LA BATAILLE D'AZINCOURT
[ziNCOURT, petit village du canton de Parcq, arrondissement de Saint -Pol, est à jamais célèbre par la bataille du 25 octobre 1415 qui a conservé son nom
bataille funeste comme celles de Courtrai , de Crécy ,
de Poitiers, de Pavie que compensent à peine,
dans nos fastes militaires, les victoires de Bouvines, Cassel, Rosbecque , Denain et Fontenoy.
Une multitude de seigneurs picards, artésiens et boulonnais périrent à Azincourt. Le seigneur de Bourbourg et de Gravelines , le comte de Fauquembergues , le seigneur de Béthune , Philippe et Henri de Lens , Oudart de Renty et ses frères , trois seigneurs de Tramecourt, Philippe de Wissoc de St-Omer, furent comptés parmi les morts. Ce dernier fut inhumé en cette ville , dans l'église de Ste-Aldegonde. Le corps de Jean I/*^, sire de Croï , grand - bouteiller de France, fut enterré dans Tabbaye de St-Bertin. — On retrouva en juillet 1808, dans le caveau d'une chapelle de la paroisse de St-Denis, à St-Omer, le cercueil de Guillaume d'Averoult, tué également à Azincourt. — Les corps d'une infinité d'autres seigneurs furent aussi enlevés et enterrés à Arras , ou transportés dans leurs terres. Ceux qui restèrent furent dépouillés par les
paysans des villages voisins. — L'abbé de Iluisseauville et le bailli d'Aire furent chargés par le comte de Charolais de rendre les honneurs funèbres à ses oncles qui avaient terminé vaillamment leur carrière à Azincourt. On eut soin en même temps de l'ensevelissement des autres morts , et 6,000 cadavres au moins furent déposés par les habitants dans cinq fosses profondément creusées dans vingt -cinq verges de terre, et sur chacune desquelles on planta une grande croix de bois. Ce cimetière , entouré d'une haie d'épines et d'un large fossé, fut bénit par Jacques Delà, dominicain , évéque in partibus d'Esguines , comme procureur de l'évêque de Thérouanne. La fosse la plus profonde avait été ouverte dans un champ nommé encore la Gacogne , de l'étendue de plus d'un arpent et presque attenant aux bois de Tramecourt. Cet endroit qui recela les restes des chevaliers français devint l'objet d'un respect religieux ; a ni hommes , ni bestiaux » n'y pénétraient, les arbres y croissaient et y péris- » saient sur pied, sans que la cognée y fut jamais
» portée » En 1734, la famille de Tramecourt,
qui en était alors propriétaire , y fit ériger, pour l'accomplissement d'un vœu maternel, une petite église dont l'architecture était élégante. Un service solennel devait y être célébré chaque quart de siècle. — Nous avons parcouru aussi ce sol presque tout formé des os héroïques de nos pères , et nos regards inquiets ont vainement cherché ce monument érigé par une si
touchante piété à leur mémoire Une vaste
trouée dans une pièce voisine de la route, et qu'un
fossoyeur seul peut-être pourrait vous indiquer
Une légère éminence où fut le châtel aux hautes tours
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du maître du lieu Voilà tout ce qui rappelle
Azincourt !
La Chronique de Tramecourt , faite sur les lieux , quelques années après révënement, est un manuscrit fort intéressant. Hennebert en avait pris lecture. Elle était demeurée trente ans , vers la fin du siècle dernier, dans Tabbaye de St- Berlin. Le propriétaire l'avait heureusement recouvrée avant la dévastation de cette communauté. Puisse-t-elle être bientôt publiée ! . . . Ce serait assurément l'un des documents les plus curieux de nos nouvelles archives concernant l'histoire de France •>^.