaye s'est trouvée depuis quelques années et une longue maladie du religieux archiviste de Saint-Bertin l'avoient rais dans l'impossibilité de les remplir ; que Monseigneur le garde des sceaux rendroit un service très important à sa maison si , dans les circonstances où Sa Majesté se propose de donner à la nation une collection des chartes de toute la France, Monseigneur vouloit agréer la copie de celles de l'abbaye de Saint-Bertin pour tenir lieu de ce qu'il avoit promis ; que par une sorte de compensation de la dépense qu'exigeroit l'impression des titres de Saint-Bertin en particulier, M. l'abbé prenoit la liberté d'offrir à Monseigneur la copie de chacun de ces titres , copie accompagnée de notes historiques et topographiques avec le dessin du sceau ou des sceaux dont là charte seroit revêtue.

Si les offres de M. l'abbé de Saint-Bertin pouvoient être agréables à Monseigneur , le travail qui nous occupe y trouveroit , ce me semble , de très grands avantages. Premièrement, les religieux de cette abbaye sont plus en état que personne de débrouiller l'histoire et la géographie du pays des Morins au moyen-âge ; deuxièmement combien de sceaux tirés de l'obscurité ajouteroient au mérite du Rymer François. L'arrêt du conseil de 1775 ne fait pas mention de ces deux objets intéressants.

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