J/. LcMoine
Loyalists, qui abandonnèrent leurs biens et leur:s foyers, plutôt que (le renier, en 1776, leur serment d'allégeance à leur souverain aimé, le roi de la Grande-Bretagne. L'historien Forland a consacré d'éloquentes pages à justifier les premiers colons du Canada eontre les assertions injurieuses de LeBeau (1) et La Ilontan (2).
De 1621 à 1641, une abondante émigration nous venait du Perche, de la Normandie, de la Beauce, de l'île de France, de la Saintonge, du Poitou,de la Picardie, du pays d'Aunis ; on refusa de bonne heure J'entrée aux Huguenots, comme colons, bien à tort, d'après plusieurs éminents écrivains, surtout après la révocation de l'édit de liantes : on redoutait les dissensions religieuses dans un jeune pays.
La Compagnie de Rouen et celle de M. de Monts qui lui succéda, étaient contrôlées par des marchands, en grande partie des Xormands. Ils choisirent leurs employés à Rouen, à Dieppe, à Cherbourg, à Fécamp, à Ilonfleur. Les commis et serviteurs de ces puissantes compagnies, se familiarisèrent avec le climat et les productions du sol canadien, et quand Ivertk s'emparait de Québec, en 1629, et que Charles I d'Angleterre, restituait en 1632, la colonie, à la France, cette dernière se hâta de la peupler de paysans français qui s'y fixèrent avec leurs familles. A cette fin, Samuel de Champlain, aprèe avoir quitté Londres où il avait passé quelques temps,
(1) Aventures et Voyages au Canada, 1727.
(2) Nouveaux Voyages de M. le Baron La Uontan dans l'Amérique Septentrionale, 1704.
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faisait voile de Dieppe, en 1633, avec ses compagnons : des soldats, des missionnaires et des colons, ces derniers natifs probablement de la Normandie et du pays de 'Canx. ■
En 1634, l'on constate, l'arrivée du chirurgien Robert Giôard, natif du Perche, premier seigneur de Beauport, près Québec, avec sa femme, ses enfans, et sept familles percheronnes, les futurs colonisateurs de la côte de Beaupré. Deux familles importantes arrivèrent de France en 1636, les LeGardeur et les LeXeuf.
Les colons venus avant 1642, se groupèrent autour de Québec ; cpielques uns cependant continuèrent leur route jusqu'aux Trois-Rivières, attirés sans doute par l'abondance du poisson et du gibier, dans le voisinage du lac St-Pierre.
Les premiers défrichements à Québec, furent faits sur le Coteau Ste-Geneviève (faubourg St-Jean), les rives du Saint - Charles, le fief Xotre - Dame - des - Anges, près Charlesbourg, le petit village de Fargy, à Beauport, les fiefs St-Michel et Sillery, à l'ouest de Québec.
Champlain, dès le début, avait noté les belles prairies naturelles au pied du Cap Tourmente et y avait placé des pâtres ou fermiers, pour y élever des bestiaux.
D'industrieux colons s'y établirent en 1633. En 1636, le gouverneur de Montmagny ^ le père LeJeune y rencontraient de bons cultivateurs que le religieux visitait chaque année : le lieu fut nommé Beaupré " car les prairies y sont belles et grandes et bien tenues ", dit ce religieux.