‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 76 sur 170 · EN 38 ANS QU'IL FUT VIVANT EN LADIFE PRÉLATURE · texte numérisé non relu

EN 38 ANS QU'IL FUT VIVANT EN LADIFE PRÉLATURE

( Écrit en 1590-1591. Titres de Cercamp. Archives départementales du Pas-de-Calais. )

A ung chacun je fais sçavoir Quy prendra painc de me lire Comment jadis fîst son debvoir De beaux édifices construire Et les lieux caducques réduire En son temps en bas et amont A à bien ses frères induire Monseigneur Pierre de Bachimont.

Des Veignes * estant procureur L'an v.*^^ douze fus esleu En febvrier pour eslre pasteur Je prie Dieu que soit à mon salut.

1 Warluis, bonrg voisin de Beauvais dont le château de Merlemont dépendait.

2 Les mots soulignés et la signature sont de la main de Cinq-Mars. 1 L'abbaye de Saint- Jean-des-Vignes de Soissons.

Aux Bernardins dedans Paris Fus bénis par monsieur de Grasse Messieurs de Fromont et chevaliers Assistées furent de leur grâce.

Pour aulx ouvrages commenchier De cheans estans nécessaires Notre gibet je fis dresser Car le vice ne valloit guère.

A celle fin d'estre furny

Dherbes dinfantes en plusieurs sortes

Mon jardin a esté muny

De fors murs et de bonnes portes.

De cabinet et galleries Sy fust paré ledict jardin Et de paintures bien jolyes Pour, en esté, boire bon vin.

Aussy pour à dilection Tous nos relligieux mouvoir, Je fis à bonne intention Faire le comble du dorthoir.

Affin d'avoir plus grand'lumières En notre chœur, dessus l'autel , Je fis faire en hault trois verrières Ce quy m'a semblé bon et bel.

Mes sœurs d'Aboval et d'Anvin Des trois de bas ont donné deulx; Celle du milieu mes affins Aye faict faire de cœur joyeulx.

Par Servars , ouvrier exquis Quy aymoit bien hurter au voyre, Dardoise recouvrir je fis Notre nef, ceste chose notoire.

Le grand refectoir feis paver Aussy lambrouchier les dossas Après qu'il fut faire rehaulcer De terre bien trois piedz par bas.

Pour oster la pensée vaine Fratribus comedentibus Valentin Hurtan la fontaine Paindit de quinque panibus.

Le parloir et une partie Paver feis de notre hault cloître ; Car jay toujours eu bon envye De ce lieu en tous biens accroistre.

Les dessus de lambroucherie Audict réfectoire bien propices Et les bancg nœuf de hucherie Feist ung qui mengea plusieurs miches.

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La passion du Rédempteur Au petit refectoir feis paindrc Car nous debvons ung tel seigneur En tous temps prier sans nous faindre.

Pour une très belle édifice Notre pepitre feis construire Quy est une chose propisse Pour en hault les léchons nous lire.

Dudict pepitre les iraaiges Par Jehan Ha furent composées.

Ung Hurtan , paintre de villaigc , Les a de paintures ornées.

Lenfantement du fils de Marye En la rememoration Dessus chuis de la brasserie En paindit de labbé Vignon,

Et de l'aultre costé auprès Des trois roys fut painte l'histoire Affin que Ion ayt cy après Aulcunement de moy mémoire.

Pour nos francq fiefz et acqueste

Données du bâtard de Vendosme

Le Ecce Homo , à sa requeste,

Au cloître on raist grant comme ung homme.

De Jésus la judicature Et comment sa croix il porta Là auprez on mit en paincture, Quy nostre cloistre fort orna.

Affin que chacun puist ouyr Collation plus à son aise Au cloistre les bans fis assir A deuk costez et aultre ouvraige.

Sur le siège du président Pour induire à dévotions Fis paindre le crucifiement Du roy de loustes nations.

De nostre grand autel la table Fis du tout par pieches lever Pour le de fin or moult vaillable Selon ma devise dorer.

Après grand coust, frais et dépens De procès par longue saison Contre messieurs de Doullens Fis amortir Boucquemaison.

En la Muette , trois jonneulx Feis planter de veignes vermeil Nous en debvons estre joyeulx Car du vin nous font à merveil.

Je edifiaye librairie De bancq et lambroulx décorer Et de bons livres bien furnie Sur long temps l'avoye désirée.

Par le bon seigneur de Berlette Noz orgues furent racoustrées Par quoy en ont de voix plus nette Et toujours trop mieulx entonnée.

Aussy les aye fait desmonter Depuis la guerre enthierement Pour les partout mieulx racoustrer; Ne scaye si tiendront longuement.

Par guerre et fault de froment Leglise fut fort à l'arrière Tant quil convinct certainement D'emprunter trouver la manière.

Messieurs de Loy et Premonstrée De Rousseauville et Saint Riquier M'ont grant seigne d'amour monstrée Me prestant d'escus ung milier.

Sy primes cent livres de rente Au denier seize de rembours Car tousjours estoit nostre entente Au bon temps aprez telz jours.

Jehan de Servins les déboursa Lequel nous fit plaisir très grand Puis aprez ou le remboursa Trois ans aprez , le tout comptant.

L'an XXXVII , le IX.' de may

Le roy franchois céans fist son entrée Quy nous cousta ne fault avoir esmay Veu qu'il avoit sy très puissante armée.

Puis en julliet , en l'an comme dessus , Vint le dauphin avecq le grand maistre En Deguillemont mectre leurs tentes sus Que sans gaster les ablais ne pœult estre.

Le pénultième dudict moys Pour dix mois fust trêve accordée Entre Bourguignons et Franchois Attendant paix tant désirée.

Pour trois moys sy fust ralongie Apres celuy tems revolut Puis aidant Jésus et Marye La paix a esté conclue.

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