‹ Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique, et littéraire, de la Picardie et de l'ArtoisChapitre 80 sur 170 · ET DEVOIRS FÉODAUX EN ARTOIS · texte numérisé non relu

ET DEVOIRS FÉODAUX EN ARTOIS

"ES droits et devoirs féodaux auxquels donnait lieu la possession de certains fiefs en Artois , offrent beaucoup de singularités : les dé- Itenteurs du fief de la prévôté faijsaiénl Te service à pied ^ un glaive ' à là main , h la cour du seigneur d'Auxi ; ils étaient tenus , en outre , d'ajourner ses hommes pour le service dés plaids de la seigneurie. Le sire de Montmorency devait au ber d'Auxi l'hommage de bouche et de mains et une paire d'éperons dorés de la valeur de 10 sols chaque année au terme de Pâques , pour son fief de Bours. Le seigneur de Habarcq avait droit de cœult à court sur tous les manants qui possédaient des terres à Beaumetz, lorsqu'il séjournait dans son hôtel de Berles. Le même seigneur pouvait prendre plusieurs potages dans la cuisine des

religieux de l'abbaye de St-Vaast, et les mesureurs, gaugeurs et charbonniers qui dépendaient du monastère lui devaient six deniers , chaque année , lorsqu'ils renouvelaient leur serment, le jour de St-Jean-Baptiste. Le seigneur de Créquj - Raimboval et ses gens pouvaient porter en la ville d'Aubigny tous harnas et armures , pour l'ornement de leur corps , sans être pour ce fait sujets à l'amende. On ne pouvait prendre Vœsteuf, ni jouer d'aucun jeu de souplesse es mettes de la seigneurie de Bertran de Boffle , à moins d'en avoir obtenu la permission de ce seigneur. Le ber d'Auxi avait l'étrange privilège d'accorder à l'homme forain qui se mariait dans ce bourg la permission d'user des droits du mariage, la première nuit des noces; mais cette permission ne pouvait être refusée, par respect pour le sacrem,ent. Le même seigneur avait la faculté de se faire livrer dans chaque cabaret d'Auxi un lot de vin pour son hôtel à un denier de moins que le prix ordinaire. Gilles de Warin , premier homme du seigneur d'Auxi et possesseur du fief de Helliers , pouvait aller avec deux chevaux , ses chiens et ses oiseaux , voir rentrer les grains croissants sur ce fief, aux dépens de la maladrerie de St-Riquier. Toutes les fois que l'on renouvelait l'abbesse de Willencourt, le monastère devait 20 sols de reconnaissance au seigneur d'Auxi. Une autre abbaye était tenue de fournir , chaque année , au seigneur de Lens une pelisse fourrée de 50 dos de conins ou lapins, une paire de bottines garnies de drap blanc , et lorsqu'il allait à St-Denis , une double portion et deux picotins d'avoine pour son cheval. Le seigneur de Villers-Bruslin avait droit à!issue dans toute l'étendue de sa sei-

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gneurie, de manière qu'on ne pouvait rien vendre, donner, emporter, ni emmener hors de sa terre sur chariots, charrettes, brouettes, bras, tête et épaules, sans qu'on lui payât pour les brouettes 2 deniers: pour les bras, la tête ou les épaules 1 obole parisis; à peine de 60 sols d'amende et de confiscation de la chose emportée. S'il arrivait qu'un chariot versât sur le territoire de la seigneurie de Givenchy-le-Noble , celui à qui il appartenait ne pouvait le relever avant d'en avoir la permission du seigneur , sinon il était passible de 60 sols d'amende. Un pareil accident devait se renouveler assez souvent alors car, au xvi.' siècle et même au xvn.% les chemins étaient en général mal entretenus. Le seigneur y faisait travailler ses vassaux par escouade ou brigade sous la surveillance de la personne qu'il désignait.

H. DUSEVEL,

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