‹ Bibliotheque militaire (volume 2)Chapitre 156 sur 205 · I. Le quatrième corps, commandé · texte numérisé non relu

I. Le quatrième corps, commandé

Plus à droite, il pouvait descendre la Meose, vers Narour. fondre sur la gauche des Prussiens pour les couper de Coblentz et de Cologne. Enfin , il éuit possible de descendre entre la Meuse et la Mosell|}, ou entre la Meuse ei le Bhin , pour tomber sur le corps de Klelst, qui couvrait les Ardennes et la commuoicaiion des Prussiens avec le Rhin.

Ce dernier parti ne menait à rien qu*à des menaces qui eussent été sans résultats sur un homme de la trempe de BlQcher. Il conduisait d'ailleurs trop loin du but qu*on se proposait. Une attaque sur la Meuse était plus sage; mais elle eût refoulé Blûcher sur Wellington , et opéré la Jooctioa qu'il falbit empêcher. La manœuvre inverse par Mons, contre rarmé« de Wellington , aurait pu produire, dans un sens opposé , la même jonction que Ton redoutait, en refoulant la droite des alliés sur la ftauche. L'Empereur s'arréu donc au parti de fondre sur le point central, où 11 pouvait surprendre Blûcher en flagrant délit , et le défaire avant que Wellington pût le soutenir.

Pour bien en apprécier le mérite, il faut se rappeler que Napoléon n'avait pas affidre à une seule armée, sous un même chef, et n'ayant qu'un intérêt ; mais , au contraire , à deux armées indépendantes l'une de l'autre , ayant deux bases d'opérations entièrement divergentes : celle des Anglais étant basée sur Ostende ou Anvers , et celle des Prussiens sur le Rhin et Cologne; drconstanee décisive » et qui assurait bien plus de succès à toute opération centrale tendant à les diviser et iles combattre successivement.

L'EMPIRE

par le comte Gérard (1), partit de Metz le 6 juin , passa la Meuse et arriva le 14 à Philippeville. Le comte Belliard prit le commandement de Metz et de la frontière de la Sarre ; il eut soin de masquer le mouvement du quatrième corps, en occupant la frontière par des détachements des bataillons d'élite de garde nationale tirés des garnisons de Metz, Longwy, Sarre- Louis, etc. , et par les corps francs déjà habillés et organisés, levés dans ces départements. La garde impériale quitta Paris le 8 juin et se porta sur AvesnesJ

Le premier corps partit des environs de LiDe, et le deuxième corps de Valenciennes pour se rendre entre Maubeuge et Âvesnes. Les garnisons de toutes les places fortes, depuis Dunkerque, masquèrent ce mouvement en occupant les débouchés par de forts détachements, de sorte qu'au moment où les cantonnements de cette frontière se centi^alisaient , les avantpostes étaient triplés, et Tennemi, trompé, croyait que toute Tarmée se réunissait sur la gauche. Le sixième corps partit de Laon , et se porta sur

Neof corps d*infànterie ou de cavalerie» cantonnés depuis Lille jiisqu*à Metz , durent, par des marches habilement déroulées, se concentrer devant Gharleroi, au même instant où la garde , partie de Paris, y arriverait. Ces mouvements furent combinés avec tant de précision , que cent vingt mille hommes se trouvèrent réunis le 14 juin sur la Sambrc comme par enchaniement. Wellington, tout occupé à donner des fêtes à Bruxelles , croyait Napoléon encore à Paris, lorsque ses colonnes se présentèrent, le 15 au matin, pour passer oette rivière. Les ennemis avaient si peu Tidée de ces moavemenu. que lettrsaméas ne <e trouvaient pas rassemUées.

Avesnes; les quatre corps de réserve de cavalerie se concentrèrent sur la Sambre. L'Empereur partit de Paris le 12 au matin, déjeuna à Soissons, coucha à Laon, donna ses derniers ordres pour Tarmement de cette place et arriva le 13 à Avesnes ; le ih au soir, l'armée campa sur trois directions : la gauche, forte de plus de quarante mille hommes, composée des deuxième et premier corps, sur la rive droite de la Sambre à Ham-sur^Eure et à Solresur-Sambre. Le centre, de plus de soixante mille hommes, composé des troisième et sixième corps, de la garde impériale et des réserves de cavalerie, à Beaumont, où fut placé le quartiergénéral. La droite, de plus de quinze mille hommes, formée du quatrième corps et d'une division de cuirassiers, en avant de Philippeville. Les camps étaient établis derrière des monticules à une lieue de la frontière, de manière que les feux n'étaient pas aperçus de l'ennemi qui , effectivement, n'en* eut aucune connaissance. Le 14^ au soir, les appels constatèrent que la force de l'armée était de cent vingt^eux mille quatre cents hommes , et de

Cette entrée en campagne de Napoléon, et son premier plan, peuvent éu^ regardés comme une des opérations les plus remarquables.de sa vie. (Le général Jomini » Frécit politique et militaire de la campagne de 1815).

(1) Le lieutenant-général comte Gérard (devenu depais marécbal) commandait le quatrième corps. Le lieutenant-général comte Girard commandait la troisième division du deuxième corps. Pour éviter la confusion, nous donnerons le titre de comte au général Gérard, et écrirons son nom en lettres majuscules. Nous donnerons le liu« de général au général Girard, et éciil riMs son nom en caractères ordinaires.

CAHPAftNB DB i815.

tfois cent einquante bouches à feu (1).

Le U au soir, l'Empereur parla à

l'armée par Tordre du jour m\mi :

a Soldats, c'est aujourd'hui l'anniver- » saire de Marengo et de Friediand, » qui décida deux fois du destia de

(1) Ails «aucu • Il ■ • • •

rive droite de U Sambre.

Cnmn

k Beaumont.

Al» Mom

en avant de Philippeville.

S^Gorpi.

l«r Corps.

119,800 infanterie 1,400 cavalerie.

iJS&l an., géo..

équip. (46 Doucbea ifeu.) M7,600 infanterie 1.400 cavalerie.

1,564 art., «en..

I équip.{46DOU- ^ ches à feu).

S* Corps.

6« Corps.

Gardo impériale.

%t Corps.

Réserre '

de Cavalerie./»' C°*-P»-

4« Corps.

Grand parc, troopes d'artillerie, du génie et des équipages militaires.

r 13,900 infanterie

1,400 cavalerie.

4,a93 art., aén., équip. (3800Uelles à feu K

9,000 infanterie

1,400 cavalerie.

1,29a an., aén., équip. '38 Douches à feu).

' 19,000 infanterie

4,000 cavalerie.

9,400 art., sén., équip.(96 bouches i feu).

9,500 cavalerie, SOOart.. équip.

(19 bouc, à feu)

9,500 cavalerie, noo art., équip.

(19 bouc, à feu)

3,500 cavalerie.

300 art., équip.

(19 bouc, à feu)

1 ,900 cavalerie.

150 art., équip.

f 19 bouc, à feu)

i 19,100 infanterie 1,400 cavalerie.

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