PRES
(1) Voyages de Champlain, édition de 1632.
(2) Thesaurus Epistol. Lacrozianus, Vol. 1., p. 44.
(3) Prières, Cantiques, ete, en Langue Crise, Agamie Neiyaoue Masinaïkan. Montréal, 1857.
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tenter la fortune dans les contrées lointaines du Nord. Ouest, où l’Indien reste plongé dans les ténèbre Paganisme, à défaut peut-être d’ lant sa langue.
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ÜNE QUESTION D'ANTHROPOLOGIE
Par N. E. DIONNE
Secrétaire du Comité de Québec
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L'Europe et l’ Amérique ont en face deux problèmes anthropologiques d’un intérêt que l’accumulation des âges ne fait qu'accroître. En Europe, on se demande qu’étaient les Aryens et d’où ils tiraient leur origine. En Amérique on se pose les mêmes questions au sujet des Indiens Mound Builders ou constructeurs de tumulus, qui ont laissé derrière eux des monuments remarquables par leur étendue et leur originalité. L'étude des langues et des institutions nous a mis en position de connaître les premiers, sans pouvoir toutefois en déterrer l'origine. Tant qu'aux seconds, nous ne connaissons rien de leur langage ni de leurs croyances ; leur industrie et les lieux qu’ils habitaient noussont moins étrangers. Le problème à leur sujet peut se poser en une seule question : “ Etaient-ils les ancêtres des Indiens actuels ou un peuple à part, distinct des autres nations sauvages ?
L'on sait qu’autrefois, dans cette région arrosée par la rivière Ohio et les grands lacs, entre le Mississipi et les
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monts Apalaches, existaient des traces d’un peuple énergique, prouvées par des constructions en terre de formes et grandeurs variées, des fortifications, et des nombreux travaux en pierre et en argile, dans le type primitif. On en a conclu l’existence d’un peuple essentiellement distinct des Indiens actuels, appartenant à une race micivilisée, qui dut disparaître à l’arrivée des Indiens nomades, plusieurs siècles avant la découverte de l Amérique. Tout récemment l'opinion semblase diriger dans une autre direction. Une connaïssance plus exacte de l’industrie et de l’économie de ces peuples mystérieux, comparée à celles des tribus existantes, à démontré plusieurs points similaires, propres à convaincre les anthropologistes, qu’entre les deux il n’y avait pas de différence essentielle, et que les tribus modernes sont les descendants en droite ligne des Mound Builders.
Cette dernière théorie a acquis d’autant plus de force que la région occupée par les Mound Builders est reconnue aujourd’hui comme ayant été beaucoup plus étendue qu'on l'avait cru d’abord. Des travaux d’un caractère identique ont été trouvés dans diverses localités À l’ouest du Mississipi et dans les plaines de Manitoba. D’autres, à proportions plus exigues, ont été découverts à l’est des Apalaches ; mais ces derniers semblent être des imitations plutôt que des originaux. Les vastes monticules pyramidaux, comme ceux de Cahokia, dans l’Illinois ; les constructions à formes carrées et circulaires de Newark, dans l’Ohio ; les effigies d'animaux, du Wisconsin ; l'immense monticule en serpentin de l'Ohio, et d’autres
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travaux du même genre, ne rencontrent point leur: pareils dans les régions du nord, de l’est et de l’ouest de la vallée de l'Ohio, et semblent dépasser le génie des Indiens modernes.
Si nous considérons la grandeur prodigieuse de ces travaux, comme la pyramide de Cahokia, qui mesure 700 pieds sur 500 de base et 90 pieds de hauteur ; le Fort Ancien, près dela petite rivière Miamis, dans l'Ohio dont les murailles d'argile de 10 pieds de hauteur s'étendent sur un parcours de près de cinq milles, nous nous trouvons en face d’un problème industriel dont il est presque impossible d'attribuer la solution aux ancêtres des Peaux Rouges contemporains. Nos tribus actuelles sont hostiles à toute industrie, leurs habitudes sont nomades, la chasse chez elles l'emporte sur le goût de l'agriculture. Rien n’indique qu’elles pourraient se livrer à des travaux d’une exécution aussi difficile.
Les sauvages actuels sont incapables de produire de tels monuments. De fait, pour arriver à une combinaison parfaite du travail, il faut un certain degré de civilisation. L'histoire le prouve.
Les grands travaux d'Egypte, de Babylone et de Chine sont dus à des monarques extrêmement puissants auxquels obéissaient des populations nombreuses. Dans les Indes, les chefs-d’œuvre architecturaux sont d’origine sacerdotale. Il semble peu douteux que des influences de nature analogue aient forcé les Mound Builders à construire ces monuments qui étonnent l’imagination.
Leur grandeur dénote un peuple beaucoup plus compact
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que les hordes modernes, et conséquemment plus enclin à pratiquer l’art agricole, par le besoin qui devait se faire sentir chez lui de demander à la terre une nourriture que la chasse et la pêche auraient été insuffisantes à lui procurer, En somme les Mound Builders doivent être distingués des tribus semi-nomades et sauvages des Etats- Unis du Nord, avec leurs groupes épars, leurs habitides indolentes, et le manque d'institutions politiques et religieuses.
Les Mound Builders sont-ils disparus de la surface de la terre, sans descendance, n’ayant laissé d’autres traces de leur existence que des constructions en pierre et en terre ? Ont-ils été détruits par des tribus envahissantes ? Pareil sort serait sans précédent dans l’histoire des peuples, et tout indique qu’un tel cataclysme préhistorique n’exista jamais. Car la grande probabilité est que les Indiens des Etats-Unis du Sud descendaient en ligne plus ou moins directe des Mound Builders.
Les preuves de cette conclusion sont aussi fortes que nombreuses. D’abord les monuments de ces peuples anciens abondent dans le sud, et plusieurs d’entre eux présentent des dimensions extraordinaires. Il existe à Seltzertown, dans le Mississipi, un mound de 600 pieds sur 400 de base, de 40 de haut, avec trois autres plus petits greffés sur sa surface. On peut voir plusieurs travaux analogues, mais moins considérables, en Georgie, dans Alabama, un sur la rivière Etowa, en Georgie, de 65 pieds d'altitude, et mesurant 150 pieds carrés au sommet, Ajoutons à ces faits que plusieurs de ces
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constructions étaient encore en usage quand les aventuriers espagnols les aperçurent pour la première fois. Peut-être même y en avait-il qui n'étaient pas encore terminées. Mais, dans ce cas, il paraît certain, qu’à l’arrivée des blancs, tout travail fut interrompu et pour toujours.
C’est done à l’organisation industrielle, politique et religieuse de ces Indiens, plutôt qu’au peu de connaissances qui nous restent sur les travaux inachevés des Mound Builders, que nous devons nous adresser pour pouvoir établir des relations de consanguinité entre eux et la race mystérieuse du passé. Décidément ils diftéraient des tribus septentrionales, et comme leur organisation est peu connue, essayons d'apporter un nouveau jour sur cette question d'anthropologie très complexe.
Les Indiens méridionaux avaient pius de tendances vers l’agriculture que ceux du nord. Comme conséquence, les premiers avaient une population plus dense, et moins encline à la vie nomade. Ils vivaient dansdes villages bien bâtis et fortifiés, où les mounds, remontant souvent à une haute antiquité, servaient de fondations pour y ériger les résidences des chefs.
Leur organisation différait beaucoup de celle des septentrionaux. Le Mico des sauvages du Sud, par exemple, possédait beaucoup plus d'autorité que le Sachem des Indiens du Nord. Son pouvoir était despotique jusqu'à un certain degré ; il avait le plein et entier contrôle des entrepôts publics où tout agriculteur ou chasseur devait déposer une partie du produit de ses
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labeurs. L'organisation religieuse des gens du Sud était fortement consolidée, Les vagues superstitions des hommes du nord faisaient place chez eux au culte du Soleil, divinité suprême. L'homme de la médecine du nord avait son pendant dans le Grand Prêtre, présidant au culte du Soleil, dans les temples où brûlait le feu sacré.
Les plus célèbres et les plus puissantes tribus du Sud étaient les Natchez. Aucune autre n'offre autant de rapport avec les Mound Builders que cette dernière, et par ses coutumes, et par ses croyances et par ses institutions, car les Natchez seuls, de tous les Indiens de l'Amérique septentrionale, possédaient une organisation adaptée à l’érection de grands monuments politiques et religieux.
Le chef des Natchez était un despote dans toute l’acception du mot. On l’appelait le Soleil, et il était regardé comme le descendant direct et sacré du dieu soleil ; son autorité religieuse équivalait À son despotisme civil. Sous lui marchait une sorte de noblesse, dont les membres les plus élevés étaient recrutés dans sa famille et portaient le nom de soleil. Le peuple était soumis. Les résidences des chefs étaient au-dessus des mounds, qui servaient, comme on l’a vu, de bases au temple Ainsi, il y avait une certaine aflinité entre ces peuplades et les races préhistoriques, en autant que l’on peut s’en rapporter à certaines similitudes tirées de leur vie industrielle et agricole. Sur la plupart des autres conditions économiques des Mound. Builders, nous en
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sommes aux seules conjectures. Ainsi se demande-t-on quel fut leur berceau. Les uns opinent pour la contrée fertile du Mississipi inférieur, d’où la nation a pu s'étendre jusqu’au point d’union de l'Ohio avec le grand fleuve, pour ensuite s’irradier dans les vallées de ces deux fleuves et du Missouri. S’établissant d’abord au confluent des rivières, le besoin d’expansion les poussait ensuite vers leurs sources. J’ai vu dans les environs de Saint-Louis, les ruines d’un mound colossal en argile, et comme l’on sait, la grande ville n’est pas éloignée du confluent du Missouri avec le vieux Meschacébé.
Mais l'embouchure de l'Ohio semble avoir été l'endroit privilégié de :eur domaine, bien qu’on n’y trouve plus aucune trace de fortifications et d’ouvrages d’art remon- ‘tant À une haute antiquité. Si un tel mouvement d’expansion réellement eût lieu, il est assez probable aussi qu’il fut remplacé par un mouvement de contraction, lors de l'invasion des peuples étrangers, qui, à un
moment donné, se ruèrent sur les Mound Builders,comme en Europe les Germains envahirent l'empire romain, et les Asiatiques nomades inondèrent la Perse, l’Inde et la Chine. Chassés du pays par leurs conquérants, ils prirent la direction du sud et vinrent habiter la région du golfe du Mexique. Lors de la découverte de l Amérique, les Espagnols purent communiquer avec les rejetons épars de ces antiques tribus indiennes, dont il ne reste plus que le souvenir.