AU LECTEUR
Lecteur^ ly ce discours démonstranl les menées De Henry de Valois, fauteur de tous meschans, Perfide , déloyal , hay des bonnes gens , ^t trouveras que Dieu m'aymc ses destinées.
Chacun doibt estre seur que le vint-septième jour de janvier, dernier passé, arriva en la ville de Bolongne, un Anglois envoyé de la part de la royne d'Angleterre, avec deux vaisseaux plains d'or et d'argent qu'il amenoit, et avoit semblablement un paquet de lettres. Or estant entré en la ville, il demanda à parler à Monsieur le capitaine de Bernay, le gouverneur, mais il ne peut parler à luy, ne mesme faire ses affaires selon son désir ( comme il prétendoit ) car les habitans avoient esté advertis quelque temps devant par le sieur Detray, lieutenant du capitaine de Bernay susdict, qu'il debvoit arriver gens d'Angleterre, pour se rendre maistres de la ville, pour ce que Henry de Valois, pendant qu'il estoit roy de France, l'avoit vendue la royne d'Angleterre , et avoit suborné de Bernay, le gouverneur dessusnommé , pour luy livrer. Ce que de Bernay lui avoit promis, ayant esté tant par les dons de Henry de Valois, que de la royne d'Angleterre, suborné et gaigné, pour à quoy obvier ils avoient tué et mis à mort leur gouverneur, affin de n'estre trahis par luy pour Henry de Valois, à cause de la royne d'Angleterre, de laquelle ils voyoient de jour à autre ce gouverneur recepvoir présents ; donc ccst anglois fâché de n'avoir point trouvé le gouverneur et de ce trop importun l)0ur son proffit ( que je parle ainsi ) , combien qu'il ne s'apperceut que on sceut ce qu'il venoit faire en ceste ville, se bazarda de parler au seigneur Detray, lieutenant du capitaine de Bernay, et gouverneur ( comme pensoit cest anglois ) en son absence ; si bien qu'il parla à luy et pensoit que ce lieutenant cust été aussi suborné par Henry de Valois , jadis roy de France , et la royne d'Angleterre, ce que toutesfois n'estoit pas, et sur ceste pensée s'asseurant, il déclare à ce lieutenant pourquoy il estoit venu et luy conte les intelligences de Henry de Valois avec la royne d'Angleterre, en forme de devis, et luy dict aussi qu'il arrivoit deux vaisseaux pleins d'or et d'argent, et puis après luy bailla le pacquet de lettres lequel ayant ouvert et leu, il trouva en escript ce que cest anglois luy avoit dict de bouche, et apprint que la royne d'Angleterre envoyoit deux millions d'or et l'autre d'argent à Henry de Valois pour faire la guerre contre les Catholiques. Or, ce lieutenant ayant oy, leu et veu tout cela, il fait semblant à cet anglois d'estre bien aise de ces nouvelles, et dict à cest anglois qu'il allast faire haster ces vaisseaux d'approcher et venir à bort , de quoy cest anglois bien aise s'en va les faire haster et aussitost qu'il fust sorti hors de la ville, le lieutenant va communiquer ces lettres aux principaux de la ville pour démonstrer que ce dont il les advertis devant estoit vray, lesquels ayant veu ces lettres demandèrent au lieutenant s'il avoit faict réponce à ces lettres, lequel leur dict que non, mais seulement avoit dict à cest anglois qu'il feist haster ces vaisseaux ce que les habitans trouvèrent mauvais au commencement , mais quand il leur eust dict
pourquoy il l'avoit faict, ils trouvèrent bonne ceste response et délibérèrent unanimement, oyant la raison pour laquelle ce lieutenant l'avoit faict (qui estoit de se mettre trouppe de gens au bort de la mer, et tirer sur ces vaisseaux affin de les faire submerger dedans la mer , ) d'y aller, ce qu'ils feirent et tirèrent sur ces vaisseaux et les feirent submerger, et ne feirent cela pour autre raison sinon pour ce qu'ils craignoient tous que au lieu d'argent dedans les vaisseaux n'y cust eu des gens cachez , lesquels entrez dedans la ville s'ils eussent peu comme ils prétendoient par après par le moyen du gouverneur, si on ne l'eust tué, et qu'on n'eust faict accroire à cest anglois qu'il n'y estoit pas et qu'il s' estoit allé promener à deux lieues de là, et fussent sortis après, et se fussent rendus maistres de la ville; car ce sont ruzes et stratagèmes de guerre quy se praticquent tous les jours en guerre, qui servirent beaucoup aux Grecs à prendre la grande cité de Troye, eslans entrez en icelle dedans un grand cheval de bois, dans le ventre duquel y avoit grande abondance de soldats armez et par ce moyen là la prindrent; mais le bon Dieu qui cognoist toutes choses ne permit pas qu'il advint aucun mal à ceste ville catholique, ains a fait que de jour en autre on cognoistra comme Henry de Valois est plus hérétique qu'autre et qu'il adhère et a toujours adhéré plustost à la royne d'Angleterre très -cruelle huguenote qu'à nul autre roy ne prince catholique, laquelle luy a appris à massacrer les princes catholiques, comme Messeigneurs les cardinal et duc de Guyse lesquels il n'a fait massacrer en la ville de Blois pour autre cause
il ( Henry de Valois ) se rend faulleur et appuy des athéistes , hérétiques ,
politiques , inventeurs , exacteurs , ronge-peuples
il a toujours eu et a encore auprès de luy des gens qui ne valent pendre lesquels il a toujours aymez en observant en toutes manières les déportemens , faicls et gestes de Mahomet, à l'exemple de celuy qui faisoit les imposts sur le
pissat Le duc du Meine deviendra roy, le meilleur de
tous les Valésiens et les Bourbons , exceptant le rév.** cardinal de Bourbon ,
qui renoncera à la couronne pour en banir ses parens,
tous hérétiques, l'hérétique, l'excommunié, le bastard de roy de Navarre surtout
Dieu nous a bien aydez en ceste affaire cy de ceste ville de Bologne, vendue sans double à la royne d'Angleterre par Henry de Valois par le moyen de ce méchant et damné ambassadeur d'Angleterre, Edouard Staffort, lesquels si par la grâce de Dieu n'eussent esté descouverts infailliblement les Anglois se fussent joincts par le moyen de ceste ville - là avec Henry de Valois , jadis roy de France. .
Faites des prières pour le sainct temps de caresme approchant, pour remporter la victoire contre Henry de Valois , jadis roy de France , et tous ses adhères nos ennemis. Dieu nous en fasse la grâce. Ainsi soit-il !
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