‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 1 sur 205 · AUX MÉMOIRES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

AUX MÉMOIRES DE NAPOLÉON

i«tis

L'obligation qui nous fut imposée d'imprimer notre sixième volume à^ns l'ordre des dictées publiées précédemment par les généraux de Sttinte^Héléne» ne nous a pas permis de coordonner^ comme nous Taurions vouIu> ces matériaux d'ailleurs si précieux.

Ici y nous nous trouvons plus libres, et nous présentons les faits par campagnes^ qui se suivent depuis Àusterlitz jusqu'à Waterloo.

On sait que Napoléon ne put continuer ses Mémoires au-delà de la deuxième campagne dltalie, c'est-à-dire qu'ils s'arrêtent au Consulat. Cependant , par ses ordres , un travail plus complet s'était fait sous son règne ; Napoléon donnait les premières instructions pour les rédacteurs, et dictait ensuite des additions et des corrections que Bertrand et Berthier transmettaient au dépôt de la guerre»

Cest ce que nous lisons dans le préambule de ce grand travail que nous a fait connaître le général Pelet, l'un des plus illustres lieutenants de l'Empereur, et qui semble n'avoir accepté les loisirs de la paix que pour réparer les injustices dont on abreuva si longtemps la mémoire de ce grand homme.

c Napoléon, dit-il, ne fut détourné des soins constants qu'il donnait à l'histoire militaire de son temps, ni par le gouvernement d'un vaste empire , ni par les attaques sans cesse renaissantes de l'Europe. Ce n'était pas un monument qu'il élevait à sa gloire personnelle ; il y associait tous ceux qui avaient coopéré à ses triomphes, et les armées avec lesquelles il n'avait pas combattu.

» Le nouveau César préparait ainsi ses Commentaires, auxquels il se réservait de mettre la dernière main. Lui seul pouvait les complé-^ ter, leur donner la vie; seul il pouvait y déposer les secrets de la victoire, les nécessités et les confidences de la politique si mêlée aux

affaires de la guerre; ses rapports particuliers avec les souverains, ses efforts toujours inutiles pour maintenir la paix ou pour terminer la lutte ; enfin , les faiblesses et les trahisons du dehors et du dedans , qui , après avoir souvent mis la France en danger , ont fini par la perdre. »

Napoléon avait adopté, pour Thistoire militaire de TEmpire, comme pour celle de 1796 et 1797 , la division par Batailles , précédée de préambules qui les liaient avec les événements antérieurs. Au commencement de 1810 , il les fit réunir en cinq volumes. Le premier avait six chapitres, et présentait toute la campagne d'Italie; le deuxième se composait des batailles d'Egypte et de Marengo ; le troisième, d'Ulm et d'Austertits ; le quatrième, d'Iéaa, d'fiylau, de Friedland ; le cinquième volume renfermait Essling et Wagram.

Dans les premières relations^ les chefs de l'armée portaient leurs noms de famille qu*iU avaient déjà su rendre illustres; l'Empereur substitua aux noms primitifs les titres que de nouvelles victoires avaient acquis aux maréchaux et à quelques généraux. Cette sorte d'anachronisme a été blâmée. Qa n'a pas à le justifier ; on l'énonce seulement; dit« le général Pelet, afin de dire que pour cette partie du manuscrit comme pour les autres, on ne s'est permis aucune corr«6<* tien. Napoléon pouvait croire alors à la durée de ses iaslituticHis ; et il ne s'est pas entièrement trompé, puisque les titres de nos gloires , survivant à nos adversités^ sont portés aujourd'hui par les descendants des lignes impériales.

Le dép6t de la guerre possède les épreuves in«folio det batailles d'Âusterlitz, de Saint-Georges^ d'Àrcole, tirées en 1810 à rimprimerie impériale. La première a été composée d'après une minute entièrement écrite par le général Bertrand, corrigée par l'Empereur, et en marge de laquelle ii a fait ajouter par son aide-de-camp des notes assez étendues. Les trois autres exemplaires sont chargés de correo» tîons; et sur la seoonde édition de Saint-GeorgeSi on trouve le changement des noms. Ces épreuves, extrêmement précieuses, sont uniques. M. de Méneval, le baron Fain, le duo de Ba$san0; les personnes qui entouraient l'Empereur, n'avaient conservé aucun souvenir de ees épreuves, ainsi que des Campagnes rédigées au dép6t de la guerre. On u'en a trouvé aucune mention à Tlmprimerie du gouvernement.

Napoléon modifia ses premières dispositions, au moins relativement aux guerres de l'Empire, et réunit les Batailles afin d*en former des

àmpsgnes complètesi sans qu'il soit possible d'assigner Tépoque prèàd oft ôétte transformation des batailles en campagrtes fut opérée; Deux copies des Campagnes ont été retrouvées au dépôt de iaguerre, A la Restauration, peu soucieuse de la gloire des armées françaises, ks tenait enfouies depuis quinze ans dans des liasses de rebut. C'est dTaprës ces copies soigneusement coUationnées entre elles , et avec f épreuve d'Àusterlitz, que l'impression actuelle a été fkite; de même foe nos cartes ne sont que la reproduction des dessins qui accompagnaient ces campagnes^ et sur lesquels Bertrand et Bertbier avaient fiut placer les séries de mouvements que nous donnons.

n ne &ut point oublier que ces Campagnes sont présentées comme on canevas purement militaire, comme de simples relations ordon^ iées par Napoléon , pour écrire un jour ses Commentaires. Elles doivent ôtre considérées comme d'excellents matériaux, pour étudier rhistoirè de ces époques, surtout à cause des documents qui ont servi à leur rédaction, ou qui se trouvent insérés dans le texte.

Ces matériaux précieux, nous Tavons dit, étaient renfermés en cinq volumes; le sixième, destiné à la campagne de Russie, fut à pcme commencé. Ne pouvant obtenir de ce côté aucun renseignement utDe, nous avons dû chercher à nous rapprocher autant que possible de Fesprit qui avait dirigé les premiers travaux , et c'est dans ce but que nous donnons ici la relation de la Bataille de la Moskotva^ écrite par le général Pelet ; et YEocamen critique du général Gourgaud. Des Ob$erwuiwis sur les Historiens de la campagne de Russie j par le colonel Chapuis, qui s'occupe de donner à ces recherches si instructives les plus grands développements, nous ont aussi paru de nature à intéresser nos lecteurs et à les guider sur ce terrain difficile.

Le général Bertrand nous dit, dans ses Hémoires sur l'Egypte, que Napoléon à Sainte-Hélène voulut dicter la campagne de 1812. Le général Gourgaud , étant le seul d'entre eux qui eût fait cette campagne, fut chargé de prendre des notes que Napoléon rectifia. C'est avec ce premier jet , écrit sous les yeux de ^Empereur, et dont nous avons Yu la trace, que le général, obligé de quitter l'île Sainte-Hélène, réfuta l'ouvrage de M. de Ségur. Il est regrettable, sans aucun doute, que le général Gourgaud, qui avait une si noble cause en main, ne l'ait pas fait valoir avec plus de modération , surtout eu parlant à un ofScier français dont les services doivent être comptés comme très honorables ; mais il faut, d'un autre côté, se reporter à

UDB époque où il était ODCore de très bon goût » dans les ouvrages les plus sérieux ; d'outrager journellement Napoléon. L'écrit du général Gourgaud renferme des renseignements précieux sur les habitudes de l'Empereur au camp; ou y trouve aussi d'excellentes leçons de grande tactique et de stratégie ; enfin, une sourcç d'instruction réelle pour les militaiiT^s.

Les campagnes de 1813 et 1814 sont extraites des Mamiscriis du baron Fain, secrétaire du cabinet de l'Empereur. On sait le succès prodigieux de ces Manuscrits quand ils parurent. La position particulière de l'auteur lui permettait de voir les événements du point de vue le plus élevé ; sa plume facile et souvent éloquente sut donner à ses narrations cet intérêt puissant qui rappelle les beaux historiens de Fanliquité.

Nous nous sommes expliqués pour la campagne de 1815 qui émane directement de l'Empereur, et pour les BtUletim de la Grande-Armée^ ces grandes pages de notre histoire écrites sur le champ de bataille. Nous avons complété ces Bulletins par la Bataille de Paris, tirée des JHémoires du général Kocli , sur la Campagne de 1814. Il en est peu parmi nos lecteurs qui ne connaissent l'importauce de ce travail , et qui ne sachent également que le général Koch est un de nos plus savants écrivains militaires.

DR

L'EMPEREUR NAPOLEON

DE

L'EMPEREUR NAPOLÉON

lus 11 I4VIIH IT ailTIICII.

BiiMi 4es |Nte49î(NiiiK Bvèoemeiitsqiii le soM pmé» <l»inooi», depuis la«wpafP64fi 1800 fgaqfk celte de 4«05. ~ Motifs de 1» Guerre qai a éciité aolM la Fnoee ec r^^trkbe, à Ja fin de cette dernière année. — Forces de la coalition htmée contre la Vraiice.

les prélîmînaîres signés avec rAutriche , à la suite de la bataille de Marengo et des brillants succès des années françaises dans la campagne de 1800 , avaient été ratifiés par une paix définitive conclue à Lunévflle, le 9 février 1801. L'Angleterre, abandonnée du seul allié qu'elle eût alors sur le continent , et n'ayant aucune sorte d'avantages à attendre , soit pour l'accroissement de sa puissance , soit pour la diminution de celle de sa rivale , de la prolongation de sa lutte avec la France , céda aux circonstances du moment : elle se décida à la paix , qui fut signée à Amiens, le 25 mars 1802.

Le repos se trouvant ainsi rétabli en Europe par la main puissante de Napoléon , tout annonçait un long calme et le retour de la prospérité générale. Mais C€s vues bienfaisantes n'étaient pas celles de l'Angleterre. Elle n'avait fait la paix que pour mieux couvrir ses intrigues dans les différentes cours de l'Europe : elle recommença la guerre lorsqu'elle crut avoir réussi à susciter de nouveaux ennemis à la France , et qu'elle jugea le moment favorable pour détruire son commerce qui était déjà devenu florissant depuis la paix. Le traité d'Amiens fut de nouveau rompu , entre la Grande-Bretagne et la France, par le départ de Fambassadeur 4' Angleterre, qui abandonna Paris précipitamment « au mois de mai 1803.

PREMIÉHE PARTIE.

lfo»T«aMnl de râméê , iefnîM ioé dépcn da tÊtap de toolegM

L'accession que rAatriche se préparait à donner à une coalition contre la Fnnee, n'avait point échappé h la per^ spicaeité de TEmperetir. Les premiers ■gnes s'en étaient manifestés en Italie. Dès le conunencenient de Tannée 1805, nr l'aTis qu'il avait eu que la cour de Napies prenait des arrangements arec IsB amenais de la France et projetait un rassemblement d'armée, l'Empereur chargea le prince Major-général d'écrire an général Gouvion-Saint-Cyr , comnandant les troupes françaises dans le royaume de Napies , de ne point laisser endormir sa surveillance par les protestations d^amitié du cabinet napolitain , et dinsister fortement pour que la milice fftt désarmée dans œ pays , et qu'il D'y eût pas apparence de mouvem^its ou d'organisation de troupes. Dans le cas contraire, le général Gottvion-Saint- Cyr avilit l'ordre de déclarer qu'il marcherait sur Napies. Pendant Tété de f 805 , les émissaires de rAntriche répandaient des bruits de guerre dans le nord de l'Italie. C'était sur ce point que le gouvernement autrichien voulait porter ses plus grands efforts. Cette contrée était , avant tout , l'objet de sa convoitise; il ne se consolait pas de la perte des beaux domaines qu'il y avait possédés. Il cherchait à mettre en mouvement tout ce qui lui était resté de partisans dans ce pays* Les généraux français écrivaient quâjm iHahraiUants ,

les intrigants et les brigands avaient remuée lorsque les broits de guerre avment pris naissance; que cependant ces mouvements isolés n'avaient rien produit de fUcheux pour la tranquillité publique ; que le moral des troupes en Italie était excellent; qu'elles étaient prêtes à tout entreprendre ; que le peuple était calme, et que l'apparition des troupes françaises lui avait enlevé jusqu'à l'ombre des craintes qu'on avait cherché à lui inspirer.

L'£mpereiu* n'en prenait pas moins toutes les mesures capables de défendre un pays précieux par lui-même, et iraportant pour la sûreté des frontières de la France. Il faisait donner, en même temps, Tordre au général comte MioUis de se rendre sur le champ à Mantoue podr prendre le commandement de cette ville , et la mettre en état de défense; bu général Lacombe Saint- Michel , commandant en chef l'artillerie française en Italie, d'armer promptement les places et d'organiser les services de l'artillerie de campagne ; au général comte Chasseloup, conmiandant en chef l'arme du génie, d'inspecter avec soin les forteresses et d'y faire les réparations et les améliorations que le temps et les circonstances permettraient. Enfin il ordonnait au maréchal Jourdan , g^éral en chef de l'armée d'Italie , de la réunir sur le Mincio pour qu'elle fût prête k tout événement.

Les circonstances étaient urgentes.

Le maréchal Jourdan écrivit, en date du 5 septembre 1805, que Tarmée autrichienne était en ligne sur l'Adige et que, par les renforts qu'elle recevait journellement , elle serait bientôt portée à 90,000 hommes. L'on savait que l'Archiduc Charles S6i*ait le général de cette armée. Sur ces entrefaites, l'Empereur avait donné le commandement de l'armée française d'Italie au maréchal prince d'Essling qui se rendit sur le champ à sa destination. Le princeMajorgénénd, dans une lettre du 13 septembre 1805, lui fit passer de la part de l'Empereur les instructions suivantes:

« L'Empereur m'ordonne de vous )) faire connaître, M. le Maréchal, que » toutes les mesures ont été prises pour » que les places du royaume d'Italie , et )) celles des 27* et 28* divisions militai- » res, fussent approvisionnées. Une » grande quantité de biscuit est confec- )) tionnée ; et le directeur de Tadminis- » tration de la guerre instruit votre or^ » donnateur de toutes ces dispositions.

)) On vous aura rendu compte des » ordres que j'ai donnés pour que les » troupes qui étaient dans les 27* et 28* » divisions se réunissent à Brescia. Vous n connaissez leur itinéraire et l'époque » de leur arrivée. Je vous ai envoyé l'état » des généraux et adjudants-comman- » dants qui ont l'ordre de se rendre en » poste à votre quartier-général : don- » nez-leur la destination que vous croij» rez convenable.

» La levée de la conscription de l'an » XIV s'opère avec activité ; l'Empe- » reur a appelé 60,000 hommes, dont » une partie assez considérable est des- » tinée pour votre armée.

» Il me reste actuellement à vous » tracer, M. le Maréchal, les vues de » l'Empereur sur la conduite que vous

L'EMPIBE.

» avez à tenir avant et après le commenp cernent des hostilités.

)) Au moment où vous recevrez cette D lettre , la moitié de votre armée doit se » réunir entre Vérone etPeschiera, en » ayant soin d'éviter les endroits mal- » sains , en se portant sur les terrains » élevés au lieu de s'étendre sur les par- » ties basses de Mantoue , Goito , etc. , et » se nourrissant par Vérone, Peschiera )) et Mantoue.

» L'autre moitié sera cantonnée à » Castiglione , Lonato , Desenzano , » Monte-Chiaro, etc., de manière que » les corps les plus éloignés se trouvent » sur le Chiese , et se nourrissent par » Brescia et Crémone.

» Vous occuperez Vérone en force; » vous ne laisserez à Legnago qu'un » bataillon de garnison , trois compa- » gnies d'artillerie française et italienne, » et une compagnie de sapeurs.

» Un général de brigade de cavalerie , » avec deux régiments de troupes à » cheval et quatre pièces de canon ser- » vies par l'artillerie légère , borderont » l'Adige depuis Legnago jusqu'à Ro- » vigo. Ce général devra vous tenir in- » struit de tout ce qui se passerait de co ))côté.

A Vous devez Cure ti^avaiUer vos sol- » dats à construire des retranchements » sur les hauteurs de La Corona , à éta- » blir des redoutes sur le plateau de » Rivoli. Vous aurez quelques ouvrages » fermés sur celui de Castel-Novo, de » manière que, si par quelque événe- » ment qui n'est pas probable, vous » étiez dans le cas d'évacuer l'Adige » après la perte d'une bataille sous Vé- » rone, vous puissiez vous retirer der^ » rière ces redoutes, disputer le terrain » et gagner du temps avant de prendre » le parti de repasser le Mincio.

)) Quand vous vous ti*ouverez avoir à » Vérone, Bussolengo et villages voisins,

I de 18 à20,000 hommes , alors Tenne- 8 mi sera obligé d'en avoir autant ; ce

> qui doimera un beau champ à la dés sertion que vous favoriserez de tous I vos moyens.

m Le quartier-général serait bien B placé à Mantoue, si la saison n'était » plus mauvaise ; ou bien il serait con- » venable de l'établir à Yilla-Franca.

B Quoique M. de Cobenzel soit tou- » jours à Paris , il est possible que Ten-

> nemi vous attaque d'un moment à » Fautire. Ce sera donc à vous à avoir

> YœH toujours ouvert, à tenir les trou-

B pes que vous avez au delà du Mincio ,

» prêtes à se porter où vous le jugerez

• nécessaire. Depuis l'Adige jusqu'au

9 Mincio , vous ne soufirirez aucuns

B dépôts , ni hôpitaux ; vous ferez tout

a rentrer dans Mantoue et dans Pes-

B diiera, pour faire filer, au premier

i moment, si cela devient nécessaire,

B tous les bagages au delà de l'Adda.

B Du reste , vous vous tiendrez dans la

» meilleure intelligence avec l'ennemi.

9 Vous me préviendrez fréquemment

» de tous ses mouvements, en faisant

» passer vos courriers par le SainMîo-

» thard , lorsque je vous aurai prévenu

B que l'Empereur sera à Strasbourg.

B Vous aurez soin de répondre , toutes

» les fois que l'ennemi vous interrogera

» sur la concentration de vos forces,

a que vous ne voulez que vous défen-

» dre, l'Autriche ayant fait cause com-

A mune avec l'Angleterre, mais que

B vous n*avez pas l'ordre d'attaquer;

» qu'au contraire , vous avez celui de

B vivre en meilleure paix , jusqu'à ce

» que les différents survenus entre les

a deux gouvernements soient terminés.

2) Passons actuellement à l'époque où B les hostilités auraient commencé.

B Entre le 27 septembre et le 2 octo- Bbre, l'Empereur compte passer le i» Rhin ; vous verrez l'effet que ce mou-

» vement fera sur l'armée autrichienne, » et vous devez être prêt à agir.

» Je [vous informerai du jour où )) l'Empereur passera le Rhin ; je vous » instruirai plus particulièrement si » vous devez , oui ou non , commencer » les hostilités. Au cas où je ne vous » dirais rien, vous ne les commenceriez » qu'autant que vous vous apercevriez, » aux dispositions de l'ennemi, qu'il » veut vous attaquer , et que vous croi- » rez avoir de l'avantage à commencer y> lesdites hostihtés.

» Vous sentez que l'Empereur ne » peut pas aujourd'hui déterminer le n genre de guerre que vous pourrez » faire , puisque cela dépend de la force » de l'armée ennemie. Mais il est évi- » dent que, si elle est plus forte que » vous, si une guerre offensive, ayant » pour but d'envahir le pays vénitien , )) est difficile ou dangereuse pour vous , » il serait cependant nécessaire , pour » bien appuyer votre défensive et vous » donner le temps d'attendre le moment » où l'armée ennemie se serait dégarnie )) devant vous pour aller renforcer l'ar^ )) mée d'Allemagne, que vous soyez » maître de Vérone et de la tête de pont » de Legnago.

» L'Empereur estime qu'une fois » maître de Vérone, vous devrez ran- » ger votre armée sur trois lignes, en » avant de cette ville sur le terrain le » plus convenable ; la droite appuyne à » l'Adige et la gauche aux montagnes ; » en faisant construire cinq ou six re- » doutes fermées , en avant et sur les » flancs de votre ordre de bataille.

» Une division occuperait Rivoli , » ayant son avant-garde à La Corona.

» Dans cette position , l'Empereur ne » doute point que 40,000 hommes ne » soient à l'abri d'être attaqués par un » beaucoup plus grand nombre. SaMa- » jesté ne voit pas quels moyens pourrait

» prendre Fennerm paur vws délc^er » de devant Vérone. Il ne peut point » pénétrer par La Gorona; car jamais i> il ne donnera une bataille sérieuse, » sans artillerie et sans cavalerie. Il » n'essaiera point de passer TAdige en- » tre Vérone et Legnago ; vous lui tomi> beriez sur les flancs plus bas que Vè- » rone; outre les difficultés du pays, » Tennemi s'exposerait à vous voir sur » ses derrières. Il est donc à penser que » dans cette bonne position flanquée » par rÀdigeet par le Montebaldo, te- » nant presque toute votre armée cam- » pée devant Vérone, vous pouvez at- » tendre autant de temps que cela vous y> conviendra. Là, votre armée sera bien » nourrie; votre artillerie s'approvision- » nera ; et votre infanterie se reposera. » Au surplus, tout est subordonné aux » circonstances et à vos talents.

» Si l'ennemi n'est que de votre force, » nul doute que les dispositions ci-des- » sus ne deviennent inutiles. Vous l'at- » taquerez; vous le poursuivrez sans » relâche , l'épée dans les reins ; et vous » irez planter vos aigles sur les bords D de la Brenta et de l'Isonzo, pour » venir ensuite former la droite de la » Grande-Armée. Mais si l'ennemi était » supérieur dans le premier moment, w tout porte à croire que vous ne res- » terez pas plus de quinze jours dans » votre position de Vérone, sans que ^ l'ennemi ne fasse de forts détache- )> ments de son armée d'Italie sur celle » d'Allemagne. Alors, vous marcherez » à lui pour vous porter sur l'Isonzo , » en laissant toutefois, sur l'Adige, un » petit corps de troupes pour pouvoir, » suivant les circonstances, renforcer T) Mantoue et Peschiera. Mais je vous » ferai connaître fréquemment les pro- I) grès que nous ferons en Allemagne , n et je vous enverrai des ordres qui di- « rigeront votre conduite.

0 SI vous Aies iofeé h Id détaiaite, » vous devez disputer le terrain pied à » pied , le plus qu'il vous sera po&- D âble; laisser dans Mantoue 10,000 » hommes , dont 7,000 Français et X» 3,000 Italiens; dans Peschiera, 600 » Français et 400 hirfiens. Ces places » sont abondamment approvisionnées.

)) Vous devrez vous tenir toujours prêt » à reprendre l'offensive , car il est » impossible que les opérations de » la Grande- Armée ne finissent pas ji par attirer toute la sollicitude de » l'ennemi.

» J*ai cru devoir , M. le Maréchal , D vous taire connaître les plans de Sa n Majesté , afin que vous puissiez mieux » vous diriger, en tout état de cause , » suivant les circonstances. »

Le même jour , le prince Majorgénéral écrivait aussi au maréchal prince d'Essling: « L'Empereur, M. le Maré- » chai, m'ordonne de vous instruire )) de la situation des choses. Quoique » M. de Cobenzel soit toujours à Paris , » et M. de Larochefoucauld à Vienne , » l'Autriche n'en paraît pas moins décin dée à la guerre.

» Il est certain que , le 10 septembre, » avant-hier, une division autrichienne » a passé l'Inn ; ce qui a obligé le Roi j) de Bavière à se sauver du cAté de » Wûrtzbourg. Ainsi , les Autrichiens » ont commencé les premiers à établir » la guerre civile dans l'État germanin que. Vous ne sauriez donc vous tenir » th)p en garde. Vous savez que le ï) grand art est de tenir toutes ses trou- » pes réunies. L'Empereur compte sur » votre zèle, sur votre courage ordi- » naireet sur vos talents. Vous verrez, Ki par l'instruction ci-jointe, que Sa » Majesté sera sur le Rhin , le 23 sep- » tembre, avec l'armée des côtes, qui » était campée à Boulogne ; et bientôt » nous aurons établi une diversion qui

CAMPMIIB I» 1805.

f ffiminvora let fe>re68 qui som defmf

Pour assurer le snceès des opérations dn maréchal prince d'EsftImg, dan» le cas o& décidénieiTt il prendrait ToffeiK SYe, et pour lui faciliter la défensive, sH était obligé de se renfermer dans cette mesure, il était important de B'aroir aucune inquiétude du côté des Napolitains. L'on était instruit que les Russes , qui étaient au nombre d^ 12,000 'hommes à Ciorfou , et les Angfakis, qui avaient réuni environ 8,000 honunes k Malte, projetaient un débar* quement dans le royaume de Naples.

Ce projet , s'il eût réusri , pouvait donner aux alliés une attitude imposante dans le midi de Tltalie, surtout lorsqu'ils auraient encore réuni à eux Farmée napolitaine. Pour parer à. cet inconvénient, il fat prescrit au général Saint-Cyr d'entrer à Naples, au moment où il apprendrait que l'Empereur aurait passé le Rhin. Ses instructions portaient en outre d'opérer la dissolution de l'armée napolitaine, de s'empa* rer des places et des forts , de les faire démolir , et d'en diriger rartillerie et les munitions sur Pescara, place qu'il tarait soin de bien armer et d'appro- \Tsionner, afin qu'elle devînt son centre d'opérations, tar la prompte exécution de ces ordres, les Russes et les Anglais devaient se trouver prévenus , et la cour de Naples, surprise et arrêtée dans l'exécution de ses plans.

Pendant que l'on prenait ces précautions pour la défense de l'Italie, où Tennemi semblait se préparer à se saisir du rôle d'attaquant, l'Empereur méditait de lui potier un côUp décisif en AIleiTtagne , où les Autrichiens espéraient pouvoir k leur gré traîner la guerre èti longueur. Us étaient d'autant plus éloignés d'avoir des inquiétudes de ce cMéy qu'à la fin d'aoftt, lorsque

les eolomies autrkitâaniM étateni < prêtes à passer l'Inh et à pénétrer eu Ravière, la Grando-Armée française était encore répartie sur les côtes de rOeéan , depuis Srest jusqu'au Texel ; et son chef suprême ne paraissait occupé que de l'expédition de l'Angleterre. D'ailleurs, l'Empereur, retenu par Tespoir de conserver k paix , n'avait rien épargné pour éclairer l'Autriche sur sei Vrais intérêts; mais c'était en vain qu'il avait cherché à la ramener à des intentions pacifiques. Lors donc qu'il eut lieu d'être convaincu de l'impossibilité de maintenir l'accord entre l'Autriche et la France , Napoléon résolut de marcher en Allemagne avec une promptitude capable de frapper l'ennemi d'étonnement , et de faire éehouer des plans qu'il n'aurait pas eu le temps de mûrir.

A l'époque où le transport de l'armée, 'depuis les côtes occidentales de la France jusqu'au delà du Rhin , fut résolu , un ordre du jour du 90 août lui annonça, en ces termes, sa dénomination nouvelle et sa composition.

a L'armée des côtes de l'Océan s'aprt pellera, dès ce jour, la Orande-Arïiiée.

» La Grande-Armée est composée » comme il suit :

» L'Empereur et Roi , conmiandant D en personne ;

» Le prince de Neufchâtel , major- 7> général , expédiant les ordres de Sa n Majesté ;

)) S. A. L le grand-duc de Berg, » lieutenant de l'Empereur, commann dant en son absence ;

n L'État-major-général ;

I) La Grande-Armée se divise en sept ï) corps dénommés 1", 2«, 3«, 4.«, 6«, n 6* et 7« ; line réserve de cavalerie ; )) une de dragons ; enfin la garde impéw riale.

L'EMPIRE

)) Le premier corps est commandé » par le prince de Ponte-Corvo ;

» Le second corps, par le duc de » Raguse;

» Le troisième, par le prince d'Eck- » mûhl ;

» Le quatrième, par le duc de Dal- » matie ;

» Le cinquième, par le duc de Mon- » tebello ;

» Le sixième, par le duc d'Elchin- »gen;

» Le septième, par le duc de Casti- » glione;

» La première division de grosse ca- » Valérie, par le général comte Nan- » souty ;

» La seconde de la même arme, par » le général d'Hautpoul;

» La première division de dragons, )) par le général Klein ;

» La seconde, par le général comte » Walther;

» La troisième , par le général baron » Beaumont ;

» La quatrième , parle général comte » Bourcier;

» La division de dragons à pied , par » le général comte Baraguey-d'Hilliers.

» La garde impériale a pour chefs les » maréchaux ducs distrie et de Tré- » vise. »

Le quartier-général où l'Empereur se trouvait en personne , était alors à Boulogne. La garde impériale était auprès de Sa Majesté. La réserve de cavalerie , celle de dragons , et le quatrième corps, étaient aussi à Boulogne; les troisième, cinquième et sixième corps étaient, à peu de distance, dans les camps d'Ambleteuse, Ëtaples et Yimereux. Le second corps, connu sous le nom d'armée de Hollande, formait dans ce pays Textréme dtoite de Taruiée. Le septième corps , ou Tarmée de Brest, pouvait être considéré comme

Textréme gauche , puisque sa communication avec Tarmée existait facilement par mer. Le premier corps, sous la dénomination d'armée de Hanovre, gardait ce pays que Napoléon avait enlevé aux Anglais, Tannée précédente.

Les vues de l'Empereur tendaient à porter ces différents corps au centre de rAllemagne, assez rapidement pour prévenir la jonction des Russes avec les Autrichiens, manœuvre qui , vu la supériorité physique et morale de l'armée française, donnait l'espoir bien fondé de battre ces deux alliés séparément.

En conséquence de ce plan , les ordres furent distribués suivant la position des corps et leur plus ou moins de distance des points où l'on se proposait de parvenir. La position de l'armée de Hollande la mettait à même d'arriver des premières sur le Rhin , en dissimulant son mouvement qui pouvait n*avoir en apparence que le but de prendre des cantonnements, à l'époque où la saison n'était plus propre pour une expédition maritime. Ce fut dans ce sens que le prince Major-général écrivit au duc de Raguse, commandant de cette armée, en date du 23 août : <( L'Empereur veut » queje vous instruise que,dans la situa- )) tion où s'est placée l'Europe, Sa Ma- )) jesté sera obligée de dissoudre les )) rassemblements que l'Autriche fait » dans le Tyrol , avant de tenter l'«x- » pédition en Angleterre. En consé- » quence, l'intention de l'Empereur est » que, vingt-quatre heures après que » vous aurez reçu un nouvel ordre de » moi , vous puissiez débarquer ; et que , » sous le prétexte de vous mettre en niai'- » che pour prendre des cantonnements, » vous gagniez plusieurs jours de mar- » che, sans qu'on sache ce que vous » voudrez faire ; mais , dans le bit, vous » devrez gagner Mayence. Sa Majesté

» désire que votre corps reste au moins » fort de 20,000 hommes, et que vous 2» emmeniezavecvous le plus d'attelages » qu'il vous sera possible. Je vous re- > commande le secret le plus impéné- » trable. Si la guerre a lieu, l'Empereur » veut se trouver dans le cœur de TAlj» lemagne avec 300,000 hommes, sans A qu'on s'en doute. »

Une seconde lettre du 28 août , au noème général , portait : « Vous com- » mencerez votre mouvement pour vous » rendre à Mayence, le 2 septembre; » TOUS emmènerez le plus de cavalerie 9 et le plus d'artillerie, soit française, B soit hollandaise, qu'il vous sera pos- » sible. Vous avez vingt jours de mar- • che. Il est très nécessaire que , du 20 » au 25 de ce mois , votre corps d'ar- 9 mée soit réuni sur le Rhin , et puisse B entrer en campagne. Procurez-vous » tous les moyens d'accélérer votre » marche. L'intention de l'Empereur A étant de faire une campagne d*au- A tomne, nous n'aurons pas le temps » de nous procurer les équipages de vi- « vres , ceux d'ambulance et autres » transports, qui sont cependant si utiles )» aux armées. La Hollande peut vous » en fournir; mettez tout en œuvre pour » cela. })

L'armée de Hanovre n'avait pas un pijle moins important que la précédente ; ir-àT^ en arrivant directement sur le Mein, en môme temps que les aulres corps parvenaient sur le Rhin, elle formait, au centre de l'Allemagne , le nœud des différentes parties de l'armée française , et assurait la jonction de cette armée avec les Bavarois qui s'étaient déclarés pour la France, et dont la coopération pouvait être fort utile. En conséquence, le prince Major-général écrivait au prince dePonte-Cor\'0, chef de l'armée de Hanovre, en date du 28 août : « L'inten- » tion de l'Empereur est que vous dé-

» tachiez sur-le-champ une division de » quatre régiments de cavalerie , quatre » d'infanterie et vingt pièces de canons » sur Gôttingue , où ces troupes devront » être réunies le 12 septembre. L'Em- » pereur ne veut occuper du Hanovre » que la place forte de Hameln, que » vous mettrez en état de défense, et » que vous ferez approvisionner pour » six mois. Vous y laisserez en garnison » le 19* de ligne. L'intention de l'Em- » pereur est de rassembler toutes ses » troupes du Hanovre et de la Hollande, » et celles disponibles de l'armée des » côtes et de l'intérieur de la France, » pour entrer dans le cœur dé l'Àllema- » gne. 11 faut donc que vous réunissiez ») à Hanovre tout ce qui vous restera de » troupes, indépendamment de la divi- » sion que vous enverrez à Gôttingue , » afin qu'elles puissent aussi se porter » sur cette ville au premier ordre, pen- » dant que les premières fileront sur » Wtirtzbourg. Comme vous aurez sept » à huit jours de marche sur des pays )> neutres, il faudra prendre en provi- » sion le plus de biscuit que vous pour- » rez , pour ne pas porter de dommage » au pays de Saxe et de Hesse-Cassel.

» L'Empereur ne veut pas vous lais- » ser ignorer qu'il y a une négociation » avec la Prusse ,. pour une occupation » provisoire du Hanovre, et qu'il est » nécessaire, par la réunion d'un corps » à Hanovre même , et par des disposi- » tions que vous prendrez pour y passer » personnellement l'hiver , de donner » le change à cette cour, pour qu'elle » ne comprenne pas combien en réalité » l'Empereur est pressé de réunir toutes » ses troupes. »

Le prince de Ponte-Corvo ayant exécuté ces ordres préliminaires , le Majorgénéral lui écrivit en date du 15 septembre : « Sa Majesté vous ordonne, M. le )) Maréchal , de partir avec votre corps

» d'armée pour vous rendre à Wûrtz- » bourg, et de combînervotre marche de » manière à y être arrivé du 23 au 24 de » ce mois. Vous écrirez à M. Bignon, » envoyé de France, pour qu'il demande » le passage sur les terres de Télecteur de » Hesse pour votre rentrée en France.

» M. Otto , qui est à Munich , est chargé » de vous instruire de ce qu'il y aurait » de nouveau sur Tlnn , qui pourrait » vous intéresser. Vous organiserez vo- » tre corps d'armée en deux divisions » d'infanterie de trois régiments cha- » cune , avec douze pièces de canon, et » une division de cavalerie ayant six piè- » ces de canon attelées. Vous avez dix » petites journées de marche de Gottin- » gue àWûrtzbourg; vous ne serez point » censé faire une marche de guerre; » vous direz constamment que vous de- » vez traverser le pays neutre de l'Alle- )) magne pour vous rendre à Mayence, » en passant par Wùrtzbourg. Vous )) paierez tout en argent comptant. Vous » msdntiendrez une sévère discipline.

» Vous enverrez des espions à Égra et » à Prague, afin d'être instruit de tout » ce qui s'y passe. Vous enverrez un » officier intelligent à Nuremberg, afin » d'observer tous les mouvements des » Autrichiens; car, quoique le ministre » français soit à Vienne, et que nous » soyons encore en paix , l'Autriche a » levé l'étendard et a déchiré le voile ; » et, comme vous le sentez, la guerre » est imminente.

» L'Empereur m'ordonne de vous » faire connaître que le roi de Bavière » arrivera à W^ùrtzbourg le lendemain » du jour où vous serez dans cette ville, » et qu'il y réunira toutes ses troupes. » Le duc de Raguse se trouvera à » Mayence avec son corps d'armée, et » recevra l'ordre de se rendre à Wùrtz- » bourg pour vous y Joindre. L'Empe- » reur sera lui-même à Strasl)ourg. Cha-

L*£ilNIIE.

» cun sera à son poste. Vous senteat » queHâ variété de combinaisons et » qu^e exactitude il tant pour con- » duire avec succès, à la gloire de )) l'Empereur et au plus grand avantage » de la patrie , une guerre dont le théâ- » tre s'étend depuis le rivage de la Bal- » tique jusqu'à Naples. »

Tous les autres corps de la grande armée , qui se trouvaient sur les côtes de l'Océan, avaient été instruits de leur départ et de leur marche par un ordre du jour, du l**^ septembre, ordre qui avait fixé leur emplacement sur le Rhin, ainsi qu'il suit :

« Le troisième corps, sous les ordres » du maréchal prince d'Eckmùhl , quit- )) tera Àmbleteuse, du 2 au 5 septem- )) bre , et sera rendu à Manheim le 25 )) septembre, en passant par Cassel, » Lille, Namur, Luxembourg, Sarre- » louis et Deux-Ponts;

)> Le quatrième, sous les ordres du duc )) de Dalmatie, partira de Boulogne le 29 » août pour se rendre à Spire, où il arri- )> vera le 25 septembre, en passant par » Saint-Omer, Douai, Cambrai, Méziè- » res, Sedan, Verdun, Metz et Landau;

» Le cinquième, sous les ordres du » duc de Montebello , partira de Vime- » reux le 30 août, et se rendra à Stras- » bourg pour l'époque du 23 septembre , » en précédant d'un jour de marche le » quatrième corps jusqu'à Metz ;

» Le sixième, sous les ordres du maré- » chai duc d'Elchingen, quittera Étaples » le 28 août, et sera rendu à Haguenau » le 25 septembre, passant par Hesdin , » Arras, Péronne, La Fère, Reims, » Toul, Nancy, Lunéville etSaverne;

» Le septième , sous les ordres du ma- » réchal duc de Castiglione, se mettra » en mouvement en même temps que » les autres; mais ayant quinze jours de ï> marche en arrière i ii servira d'armée » de réserve;

tt

• Les doax réserves de eavalem et de » dragons, sous les ordres du grandi duc de Berg, ftàeèdesotA le resCede » Tannée, et seront madus dans k déipertement du HsntrAhin, àPirma- » seu, SehfiiesUdt , Moisheim , Obem-

• lMiiii,d« i6au 81 septembre; lequar-

> tier-^énéral de Son Altesse seraptoeé

» La garde impéride doit être arrivée »à Strasbourg, le S septembre; le s graad quartier^général sers étabM à » Strasbcmrg. »

Pendant que ces mouvements s'exéeutai^ii, l'Empereur fâsait écrire à M. Otto , ministre de France en iavière, eadste du 19 septembre :

« Sailaîestéadonnérordfareauprinee 9 de ^nSe-Gorvoet au duc de Raguse

• de se diriger sur Wûrtzbourg avec » leurs corps d'armée , forts «dsemtrfe

> de cinquante mille hommes. Ilest né-

• cessaire que vous pressiez la cour de » Bavière de fiEÛre approvisionner la cî- ■ tadelle de Wùrtzboui^ , et que vous B basiez confectionner dans cette ville

• trois cent mille rations de biscuit, » afin de donner aux opérations militai-

> res tcMite la rapidité possible. Tous les » paiys autrichiens et ceux des prin- » ces attachés à la maison d'Autriche , » saront mis à contribution pour faire

> vivre Tarmée. D est important que les » achats de chevaux, ck>nt vous êtes » efam^ , se fetseent immédiatement.

» L'Empereur me charge de vous » Mre connaître qu'il est indispensable i qae le corps de troupes bavaroises se » nm^ sous les ordres de M. le maré- » chai prince de Ponte-Corvo. Il sera » en conséquence nécessaire que le Roi » de Saviëre le fasse reconnaître de ses n troupes. Sa Mqesté désire que le corps » bavarois ^mt divisé en autant de divi- » sions qu'il y a de fois 6 à T,*Whom- 1 mes; ee €[td formera trois divisions

» d'iaianterie, présentant lS,MOhom^ » mes. Il faut également S,000 hommes » de cavalerie, et 1,600 d'artiHerie et » sapeurs. Chacune des divisions bava- » roises devra avoir 12 fûèces de canon » attelées, et un pare de réserve de 18 » autres pièces attelées et approvision- )) nées.

» Il Cuj« étaUir à W Artzbourg un hô- » pital pour cinq cents mabdes. S'il » est d'autres piaces plus en avant de » Wûrtzbouig, sur la Rednkz et sur » le Danube, susceptibles d'être dé- » fendues , il fimt que le gouvonement » bavarois les (asse armer etapprovi- :> sîonnar sans retard. »

Quoique la guerre fût certaine , l'Autriche continuait encore les négociations ; mais c'était dans le but de gagner du temps et de se donner plus de facilité pour les mouvements de ses troupes. Les Autrichiens, qui avaient passé l'Ihn, s'avançaient sur Munich. La Bavière et la Souabe aHai^dt devenir leur proie ; mais là était marqué le terme de leur prospérité passagènre. Les corps français accouraient à la défense des princes d'Allemagne, qui avaient mis tout leur espoir dans l'empereur Napoléon. Ils arrivaient à grandes marches aux premiers rendea-vous qui leur avaient été assignés. Deux coi^, placés en avantgarde sur le Mein, déterminat^t l'espace que les autres avaient enco^ à parcourir pour se l3X)Uver au centre de l'Allemagne, et assuraient leur marche en opposant une première barrière à l'ennemi.

Au m<Hnent de commencer cette nouvelle campagne, la Grande-Armée était composée, ainsi qu'il suit :

La garde impériale , sous les ordres des ducs d'Istrie'et de Trévise, était forte de quatre bataillons de grenadiers et de six bataillons de chasseurs à pied , commandés par le comte Hulin ; de six

L'£Mt»lRE.

escadrons de grenadiers et de chasseurs à cheval, commandés par le général Ordener; d*un régiment d'infieuaterie de la garde royale italienne ; d'une compagnie de mamelouks; d'un détachement de 150 chevaux de la gendarmerie d'élite ; et d'un escadron d'artillerie légère servant 24 bouches à feu.

Le troisième corps , sous les ordres du prince d'Eckmûhl, renfermait trois divisons d'infSBUdterie oonunandées par les comtes Bisson, Friant, Gudin, et composées : la première des 17®, 30®, bV^ 61' de ligne, et 13® d'infanterie légère; la seconde, des 33% 48% 108% lllMe ligne, et 15' d'infanterie légère; la troisième , des 12% 21% 25% 85« de ligne, et 21" d'infanterie légère; plus uiie division de cavalerie , renfermant le 7« régiment de hussards et six escadrons de chasseurs , sous le général baron Vialannes.

Le quatrième corps, ayant pour chef le duc de Dalmatie, était aussi partagé en trois divisions d'infanterie et une de cavalerie: la première d'infanterie, commandée par le comte Saint-Hilaire, renfermait les 14% 36% 43% 65« de ligne , le 1*' bataillon du Pô , et le 10* régiment d'infanterie légère; la seconde, commandée par le comte Legrand , était composée des 4% 28', 46', 57' de ligne , 24' d'infanterie légère , et d'un bataillon corse; la troisième , commandée pai* le comte Suchet, renfermait les 34', 40', 64', 88' de ligne, et 17' d'infanterie légère. La division de cavalerie, sous les ordres du baron Margaron, était formée par les 11', 16', 26' de chasseurs, et le- 8' de hussards.

Le cinquième corps , aux ordres du duc de Montebello , était composé de dix bataillons de gienadiers, sous le commandement du duc de Reggio ; des 58', 100*, 103' de ligne, et du 4' d'infanterie légère, sous celui du comte

Gazan ; des 9' et 10' de hussards, commandés par le comte Treilhard; des 13' et 21' de chasseurs, à la tête desquels était le baron Piston.

Le sixième corps, commandé par le duc d'Elchingen, avait trois divisions d'infanterie : la première , sous le commandement du comte Dupont, était formée des 32', 96' de ligne, et 9' d'infanterie légère; la seconde, sous celui du comte Loison, renfermait les 39' 69', 76' de ligne , et 6' d'infanterie légère ; la troisième , sous le général Malher, comprenait les 27', 50', 59'deligne, et 25' d'infanterie légère. La division de cavalerie, aux ordres du général Tilly, était composée du 10' de chasseurs, des 1'' et 3' régiments de hussards.

La réserve de cavalerie , qui fut mise sous le commandement du grand-duc de Berg , était composée de deux divisions de grosse cavalerie: l'une, formée des l'f et 2' de carabiniers, et des 2', 3«, 9', 12' de cuirassiers , était sous le comte de Nansouty ; l'autre , formée des 1'% 5', 10' et 11' de cuirassiers, était sous le général d'Hautpoul.

La réserve comprenait encore quatre divisions de dragons : la première, aux ordres du comte Klein, était composée des 1'% 2', 4', 14', 20' et 26' régiments ; la seconde , aux ordres du comte Walther, était composée des 3«, 6', 10', 11', 13' et 22' ; la troisième, commandée par le baron Beaumont, était formée des 5', 8', 9% 12', 16' et 21'; la quatrième, que commandait le comte Bourcier , l'était des 16', 17', 18', 19', 25' et 27'.

Il y avait en outre quatre régiments de dragons à pied, formant huit bataillons, sous la direction du comte Baraguey-d'Hilliers. Ces régiments devaient, suivant les circonstances, ou servir comme infanterie, ou se monter en Allemagne.

L'armée de Brest, ou le septième

CAMPÀGNEDE 1805.

S, avait pour chef le duc de Gasti- {Boiie. Ce corps était en arrière-garde , Il ne devait arriver sur le Bhin que qunse jours après les autres. II était composé de deux divisicMis d'infianterie et d'une brigade de cavalerie légère.

Cette dernitee renfermait les T** et âO« légimeiits de chasseurs à cheval. La pnmière division d'inftnterie était sous ks ordres du géaâral Mathieu, etrenfmait les 3i* et 63« de ligne, et le 7« d'infiuiteiie lég^ ; h seconde division, aox ordres du générai Desjardins, était composée des Ui% ia6«de ligne, et du i¥ d'infiinterie légère.

Les deux corps qui précédaient la Grande-Armée et qui se trouvaient déjà sur le Meîn, renfermaient ensemUe sept divisions, tant de troupes à {ried que de troupes à cheval. Celui qui portât la dénomination de premier corps , eommandéparleprincedePonte-Gorvo, awt deux divisions d'infanterie et une de cavatoîe. La première d'in&nterie, sous les ordres du baron de la Raffinîferes, était formée des 8«, U*et 64* de ligne; la seconde, sous ceux du comte d'Erlon, renfermait les 94% 95* de li- Siie,etle ST* d'inCanterie légère. La difisioQ de cavalerie , aux ordres du géaôal Kellermann, était composée du 5* régiment de chasseurs et des 2% 4«et i^ de hussard^.

L'armée de Hollande, nommée le <feaxième ccnrps, aux ordres du duc de Baguse, avait trois divisions à pied. U pr^mère, commandiée par leemite Boulet, était formée des 11% 35* de Epie, et du 18» dinfanterie légère; la Monde , sous le comte Grouehy, comprenait les 84% 92< de ligne et le 8« régiment hatave; la troisi^e, sous le commandement du général Dumonceau, était toute formée de troupes bataves. La division de cavalerie de ce Mps, renfarmant le 8* de chasseurs.

le 6* de hussards et quatre escadrons bataves , était aux onhres du baron Guérin.

La Grande-Armée , telle que la composition vient d'^ être détaiUée, s'élevait à hommes liSa,000

Il y avait en Italie , sous les ordres du prince d'Essling. •. 40t000

Dans le royaume de Naples , sous les ordres du général Saint-Cyr 18,000

Lorsqu'après le passage du Rhin , plusieurs j^nces d'Allemagne s'allièrent à la France, le roi de Wurtemberg joignit à la Grande-Armée 7,000

Le grand-duc de Bade. . . 4,000

LesBavarois, formésen deux divisions, Tune sous les ordres du général comte de Wrède , l'autre sous les ordres du général Deroi , présentèrent un ensemble de . 26,000

Total.

hommes 247,000

Telles furent les forces que l'Empereur opposa dans cette guerre k 509,000 combattants, que présentaient les armées réunies de la coalition.

Une division italienne et six bataillons de l'armée des cAtes furent laissés dans le camp de Boulogne pour la sûreté des ports et des embarcations.

Ces troupes devaient se renforcer des dépôts des régiments qui étaient à la Grande-Armée ; des soldats de la marine , et de divers détachements de la garde nationale dont l'Empereur ordonna la réorganisation provisoire.

Cette armée fut confiée au maréchal Brune. Il fat décrété que 80,000 conaerits seraient levés sans délai , pour remplacer les pertes. Les anciens officiera démissionnaires ou retirés, furent autorisés à repirendre du service. On

ui^ttiûsa aussi deux i^éser^es dans les ctn4inèiDe et viogi-^eôièniB Hmims militaires , dont la direction fut eonhfiée aux maréchaux duca de Valiuy et et de DanUick. Les quariîere^aétêttx de eas armées de réserve furent fi&éa , pour la première, à S4rasb(Hurg, et pour la seconde , à Hayeaee.

Lorsque Tarmée fui arrivée aw les bords du Rkhi» le$ ordres parlireni du ipiarlier-Tg^nénd. pour. Iç passade du fleuve. Par uae letlre eu date du 20 septembre , il Alt ordonné au général comte Songis, poounandant en cbef l'artiUene de la Grande- Année^ de jolar deux ponts sur le Rbin; l'un, Via à vis de Deurlach ; l'autre , vis à vis de Spire. Ces deux ponts devaieiit ôtre aobevés dans rintervaile du Biatia du S9 sefteaûne au 26 à nûauit. La même fettre instruisait le comte Songis des demiteçs dispositions arrêtées par l'Empereur peur le passage du fleuve, afin qu'il prit ses mesures de manière que chaque corps trouvât son artillerie et ses munitions au lieu désigné pour son passage :

€ Lomaséohalprinoe A'Eekmâid, dont » le corps forme la gauûhfi de laGrande- » Année, passera le Bhin àManheim, le » 26 et le».

» Le marédiaidnc de Qalmatie , dont » le corps estiecentrede l'armée, pas- » sera le mtaie jour au pont que voas » aurez établi à Spire.

)) Lemaré(^Idttcd*El(Aii»Ben, dont » le corps fiHt la droite de l'amiée, a » l'ordre de frandiir le fleuve, les mé- » mes jovrs qse les deux aiHres, ou » pont que vous asurez lut jeter vis à vis »deDoiirlaeh.

I» Le maréchal duc de Meatebelle et aie grattdrdttcde Berg, foraiant ena jiembte Tavant-garde de l'aimée , pns- » œrowtle % au pont de KcU, sauf la » division de cavaleriedu géaénd eooate » Naneoaly , qui paflMn le fleumàlfui-

L'EMPlUb:.

» heini, ce même jour i5, en (Hrécé^ » dmt d'unB marehe le corps du porince » d'Eckmûlh.

» Votre grand parc générai devf» par* » tir le 9B, sons Teseotte de la division » de dragons à pied.

» La Grand^Armée doH s'appnm^ B sionner pour farliikerie et las motti^ fttions, parMafBnoeetpar MaDhein; s les convois qui paitiront de Scrae*- » bourg pour s*^ rendre, devrom 8«h- » vre la riva gaudie du Rhin juscpae vis » à vis de Dourlach d'où , eelon les oipw constances, ils remonteront juB^s'à » Hanheim et Spire , ou bien prendront » le chemin de Stattgard. »

Ccsdvposîlions ne furent phiaohangées; ear elles étaient conionnes aux irniveHas qu'on eut de Tennemi. Héjjk les Autrichiens s*éteient «viincés jusqu'au centre de la Souabe. Immédiate^ ment après le passage de Hnn, ils s'étaient portés sur Munich, aAa de for^ cer la ïavière à frire cause commune avec eux. L'intention do Roi étant, au contraire, de s'unir à h France, les troupes bavaroises se repfièfent et se concentrèrent insensiblement sur Wûrtîboni^. AlcNTS l'armée autrichienne s'é^ tendk dans la Bavière et dans la Souabe. L'avant-garde , commandée par le général Klenau , se t^rigea par Landsberg et Mindelheim sur MemnAfigen , où elfe arriva le 19 septembre. Trois autres colonnes, sous les ordres des généraux Gottesheim , Kîenmayer et Rîese , composent le «este de l'armée qui était an camp de Wels, suivirent de prèsl'avwit-garde.

Le corps du général Auffenberg, qni était dans le Tyrol , vint se joindre, auprès de Memnringen, aux troupes qrf arrivaient par la Bavière. Le général Wolfekehl , qui était avec dix mîBe hommes à Bregentz, quitta cette position, <el « passant parUndau etRawensboarg,

CAHP16NB DE 4805.

imsfteUlir piovisiKiieinNit à Waldsae.

bfio, le 23 septembre, toute l'armée ememie était sur l'Ilier, sa gauebe ajH fofie à la ville deMemmiagen, ga droite à ode d'Uhn, que le ookmel Dedowich kl chargé de niettre promplement en élatâe défense. Le oorpB de Wolfskehl ilb , de Waldsee , prendre la po6ition de Stockach , d*où sa cavalerie légère s'a- ?Hiça dans les différ^ts débouchés de hFoiéir-Noire.

Le général d'artillerie Mack, qui diligeait en chef les opérations de l'armée autrichienne eu Souabe, avait pris les positions de l'Ilior et de Stockach , dans h persuasion que les Français opérelaient, dans cette campagne, par le midi de la Sonabe y comme ils l'avaient fait m 1800. Dans cette hypothèse , les postes qu'il avait choisis paraissaient mettre à couvert , aussi bien qu'il était possiUe, cette partie de l'Altemagne. Mais la marche de l'Empereur trompa l'espoir de l'ennemi.

Fur leur arrivée précipitée sur l'Ilier, les autrichiens s'étaient prêtés, sans le soupçonner, aux vues de Napoléon.

Pramièrement, ils avaient mis les Russes dans l'impossibilité de les joindre avint Tarrivée des Français, et ils s'étâent ainsi exposés à recevoir seuls l'effert de ces derniers. En second lieu , ils mient laissé une lacune immense entre riDer, où ils se trouvaient, etl'Inn, q6 l'on attendait les Russes. LTmpernir suait promptement cette faute, et décida qu'on occuperait cette lacune.

Les deux corps, formant ensemble 50,000 hommes , qui étaient arrivés à Wôrtzbourg , et qui s'y étaient réunis à 96,000 Bavarois, composaient sur ce point une* force déjà sufltsante pour Texécution des projets de l'Empereur.

Ihis Napoléon , voulant frapper un coup dfcisif , résolut d'y employer toute son innée. Parle mouvement qull lui im-

prima, les lignes de marelie des différentes colonnes devaient allerconveiger sur le Danube, entre DonawerCh et Ingolstadt. La direolion donnée aux trou-pes de la droite les condnisait, au travers de la Forèi^'Noire, par la psftîe la moins difficile; et elles tournaient , par le nord et Fest^ la chaîne des Aipe^^ Wûrtembergeoises qui s'étendent depuis Donaueschingen jusqu'à la Brsotx, Si l'ennemi venait se placer entre lliler et le Lech pour défendre le cours du Danube, l'armée de l'Emp^^eur se trouvait en mesure de cmtinuer son mouvement en gagnant du terrain à gauche, ou de forcer le passage du fleuve dans la partie qui est la moins susceptible de d^snse, puisque, de la Brents à Donawerth , la rive gauche domine de b manière la plus avantageuse la rive opposée. Mais de tous les avantages qu'on obtenait en faisant mardier l'armée par la rive gauche du Danube , le plus considérable était de ne point s'assnjétlr à un système d'opérations qui cet exposé la droite de l'armée aux débouchés du Tyrol , et qui l'aurait contrainte à livrer une série interminable de combats; car eRe aurait dA forcer toutes les positions parallèles que forment , sur la rive droite du Danube, les différents cours d'eau qui viennent, dçs montagnes du Tyrol, se jeter dans ce fleuve.

Le prince Major-général prescrivit d'abord la marche des cdonnes jusqu'au Necker par les lettres suivantes :

Au maréchal duc de Montebello, commandant le corps d'avant-garde :

tf Vous passeres le Rhin , M. le Maré-^ » chai , le 25 septembre , à cinq heures » du matin, au pont de Kehl; et le 26, » suivant les circonstances, vouspour- » rez vous cantonner entre Rastadt et » Ettlingen. S. A. I. le grand-duc deBcrg ^ » passera le même jour après vous, et' •» il vous soutiendra, s'Hy a Heu.

L'EMPIBE.

» Le duc:d*Elchingen, qui passe le » Rhin le 26, à Spire, pourrait égale- » ment vous soutenir. Vous vous appro- » visionnerez sur la contrée qui restera » à votre droite;! et tout ce que vous Y> prendrez sur le pays des princes amis » de la France sera reconnu par des » bons en règle. »

Au grand-duc de Berg : « J'ai Thon- ». neur de prévenir Votre Altesse Impé- » riale que le maréchal duc de Monte- » bello passera le Rhin le 25, au pont de » Kehl. L'intention de l'Empereur est » que vous le passiez le même jour.

» Vous pourrez établir' votre quartier- » générai à Sand.

» Vous ferez éclairer le pays ; et vous » prendrez toutes les dispositions né- » ceesaires pour connaître les mouvé- ».aient8 de Tennemi. Il sera très utile » que vous donniez à MM. les maré- » chaux la connaissance de ce qui peut Je leur ai envoyé des

» ordres directs; mais si des mouve- » ments imprévus de l'ennemi mettaient » obstacle à leur exécution, ils doivent » vous en rendre compte et prendre vos » ordres.

» L'Empereur tient beaucoupàpasser I) le Rhin aux époques qu'il a détermi- » nées. Mais tout est subordonné aux » mouvements de l'ennemi. Sa Majesté » ne voudrait pas qu'il s'engage&t des » affaires particulières, à moins d'une )> nécessité absolue. Il faut, dans tout » ceci , célérité et secret. »

Les ordres communiqués aux maréchaux princed'Eckmuhl,ducs d'Elching^et deDalmatie, étaient également relatif au passage du Rhin et aux mouvements qui devaient le suivre immédiatement. Il était ordonné au prince d'Eckmûhl de passer le fleuve à Manheim, le 26, de placer ses divisions entre Manheim et Heidelberg, et d'occuper cette dernière ville; au duc de Dalmatie, de

franchir le Rhin à Spire , et de s'étendre du côté de Bruchsal. Le maréchal duc d'Elchingen avait Tordre de passer le Rhin au pont jeté vis à vis de Itourlach. Il était prévenu que le duc de Montebello marchait devant lui, et qu'il devait suivre la mémeroute, pour se porter sur Stuttgard quand il en recevrait l'ordre. Toutes ces instructions furent envoyées de Paris , où l'Empereur était encore. Ce fut aussi de Paris que le prince Msyor-général écrivit au prince d'Essling , en date du 23 septembre :

a L'Empereur va aujourd'hui au se- » nat. U sera le 25 à Strasbourg. Le Rhin » sera passé le 26. Les opérations com* )) menceront aussitôt, la guerre devant » être regardée comme déclarée. Dans » cette circonstance, je ne peux que )) vous transmettre les propres termes » de l'Empereur :

» Si j'étais en Italie, je formerais mon )) armée en six divisions de 6,000 hom-^ » mes d'infanterie et de 1,000 hommes » de cavalerie et d'artillerie. Je laisse- » rais mes cuirassiers et un ou deux ré- » giments de dragons pour réserve.

» Du 27 au 30 , à petit bruit, je pas- » serais l'Adige avant le jour, au vieux » pont. J'enlèverais toutes les hauteurs » de Vérone et la ville; j'y ferais entrer )) une réserve de cuirassiers. Suivaut les » événements, je pousserais l'ennemi » l'épée dans les reins, ou je prendrais » une position, la droite à l'Adige, la » gauche aux montagnes, et opposée à » celle que Tennemi prendrait sur les » hauteurs de Caldiero,s'ilétaitenforce.

» Quelle que soit la force de l'ennemi, )) il doit garder beaucoup de troupes » vis à vis de Padoue et vis à vis de Le- » gnago. n doit aussi en avoir dans le » Tyrol. U est donc impossible que, le » jour de la bataille, il ait seulement » 30,000 hommes à Vérone et sur les )) hauteurs.

âl

1 n n'y a aucun danger à cette manœuvre; le vieux pont étant garanti par un bon ouvrage et par une batterie, on peut passer sûrement l'Adige sons cette protection.

9 Une fois qu'on se serait emparé de Térone , il n'y aurait pas non plus de danger subséquent, puisque toute Fenceinte de Vérone servirait de tête de pont, et qu'en mettant quelques pièces sur les remparts et les tours,' elles protégeraient dans tous les cas le ralliement de l'armée.

-B Tdles sont, M. le Maréchal , les expresâonsde l'Empereur. Ellesdoivent vous éclairer sur votre manière de procéder au début de la guerre. La maison d'Autriche, après avoir foit toates les insultes imaginables, parait maintenant hésiter. L'Empereur, eomme vous le savez , n'hésite pas. Il a perdu en apparence ces quinze joors, parce qu'il a voulu que l'armée des côtes se rendit sur le Rhin , et que cdie d'Italie se formât. Vous n'avez donc plus, M. le Maréchal, un moment à balancer.

> Le 2 octobre, les Autrichiens, qui auront su le passage du Rhin, vous attaqueront, si vous ne les prévenez.

Lorsque vous recevrez cette lettre, vous connaîtrez certainement la force de l'ennemi. S'il n'a que 30,000 hommes sur les hauteurs de Vérone, attaquez-les, et la campagne est à vous.

» L'opinion de l'Empereur est que vous ne trouverez jamais de meilleures circonstances pour prendre l'offensive; car, avant que l'ennemi ne scHt arrivé de Legnago , Rovigo , MonlebeDo, etc., vous aurez écrasé tout ce qui est devant vous; vousaurez pris Vérone, et l'ennemi ne saura plus où il en est. »

Sur G^ entrefidtes , le roi de Naples,

qui avait jugé, à la contenance des Français dans son royaume etauxforces qu'ils y avaient, qu'une rupture avec eux serait un mauvais parti à prendre, avait proposé à l'Empereur un arrangement dont le résultat fut communiqué, le 23 septembre, au général Saint-Cyr, par le prince Major-général, dans les termes suivants : ' ; ..

« Le roi de Naples ayant paru désirer » de rester neutre et de ne recevoir ni » Anglais, ni Russes, on a conclu hier » un traité de paix dont je vous envoie )) ci-joint copie; il doit être envoyé au » ministre plénipotentiaire Àlquier. Du » moment que les ratifications auront » eu lieu , ce qui sera dans trois ou qua- » tre jours , vous vous dirigerez surPes- » cara, et delà sur le Pô. Vous garde* » rez Pescara, jusqu'à ce que tout ce » qui appartient à l'armée se trouve » évacué. En passant, vous placerez une » garnison à Ancône.

» La guerre sera commencée lorsque » vous lirez cette lettre. Si donc, par » une circonstance quelconque, les ratî- » fications ne s'échangeaient paspromp* » tement, vous attaqueriez le royaume » de Naples, en suivant l'esprit de Tins- » truction que je vous ai transmise. »

Cependant, l'empereur N^oléoa était arrivé à Strasbourg, le jour même que l'armée passait le Rhin. Sa Majesté fit ]a proclamation suivante, que tous les nuuréchaux eurent l'ordre de faire lire dans leurs corps respectif :

(( Soldats I

» La guerre de la troisième coalition » estconmiencée.L'arméeautrichienne » a passé l'Inn, violé les traités, atta- » que et chassé de sa capitale notre aUié » l'électeur de Bavière. Vous-mêmes, » vous avez dû accourir à marches for- » cées à la défense de nos frontières. )) Mais déjà vous avez passé le Rhin.

LHEMnil.

Nouft ne ndns arrêterons plus que » nous n'ayons assuré Findépendance » du corps germanique, secouru nos » alliés, et confondu l'orgueil d'injustes » agresseurs. Nous ne ferons plus de » paix sans garantie. Notre générosité » ne trompeta plus notre politique.

» Soldats ! votre Empereur est au mi- » lieu de vous. Vous n'êtes quel'avanti> garde du grand peuple. 8'il est néces- » saîre, il se lèvera tout entier à ma » voix pour confondre et diss&ttdreeeUe )> nouvelle ligue qu'ont tisiue te haine et y> For de l* Angleterre. Soldats I nous au- » rons des marches forcées à faire, des D fkCigues et des privations de toute » espèce à eudurer. Quelques obstacles )> qu'on nous oppose, nous les vaini> crons; et nous ne prendrons point » de repos que nous n'ayons planté nos » aigles sur le territoire de nos enne- » mis. »

Après le passage du Rhin , la marche des colonnes a continué. Le maréchal duc d'Elchingen eut Tordre de se porter sur Stttttgard. Il était essentiel d'occuper cette ville. Le roi de Wurtemberg ne se prononçait pour aucun parti; et, en attendant, il laissait les patrouilles ennemies parcourir ses États dans tous les sens. L'Empereur ne pouvait pas souffrir un abus aussi contraire aux intérêts derarmée.Cependant.pour donner au Roi le temps de la réflexion , le duc d'Elchingen fut prévenu de ne marcher sur sa capitale qu'à petites journées. Le prince Major-général lui fit connaître qu'il était suffisant qu'il y fût rendu le ao septembre. Il hii était en|oint de preadrc une bon^ne posrtiottàStimgard, mm en évitant de se compromettre avec Fennemi; l'intention de FEmpereur étant formellement de ne point Migager &$tkke& de ce cdté-là.

Le eorps d'avant-gàrde, commandé par fe dnc de AionicbeHo, eut l'ordre

de marcher sur Ludwigsbourg , rési*dence du roi de Wurtemberg. La réserve de cavalerie se dirigea , partie sur Ludwigsbourg, partie sur Stuttgardl.

Napoléon lui-même décida qu'il se transporterait à Ludwigsbourg , où son quartiei^énéral serait le 3 octobre. En conséquence. Sa Majesté passa le Hhin le 30 septembre, au pont de Kehl , précédée de sa garde impériale , et suivie du grand état-major-général : elle prit la route du royaume de Wurtemberg.

n était important pour l'Empereur de s'assurer de ce royaume, soit par la foroe, soltpar la voie des négociations. La situation du pays de Wurtemberg, qtii , par la direction donnée aux cdon^ nés flancaises, en fiiisaît un des principaux passages de l'armée, et sa fertilité, qui offrait de grandes ressources pour les subsistances , ne permettaient pas qu'on laissât ce pays sur les derrières, conune neutre, et encore moins avec la liberté de sa décision. £tonné de l'envahissement subit de son royaume par les troupes françaises, et affectant de n'en pas connai^e le motif, le roi de Wurtemberg s'en plaignit à l'Empereur qui lui fit répondre par le prince Major-général, en date du â octobre :

« L'Empereur m'a fait passer les » plaintes que Votre Majesté lui a faites d sur la conduite du maréchal duc » d'Elchingen. Devant faire un rapport » à Se Majesté Impériale sur cet objet, » j'ai dû me mettre au fait de ce qui » s'est passé.

» Le duc d'Elchingen a eu Tordre de » se porter avec son corps d'fflinéc sur n'Stuttgard. Il n'avait été communiqué jf à rétat-major-général aucun traité » qui établit, d'une manière certaine, » les relations'de Votre Majesté avec la » France. Cependant , tous les déférents » points du territoire de Votre Majesté » étaient occupés par des patrouilles en-

CAMPiARB DE IftOS.

, oompoBén eotièrement de

cavabrie^ el ne montant pas m totd

à un demi-régiment.

> D'«n antre côté, on anuraitqne les

Aalririiieiui marcfaaieat siir SloÂtgard

par Botemboarg. La nonHexifllence

d'itt tnBlé eoire FEmpereur ai Yolre

IhjesCé, le Bua^o ipi'eUe avait laîasé

flir saa intemioas, en nes'qppeeBnt

pas à roGCupatton de aan territoire

par une qnmtité datroupes aassi ftii*

faie, totti a porté à marcher sur les

Stalsde Votre Majesté , eoaunesurdes

États envahis par Tennemi. Votre Ma-

jaalé a trop de oonnaÎBMBaoe de la

foerra, pour ne pas savoir qm'dle ne

ooanporle aucune considération , lor»^

que les ménagements peuvent eom-

promettre le succès des opératiiHis

i. Leduc d'nchingen n'ayant

reçu aucune autre instruction

que celle d'occuper Stuttgard^ il est

difficile qu'on puisse lui iaîre un re-

prodie d'avoir rempli ses ordres.

» L'état^major^énéral serait faHma»

Ue d*avoir &it entrer une formée sur

le territoire d'un prince souverain,

sans aucune démarche p-éabble à son

égard, s'il existait des stipukitions

contraires. Votre Majesté sait que non

seulement il n'en exi^ aucune , mais

encore que son terrUoife a été violé

par l'emiemi. Ces raisons expliquent

et justifient la conduite de l'étatHma-

joi^-génénd«

> Je ne dois pas cacher à Votre Majesté , que le maréchal duc de MontebeUo a eu fordred'oecuperLttdwigshourg , et que cette marche aété déterminée par des oonsidératioas purement miHtaifes. Mais l'Empereur vient d'ordonner qu'on ne M plus passer aucun corps de troupes dans la résidence de Voire Mqesté. En conséquence, M. le duo de Monte- » b^Ho-va se rendre k Cânstadt. le dé-

» sire que ces expHcsIiens saftisftisttil » Vûtre Majesté. Tout cela tient d'ail^^ )> leurs à des cirooDStànees qui ne se » présenteront plus. »

La marche des cinquième et sixième corps et de le réserve , sur la capitale du royaume de Wurtemberg , était en effet âne opération momentanée et partielle qui ne dérangeait rien au plan général. Le vrai point de direction de ces corps, ainsi que de tous les antres , était le Danube. Pour efl^uer leur réunion sur ce fleuve , il Mtaît que leur marche fftt réglée par des ordres particuliers; mais il fallait des développements spé^ ciaux pour les deux corps qui se trouvaient déjà avancés dans l'Allemagne.

Une lettre du prince Major-général au prince de Ponte-Corvo, datée de Strasbourg , le% septembre , en lui prescr»vant la marche qu'il devait tenir, le mettait au fait en môme temps des mouvements et de la destination des autres corps , jusqu'à F époque où ils devaient opérer conjointement.

« Je dois commencer, M. le Maré- D chai, par vous Mre connaître la pon sition de la Grande-Armée , afin que » vous puiasiee suivre l'ensemble des » projets de l'empereur , et remplir » tout ce qu'il aliend de voua «tans )» cette circonstance.

» Le septième corps, aux ordres de )) M. le maréchal duc de Castîglione , n a quinae jours de marche arriérée sur » les autres; mais il arrivera à temps » pour la destination qui lui est affiec- » tée , de servir de réserve.

» Lea octobre, leeorps d'année du s prinee d'Eckmâhl se mati^a enmou:- » vanmt pour masdiâr sur Neubom^, » oà il sera le 8, paaaant par Heidel- » berg , Oberckeim , MeckaatM , Ingel- 1» ilngen, IlUoian, Dunkelabtthl, OËt- » tingen et Moirtieim.

» Le c(Hrps du duc de Dahnatiemar-

L'BMPIUL

» cbera sur Docawerth , où il sera » aussi le 8. Il passera par Heilbronn , » QEhringen, Hall, EUwangen et Nord* » lingen.

» Le corps d'armée du duc de Mon- » tebello est dirigé sur Neresbeim. Il » passera par Ludwigsbourg, Schorn- » dorf, Gmûnd et Aalen; il arrivera à » sa destination le même jour que les » deux précédents.

» Le corps du duc d'Elchingen alor- )> dre de se porter à Heidenheim , au » dessus d'Ulm qui est occupé par l'en- » nemi. La direction de ce corps est » par Stuttgard , Esslingen , Weilbeim ; » il sera rendu à Heidenheim le 7.

» La réserve de cavalerie , se tenant » à peu près entre les cinquième et » sixième corps , mardie par Stuttgard, » Gôppingen , Heidenheim, Eglingen , » pour aboutir à Donawerth , où elle » arrivera aussitôt que le quatrième » corps (8 octobre).

» Quant à vous , M. le Maréchal , rin- » tention de l'Empereur est que vous » vous dirigiez sur Ingolstadt, en sui- » vaut la route d'Anspach et d'Aichs- » t&dt. Le duc de Raguse suivra une )) route parallèle à la vôtre, éloignée » au plus de trois ou quatre lieues sur » votre droite. Il passera par Roten- » bouig , Feuchtsv^angen , Wassertru- » dingen et Nasse. Cette route lui » permettra de se mettre en commu- » nication avec le maréchal prince » d'Eckmûhl. Par là, les six corps d'ar- » mée se trouveront ôtreliés entre eux.

» L'Empereur vous laisse le maitre » de tenir le corps bavarois sur votre -» gauche , ou de le porter, en corps d'a- » vant-garde, à une journée de mar- » che devant votre corps d'armée etce- » lui du duc de Raguse.

» Le désir de l'Empereur, M. le Ma^ )) réchal , est que vous soyez arrivé le 1) 8 à Aichstâdt. et que le duc de Ra-

» guse soit arrivé le 7 à TreucbIfingeD, s> àégaledistanced'Aichst&dtetdeMon* » heim.

» Vous tiendrez le corps bavarois sur » la route d'Ingolstadt et de Neubourg. » Cetteseulemarcheindiqueaasezqueile ») est l'intention de l'Empereur. SaMa- » jesté voudrait passer le Danube , en- » tre Ingolstadt et Donavirerth , avant » l'ennemi ; et, s'il évacuait la Souabe et » la Ravière, l'attaquer sur ses flancs » pendant sa marche, et reconquérir la » Ravière le plus promptement pos^ » siUe.

» Mais à quelque parti que l'ennemi )} se décide , lorsque le mouvement )) sera démasqué , on sera en mesure » contre lui; et les six corps d'armée , » auxquels seront réunis les Ravarois » et les Wûrtembergeois, lui présente* » ront une force de 300,000 hommes , » capable de l'écraser avant l'arrivée » des Russes.

)) Quant à ces derniers , tous les ren* » seignements parvenus à l'Empereur )) lui font croire qu'ils sont encore loin » de vous; que leur première colonne 9 n'est que de 30,000 hommes , dont » 24,000 combattants; que l'armement » de la Prusse les inquiète beaucoup ; » et qu'ils sont extrêmement fatigués.

» D'ailleurs, quand ils seraient à huit » marches de vous, il n'y aurait rien à » craindre. Nous serons toujours à » môme de revenir sur eux, quand il » en sera temps.

» Tout ce que vous avez laissé à Ha- » novre viendi*a vous rejoindre; car il » est à croire que la Prusse va occuper » ce pays; mais il n'y a encore rien de » décidé ; et tout ceci doit être gardé » dans le plus profond secret.

D Le corps du duc de Raguse reste , » dans toute son intégrité , sous son » commandanent ; mais conome ses n mouvements doivent se faire d'accord

» avee les vôtres, j'annonce à ce géné- » rai qu'il prend» vos ordres. Veuil- 1 lez, en conséquence, M. le Maréchal,

• hn donner ceux que vous trouverez

• ooovenaUes pour établir entre vous 1 la relation que désire l'Empereur. »

Une lettre du â octobre , au même maiédial, lui donnait de nouveaux édainâasements Mir Tétat des affaires et sur les mouvements de l'armée :

« Aujourd'hui , tous les corps past smi le Necker et se mettent en mou* Avement. Par la proclamation que » vous avez reçue, vous avez vu que B nous sommes en pleine guerre. Vous 9 devex attaqua tout ce qui se rencon- B trera devant vous.

» Le corps qui a débouché de la Bo- > héme sur la Bednitz, ne doit pasvous » inquiéter; il n'est composé que d'un » ou de deux régiments de ca^erie et » de quelques bataillons d'infianterie.

B Si l'ennemi passait le Danube pour Bse porter devant vous, vous l'atta- B queriez, en ayant soin de maintenir B toujours votre communication avec bM. le maréchal prince d'Eckmûhl; » dans ce C9s, toute l'armée ferait un B mouvement sur vous.

B Du mcmient que votre droite aura • passé Heidenheim^ l'Empereur se » pMtera de sa personne à votre corps B d'armée, et sera fort aise de voir vos B troupes.

B Quant aux subsistances, il est imn possible de vous nourrir par les ma- B gasins. Cela n'a jamais été ; et c'est à B cette particularité de ne s'être pas B servie de magasins , que l'armée fran- » çaise doit en grande partie ses suc- B ces. Vous devez vous nourrir par les B réquisitions fiâtes aux baillis ; vous B laisseiez des bcms en règle, et l'Em* B pereur fera payer ce qui aura été B fourni.

» Sa Majesté a fut préparer quelques

» magasins de biscuits à Wflrtzbourg , B mais c'est en cas d'événement. Toute » l'armée française , même l'armée au* » trichienne , ne vit point autrement » que par réqnisitiims.

» Par les renseignements que l'Em- B pereur reçoit journellement, la nou- B velle de Tarrivée de troupes dans l'tle » de Rûgen et à Stralsund est fiiusse. » C'est la grande tactique, l'arme habi- » tuelle des Russes et des Anglais , de » vouloir nous effrayer par de fiiux » bruits. A les croire, ils débarquent » en Hollande, à Boulogne, en Pro- B vence , à Naples , à Anotee , etc.

» De tous ces débarquements , le moins B dangereux pour nous serait ledébar- » quement en Hanovre, parce que le » roi de Prusse le garantit.

B Le Landgrave de Hesse^llassel ao- » corde le passage à nos troupes ; ainsi B tout ce qui doit venir du Hanovre B passera sans difSculté. )>

Les (ordres donnés pour les mouvements de l'armée étaient si précis et ces mouvements furent si rapides , que les Autrichiens n'y mirent aucun obs* tacle , et restèrent dans leur position entre Ulm et Memmingen, pendant que les Français arrivaient en forces sur leurs derrières. La seule opposition qu'on éprouva fut de la part du roi de Prusse. Il trouva mauvais que le corps du prince de Ponte-dorvo eût passé sur le territoire de la principauté d'Anspach , qui lui appartenait alors.

Le Major^énéral écrivit, relativement à cette affaire, la lettre suivante à M. Otto, ministre plénipotentiaire de France en Bavière , auquel la régence d'Anspach avait adressé sa réclamation:

« Le prince de Ponte-Corvo m'a fait B passer, Monsieur , la lettre que vous B lui avez écrite en raison des {riaintes B que vous avez reçues du gouverne-

L'IMPIBB.

» ment d'Anipaoh. L'Empereur, à qui »j6 l*ai oommoniquée , m'a chargé D d*avoijr l'homieur de vous dire qu'en D vertu des couv^tioas qui existaient )) depuis la dernière guerre , relative- » ment à la neutralité de la Prusse , la )> principauté d'Ànspach , et en général » toutes les possessiims prussiennes » en Franconie, n'étaient pas considé- » rées comme étant cooipriseè dans la » ligne de neutralité , et qu'elles ont pu » être traversées par nos troupes , » ainsi que le comté de la Mark. Sa Ma- » jesté a dû penser que, pendant la » guerre actuelle, les choses resteraient » sur le même pied que celui de la » dernière guerre, pour cet objet. C'est » pourquoi les divisions de Tarmée firan- » çaise ont traversé quelques portions » du territoire prussien eh Franconie , » comme Font fait aussi les troupes du » Roi de Bavière pendant leur retraite, » et comme l'a foit pareillement le » corps autrichien qui vient de se pré- » senter sur la Rednitz , et qur a passé » sur le territoire prussien dans plu- » sieurs endroits.

» D'autres divisions seront encore » obligées de traverser ce territoire ; » mais il faut qu'elles évitent d'y se- » journer. Il faut, au reste, faire beau- » coup de protestations en (aveur de » la Prusse, témoigner beaucoup d'at^- » tachement pour elle, et le plus d'éégards qu'on pourra, puis traverser 1) ses possessions avec rapidité, en allé- » guant l'impossibilité de faire autre- » ment, parce que cette impossibilité » est réelle. »

Tandis que l'armée s'avançait , avec autant de promptitude que d'ensemble, vers le but qui lui était marqué, l'Empereur était arrivé à Ludwigsbourg.

11 s'était arrêté un instant à Ettlingen , où 11 a\-ait vu le grand-duc de Bade.

Ce prince , amî de la France, avait déjà

donné l'ordre à 4,000 homnM de tet troupes de rejoindre la Grande-Armée.

Les régiments badois furent placéa dans le corps du maréchal duc d'Elchingen. Aussitôt après son arrivée à Ludwigsbourg, l'Empereur conclut un traité offensif et défensif avec le roi de Wurtemberg , qui , ramené à ses vras intérêts, sentit tout l'avantage d'une telle allianoe. Le roi s'engagea à fournir un corps de 7,000 hommes , dont le commandement fut confié au lieutenantrgénéral de Seeger. Ce corps > destiné à couvrir les communications de Tarmée pendant la marche sur Donavrerth, alla occuper Caostadt, Schomdorf et Goppingen.

Le qiiartiei^^général impérial resta à Ludwigsbourg , jusqu'au 5 octobre.

€e fut de cette ville que l'Empereur fit transmettre aux maréchaux ses instructions concernant les mouvements qu'ils avaient à faire pour le passage du Danube , à l'instant où les colonnes approcheraient de ce fleuve. Il ordonna au maréchal duc d'Elchingen de marcher d'Heidcnheimdans la direction de Donawerth, en passant par Neresheim, et en suivant une route de traverse :

« Si vous rencontrez l'ennemi , était-il » mandé à ce maréchal, l'intention de ft l'Empereur est de l'attaquer ; dans » ce cas , vous vous porterez au-dessus » de Donawerth , et vous vous mettrez » en position de manière à oouper la » chaussée de cette ville à Ulm. »

Il fut ordonné au maréchal duc de Dalmatie de presser la marcJie de ses divisions, de se diriger, leT, immédiatement sur Donawerth , de s'emparer de cette ville , et de forcer le passage du Danube. Le duc de Dalmatie était prévenu que l'Empereur se rendrait à son corps d'armée, et que le quartier-général impérial serait le 7 à Nordlingen.

CAMPAGNfi ht I80S,

l'instraetloù au grand-duc de Berg portait : « Le désir de TEmperear est » que vous puissiez arriver sur Do- » nawerth , le Y , de bonne heure. Si » l'ennemi y est en force , vous attcn- » dreB le duc de Balmatie , qui a Tor- » dre de Vy attaquer. S'il n'est pas en » force, et qu'avec vos 6 ou 8,000 draf gons vous puissiez enlever l)ona- 1» werth et surprendre le passage, vous » êtes autorisé à le faire. Vous vous » concerterez pour vos opérations avec 9 le duc de Dalmatie , et vous Tins- 1 trairez , ainsi que le duc d*Elchin- » gen et le prince d'Eckmfihl , de tout » ce que vous apprendrez au sujet de % rennemi. Vos partis doivent se lier t également avec ceux du duc de Ra- » guse. S'il est impossible de surpren- • dre le pont , vous ferez border le Da- » nube par votre cavalerie ; vous vous » emparerez de tous les bateaux que » vous pourrez rencontrer , afin de B pouvoir jeter un pont , et que le pas- V sage du fleuve ne soit pas retardé. »

Le lendemain, 6, Tordre fut envoyé d'Aalen , au duc de Montebello , de se rendre aussi en droite ligne à Donawerth, avec ses grenadiers et sa division de cavalerie.

Le 7, le quartier-général impérial était déjà à Nordlingen. Il fut écrit au duc de Raguse de s'approcher rapidement du Danube , entre Neubourg et Ingolstadt. Le prince de Ponte-Corvo dut faire im mouvement semblable en prenant sa direction sur Ingolstadt.

On lui mandait d*avoir l'armée bavaroise à sa disposition , pour la jeter surle-champ dans la Bavière. Enfin, l'ordre fut donné au prince d*Eckmûhl d'avancer rapidement Sur Monheim, et d'étendre ses divisions entre cette ville et Neubourg.

Ce mouvement générfll et parfaitement concerté de tous les corps de

l'armée , jetait reniieml dâftta un td étonnement, qtt*fl semblait que, loin de songer à parer le coup dont il était menacé, il s'arrangeait de manière li tomber dans le piège qui lui était tendu. On avait cru qu'il tiendrait à Nordlingen , où il avait un corps assez considérable ; mais il se rejeta sur Hochstidt et de là sur Ulm , à l'approche du duc de Dahnatic. On avait également pensé qu'il défendrait Aîchstâdt, où Ton savait que le général Kienmayer avait envoyé de Neubourg 12,000 hommes; mais ces troupes se replièrent sur le Danube, lorsque le premier corps firançais s'avança sur Aichstâdt.Du reste, on avait pourvu à repousser toutes las tentatives que l'ennemi aurait pu faire sur les derrières de l'armée. La division du comte Oazan , du cinquième corps, avait été mise en position à Aalen. Les dragons à pied du comte Baragueyd'Hîllîers avaient été placés à Heidenheim , et les dragons à cheval du comte Bourcier , en avant-garde à Cienpen.

De cette manière , tous les débouchés d'Ulmse trouvaient fermés.

L'ennemi ne quitta pas sa position principale. Le général Mack avait préposé le régiment de Collorédo à la défense du pont de Donawcrth. Ce pont ne put être surpris par la cavalerie.

Mais lorsque l'infanterie arriva , ce fut en vain que l'ennemi tenta de faire de la résistance : le passage fut forcé et le pont franchi, sans beaucoup d'effusion de sang , par la division du comte d'Unsbourg, du quatrième corps. Cette action eut lieu le 7, à huit heures du soir. Trois divisions de dragons , aux ordres du grand-duc de Berg, passèrent dans la nuit; et un détachement de 200 hommes fut envoyé aussitôt au pont de Haîn , sur le Lech , qui fut enlevé. La première partie du plan de Napoléon fut donc accomplie dans cette

L'EMPIRE

nuit méoiorabk; etrennemi tourné, privé du fruit des combinaisons dont il avait espéré un succès immanquable , n'eut plus de conseils à prendre que de son désespoir.

Aussitôt après le passage du Danube, le quartier-général impérial se transporta à Donawerth. Tous les renseignements que Ton recevait sur le compte de Tennemi, prouvaient qu'il était toujours en force À Ulm età Memmingen; rien n'annonçait encore de sa part de nouveaux projets, n était cependant assez présumable qu'avant qu'on arrivât sur sa position , il prendrait un parti. En effet , il pouvait essayer de passer sur la rive gauche du Danube pour gagner la Bohème , ou , se rabatr tant sur Memmingen , de revenir sur le Lech , et de là sur Tlser , afin de se joindre aux Russes. Il pouvait tenter encore de se jeter dans le Tyrol , ou enfin de livrer une bataille dans la position d'Ulm.

L'Empereur voulait prévenir l'ennemi quelque parti qu'il adoptât. Il fallait donc : premièrement, diriger les corps de manière que toutes les routes que les Autrichiens pourraient choisir fussent interceptées; secondement, que la grande masse des forces françaises tendit, par des directions concentriques, à se rassembler derrière les positions de l'ennemi. L'Empereur fit donner ses ordres en conséquence.

Le premier corps, qui était réuni aux Bavarois, et qui se trouvait le plus avancé dans l'Allemagne , fut dirigé , dlngolstadt ou il avait passé le Danube, perpendiculairement sur Munich et riser, avec l'ordre d'établir ses postes entre User et l'inn. La destination de ce corps était de surveiller les Russes , d*étre prêt à les recevoir , ainsi que tout autre renfort qui viendrait de T Autriche pour se joindre à l'armée autri-

chienne de Souabe ; enfin d'empédier le passage de cette armée , si elie essayait de quitter la.Souabe pour revenir en Bavière. En ramenant les Bavarois dans leur patrie , le premier corps était chargé de rendre à Tallié de la France la possession de ses États, et déformer un point de raUiementoù les forces de cet allié pouvaient se rassembler pour l'utilité conmiune. Par une lettre du 7 octobre, cette destination du premier corps fut annoncée à son chef dans ces termes :

« La plus grande activité, M. le Ma- » réchal, est devenue nécessaire. U ne » &utpasdonner àl'ennemi, déconcer- » té dans toutes ses mesures, le temps )) de se reconnaître. L'Empereur or- » donne que, sans perdre un jour , m un seul instant, vous partiez d'Ingol- )> stadt avec 15,000 Français de votre » armée, autant de Bavarois, et qu'avec )) ce corps, vous vous dirigiez droit sur » Munich à'marches forcées, allant jour )) et nuit. Vous vous emparerez du pont » de User et de tous les magasins qui » se trouvent dans la ville, et vous vous » mettrez aussitôt en bataille sur la » route de Landsberg et sur celle de » Vienne.

» Vous laisserez à Ingolstadt un » corps de 8,000 hommes , dont 2,000 » Français et 6,000 Bavarois. Ce corps » se retranchera à Ingolstadt, et entre- » tiendra des partis le long derAltmûhl » et de la Rednitz.

» Éclairez bien les mouvements de » l'ennemi sur la rive gauche de l'Iser , » afin de donner le temps à l'Empereur » d'envoyer un corps d'armée pour » manœuvrer et agir sur la rive gauche » du Danube , dans le cas où cela de- » viendrait nécessaire.

» L'Empereur espère que votre avantr » garde sera à Munich demain au soir, » 10 du courant. L'ennemi ne peut

CAMPAGNE DE i805.

• svoir , dans ee/de vîHe , plus de 8 à

> iO^OOOhommes. Vous les attaquerez

■ et les pousserez vigouieusement.

» Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il

■ est probable que des brigades et des » régînMits isolés de petites divisions

> amemiea, se dirigeront dans le sens t le pfais opposé à la tournure que la t goerre a |Mnse. Mais il vous sera fiicile V avec les Bavarois, d'avoir des rensd-

• gnennents; et vous tmnberez bardi* » ment sur toutes ces colonnes enne-

• mies, afin de fiiire le plus de prison- » nîers possiUe.»

La position de Memmingen était très importante à occuper , comme étant un des pcMnts principaux par lesquels lés Autrichiens pouvaienttenterdes'échapper. II était naturel que le quatrième corps qui avait passé le premier le Da- Bobe à Donav^erth, et qui se trouvait par conséquent en avant des autres, eûtla oonunission de s'emparer de cette pisce. Ce corps fot dirigé,en remontant le Ledi, sur Augsbourg, puis sur Landsberg, et de là immédiatement sur Memmingen. L'ordre à son chef portait:

c Dans la sitiuition actuelle des choses, l'intention de l'Empereur, M. le Maréchal , est que vous vous rendiez , à marches forcées, avec tout votre corps d'armée, à Memmingen. Il est probable que vous pourrez occuper cette ville le 12, et que vous n'y aurez qu'une affiûre d'avantr-garde, Tennemi ayant, d'après les dernières nouvelles, concentré ses forces sur Ulm. Dans ce cas, vous occuperez sur-le-champ la position de Memmingen. et vous enverrez aussitôt un poste à Bless, qui est le point de rencontre des chemins qui viennent d'Ulm et de Weissenhom à Memmingen.

» Si l'ennemi veut absolument tenir

» dans sa position derrière l'Hler, Tin* » tention derEmpereurest de lui livrer » bataille le 16. Le r5le que vous y » jouerez, M. le Maréchal, dépend ah- » solument des mouvements de l'en* » nemi ; mais vous devez chercher à dé- » border sa droite, et commencer à » l'attaquer aussitôt que vous le pour- » rez. Au surplus, dans la journée du » 15, l'Empereur sera à Weissenhorn.

m S'il était possible que vos hussards, » vos chasseurs et vos dragons arrivas- » sent le 11 au soir à Memmingen , ce » corps de cavalerie, d'environ 2,500 » hommes, auquel vous joindriez deux » ou trois pièces d'artillerie légère, vous » mettrait à même de donner des nou- » velles à l'Empereur dans la nuit; ce qui » seraitpourSaMajestédela plus grande » importance, à cause des mouvements » qu'elle veut prescrire aux autres » corps.

» Envoyez des espions à Kempten » et à Waldsee , pour savoir ce qui se » passe. Portez surtout une attention » particulière à ce que l'ennemi ne .)> vous dépasse , ni par votre droite, ni » par votre gauche. »

L'intervalle entre l'Iser, où se portait le premier corps, et la rivière du Lech , le long de laquelle marchait le quatrième, était grand; il pouvait en résulter du danger pour l'un ou pour l'autre de ces corps , soit que les Autrichiens revinssent en force sur le Lech par Memmingen, soit que les Russes arrivassent sur l'Inn plus tôt qu'on ne les attendait, et que, réunis aux Au- Uichiens du corps de Kienmayer qui étaient en Bavière , ils se présentassent promptement sur l'Iser. La direction donnée au troisième corps para à tous ces dangers. Il lui fiit prescrit d'aller occuper Dacfaau, entre l'Iser et le Lech, à cinq ou su: lieues de Munich.

Là, il était en metore d'appuyer le

/BMHIS.

premier corpft, de surveiller laligoe d'opérations du quatrième, de les secourir Tun et l'autre en cas d'écbee; dans le cas contraire, lorsque le premier corps recevrait une autre destination , le troisième se trouvait à même de le remplacer sur Tlser. Le< prince Major-général mit le prince d'Eclu^ûhl au fait de tout ce que l'Empereur attendait de lui par la lettre suivante , ^n date du 10 octobre:

a S. M. l'Empereur vous ordonne, » M. le Maréchal , de vous porter sur » Dachau. Tout engage à croire qu'il )> n'y a pas d'ennemis sur ce point.

» S'il y en a , il faut les attaquer. L'Em- » pereur vous aurait chargé d'occufSer » Munich le pr^oaier , si Sa Majesté n'a- ))vait craint, vu le peu d'artillerie » et de munitions que vous avez avec » vous, de vous dégarnir, parce qu'elle » n'aurait pas pu remplacer vos muni- » tions, à cause de l'éloignement où 7> est encoreie grand parc. Mais le gé- » néral Songis vient de me rendre » compte que toute votre artillerie était » partie de Monheim et vous rejoindrait » dans peu. L'Empereur saisira la pre- » mière occasion de mettre vos troupes » à même de se distinguer.

p Si le maréchal prince de Ponte- A Corvo avait besoin de vous, l'Emp^ » reur vous autoriseà lui prêter tous les » secours possibles. Cependant Sa Ma- » jesté désire que vous restieE dans la » poailion de Dachau. Mais quand vous » vous serez assuré que le prince de h Ponte-Corvo ne peut avoir un besoin » urgent de tout votre corps , vous pla« » cerezunede vos divisions sur la roi^ » de Munidi à Lendsberg. De cette n manière, vous pourrez vous porter n dans une marche à Landsberg, déji fendre le passage du Ledi , et vous » donner le temps de rassembler votre » corps d'armée , al l'ennemi parvenait

» à battre leeorpa du mwépb(4 due de » Dalmatie.

» Il iaut que la division que vous » avez à Prusch , h une marche d'Àugs- » bourg, continue d'y rester, afin que ))Bi l'ennemi parvenait à culbuter » le corps du duo de Raguse ou tout » autre corps de l'armée, vous puissiez » vous porter sur Augsbourg, défendre » le passage de la Wurtaob , réunir vos » troupes et attaquer rennemi. Dans » ce cas, une de vos dimions resterait )) tovûours à Dachau, afin qua (si vous )) vous étiez trompé dans les calculs » que vous auriez fiiits d'après les dis- )> positions ci-dessus , et que le prince » de Ponte*Corvo eût besoin de vous) » la division que vous auriez laissée à » Dachau pût se rendre à Munich » dans une demi-journée, et donner à » vos autres divisions le temps d'arri«« » ver pour se maintenir dans cette ville.

» Le 14 ou le 15 , il y au» une grande » bataille sur l'Uler , auprès d'Ulm« » L'ennemi sera détruit; car, par les » dispositions fiâtes, il est cerné de » toutes parts. Cette affûte finie, Su » Majesté reviendra pour passer l'Inn » sur-lo-champ. Alors le prince de » Ponte-Corvo et vous , M. le Marécfaal, » vous serez les deux grands corps agis- » sants , et les autres seront vos auxi-* » liaires. Voilà le plan général de l'Em- » pereur.

» Par tous les renseignements que )) nous av(ms, les Russes ne peuvent se » trouver en bataille devant Munich « » avant le 19 ou le 90, et le corps de » M. le maréchal prince de Ponte-Corvo » réuni au vôtre, préseiitera uae ar^ » mée plus forte que celle que Tennemi » peut vous opposer à cette époque. Il » est d'ailleurs bien probable que , dans » la journée du 19, FEmpereur voua » rejoindra avec plus deiÛ),OOOboiiH

CAMFAGIII Dt 1805.

» S le prinee de Ponfe-Coiro était a battn par ie cofps de Kiemnayer, » qni ft'eet Mpfié par Munich , entre » riaer et Pins, vous déCeodrez le Lech , > pour donner le tempe à FEmpereur » de &iie sesdiqpontione.

i> Dans une antre hypolhëee, si «ne B dci aOea de l'armée qui marche sur B PIHer était battue, voua devriez en- » oore marGhersur le Lech pour le dé- B iéiidre de l'autre o6té. Le but est le » même. C*eet toigoiirs de bimeT à B l'Empereur le loisir de prendre ses B mesures. An surplus , le gros de Tar- B mée ipii sera sur TlUer ne pourrait B être battu que dans la journée du tb. B Ce ne sersôt donc que dans celles du B 15 et du 16 que vous pourries être B utile sur le Lech. Ainsi , dans le cas B oà, le 13, le maréchal prince de B Ponte-Corvo vous appellerait pour B attaquer Tennemi qui est derrière le B LoisacA , vous pourriez marcher avec B la plus grande partie de vos forces, B les employer pendant les journées B des 18 et Ib, et revenir le 15, pour B être à môme d'exécuter les disposi- B tiens dont je vous ai parlé ci-dessus.

B Vous sentez qu'il est nécessaire que B l'ennemi soit chassé à plus d'une B journée de Munich , et qu'il le soit B dans le& journées du 13 et du 1^.

B Vous aurez , après cela , le 15 et le 16 B de repos ; car il est probable que , le B IT, vous marcherez sur l'Inn ;*mais B vous recevrez de nouveaux ordres B pour cette opération, b

Il fut envoyé co[Me de cette lettre au maréchal prince de Ponte-Corvo , pour qu'il eût connaissance de toutes les dispositions qui le concernaient. Le Major-général ajoutait : u Je ne saurais » trop vous recommander de bien sur- » veiller le corps ennemi de Kienmayer B qui est devant vous ; car il pourrait B vouloir suivre la même direction que

» plusieurs régiments autrichiens ont B prise , et se porter sur Ulm par les B routes qui sont encore ouvertes. 11 B est vrai que ce n'est pas avec des B troupes smA démoralisées que le sont B celles de Tennemi, que l'on tente de B pareflles opératioBs. D'ailleurs, il est B à présumer que le général Kienmayer B a plutôt le projet de se réunir aux B Russes pour défibre Tlnn, et pro* » téger Vienne. »

A l'exception des premier , troisième et quatrième corps , le reste de l'armée fût ramené en masse sur Ulm. Le sixième eorpe qui était à Giengen, en arrière des autres , allait , par cette contrenruardie, se trouver dans le cas de prendre la part la plus active aux opérations. Il fut dirigé immédiatement sur Ulm ; et son chef, le duc d'Elchingen , fut autorisé à se renforcer de la division Grazan, de celle des dragons k pied du comte Baraguey-d'ffiUiers et des dragons à cheval du comte Boui^cier. Le duc d'Elchingen avait Tordre d'attaquer l'ennemi partout où l'occasion B*en présenterait. Il lui était recommandé de foire rétablir tous les ponts sur ses derrières , et de se ménager le plus de passages possible , afin que si l'ennemi quittait Ulm et se reti* rait, soit sur Augsbourg, soit sur Landsberg, il pût toujours se maintenir à sa hauteur et sur son flanc, et être en mesure de l'attaquer aussitôt que les quatrième, cinquième et troisième corps l'auraient joint.

Le cinquième corps qui renfermait la division des grenadiers d'élite, et la réserve qui comprenait toute la grosse cavalerie , étaient , par leur composition autant que par leur emplacement dans le cadre général , les corps les plus propres à remplir les vues de l'Empereur pour le coup qu'il méditait. Ils furent ramenés sur Ubn depuis Donawerlb^

L*EMnEE<

et diurent prendre leur direction de mai^ière à se réunir au sixième corps , pour opérer conjointement avec lui, et opposer à l'ennemi des forces respectables partout où il serait nécessaire de le combattre.

Le second corps qui , jusque là , avait toujours marché parallèlement au premier, mais qui était désormais inutile pour Tappuyer , depuis que le troisième se trouvait chargé de ce rôle, devenait au contraire fort utile au succès de la grande opération. Par la courbe qu'il avait décrite dans sa marche depuis le Mein, ce corps était venu passer le Danube au delà de Neubourg; pour revenir sur le Lech, il n'avait guère plus de chemin à fiûre en se portant sur Àugsbourg, qu'en se rendant à Donawerth. Dirigé sur le premier point et de là en ligne droite sur Ulm, il fut chargé d'opérer le long de la rive droite du Danube, et de lier le quatrième corps qui se portait de Landsberg à Menuningen, avec les cinquième et sixième qui opéraient plus près du Danube, en partie sur la rive gauche.

Napoléon voulant diriger en personne une manœuvre qui devait frapper d'étonnement l'armée ennemie, se porta du côté d'Ulm avec son quartier-général. La garde impériale suivant à peu près la même route que le second corps, fut destinée à augmenter la force de l'armée qui devait agir contre les positions des Autrichiens autour de cette place.

Jour par jour, souvent même plusieurs fois par jour, la marche des colonnes fut réglée par les ordres les plus précis qui ne laissaient à aucun chef la possibilité d'hésiter sur ce qu'il avait à Caire. L'on ne tarda pas à apercevoir l'ennemi, et les premiers lauriers furent cueUlis par les premières troupes qui le rencontrèrent. La réserve de

cavalerie eut cet honneur. L^ordre donné au grand-duc de Berg, lui en* joignait de se rendre premièrement à Burgau, en passant par Wertingen.

L'ennemi était à ce dernier poste avec neuf bataillons de grenadiers, trois de fusiliers et quatre escadrons de cuirassiers. Ce corps, coounandé par le général Auffenberg, arrivait réc^oiment du Tyrol, et marchait avec l'espoir d'être encore à temps pour défendre le passage du Danube à Donawerth.

L'ennemi surpris et arrêté dans son mouvement, s'était formé sur les hauteurs en arrière de Wertingen, ayant son front couvert par la ville et la rivière marécageuse de la Zusam.

Le grand-duc de Berg , qui avait avec lui deux divisions de dragons et une de cuirassiers, fut joint avant d'arriver à Wertingen par la division de grenadiers aux ordres du duc de Reggio.

Parvenu, le 8 octobre, sur les hauteurs qui dominent la rive droite de la Zusam, il fit attaquer Wertingen et manœuvra de manière à déborder les ^les de l'ennemi. Après un combat assez vif, la ville tomba au pouvoir des Français. L'ennemi chercha alors vainement à se former en carré sur les hauteurs en arrière ; il fut enveloppé de tous les cêtés par la cavalerie et les grenadiers. Les Autrichiens perdirent dans cette journée 1 ,520 hommes , dont 53 officiers ; on leur enleva trois drapeaux et six canons. Le grand-duc de Berg prit, pour la nuit, position sur le champ de bataille , entre Wertingen et Binswangen.

' Cependant, le duc d'Elchingen suivant ses ordres approchait d'Ulm et menaçait toutes les positions des Autri* chiens entre cette ville et Gûntzbourg.

Le 9 octobre , ses deux premières divisions d'infanterie, celle de dragons du c(»nte Bourcier et la cavalerie légère

CAMPMia M 1805

HittrchëPMil Mir où ces troupes

datoQcovpB ë'wBiée Albcck el litm§enm, prireaft poHiîan.

La traisiàme division, mx ordres du gèaéral Malber , marcha en trois colonies pour s'emparer des ponts de Gûntzkowg el de Leipheim. La colonne de (boîte, conmiaiidée par le baron Le Fol, WfWÊAtxowré des marais împraticaMes, le pot parvenir jusqu'à Leipheim, et lot cootramto de repasser par Kedhausen où ele arriva à minuit. Celle du

afvaient entièrenient déconcerté leti Autrichiens. Le désordre et Ilndécision que les eoureurs apercevaient dans leurs colonnes, marquaient assez leur embarras. Tous les prisonniers qu'on fidsait, assuraient que l'armée, autrichienne était bien loin de s'attendre à cette marche subite et rapide qui la séparait des Russes ses alHés, et ruinait, dès le commencement , tous ses projets de campagne. Le général Mack , reconttrissant qu'il s'était trompé dans l'at-

maidia de 9renta par SanAeim > tente de voir l'armée française débou-

et Gôntsbourg; le général Abrcognet, foi le Goaneandait, replia Fennemi dans une He qui est à la tète du pont, sfeeopera de cette lie malgré la plus vive lésîstance et fit MO prisonniers ; mais ee géoénl, voyant l'impossibilité de i^et&parer du pont qui ét»t rompu , se décida à se retirer. La colonne de gandie, aux ordres du général baron La Hassée , partit de Crundelfingen ; malgré k féa croisé d'une artillerie considérable , elle arriva au pont du Danube qui Inverse la chaussée de Gùntzbourg à DiKngim , passa ce pont sur des poiv treOes , enleva trois canons , fit 500 prisonniers, et repoussa l'ennemi jusque àuB la ville.

Plendant la nuit , les colonnes du centre et de la droite serrèrent sur la colonne de gauche ; et le lendemain , 10, à la pointe du jour, la division entra ; ta ville , Qù elle fit encore 150 pri-

cher par la partie méridionale de la ferét Noire, et apprenant sa marche sur Ingolstadt et Donawerth , résolut d'attendre dans la position d'Ulm que les Russes fussent entrés en Bavière, et de déboucher alors sur les deux flancs de l'armée ftrançaise. Entre tous les partis que pouvait prendre ce général, celui-là était le plus favorable à l'audace des Français. Il dut sourire à leur auguste chef, qui entrevit dans cette résolution de l'ennemi l'assurance de son entière défaite. .

Conformément à son projet , le général autrichien avait retiré tous les postes placés le long du Danube, et les avait concentrés sur Ulm. Son quartiergénéral était dans cette ville. Ce fut sur ce point que se réplia le général Auffenberg , après l'affaire de Wertingen.

Ce fut également à Ulm qu'arrivèrent les troupes qui venaient d'être battues tonniers. Elle se plaça ensuite, la! à Gùntzbourg et à Leipheim. Toute

énKte à Gùntzbourg, ayant la Gûntz sar son front.

L'ennemi perdit dans cette affieiire plus de 9,500 hommes , dont 1 ,200 prisonniers. Notre perte s'éleva à Mid hommes tués ou blessés. L'archiduc f eidiiiaBd commandait en personne à raSnre de Gûntsbourg , où se trouvait nasi le général Mack.

Les maneravres de l'armée française

l'armée autrichienne se resserra dans cette position , sauf le corps de Kienmayer qui s'était retiré de Neubourg sur Munich , lorsque les Français passèrent le Danube , et qui bientôt après continua sa retraite sur l'Inn.

L'armée française s'approchait de PDler et d'Ulm. Le 11 octobre, la réserve était à Gùntzbourg ; le cinquième corps ) à Burgau; le second avait déjà

Si

LEMNRE.

dépassé Augsbourg; le sixième corps manœuvrait ce même jour sur les deux rives du Danube. Le duc d'Elchingen ordonna au comte Dupont de se porter 4sur Ulm avec sa division et celle des dragons du comte Bourcier. Les dragons à pied aux ordres du comte Baraguey-d'Hilliers devaient le soutenir, en marchant par Stozingen, Langenau et Àlbeck; mais l'officier porteur de Tordre s*étant égaré , cette division se mit en marche quatre heures trop tard.

A peine les troupes aux ordres du comte Dupont furent-elles arrivées en avant d*Haslach , que l'ennemi déploya, hors des ouvrages du Michaelsberg et du Spitzberg , montagnes qui sont près d'Ulm, des forces que Ton évalua à vingt ou vingt-cinq mille hommes. Ces troupes étaient soutenues par une artil lerie nombreuse qui ne tarda pas à engager un feu très vif. Le comte Dupont fit marcher le 9* d'infanterie légère et le 96* de ligne sur le village de Jungingen : Faction fut extrêmement chaude sur ce point ; et ce village fut pris et repris cinq fois. Lorsque les Français en étaient maîtres, Tennemi revenant avec des corps frais se formait dans la plaine ; on marchait à lui la baïonnette en avant. Pendant ce temps, d'autres troupes revenaient dans le village , et il fallait de nouveau le reprendre. Ce fut avec les quatre bataillons des deux régiments cités, que le comte Dupont enfonça successivement toutes les lignes autrichiennes qui se reformaient contre lui. Parfois, ces braves en chargeant Fennemi étaient eux-mêmes chargés en flanc et par derrière. A peine une attaque était-elle terminée qu'il fallait faire une conversion pour soutenir une attaque nouvelle. Le 32* régiment de ligne contenait cependant la cavalerie ennemie derrière Jungingen.Cette cavalerie, qui avait débordé la droite du comte

Dupont, voulant lurofiter de cet avantage, chargea à plusieurs rq[)ri8es ; mais elle fut constamment repoussée par rinfmterie française , avec une fermeté et un calme admirables. La nuit étant survenue , les troupes campèrent sur le champ de bataille. Néanmoins, cette affaire, toute brillante qu'elle était, sortait du plan de l'Empereur qui ne voulait point attaquer Ulm partiellement , mais en masse. L'ordre fut donné en conséquence au maréchal duc d'Elchingen , de faire reprendre à la divi* sion Dupont la position entre Langenau et Albeck, qu'elle occupait depuis le jour de l'affaire de Gûntzbourg.

Tous les corps de l'armée avançaient rapidement vers leur destination. Le 12 octobre , le prince de Ponte-Corvo remplit la sienne et entra dans Munich aux acclamations des habitants. Il se trouva, par un concours heureux de circonstances, que la capitale de la Bavière fut délivrée le jour même de la fête du Roi. Sans perdre' de temps, le général comte do Wrede se mit à la poursuite de l'arrière-garde ennemie qu'il atteignit , et à laquelle il fit 1,100 prisonniers, dont un bataillon entier du régiment de Teutschmeister qui, abandonné par ses officiers à l'instant de la charge , mit bas les armes sans se défendre. Le prince de Ponte-Corvo ne tarda pas à foire occuper les ponts de Môsbourg , de Freysing et de Tolz. Dans ce dernier poste, le général Minucci observait le Tyrol et couvrait le flanc droit du prince.

Le même jour que le premier corps atteignit Munich, le troisième parvint à Dachau ; le quatrième , à Mindelheim. Le second corps s'avança jusqu'à Tannhausen. Le cinquième et la réserve se mirent en ligne près d'Ulm avec le sixième : ils prirent ens^nble position sur la Roth, appuyant leur gauche à

CAMPAGNE DC iWS.

Wdiaenhom, km centre à Pfaffenhofen , et leur droite à Falheim , près du Danabe. Au delà de œ fleuve sur la Thre gauche, le duc d'Eichingen avait encore la division du comte Dupont , les dragons à pied du comte Baragueyd'HilIiers, et les dragons à cheval du eomte Bourcier.

L'instant décisif n'était pas éloigné.

rim était resserré de plus en plus. Le 13, le quartier-général impérial fut transporté à Pfiiffenhofen. L'ordre fut donné au maréchal duc d'Elchingen de porter tout son corps à la rive gauche du Danube, pour s'emparer des hauteurs d'Albeck occupées par Tennemi.

t Dans le cas où ce mouvement vous » engagerait à une bataille, lui faisait » écrire l'Empereur, vous serez forte- » ment soutenu. Tout ce qui entraînera » Tennemi dans une affaire au delà des » retranchements d'Ulm , ne peut que » nous être très avantageux. »

Le cinquième corps et la réserve firent encore un mouvement pour se rapprodier d'Ulm sur la rive droite du Danube, pendant que le sixième s'en q^rodiait par la rive gauche. « Je vous

• préviens , M. le Maréchal , faisait 1 écrire l'Empereur au duc de Monte-

> bdlo , qu'aujourd'hui , à la pointe du 1 jour , le duc d'Elchingen marche 1 pour reprendre la position d'Albeck.

1 n est possible que cela donne lieu à

> un engagement très sérieux. Il est » donc convenable qu'au premier coup

• de canon; vous vous trouviez vou&-

• même à la rive droite , du côté du >pont d'Elchingen,. pour soutenir le » sbdème corps. Si l'ennemi sort d'Ulm » de ce odté, nous pourrons marcher » à lui et le culbuter. Si au contraire il 1 ne sort pas, et si l'affaire du duc » d'Elchingen emploie beaucoup de » troupes ennemies, nous pouvons le » suivre de poste en poste, en laissant

» seulement le duc de Raguse de ce » G6té-ci , et enlever toutes les hauteurs D de la place. »

Afin de pouvoir assurer, en raison des circonstances, l'exécution de ces ' différents projets, le duc de Raguse reçut l'ordre de venir prendre position à Weissenhom et Wullenstetten. Le duc de Dalmatie arriva ce même jour devant Memmingen qu'il investît ; il avait l'ordre, aussitôt qu'il serait maître de ce poste , de se rapprocher d'Ulm, et de se placer en potence , de manière à former la gauche de l'Empereur , et à couper à l'ennemi la route de Biberach.

Le général Mack avait occupé en force la position d'Albeck , et s'était encore emparé plus bas du pont d'Elchingen , où il avait placé seize mille hommes. La prise de ces postes était indispensable pour que l'armée française pût se déployer sur la rive gauche du Danube , et attaquer les retranchements de l'ennemi devant Ulm. C'était pour s'en rendre maître que Napoléon avait fidt marcher le duc d'Elchingen.

La division du comte Lotaon, que le maréchal désigna pour l'attaque du pont, se rassembla, le 14 à la pointe du jour , au village de Leiben. Vers huit heures , la tète de la colonne étant arrivée au débouché qui conduit par un bois au pont d'Elchingen , on fit placer deux pièces de huit et un obusier sur la gauche, pour fovoriser la reconstruction du pont que l'ennemi avait détruit. À peine quelques planches furentreUes placées, que les carabiniers et les voltigeurs du 6^ régiment, les grenadiers du SO^" , n'écoutant que leur courage, traversèrent le fleuve sur les poutrelles du pont, tombèrent sur l'ennemi la baïonnette basse , et s'emparèrent des maisons derrière lesqueUes il s'était retranché et qu'il défendait avec de l'artillerie.

Le pont étant daveiiu poitkiUs^ le général Louon fit détioûcher m division, et marcha pour s'cfiqparer de l'dbbaye d'Elchingen. Le 1« hataiUon da M*", qui fiit envoyé pour prendre |a ehapefla de Woiftng, y trouvt les ennemis en fortee : chaigé par une cavatoie très supérieure , il fut eooiraint de se retirer sur sa premièce portion du bois. Le fi« régimeot fui plue kyeMreux ; il maieha de fnmt «outre le village d'Elchingen , s'en ^empara ^aiQsi que de Tabbaye, et fil £00 prisonniers. Pendant que cela se pasasit, la eavalerie légère , aux ordnss du généial €olbert, traversait le Danube et venait se mettre en bataille dans la prairie en boe du plateau d'Elchû^en. L'eno^mi.

paraisaaai voiuloir se défendre sur le plateau qui dosiiine le village où il avait CBiaesd^lé aea forces , le duc d'Elebingen ovdonna auK 69* et 76'' régiments de se former en colonnes et de marober droit au plateau. La cavalerie devait soutenir ce monvecoent en se portant obliquement à droite , tandis que le 3iM le seconderait en s'empaitinl de la chapelle de Wdfang.

Ces diverses attaques eurent lieju .«Bvec l'intrépidité la plus rare de la part des troupes qui parvinr^it aux le haut du plateau malgré un feu t^rible. Alors le duc d'Eldiingen dirigea plus fort ses attaques contre la droite des ennemis.

Une partie de TinfantiBrie de leur gaudie s'était formée en carré; elle^'epoussa plnsieuars charges de la cav«^lierie légère française , mais elle finit par être enfûiieée par le 16^ de drafons, à qui lOtle rendit les armes.

L'jennemi , assailli par T^afantarÂd aur sa .droite, et vigoureusemônt abordé aur sa gauohe par la cavalerie, 6mna f^luaieurs carrés; dam cet ordre, il 4dierdba à gagaer la wute d!Att)!eicità Ulm. Ces carrés, attaqués 4ans Janr

wouveiwQt fétrognidie i^ 1^ MH ^ 76' régim^ents, perdirent beaucoup ie mande. D'un autre c^té, la division du géaéi^ Ualber, qui avait ooarcbé à la suite de odle du eoo^te Laison , était venue pnendre position k la hauteur de Thalfingen , pour assurer la gaujcbe des troupes de la division Loison contre ce qui pourrait venir par le chemin qui longe la rive gauche du Danube. Les troupes du général Malher se mirent à la poursuite des Autrichiens, de concert avec Tautne division. Ceux-ci essayèrent vainement de se reformer derrière le ravin de Keeselbrun et »\xr les hauteurs de fibuslach. Les brigades des barons d'Outraanont et Roguet l'attaquèrent dans cette nouvelle position, et le mirant complètement en déroute. La cavalerie essaya une diarge pour arrêter le OKHivement rapide de l'infanterie française; maj^repousséa par les carrés des 69« et 76' régiments, elle fut ensuite cuJbuitée par la cavalerie légère.

Sur ces entrelaites , arrii^a la division de dragons du eomte Boureier, avec quelques pièces d'artillerie. Le général Loison , profitant de ce renfort^ acheva de rejeter rennami jusque dans le village de Jungingen.

Le maréchal duc d'jUchijngen, jugeant qu'il avait poussé assez loin le succès de cette journée, ordonna aux troupes qui avaient combattu d'aller prendre position aur Albeck. Ce mouvement , soutenu par la oavalerie » s'exécuta en échiquie;r, dans le §lm bel ordre. L'infanterie se pla^ en avant d' Albed^ , ayant à sa droite la cavalerie légère, et les dragons à aa gauche. La division Maiber resta dans la potttion plus avancée de Thalfi«gan.

Le résultat de la journée fut taès brillant. L'eitmami pardit plusieuisi if9r peauK et plusieurs cè»ûm. Le «énécairiq»liord'Asper, «heaucovp d'pffioieni^ #t

CAMPMIS n 1805.

flOMier» dii sixième corps.

Pendant cette afbire, le duc de Mon* lebello Tint prendre potUion mt les laulearsqui dominent la plaine d'UIm, lar la rivedroitediiDanabe. Lestiraii" leurs s'emparèrent de \û tête dn pont, el jetèrent du âéêotôtë dans la place.

le grand-dnc de Berg , avec les di vÎMons de dragons du coffite Klein et du baron Beaumont, refrfia parCoul la cavalerie ennemie. Le due de Raguse s'empara des postes importants d*Ober-Kirchberg et Untei^Klrchberg, où il y a des ponts sur llller.

Le même jour, le général ennemi , ba^ ron de Spangerg , commandant à Memmingen , après rechange de quelques coups de canon et divers pourparlers, consentit à remettre la friaoe an maré« ehal duc de Dalmatie. La garnison sor^ tit avec les honneurs de la guerre , et se mit en route pour la France comme ^isonnièr^. On troata dans la place dix pièees de canon et quelques magamns.

iossfidt que cette affiitire fut terminée, le dttô âê Dalmatie, suitani les ordres qa'îl avait reçus, se dirigea surOchsen-» hansen , pour se porter à Biberach. II laasa cependant une de ses divisions à Memmingen.

L'Empereur se rendit à Tabbaye d*IiU chiogen , le ih au soir. LelB fut signalé par un événement dans lequel les mlIi-> taires de toutes les nations reconnais front le fruit des combinaisons les plus profondes et les plus hardies que Tart de la guerre ait jamais enfantées. Dans la matinée , Napoléon , à la tête du cinqaième corps, de la réserve de cavalerie et de sa garde , passa le Danube à Bcfaingen , afin de se réunir'au sixième eorps et de rejeter de concert Tennemi dans la place d'Ulm. Le duc de Raguse il les dragons à pied restèrent sur la rive dMte du fleuve . Lé duc de

élail pfévend des intenfioni dal^Empereuràson égard parla lettre suivante :

a Votre principal but doit être d*em* » pécher rennemt de s'éehappàr d'Ulm, » ou de le retarder suffisamment paun 1» que des hanteurs nous puissions re* » venir pour l'atteindre.

» Cependant, s'il vous était imposai* V ble de l'émpècher de passer, le prin- » cipal chenrin qu'il fout toujours gar- D der est celui qui va à Guntzbourg. U » vaudrait mieux laisser échapper Ten- » nemi par la route de Memmingen, » sauf à vous mettre le plus tôt possible » à sa poursuite.

» Lorsque l'attaque sera fortement » engagée sur les hauteurs , si vous vous n apercevez que l'ennemi se dégarnit I» trop devant vous, vous ferez ce que » vous voudrez pour l'attaquer de votre » c6té, et produire tout l'effet d'une » fausse attaque.

» Vous resterez en bataille pendant » toute l'affaire, et de manière à frap- X» per le plus qu'il sera possible les » yeux da l'ennemi qui vous verra des T» hauteurs.

» Enfin, voustiendrea des postes le n long du Danube, depuis le pont de » Thalflngen jusque près d'Ulm; vous » ferez reconnaître la rive gauche , en s passant au village de Thalfingen et en » longeant le Danube , pour vous assu-* » rer si l'on ne pourrait pas faire de ce » côté une attaque réelle sur l'enceinte » d'Ulm , dans le moment où nous nous D serons emparés des hauteurs. »

Le duc d'Elchingen s'était mis en marche , dès sept heures du matin , pour se porter sur Ulm avec les divisions des généraux Malher et comte Loison , et la division de dragons du comte Bourcier.

En même temps , la division du comte Dupont avait eu l'ordre de venir se pla oer à Albeck pour soutenir les préo^

L'BMPIBB.

L'Empereur dirigeait luinnéme tous les mouvements des troupes. Il ordonna à la division Halher, qui suivait la route d' Albeck à Ulm , de se porter sur Jun- 9ngen où se trouvait déjà la diviàon du comte Suchet, détachée du corps du duc de Montebello. Comme le général Malher exécutait ce mouvement, il rencontra au delà d'Haslach Tennemi qui s^était porté eh avant du SjMtzberg, l'une des hauteurs fortifiées d'Ulm. Il forma aussitôt, à droite et à gauche de la route, sa division soutenue parles chasseurs à cheval de la garde impériale. Elle déposta l'ennemi, et le contraignit à rentrer dans ses retranchements.

Continuant à marcher, cette division passa devant celle du comte Suchet, et vint gagner la droite de la route de Stuttgard à Ulm , où elle se forma en colonne par brigade. La division Loison et les dragons Bourcier vinrent se placer en ligne à la gauche de la même route. La division Suchet était avec les grenadiers à cheval de la garde.

Dans cet ordre, on marcha à l'ennemi rangé en bataille demère les retranchements du Michffilsbei^. Le 25* régiment d'in&nterie légère, de ladivisionMalher, s'avança au pas décharge, en une seule colonne, pour tourner la droite des retranchements. Le troisième batailloQ, ayant dépassé la première redoute , la tourna par sa gorge , tandis que les deux premiers bataillons attaquaient l'ouvrage principal de front et de revers. Le 37' de ligne suivait à droite , et la seconde brigade de la division marchait à l'appui.

Cette attaque se fit avec tant de vigueur que lennemi déconcerté abandonna sa position, et se retira en désordre dans la place, laissant entre nos mains un grand nombre de prisonniers.

Le 50« régiment, lancé à sa poursuite,

le pressa avec trop d'aideur, et entra péle-méle avec lui dans les ouvrages qui couvraient la porte de Stuttgard, où il fit au premier instant 800prisonniers. Hais attaqué à son tour par des troupes fraîches et même par les prisonniers , il se vit contraint d'abandonner successivement ses avantages. II se retira sur le MichflBisberg avec une perte de 190 hommes, et y rejoignit la réserve de la division du comte Loison.

La première brigade de cette division avait attaqué la hauteur du Spitzbei^ et s'en était emparé. Le 6* d'infiBinterie légère poussa l'ennemi jusqu'aux portes d'Uhn; mais il fut obligé de rétrograder sur la hauteur de la papeterie, où l'accueillit le 39* régiment. La division du comte Suchet s'était également portée en avant pour soutenir l'attaque du Michœisberg, dont elle &vorisa l'enlèvement.

Le soir, on mit en batterie quelques pièces de canon qui commencèrent à fiiire feu sur les ouvrages de la place; les divisions Malher, Loison et Suchet, prirent position sur les hauteurs du Michselsberg et du Spitzberg.

Pendant la durée de l'action , la cavalerie de la garde impériale et celle aux ordres du grand-duc de Berg , soutinrent les troupes du duc d'Elchingen, et arrêtèrent tous les mouvements de la cavalerie ennemie contre ces troupes.

L'infanterie de la garde, ayant été retardée au pont d'Elchingen où passaient ^ des troupes des différents corps, fut cantonnée le soir à OberrElchingen.

L'armée montra dans cette journée son ardeur accoutumée. À la vue de l'Empereur qui partageait leurs périls et leurs fatigues, les officiers et les soldats firent éclater de concert le plus vif enthousiasme.

Dans la nuit qui avait précédé cette bataille , Tarchiduc Ferdinand avait pro-

GâMPJlGNB de 1806*

fité du momentoùla place d'UIm n'était {MSMioore parfaitement investie, pour m sortir à la tôte de six à sept mille hommes de cavalerie d'élite. U suivit d'abord la route de Geisslingen jusque f€irsle village d'Urspring, d'où, prenant à drcHte, il se dirigea par la sommité des Alpes wortemburgeoises , sur Aalen et EUwai^en. D'un autre côté, une partie de l'aile gauche du corps autrichien, aux. ordres du général de Werneck, qijd s'était étendu depuis Ulm jusque vers Heidenheim, ne prévoyant pas l'extrême rapidité de la marche des Français, se trouva coupée d'Ulm après l'affiiire d'Eicliingen.LegénâraldeW6roeck , ne sachant pas encore le résultat de k* bataille d'Ulm, tenta de rentrer dans cette place, le 15 au soir, par la route d'Albeck; mais il rencontra dans cette position la division du comte Dupont, qui le repoussa vigoureusement et l'obligea de se replier surGiengen.

Ce fut dans la matinée du 16 que Napoléon eut l'avis de la retraite du prince Ferdinand, et de la présence de son corps ainsi que de celui de M. de Werneck, sur les derrières de la Grande- Année. Aussitôt il donna l'ordre au grandr-duc de Berg de marcher à la poursuite de l'archiduc Ferdinand, avec sa cavalerie, celle du duc deMontebello, une partie des chasseurs de la garde , et la division de grenadiers du duc de Reggio; celle du comte Dupont, qui se trouvait déjà à Albeck, fut également mise à sa disposition. La •division des dragons du comte Bourcier marcha par Geisslingen sur SchorndorC, afin de concourir au mouvement que faisait le grand-duc de Berg par la route de Nuremberg. Comme il était à craindre que l'ennemi ne fît une ^treprise sur les pont du Danube et sur le grand parc qui était àDonawerth, il fui ordonné aux

dragons & pied de se porter à Gûnt^ boui^ et Donawerth , où la division Bar tave, qu'on avait laissée à Àugsbourg, devait également se rendre.

La divîsionducomteDupont formant, par sa position à Albeck, la tête de la cdonne aux ordres du grand-duc de Berg , était déjà engagée avec l'arrièregarde des corps autrichiens qui prenai^t la direction de Nehrenstetten.

Le comte Dupont fit' sommer l'ennemi de se rendre. M. de Wemeck dit qu'il allait répondre à coups de canon. Cependant il fit rappeler l'aide-de-camp chargé de la sommation , et ajouta que si on voulait lui envoyer un officier autrichien pris à Ulm, et qui lui assurât la reddition de cette place , il pourrait entrer en pourparlers.

Le grand-duc de Berg arrivant sur ces entrefiûtes , avec la division des grenadiers d'élite , une division de dragons et les chasseurs de la garde, ordonna de poursuivre l'attaque. Dans le même instant, le feu qui avait cessé sur Ulm , se fit entendre de nouveau. Le grandduc mit en mouvement toute sa ligne.

L'ennemi avait resserré sa gauche , qui était vers Langenau , et il s'était rapproché des bois que traverse la route de Nehrenstetten , faisant mine de vouloir se défendre. Mais il ne conserva pas longtemps cette apparence de fermeté; car il conmiença presque aussitôt son mouvement rétrograde. L'infimterie fi^ançaise, formée en colonne par bataillon , s'élança à sa poursuite ainsi que la cavalerie. L'ennemi se sauva bientôt en désordre. Le 1<* de hussards fournit plusieurs chargés; les dragons chargèrent à leur tour, suivis à a course par l'in&nterie. Lorsqu'on fut à la hauteur de Hausen, on comptait déjà plus de deuxmille prisonniers &its sur cette ar^ rière-^prde que commandait le général comte de Mersery.

CefNMMliM M. dfi Wénieek aviH iiris ■{MBitioa ilir les hauteurs de Serbreotiii* gda, avec le gros ée son oorpR, Quel* ques pièces de cenea défeodaieiit les a|i|>roGbes de ce village dont ieB<> dln- &nterie légère parviût à s'emparer, après «voir éprouvé une résistance assez ^iniàtre.Le général ^inenii,affaibli par ■une perte de trois mille cinq cents hom> ittes, diercha alors à fairesa retraite le long de h Brentz, pour se rendreà Aalen où il espérait rejoindre TarchiducF^dinand. Dans la nuit, il arriva à Oberkoehen. Les troupes du grand-duc de Bei^ prirent position sur la Brentz; le quartier-général fut établi à Hausen.

Le même jour qu'on obtenait ces succès à la rive gauche du Danube, le duc de Dalmatie continuait son mouvement par Biberach, pour s'opposer à Tennemi s'il cherchait à s'échapper d'Ulm par cette direction. Legénéralautrichienîellachicb avait prévu cette manœuvre; car il avait quitté la ville d'Dlm , dès le 13, et avait été par Biberach rejoindre les troupes du ^néral Wolfkehl. Celles-ci s'étaient réunies à Wangen , derrière l'Àrgen,dtt moment où elles avaient eu connaissance de la prise de Menruuingen.

Le duc de Raguse resta le 16 dans la position de Pfûhl, près d'Uhn, sur la rive droite du Danube. Le corps du duc d'Elchingen et les divisions des comles Suchet et Gazan , du cinquième corps, continuèrent le blocus de cette place sur la rive gauche.

Cependant, le général autrichien, resserré et isolé dans sa place, sentait qu'il ne lui restait d'autre parti que de se rendre. L'Empereur aurait pu , sans doute, enlever la ville par assaut ; mais Sa Majesté, ne doutant pas de l'effet des mesures qu'elle avait prises, et de la nécessité où l'ennemi se verrait de capituler, préféra cette voie plus lente, pour éviter reffusion du sang.

Pér la éapiMiafloti «i|M» le lY, entre le Major-général prince de Neu^ diàtel et de Wagram et le général en chef tfack, il fut convenu que la garnison sortirait avec les honneurs de la guerre; que les soldats et les sous-ofBciers seraient conduits prisonniers en France, et que les eifliders seraient renvoyés sur parole en Àutriehe. Il y avait une dause qui portait que, si le 25 octobre avant midi il se présentait un corps d'armée capable de débloquer la ville d'Ulm , la garnison se trouverait libre alors de faire ce qu'elle jugerait à propos, et que si , jusqu'au 86 à minuit inclusivemeni, des troupes russes ou autridiienneB débloquaient Ulm, de quelque côté que ce fût, la garnison pourrait en sortir librement avec ses armes, son artillerie et sa ca^ Valérie, pour rejoindre les troupes qui l'auraient délivrée.

La mémorable capitulation d'Ulm fut annoncée par le prince Major-général , aux maréchaux Brune , duc de Dantzig et duc de Valmy,oonmiandant les armées de réserve , et au maréchal duc de Castiglione, chef du V corps, par la lettre drculaire suivante:

« Faites connaître à votre armée, M. le » Maréchal, quelapremièrearméeautri- » chienne a existé.Cette armée était for- D mée de celle de Bavière forte de qua- » 14 régiments d'infanterie, de celle du » Tyrol forte de treize régiments d'in- » fanterie, et enfin de cinq autres régi- )» ments retirés de l'armée d'Italie, ind(v » pendamment de douze régiments do » cavalerie, faisant au moins cent mille » hommes, Celte armée, au moment où » nous l'avons attaquée , avait la d!ï)ite » appuyée à Memniingen , lu gaucho à » Ulm. L'Empereur l'a tournée, et l'a » mise par sesmanœuvresdans la mémn » position que l'armée de M. do » Mêlas à Marengo. Mais ior^cfue c^*

CAMI^MIIB Dt laoi

» BKMKVoBftûti M dêwftqiié) l'éimed nu n'a pas pris un parti «lussî vigou*- » rettx que M. de Métas; car au lieu de

> 86 réunir en HMMe pour Hvrer b»- » taille, il s'est dispersé en plusieurs « ooloniies , qui ont dotnté Heu k Aiffé- 1 i^its combats de divisions, dont le

• résultai est pour' Tennemi la perte de 9 aQ,009 prisonnî^^> de 39 drapeaux , s de presque toute son artffleife et de

• ses magasins. Memmingen, cerné par

* le maréchal due de IMmatie , a capi-

* talé avantrhîer. Ulm capitule etk ce

■ moment; cette ville renferme plus de » quinze millehommes, beaucoup d'ar^ s tûlerie et des nu^gasins de toute es-

> pèoe. L'archiduc Ferdinand s'est re- » tiré sur Aaien avec une forte colonne. 1 Le grand-<luc de Berg est è sa pour- » suite; il est probable qu'il l'atteindra, 1 et qu'il prendra avec ce corps le restlB » de l'armée autrichienne. D'un autre « côté, nous sommes à Munich, où nos

■ aigles sont plantées devant les bannie^ B res rosses. Cette nouvelle armée, arri- » vée en poste , est, dit-on , forte de » soixante miUe hommes. Plus ils se^ » ront, plus nous aurons de gloire à » les vaincre; et cela ne sera pas long. > Ken n'égale la valeur, l'enthousias- » me, la bonne volonté de nos troupes, » leur galté en supportant tontes les

■ privations; comme rien n'égale le • génie de celui qui les commande. »

Le même jour que fut signée la ca»

IMtuiation d'Ulm , les troupes de M. de Wemeck , toujours poursuivies par le grand--duc de Berg, arrivèrent épuisées de fidm et de fatigues au village d'Oberkoehen. Là, elles reçurent de rardndnc Ferdinand l'ordre de se por^ ter sur (Kttingen; mais l'infiinterie de leur brigade de gauche, attaquée de nouveau daps les environs de Nereshetm, se vit contrainte de mettre bas lesannes; Ja cavalerie prit la fuite par

iHforërils d^mdtti, ^t me fiirtit |Nirvint à rejoindre Tariehiduc Ferdinand qui marchait sur la Bohême pur il FVanconie orientale.

Le lendemain, M. de Wemeck, qui était parvenu à Nordiingon avec sa bri-^ gadede droite consistantenquinse cents hommes à peu près, désespérant du pouvoir continuer sa retraite , proposa au grand-duc de Berg de se rendre pH* sonnîerde guerre. La capitulation M signée entre lui et le général de division comte BeHiard , chef de rétat-major da grandHduc de Berg. Les solctets et les 80ttSH)fiiciiM« fterent conduits en France, et les officiera eurent la permission da retourner en Autriche sur leur parole.

Le 19 octobre, à l'issue d'une au«dience que Napoléon accorda au général en chef de l'armée ennemie , baron de Maek , ce général , sur l'attestation que lui donna par écrit le prince MajoDgénéral de la situation des affaires , et de la position de l'armée française qui rendait impossible l'arrivée sur Ulm d'une armée de secoura pour le 25, consentit à évacuer celte place dans la journée du 90.

Jusque là, on avait cru qu'il n'y avait dans Llm qu'un corps de 15 à 20,000 hommes. Mais on apprit alors d'une manière certaine que le nombre s'élevait à plus de 27,000 hommes , dont 3,000 de cavalerie avec 18 généraux, et qu'il s'y trouvait aussi 00 à 70 pièces de canon.

Napoléon avait déj^ donné à la moitié de sa garde l'ordre de partir pour Augsbourg où il devait se rendre sur-lechamp; mais il suspendit son départ d'un jour pour v<Hr défiler Tarmée autrichienne. La garnison sortit par la porte dite des Dames , vers les deux heures après midi. Elle défila devant Sa Majesté, rendit ses drapeaux et déposa ses armes.

L'EMPIBE.

Napoléon était placé sur on rocher au pied du Miduelsberg , d'où il découvrait du même coup-d'œil les deux ai^ mées. Celle des Français embrassait, par une espèce de croissant, toutes les hauteurs qui dominent Ulm vers le nord. La cavalerie formait la corde de cette portion de cercle. L'armée prison-, nière défilait au milieu. Pendant ce temps, Napoléon s'entretenait avec les généraux autrichiens qu'il avait appelés auprès de lui, et cherchait avec bonté à les consoler de leur malheur.

L'ordre du jour du 20 octobre fut alors communiqué aux troupes. Cet ordre, leur fiiisant connaître les résultats brilbnts de leur valeur et de leur dévouement, ainsi que la satisfaction de l'Empereur, fut en même temps un monument qui devait instruire la postérité des succès incroyables obtenus, avec la rapidité de l'éclair, par l'armée la plus brave qui ait existé, et par le plus gi'and capitaine dont les fastes de la guerre aient conservé la mémoire.

« L'Empereur témoigne sa satisfac- » tîon au corps d'armée du grand-duc » de Berg , à ceux de MM. les maré- » chaux ducs d'Eichingen, de Monte- » bello , deDalmatie et de Raguse, ainsi » qu'à la garde impériale, pour les » marches qu'ils ont &ites , pour la pa- » tience avec laquelle ils ont supporté » les fiitigues et les privations de toute » espèce qui ont valu les succès sui- » vants :

» Memmingen a capitulé entre les » mains de M. le Maréchal duc dé » Dahnatie ; ce qui a donné 5,000 pri- » sonniers , 9 drapeaux , un grand » nombre de canons et beaucoup de » magasins.

» Uhn a ca|Htulé; ce qui a valu » 27,000 prisonniers, 18 généraux, » 50 pièces de canon attelées, 3,000 » chevaux de cavalerie pour monter » nos dragons à pied, et M drapeaux.

» Le passage audacieux du pont d'EI- » chingen parle sixième corps d'armée, » et la prise de cette formidable posi- »tion, ont valu 3,000 prisonniers, » dont un général, et plusieurs pièces » de canon.

» Les combats d'Albeck, de Neres- D heim, et la capitulation de Nordlin- » gen, par le grand-duc de Berg, ont » valu 5,000 prisonniers, 2,000 che- » vaux, plusieurs drapeaux, un grand » parc, une quantité considérable de » canons attejés, 3 lieutenants-géné* » raux et 7 généraux-migoi^*

» Au combat d'Eichingen, les 69% » 76" de ligne et le 18* de dragons se » sont distingués.

» Au combat d'Albeck, le 9*d'infan- » terie légère, le 32^ et le 96* de ligne » se sont couverts de gloire.

» Enfin , l'avant-garde du corps d'ar- » mée de Bavière a pris , entre î'Iser et » rinn, plusieurs pièces de canon et » beaucoup de bagages du corps du » général Kienmayer.

» Le résultat de tous ces événements » glorieux est que l'armée autridiienne, » forte de 100,000 hommes, est dé- » truite ou dispersée ; près de 50,000 » prisonniers , et 80 drapeaux , sont en )) notre pouvoir, ainsi que presque » toute l'artillerie ennemie et ses ma- » gasins.

)) L'Empereur &it connaître qu'il est » content de son armée ; il décrète que » le mois d'octobre lui sera compté » pour une campagne, d

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