‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 117 sur 205 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Après avoir feit la description de la route conduisant à Zertibin, qui passe à travers des marais , sur lesquels sont des ponts de plusieurs centaines de toises de longueur, M. lé Maréchal-deslogls semble regretter que les Russes n'aient pas détruit ces ponts , et s'exprime ainsi : « Pris entre ces marais et » le fleuve, dons un espace étroit, sans » vivres, sans abris, au mHieu d'un ou- * f agan insupportable , la grande ar- » mée et son Empereur eussent été » forcés de se rendre sans combat ! » (Page 370.)

Dans l'hypothèse où les ponts eussent été brûlés, leur réparation impossible, enfin , dans l'hypothèse où les marais de la Gaïnà, au travers desquels la route passe, n'eussent pas été assez fortement gelés pour porter les hommes et les chevaux, la grande armée et son Emptreur n'eussent pas été forcés de se rendre sans c&tnbat. L'auteur dit bien que nous étions pris entre les marais et laBérésina; mais il ne dit pas que le troisième côté de ce triangle était oc-

L'EBIPUE.

cupé par les Russes. Gomment un homme, qui porte le titre de général, a-tr-il pu penser que, dans une pareille situation , la grande armée et $on Emp^ reur n'auraient pas marché contre les Russes, et ne leur auraient pas passé sur le ventre , pour prendre la route de Rorisow à Minsk ! ! Après les descriptions exagérées que M. de Ségur a faites de la faiblesse de Tarmée française, cette expression de grande armée ^ employée ici, a quelque chose qui pourrait convenir dans la bouche d'un gazetier russe , mais qui fait mal dans celle d'un Français.

En nous retraçant, à sa manière, le passage de la Bérésina, Tauteur romaur tique avait oublié un de ses thèmes favoris, Touragan obligé; nous le retrouvons ici. Cet ouragan doit se réduire à un peu de vent et à quelques flocons de neige. Quant à la rigueur du froid, on peut l'apprécier en songeant que la Bérésina n'était pas gelée.

M. de Ségur, en parlant « d'un an- » cien grand seigneur de ces temps » bien passés, où régnait souveraine- » ment une grâce légère et brillante , » fait allusion au comte de Narbonne.

« On voyait,)) dit-il, a cet officier-gé- » néral de soixante ans , assis sur un » tronc d'arbre couvert de neige, s'oc- » cuper avec une imperturbable gatté , » dès que le jour revenait, des détails » de sa toilette ; au milieu de cet oura- » gan, il faisait parer sa tête d'une fri- » sure élégante et légère, et poudrée » avec soin, se jouant ainsi de tous les » malheurs et de tous les éléments dé- » chaînés - qui l'assiégeaient. » (Page 372.) M. de Narbonne, malgré son âge, fit la campagne de Russie avec l'activité et l'ardeur d'un jeune honmie. Kstril de bien bon goût à M. de Ségur, de chercher à jeter du ridicule sur cet estimable général, qui servit toujours fidèle-

ment l'Empereur et la France, et mourut à Torgau, chargé de la défense et du gouvernement de cette place ?

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