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Do 1015 à 1641, c'est pres(|iicc'xclusivcmoiit la Xorinaiul'u' et le rerelie qui fout les frais de l'immigration.
De 1641 il 1652, le flot euvaliissaut nous arrive de la Normandie, du Perche, d'Aunis, du l'oitou, du Maine, de la Bretagne, de l'Anjou, de la l^icardie, de Drie, de l'Ile de France, de Paris, etc. Voir Cours (V Histoire du Canada, Ferland, t. I, p. 512.
Les registres de la Basilique de (^uél)ec mentionnent parmi les nouveaux colons, des personnes venues do Paris, des jeunes filles prises dans les asiles du roi en France, des orphelines, issues de gentilshommes pauvres, morts au service du Roi : " l'une, pour sûre, était la fille d'un ancien gouverneur de Nanc}'," ajoute Ferland.
Vers 1660, il était déjà né dans le l»ays plusieurs enfants.
En 1665, le fameux régiment de 1000 hommes levé en Savoie, en 1644, par le prince de Carignan et commandé par le colonel de Salières, accompagnait à Québec, comme escorte le magnifique vice-roi, le marquis de Tracy. Près de deux siècles plus tard, notre fastueux vice-roi anglais, et grand Commissaire en Canada, le Comte de Durham obtenait de sa Souveraine, une escorte non moins distinguée, les Gardes de la Reine — Coldstream Guards. Plusieurs compagnies du régiment de Carignan, turent }ilus tard licenciées à Québec : l'Intendant réussit à en retenir le }»lus grand nombre dans la colonie, en leur promettant des éi)ouses françaises, des terres, des bestiaux, des gratuités en argent. Leurs ofliciers, également séduits par la libéralité du gouver-
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nemeiit, surent se tailler de vastes et riches seigneuries dans le domaine royal, dont les noms rappellent aujourd'hui les concessionnaires primitifs: Sorel — Chambly — Saint-Ours — Berthier — Contrecœur — La A'altrie — de Meloises — de la Pérade — Petit — Rougemont — Verchères — La Combe — Portneuf, etc. Aux jours d'antan, il en coûtait moins pour se procurer une épouse à Québec qu'en Virginie, en 1620. " L^n des moyens adoptés (en Virginie), dit l'historien Perland, pour augmenter sa population, fut d'y envoyer une cargaison de tilles, jeunes et honnêtes, destinées à épouser des planteurs ; elles furent débarquées à Jamestown, au nombre de quatrevingt dix. La compagnie iixa le prix de chacune à cent livres de tabac ; or le tabac qui était la monnaie courante de la Virginie, valait trois chelins la livre ; de sorte qu'une femme, rendue sur les lieux, coûtait à l'acheteur une somme de quinze louis. Bientôt le nombre de tilles avant considérablement diminué, il fallut aue-menter le prix et le porter à cent cinquante livres de tabac." {Ferland, Cours d'Histoire du Canada, Vol. 1, j). 193.) La dispersion en septembre 1755, par le colonel ^""inslow, à l'instigation de la Nouvelle Angleterre, des infortunés Acadiens qui refusaient de prêter le serment d'allégeance à la Grande-Bretagne, maîtresse de leur pays, fournit au Canada français un peloton, peu nombreux et peu important de colons, dénués de tout ; ils furent assez mal accueillis à Québec ; la majeure partie des déportés — en tous 5788 — alla tramer une pénible existence au Maine, à Massachusett's Bay, en
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Pennsylvanie, on Virginie, îinx Carolines, à laXouvollo- Eeosse, aux Iles delà Madeleine, à Terre-Xeuve, et a l'Ile du Prince-Edouard.
Quelques-uns retournèrent en Franco ; dos familles s'établirent près de Montréal, à un endroit (|ui plus tard prit le nom d'Acadie, devenu un centre assez important.
On retrouve maintenant en Canada, bon nombre de vigoureux rejetons de ceux qui colonisèrent le pays d'Evangéline, chanté par Longfellow, chez les Landry, les Poirier, les LeBlanc, les Allard, les Cormier, les Dugas, les Arseneau, les Boudreault.
Un rameau du vieil arbre gaulois reverdit de nos jours au grand conseil de la nation, à Ottawa, dans la personne des sénateurs Landry et Poirier.
Voilà quelques-unes des grandes lignes de la population primitive de la colonie, sous la bannière fleurdelisée des Bourbons.
Le drapeau de Saint-Georges, planté par Wolfe sur nos bastions, en 1759, nous valut une émigration toute autre, par fois antagoniste.
De 1759 à 1841, la France nous envoya peu ou point de colons.
Lorsque Québec, Trois-Rivières, ]Montréal devinrent des villes anglaises quant à la régie, il s'y établit grand nombre d'avides traiiquants, d'aventuriers sans aveu, accourus à la suite do l'armée, des rives de la Tamise.
Le premier gouverneur, le général James Murray, l'ami des Canadiens-français, en a tracé une assez sombre
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peinture dans nne dépCclie qu'il adressait au gouvernement métropolitain, en 1766.
Certains officiers supérieurs de l'état ou de l'armée anglaise, le juge Gregorj, Ileet. Théophile Cramahé, le général Murray, le colonel Henry Caldwell, le major Samuel Holland, le major Moses Hazen, le capitaine T. Ross, les Haie, acquirent à bonne composition des fiefs, de grands domaines, au départ précipité des anciens propriétaires pour la France ou quelques années plus tard.
Vers 1762, le célèbre régiment de Lord Lovât {Fraseras Highlamlers) qui avait prodigué son sang pour l'Angleterre dans la guerre de la conquête, fut eu partie licencié.
H se composait de 1100 Montagnards écossais ; plusieurs des soldats se fixèrent au Canada : ils y ont prospéré.
On semblait dès lors préluder au bien-être et aux étonnants succès de cette rude et intellig-ente race écossaise, dont les descendants — nos millionnaires Canadiens — ont accumulé à Montréal et ailleurs, des fortunes fabuleuses : Lord Mount Stephen, sir Donald A. Smith, sir Hugh Allan, sir David McPherson, David Allan, John Redpath, les honorables James et Peter McGill, James Eoss, Robert Angus, Ogilvie, Duncan Mcintyre.
Les fils de la Calédonie se répandirent dans tous les coins des possessions britanniques, à la Nouvelle-Ecosse,
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au Xouveau-BruuswR'k, ete. ; le Clan dos Fraser, à lui seul, compte parmi nous, ses Jîls jiar centaines.
Deux officiers qui servaient au si^ge <le Québec, le Capt. John îs^airn et le Lieut. Malcohn Fraser, obtinrent de leur commandant, le général Murray, en 1762, de fertiles et belles seigneuries sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, quatre-vingt-dix milles plus bas que Québec : Murray Bay et Mount ^furray.
Ils s'y installèrent, dans leurs confortables manoirs, entourés de leurs soldats : cesontles AYarren, les Ilarvey, les Blackburn, les McLean, les McXeil, les McXicol, lesquels y épousèrent des Canadiennes.
Leur descendance est maintenant fort nombreuse ; mais elle a fait tal)le rase des traditions, de la langue, du culte national de l'antique Calédonie. Elle a même osé substituer au pittoresque kilt des Montagnards, la modeste culotte d'étoffe du pays î
La guerre de l'Indépendance américaine a enrichi le Canada d'une immigration remarquable à plusieurs points de vue. Mais la province de Québec n'a eu en partage qu'une mince portion des 10,000 Loyalistes, qui sacrifièrent fortune et position sociale, à Xew-York, à Boston, à Philadelphie, etc., plutôt que de faillir dans leur allégeance à leur souverair., George III.
Le gros de la bande se replia vers l'ouest du Canada; ils devinrent par la suite, pour ainsi dire, les fondateurs de sa prospérité. Un peloton assez considérable en 1783, faisait voile pour le Xouveau-Bruuswick et y fonda la ville de Saint- Jean. Les hommes les plus en
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vue du groupe de Quéliee, lofi Smitli, les Sewell, les McTherson, les Ogden, devinrent ici d'importants fonctionnaires publics, chefs de la classe dirigeante.
Les troupes allemandes, (pii accompagnèrent le général Burgoyne à Québec, en 1776, à leur retour ici, en 1782, laissèrent derrière eux plusieurs soldats Ilessois et Brunswickois, qui s'établirent au Canada.
Québec vers cette époque, au reste, contenait quelques familles allemandes, les Pozer, les Wiirtele, etc.
En 1797, la Révolution française jeta sur notre plage une immigration qui en quelque sorte rappelait les premiers temps de la colonie. Certains membres marquants du clergé français nous demandèrent asile : puis, de braves gentilshommes, des militaires de distinction réfugiés à Londres, après avoir échappé à la guillotine de Robespierre, furent heureux de trouver protection sous le drapeau de \2i perfide Albion. Prévenus contre les frimas de Québec, ils allèrent s'établir sous la latitude plus tempérée de Toronto, maintenant la florissante capitale de notre grande province d'Ontario. Un vieux plan exhumé par l'antiquaire Henry Scadding, nous exhibe,- au canton de Markham, près de York, les lots concédés aux Royalistes français par le gouvernement anglais et les noms des concessionnaires comme suit : René Aug. Comte de Chalus ; Jean Louis, vicomte de Ohalus, Major Général dans l'armée Royale de Bretagne, Ambroise de Farcy, Général ; le Comte de Puisaye ; le Chevalier de Marseuil ; Augustin Boiton, Lt. Col ; Michel Saigeon ; François Rénaux ; Julien le Bugle ;
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Quctton St-(jeorgc ; rierre TA'touriieaiix ; Jean Furon ; et autres.
Les mémoires du temps i-appellciit qu'aux bals du Gouverneur de la eolonie, les joyaux de madame la Comtesse de ruisaye créèrent par leur éclat toute une sensation. Lamartine raconte que M. de Puisaye, avant la déroute au château de Brécourt, passa une année entière caché dans une caverne, d'où par ses numœuvres et ses écrits, il organisa la révolte contre la Convention. Cette noblesse de vieille roche ne fit pas souche au Canada : la colonie se dispersa, le Comte de Puisaye mourut à Londres, en 1827.
Un incident des guerres européennes qui contribua puissamment à signaler à Texploitation commerciale et à la colonisation, la province <le (Québec, fut le blocus continental ou la clôture, en 1808, par Napoléon I, à l' Andcterre, des ports de la Baltique. La Grande Bretagne tirait des forets du nord de l'Europe, le bois pour ses vastes constructions navales.
Il lui fallait aussi du pin ])our usages domestiques, de répinette pour la mature de sa marine, du chêne pour la coque de ses frégates qui alors envahissaient toutes les mers.
Sous ce rap[)ort, les forets du Canada étaient inépuisables. Les grandes maisons de rommerce, à Londres, à Bristol, k Liverpool ; les chantiers du roi, se hâtèrent d'expédier à Quéljec, des agents suivis de nombreux corps d'ouvriers, ([ui plus tard, y amenèrent leurs familles. Clnu^ue été, de nouveaux colons nous arri-
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raient dos rives d'Albion : l'exploitation des douves et du bois carré, et la construction de notre marine marchande,datent, on peut dire, du blocus continental : le grand ravageur des nations, Xapoléon I, est devenu sans le savoir un bientaiteur pour le Canada.
Deux régiments étrangers, recrutés parmi les prisonniers de guerre français détenus en Angleterre, consentirent à venir servir en Amérique sous le pavillon anglais à l'épocpie de la guerre américaine de 1812, pourvu qu'Us ne fussent pas tenus de se battre eontre la France. Ces deux célèbres corp^;, les Watteville et les Meurons, furent plus tard licenciés en Canada. Les oiîiciers y contractèrent des alliances dans nos meilleures familles canadiennes ; on en retrouve la digne descendance chez les ]\Iontenacli, les LaBruère, les Dufresne, les d'Orsonnens, les Genand et autres.
Au reste, à venir jusqu'au départ des légions anglaises, en 1871, le militaire semble avoir manifesté un penchant prononcé pour nos belles canadiennes de toutes les origines. Grand nombre de fils de familles anglaises ont contracté des alliances, dans la colonie. Voir la table, à Tappendice IL
L'Irlande, aux années de famine et après les grandes guerres continentales, nous versait la surabondance de sa population : ces exilés d'Erin, tristes épaves, venaient par milliers, s'écliouer sur nos plages, dénués de tout, certains d'y trouver le [)ain et la liberté : ceci avait lieu de 1818 à 1850 et plus tard. Ils se fixaient par figglomération de familles, aux prés féconds, mais incultes