‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 41 sur 170 · SEANCE DU 5 FEVRIER · texte numérisé non relu

SEANCE DU 5 FEVRIER

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Le compte que j'ai à rendre à Monseigneur du voyage diplomatique que j'ai fait l'année dernière par ses ordres dans les Pays-Bas Autrichiens ne sera pas long malgré l'importance de son objet , puisqu'il ne s'agit de rien moins que de mettre en activité un travail qui doit rapporter au dépôt des chartes du Roi dirigé par les ordres de Monseigneur les copies d'environ deux mille pièces originales, en un mot de toutes les chartes de l'abbaye de Saint-Bertin en la ville de Saint-Omer.

Je dois à M. de Witte , religieux de cette maison , la justice d'exposer à Monseigneur et au comité qu'il est rare de trouver un homme aussi laborieux, ij^uaind je suis arrivé à Poperinghes tous les titres de l'abbaye de Saint-Bertin , depuis le vn." siècle jusqu'au xv." exclusivement, étoient copiés de sa main. Il ne s'est agi que de les collationner , ce que nous avons fait en partie. Il avoit même commencé à faire tirer des copies des premières chartes pour le dépôt royal ; mais n'ayant pas fait attention à ce que j'avois eu l'honneur de lui mander que ces copies dévoient être faites sur des feuilles de papier séparées et de la grandeur que je lui indiquois , il a fallu recommencer.

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M. de Witte trouvoit le séjour de Poperinghes agréable ; il s'y plaisoit beaucoup ; mais il ne consultoil pas aussi volontiers les intérêts de sa maison. Après lui avoir représenté plusieurs fois qu'il est des risques à faire circuler des pièces originales et fondamentales des possessions, de Saint -Omer à Poperinghes , de Poperinghes qui est en terre étrangère à Saint-Omer qui est en France , après avoir insisté sur la nécessité où il étoit de consulter des livres imprimés qu'il n'avoit pas sous la main mais qu'il trouveroit dans la bibliothèque de Saint- Bertin ; sur la difficulté de rencontrer dans ce pays un bon dessinateur ; M. de Witte s'est rendu enfin aux désirs de M. l'abbé et de ses confrères en prenant le parti de retourner absolument a Saint-Omer.

Ce religieux âgé de 58 ans est chargé d'infirmités , fruit d'un travail opiniâtre sur les chartes, travail toujours fort nuisible quand il n'est pas fait avec certaines précautions. M. l'abbé, doué d'une âme bienfaisante et voulant conserver les jours prétieux de son confrère , lui a associé deux jeunes religieux qui sont tout pleins d'envie de bien faire. L'un se nomme De Neuville , l'autre Coviller. Mais le dernier a essuie une fièvre maligne durant mon dernier séjour à Saint-Bertin , accident qui l'a empêché de participer au travail que je faisois avec ses deux confrères. J'ai conseillé aux deux adjoints , pour se familiariser avec la lecture des anciennes chartes , de travailler sur les originaux et d'avoir à côté les copies de M. de Witte pour y recourir en cas de nécessité. M. de Witte continue la transcription des titres depuis le xv.= siècle jusqu'à présent, se charge , en outre , de collationner les copies de ses associés qui seront envoyées au dépôt et d'y joindre les notes nécessaires.

M. l'abbé a trouvé dans la ville de Saint-Omer une personne très en état de dessiner les sceaux et les monogrammes. Monseigneur n'ayant pas encore été à portée de juger du travail , parce que les copies que le dépôt a reçues jusqu'ici ont été faites non sur les originaux, ils n'existent plus, mais sur un cartulaire du x." siècle, je me suis chargé d'échantillons [pour être mis sous les yeux de Monseigneur.

Tandis que la besogne est en bon train à Saint-Bertin , je pense qu'il seroil à propos d'avoir accès en même temps dans les archives de l'église de Saint- Omer, abbaye dans l'origine et ensuite collégiale, et dans le dépôt des titres de l'hôtel-de-ville. Je me cbargerois volontiers , si Monseigneur l'avoit agréable, de ce double travail et même du dépouillement d'archives de quelques abbayes voisines de Saint-Omer telles que Clermarais , Blandecques et autres.

Bentré dans la province de Picardie j'y ai glané , chemin faisant , une centaine de chartes, dont deux de la fin du ix.' siècle, trois du xi.' , le reste des XH." et xui.° siècles, Je revenois à Paris bien content avec ce surcroît de travail , mais ma joie a été convertie en douleur la plus araère , en arrivant à Saint-Germain... (Le manuscrit s'arrête là, )

( Cartons de dom Grrmer à la Bibliothèque Royale. )

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