g art., cén., équip. (38 Douches i reo\ Cavalerie dé
tachée du l 1,460 eavatorie.
4* corps de { 150 art., équip.
la réserre I (6 boue, if eu) d e cavalerie. \
Force totale. 43.398 hommes.
Force totale 63,734 hommes.
Force totale.. 16,549 hommes.
Aile gauehe. .
Centre
Aile droite . .
Total par arme. .
ToUl général. .
Infanterie.
Cavalerie.
Arlill., Génie, Equip. milit.
199^04 hommes et 850 bouches à feu.
* Les canonniers, les soldats du train d'artillerie, les pontonniers, les sapeurs, les mineurs, les soMaU des équipages militaires, c'est-à-dire ceux qui portent les vivres, les ambulances, sont compris dans ce nombre, tout étant enrégimentés en France. Il n'y a ouo les palcfrcniprs et posulluns des officiers, qui, n'étant pas gagés parl'Eial, n'y sont pas compris. Il ^ a quinze ans, les charretiers d*jirtilierie, ceux dus vivres, tous les transports militaires, les iiiflrmiers, n'étaient point compris sur les états de situation, n^clant ni soldés, ni babiliéa par rKl.it, mais par les entrepreneurs, ce qui formait un vingtième de différence dans les situations. Une armée, qui, sur les étals de situation d'aujourd'hui, est portée pour cent vingt mille hommes, n'aurait été portée sur les étals de situation d'alors que pour cent quatorze mille. Les Anglais sont dans ce cas. Ainsi, une armée anglaise qui serait portée i cent quatorze mille hommes sur les états de situation, serait efTectivement de cent vingt mille. Dans celte armée, il y avait quarante-six hommes par bouche à feu de troupes d'artillerie ou du génie, compris les trains de ces deux armes et des équipages militaires, savoir : trente-quatre hommes par -pièce sont avec le corps d'armée et douze avec le parc. L'étal-maior d'artillerie, Kètat-major du génie» Jes canonniers qui servent les pièces, les soldats du tram qui conduisent les pièces et les voitures d'arlllieric, les sapeurs, les mineurs et ouvriers, et les deux compagnies d équipages militaires «Hachés i chaque corps d'armée, sont compris dans le premier nombre. Les pontons, les équipages de ponts, les ouvriers du parc, les soldats du train attachés «u double approvisionnement, aux caissons et aux autres voilures du parc, la réserve des sapeurs et des mineurs, les ouvrier» du génie et les hommes des compagnies militaires de réserve , comptent dans le second nombre ; de sorte que celle armée de cent vingt mille hommes n'était réellement que de cent quatorze mille combattants et trois cent cloquaMte koaches à feu.
le
L«£MnRE.
)> rEurope. Alors, comme après Aus- » terlitz, comme après "Wagram, nous D fûmes généreux! nous crûmes aux » protestations et aux serments des » princes que nous laissâmes sur le » trône I Aujourd*hui, cependant,coa)i- )) ses entre eux, ils en veulent à* Tin- » dépendance et aux droits les plus » sacrés de la France. Ils ont corn- » niencé la plus injuste des agrès- » sions : marchons donc à leur ren- » contre ; eux et nous ne sommes-nous » plus les mêmes hommes?
» Soldats, à léna , contre ces mêmes » Prussiens > aujourd'hui si arrogants, » vous étiez un contie deux, et à » Montmirail, un contre trois.
» Que ceux d*entre vous, qui ont D été prisonniers des Anglais, vous » fossent le récit de leurs pontons et » des maux affreux qu'ils ont souf- » ferts.
» Les Saxons, les Belges, les Haiio- )> vriens, les soldats de la Confédération » du Rhin,gémissent d'être obligés de )) prêter leurs bras à la cause des » princes ennemis de la justice et des ï> droits de tous les peuples. Ils savent » que cette coalition est insatiable I )) Après avoir dévoré douze millions )) de Polonais, douze millions d'Ita- )) liens, un million de Saxons, six mil- » lions de Belges, elle devra dévorer » les états du deuxième ordre de l' AUe- » magne.
» Les insensés! un moment de pros- » périté les aveugle. L'oppression et » rhumiliation du peuple français sont » hors de leur pouvoir I s'ils entrent » en France, ils y trouveront leur tom- » beau.
T> Soldats ! nous avons des marches » forcées à faire, des batailles à livrer, )) des périls à courir; mais avec de la » constance , la victoire sera à nous : » les droits , l'honneur et le bon-
B heur de la patrie seront reconquis.
» Pour tout Français qui a du cœur, » le moment est arrivé de vaincre ou » de périr. »
IL Les armées ennemies étaient le 14' au soir fort tranquilles dans leurs cantonnements; l'armée prusso-saxonne formait la gauche , et l'armée anglohollandaise la droite. La première, commandée par le maréchal Blûcher, était forte de cent vingt mille hommes, savoir : quatre-vingt-cinq mille hommes d'infanterie, vingt mille de cavalerie, quinze mille d*ailillerie, génie, équipages militaires , trois cents bouches à feu. Elle était divisée en quatre corps : le premier, commandé par le général Ziethen, s'appuyait aux cantonnements anglais, bordait la Sambre, ayant son quartier-général à Gharleroi et Fleurus pour point de concentration. Le deuxième, sous les ordres du général Pirch , était cantonné sur la frontière aux environs de Namur, son point de concentration. Le troisième, commandé par le général Thielman, bordait la Meuse aux environs de Dinant, et devait se concentrer à Ciney ; enfin le quatrième corps, sous les ordres du général Bulow, était en arrière des trois premiers; son quartier générai était à Liège. Il fallait une demijournée pour le rassemblement de chaque corps. L'armée devait se réunir en arrière de Fleurus. Le premier corps s'y trouvait ; le deuxième de Namur avait huit lieues à faire ; le troisième de Ciney avait quatorze lieues ; le quatrième de Ham en avait seize.
Le quartier-général du maréchal Blûcher était à Namur, éloigné de seize lieues du duc de Wellington qui était à Bruxelles.
L'armée anglo-hollandaise, sous les ordres du duc de Wellington, était formée de vingt^quatre brigades dont
CAMPAGNI DE 1815.
neuf anglaises, dix allemandes (1), cinq hollandaises et belges ; de onze divisions de cavalerie composées de seize régiments anglais, neuf ailemanda (2), six hollandais.
Sa force était de cent quatre mille deux cents hommes (3) , non compris huit régiments anglais venant d'Amérique qui étaient débarqués à Ostende, et en outre un régiment anglaisa Nieuport, un bataillon de vétérans à Os> tende, et les 9% 25% 29* et 37* régiments anglais dans les places de la frontière de la Belgique, où des corps considérables de milice avaient été réunis. Les neuf brigades anglaises, les cinq brigades hanovriennes et les deux brigades de la légion germanique, formaient six divisions, dites anglaises. Les cinq brigades hollandaises et la brigade de Nassau en formaient trois, dites belges. Les troupes de Brunswick en formaient une. Ces dix divisions étaient partagées en deux
grands corps d'infiuiterie : le premier, sous les ordres du prince d'Orange, dont le quartier-général était à Braine . le-Gomte, se composait de cinq divisions dont deux anglaises, celle des gardes et la troisième division, et des trois divisions belges. Leurs points de réunion étaient Enghien, Soignes, Braine -le -Comte et Nivelles. Le deuxième corps, commandé par lord Hill, dont le quartier -général était à Bruxelles;, se composait de cinq divisions , quatre anglaises et celle des troupes de Brunswick ; leurs points de réunion étaient Bruxelles, Àih, Hall et Gand. Lord Uxbridge commandait la cavalerie; son point de réunion était Grammont. Le parc général était cantonné autour de Gand. Il fallait une demi-journée à chaque division pour se réunir à son point de réunion. Le point de concentration de. l'armée était aux Quatre -Bras pour se trouver à deux lieues sur la droite de l'armée
(i) Savoir : S légions germaniques i la solde de TAngleteiTe. 5 hanovriennes.
1 de Nassau.
S de Brunswick.
iO
^} Bavoir : 5 légions |(ennanlques.
S hanoTnennes.
4 de Brunswick.
(B) AngUU 17,000.
Allemands 4S,000.
Botlandais etBelges» t9,000.
Total par arme.
,000 d'infanterie.
,000 decaralerie.
,000 d'artillerie, génie, équipages miiiUires.
8S,000 dMnfanterie,
16,000 Hanovriens.
6,000 Légion germanique.
4,000 Nassau.
6,000 Brunswick.
S,000 Hanovriens.
( S,000 Hanovriens.
6,000 de cavalerie. ] S,000 Légion sermanlque.
(4,800 Brunswlrk.
tJM d*arUllerie, génie, équipages miliUires.
{19.000 d*ii 8,000 de 8,000 d'ai
'inranterie.
Je cavalerie.
artillerie, génie, équipages miliUires.
,000 hommes d'Infanterie.
,000 hommes de cavalerie. .. * * x t
,900 d'artillerie, ayant deux cent cinquante bouches à. feu , génie équipages militaires. . .
Total général. «•»,«» homme».
LIIIFIBB.
prussienne. Il y avait du quartier-général du prince d*Orange aux Quatre- Bras, SIX lieues; de Nivelles, deux lieues et demie ; d'Enghien, treize lieues ; de Soignes, onze lieues; de Bruxelles, grand quartier-général de Tarmée, huit lieues; de Gand, dix-sept lieues; de Grammont, treize lieues; deÀth, treize lieues. Il fallait donc aux deux armées deux jours entiers pour se rassembler sur un même champ de bataille; réunies, elles présentaient une force de deux cent vingtH^uatre mille deux cents hommes (1).
Dans la nuit du ih au 15 , df s affi« dés, de retour au quartier-général français à Beaumont , annoncèrent que tout était tranquille à Namur, Bruxelles et Charleroi ; ce fut un heu«^ reux présage, c'était déjà avoir obtenu un grand succès que d'être parvenu à dérober à l'ennemi les mouvements que faisait l'armée française depuis deux jours. L'armée prussienne se trouvait déjà placée dans l'obligation de prendre un point de rassemblement plus en arrière que Fleurus, ou de recevoir la bataille dans cette position sans pouvoir être secourue par l'armée anglo-hollandaise. Le caractère des généraux en chef ennemis était opposé. Les habitudes de hussard du maréchal Blùcher , son activité et son caractère hasardeux contrastaient avec le caractère circonspect et les marches lentes du duc de Wellington. Si l'armée prusso-saxonne n'était pas la première attaquée , elle mettrait plus d'activité et d'empressement à courir au secours de l'armée anglo^hoUaii'
daise , que celle-ci n'en mettrait à secourir le maréchal Blûcher. Toutes les mesures de Napoléon avaient donc pour but d'attaquer d'abord les Prussiens.
III. Le 15, à la pointe du Jour, les trois colonnes françaises se mirent en marche. L'avant-garde de la gauche, formée par la division du prince Jérôme, du deuxième corps, rencontra au sortir de son camp l'avant-garde du corps prussien du général Ziethen ; elle la culbuta , s'empara du pont de Marchiennes et fit cinq cents prisonniers ; l'avant-garde prussienne se rallia sur Charleroi. Le corps de cavalerie du général Pajol, formant l'avant-garde du centre, se mît en mouvement à trois heures du matin ; il devait être soutenu par le corps d'infanterie du général Vandamme. Dé Beaumont à Charleroi il n'y a pas de chaussée, pour faciliter le mouvement sur de mauvaises traverses , où l'on rencontrait à chaque pas des défilés. Le troisième corps avait été campé à une lieue et demie sur la route de Beaumont. A six heures du matin « le comte Vandamme était encore dans son camp, quoiqu'il en dût partir en même temps que la cavalerie Pajol ; l'Empereur s'en étant aperçu , prit les devants avec sa garde , et entra à midi dans Charleroi , étant précédé par la cavalerie légère du général Pajol , qui suivait l'ennemi le sabre à la main. Le corps du général Vandamme n'y arriva qu'à trois heures du soir. La droite , commandée par le général Gérard, surprit de bonne heure le pont du Chàtelet; toute la
(1) AHftLO-HOLLAHDAlB
Infanterie. . . « 93^000 Cavalerie .... ao.OOO AriiUerie .... it,000 Boucbei i feu. * 855
PAUSSO-SlXOHi.
fiMbouthetâ^Bdi
ToTitt»
543boucfaeiàre«.
8â4,àoO honmei, sftnâ compter 14 ré^çimenta anglais i Ottende ou dîna les pitcei.
TUl
colonne arriva dans la soirée. De Charleroi à Bruxelles il y a quatorze lieues, une chaussée y conduit et passe par Gosselies, Frasne, les Quatre- Bras, Gennappes et Waterloo. A cinq cents toises de distance de Charleroi , une autre chaussée prend à droite et se dirige par Gilly sur Namur , éloigné de huit lieues de Charleroi. Le corps de Ziethen , instruit par ses hussards du mouvement de l'armée française , évacua en toute hâte Charleroi par ces deux routes ; une division se retira par la chaussée de Bruxelles et s'arrêta à Gosselies; une autre prit la route de Namur et s'arrêta à Gilly. Le général Pajol suivit l'ennemi sur la route de Namur ; le général Clary , avec une brigade de hussards, le suivit sur celle de Bruxelles. Les troupes escarmouchaient alors sur ces deux routes ; le générai Clary , n'étant pas assez fort, fut soutenu par le général Lefebvre-Desnouettes avec la cavalerie légère de la garde et ses deux batteries. La division Duhesme , de jeune garde à pied , se mit en réserve en arrière de la cavalerie Pajol , et détacha un régiment pour aller en position à mi-chemin de Charleroi à Gosselies , servant de réserve à la cavalerie du général Lefebvre-Desnouettes. Le comte Reille passa la Sambre sur le pont de Marchiennes , et se porta sur Gosselies , pour y joindre la route de Bruxelles, et de là pousser sur les Quatre-Bras. Le général comte d'Ërlon eut ordre de soutenir le général Reille. Le maréchal Grouchy , aussitôt qu'il eut débouché sur Charleroi avec les réserves de cavalerie , et suivi par le troisième corps d'armée , se porta sur Gilly , que le général Ziethen évacua pour prendre position entre Gilly et FleuruSi adossé à un bois. Le général Reille s'empara de Gosselies après une légère
résistance. Le maréchal Ney venait d'arriver sur le champ de bataille.
L'Empereur lui donna aussitôt l'ordre de se rendre à Gosselies , d'y prendre le commandement de toute la gauche composée des deuxième et premier corps, de la division de cavalerie de Lefebvre-Desnouettes , et du corps de grosse cavalerie du général Kellermann , formant en tout quarante-sept mille huit cents hommes; de donner tête baissée sur tout ce qu'il rencontrerait sur la route de Gosselies à Bruxelles ; de prendre position à cheval sur cette route au-delà des Quatre»
Bras, et de s'y tenir militairement en tenant de fortes avantrgardes sur les routes de Bruxelles , de Namur et de Nivelles. La division du corps du général Ziethen, qui avait défendu Gosselies, se retira par un à gauche sur Fleurus; le comte Reille la fit suivre par la troisième division que commandait le général Girard, et avec sa cavalerie et ses trois autres divisions » marcha sur les Quatre-Bras. Le prince Bernard de Saxe commandait une brigade de quatre mille hommes de trou^ pes de Nassau ( c'était la deuxième de la troisième division belge ). Dès qu'il entendit le canon du côté de Charleioii et qu'il fut instruit de la retraite du général Ziethen , il se porta sur FrasnOt et s'y établit à mille toises en avant des Quatre-Bras , à cheval sur la route de Bruxelles. Le général Lefebvre-Desnouettes , après une légère canonnade, l'ayant menacé de le tourner et de le couper des Quatre-Bras, l'obligea de faire sa retraite ; il prit position entre les Quatre-Bras et Gennapes. Le comte Reille marchait sans obstacle avec son infanterie pour camper en avattt des Quatre-Bras, lorsqu'il fut rejoint par le maréchal Ney, lequel, ayant entendu la canonnade sur Fleurus et reçu
L'EMPIRE
le rapport du génénd Girard , qu'il y avait des forces considérables dans cette direction , crut prudent de prendre position, son avant-garde à Frasne, ayant des vedettes sur les Quatre-Bras.
Les corps de Vandamme et de Grouchy étaient réunis à Gilly; trompés par de faux rapports, ils perdirent deux heures en position , dans l'opinion que deux cent mille Prussiens étaient derrière le bois et en avant de Fleurus. L'Empereur fut lui-même reconnaître Tennemi , et jugeant que ces bois n'étaient garnis que par deux divisions du corps de Ziethen , de dixhuit à vingt mille hommes , il ordonna aussitôt de marcher en avant. L'ennemi se mit en retraite; on le poursuivit vivement. Une charge des quatre esc^tdrons de service, conduite par le général Letort, enfonça deux carrés, détruisit le 28« régiment prussien; mais rintrépide Letort fut blessé à mort. Ce général était un des officiers de cavalerie les plus distingués : on n'était pas plus brave; nul officier ne possédait à un plus haut degré l'art d'enlever une charge et de communiquer une étincelle électrique aux hommes comme aux chevaux; à sa voix , à son exemple , les plus timides devenaient les plus intrépides. A la nuit , les corps de Vandamme et de Grouchy prirent position dans les bois de Trichenaye et de Lambusart près de Fleurus.
IV. Pendant la nuit du 16 au 16, le quartiei^général français fut à Charleroi, celui du maréchal Blûcher à Namur, celui du duc de Wellington à Bruxelles. Le premier corps de l'armée prusso-saxonne, commandé par le général Ziethen , affaibli de deux mille hommes, qu'il avait perdus dans la journée, était concentré sur les hauteurs en arrière de Fleurus, occupant
ce village par un détachement. Le deuxième corps, qui s'était rallié à Namur , marcha toute la nuit pour rejoindre le premier à Sombref. Le troisième corps s'était rassemblé, partie à Namur, partie à Ciney ; la première partie marcha toute la nuit et arriva à Sombref dans la matinée du 16; la deuxième partie ne put arriver que le 16 après inidi pendant la bataille. Le quatrième coips, commandé par le général Bdlow, n'ayant reçu l'ordre de se concentrer que fort tard, vu les distances, ne put se mettre en marche que le 16; il n'arriva à Gembloux, à deux lieues de Sombref, qu'après la perte de la bataille, dans la nuit du 16 au 17.
Le 15, sur les sept heures du soir, le duc de Wellington avait reçu un courrier du maréchal Blûcher, qui lui annonçait que les hostilités étaient commencées, qu'une forte reconnaissance française avait sabré quelques-uns de ses avant-postes. Cela ne lui parut exiger aucune disposition , si ce n'est l'ordre, sur toute la ligne, de se tenir sur ses gardes. A onze heures du soir, un deuxième courrier du maréchal Blûcher lui avait apporté la nouvelle que les Français étaient entrés à Charleroi à onze heures du matin, le 15, et marchaient en front de bandière sur Bruxelles; que tout l'espace compris entre Marchiennes, Charleroi et le Chà-. telet, était couvert de ponts et de troupes; que l'armée française était forte de cent cinquante mille hommes; que l'Empereur était à sa tête. II expédia aussitôt, dan« tous les cantonnements, l'ordre de les lever , de réunir chaque division à son point de concentration et d'y attendre de nouveaux ordres. La troisième division belge, qui, seule de l'armée anglo-hollandaise, occupait des cantonnements éloignés de moins de
CAMPAGNB DE 18i5.
àx lieues des Quatre-Bras, pouvait seule y être arrivée dans la matinée du 16; quatre autres divisions, qui étaient éloignées de moins de neuf lieues, pouvaient y être arrivées dans la soirée du même jour; mais le reste de l'armée, éloigné de douze, treize, quatorze, dix-sept, dix-neuf lieues , ne pouvait y ^tre réuni que dans la nuit du 16 au 17> et dans la journée du 17. L'artillerie et la cavalerie étaient dans ce cas ; et, réunie aux Quatre-Brés, Tarmée anglo-hoUandaise serait encore éloignée de deux lieues de Flc|urus. Dans la nuit , la générale battit à Bruxelles ; la division de Brunswick et la cinquième division anglaise qui s'y trouvaient , se mirent en marche pour les Quatre-Bras dans la matinée.
L'armée française passa la nuit sur trois colonnes ; la gauche, commandée par le maréchal Ney , avait son quartier-général à Gosselies, ses vedettes sur les Quatre-Bras, son avant-garde à Frasne; le deuxième corps entre Frasne et Gosselies , ayant en avantgarde la division du général Girard à sa droite, sur la route deFleurus; le premier corps en colonne, de Marchiennes à Gosselies ; le centre , composé par la réserve de cavalerie et le troisième corps, était campé dans les bois entre FÎeurus et Charleroi; la garde était en colonne sur la route de Charleroi et Gilly , et le sixième corps en avant de Charleroi. La troisième colonne, formant la droite , était en avant du pont du Ghâtelet. Toute l'armée était ainsi réunie , ayant passé la Sambre sur trois ponts : la gauche sur celui de Marchiennes , éloigné de deux mîDe toises de celui de Charleroi , sur lequel avait passé le centre ; et celui-ci de trois mille toises du pont du Chàtelet, sur lequel avait passé la droite.
L'armée française bivouaqua, dans la
nuit du 15 au 16, dans un carré de quatre lieues de côté ; elle était également en mesure d'appuyer sur l'armée prusso-saxonne ou sur celle anglo-hollandaise; elle se trouvait déjà placée entre elles. Les deux armées ennemies étaient surprises, leurs communications déjà fort gênées. Toutes les manœuvres de l'Empereur avaient réussi à souhait ; il était désormais le maître d'attaquer en détail les armées ennemies ; il ne leur restait, pour éviter ce malheur, le plus grand de tou?| que le parti de céder le terrain et de se réunir sur Bruxelles ou au-delà (1).
(I) L^Empereur arrêta, dès le matin, l'organisalion de son armée ^m deux masses principales et une réserte. Grouchy eut le commandement de Talle droite composée des corps de Vandame et de Gérard , avec ceux de cavalerie de Pujol , Excelmans et Milhaud. Ney eut le commandement de Taile gauche , composée des corps de Reiile et d'Erlon , avec la cavalerie du comte de Valmy et de Lefèvre-Desnouettes. Le corps de Lobau et la garde formaient une réserve de viagt-buit mille hommes.
Cette organisation a trouvé des critiques, parce que, dans le fait, Tarmée n*avait pas de centre; on a pensé qu*il eût mieux valu extraire ies quatrièmes divisions des deux corps de Reiile et d'Erlon, et de les réunir aux corps de Lobau pour former un centre et deux ailes, indépendamment des réserves; cela eût facilité les mouvements , et peut-être évité le faux emploi de trop grands détachements aux journées des 16 et 18 Juin. Napoléon fut sans doute déterminé par les raisons qu'ayant deux armées bien distinctes à combattre , il convenait d'avoir une certaine masse toute prête à opposer à chacune d*elle8 , plus une réserve pour renforcer le point où il voudrait porter les coups; résultat qu'on eût du reste encore mieux obtenu » en ayant trois masses, outre la réserve, {te général Jomioi).
CHAPITM V.
BATAILLE DB LtGlTÏ.
!. Marches de Tannée française pour Ihrer bataille à Tariiiée prusso-saxenne. — II. Bataille de Ligny , 16 jain. — III. Combat des Quatre-Bras , 16 juin. — IV. Position des armées dans la nuit du 16 aa 17. — Y. Leurs manœuvres dans la journée du 17. — VI. Leurs positions dans la nuit du 17 au 18 juin.
I. Le maréchal Ney reçut Tordre, dans la nuit, de se porter le 16, à la pointe du jour, en avant des Quatre- Bras , d'occuper une bonne position à cheval sur la route de Bruxelles , en gardant les chaussées de Nivelles et de Naniur, par ses flanqueurs de gauche et de droite. Le comte de Flahaut, aide-de-camp général, porta ces ordres, et demeura toute la journée avec ce maréchal. La division du général Girard, la troisième du deuxième corps, qui était en observation vis-à-vis Fleurus reçut ordre de rester dans sa position, devant opérer soas les ordres im* médiats de l'Empereur qui, avec le centre et la droite de Tarmée , marcha pour combattre Tarmée prussienne, avant que son quatrième corps , commandé par le général Bulov^, Teût joint, et que Tarmée anglo-hollandaise fût rassemblée sur sa droite.
Les tirailleurs se rencontrèrent au village de Fleuras. Après quelques coups de canon , ceux de l'ennemi se reployèrent sur leur armée qu'on aperçut alors en ordre de bataille , la gauche au village de Sombref, à cheval sur la chauMée de Namur ; le centre au vil* lage de Ligny ; la droite au village de Saint-Amand; les réserves sur les hauteurs du moulin à vent de Bry , occupant une ligne de trois mille toises.
L*armée française fit halte et se forma ; il était dix heures du matin. Le troi-*
VIMMKE.
Isième corps en avaat de Fleurus, ayant à douze cents toises sur sa gauche la division Girard , le quatrième corps au centre, le maréchal Grouchy avec les corps de cavalerie de Pajol et d'Excelmans formant la droite. La garde, cavalerie, infanterie, artillerie et le corps des cuirassiers de Milhaud , se formèrent en deuxième ligne , sur le rideau qui domine la plaine derrière Fleurus.
L'Empereur, peu accompagné, parcourut la chaîne des vedettes, monta sur des hauteurs et des moulins à vent« et reconnut parfaitement la position de Tarmée ennemie ; elle présentait une force certainement supérieure à quatre* vingt mille hommes. Son front était couvert par un ravin profond, sa droite était en Tair. La ligne de bataille était perpendiculaire à la chaussée de Namur, aux Quatre-Bras, et dans la direction du village de Sombref à celui deGosselies; le point des Quatre-Bras était perpendiculaire derrière le milieu de la ligne. Il est évident que le maréchal blûcher ne s'attendait pas fc être attaqué ce jour même; il créait avoir le temps de compléter le rass^nblement de son armée, et d'être êp^ puyé sur sa droite par l'armée angle* hollandaise qui devait déboucher sur les Quatre-Bras, par les chaussées de Bruxelles et de Nivelles, dans la journée du 17.
Un officier d'état-major de la gauche fit le rapport que le maréchal Ney, au moment où il prenait les armes pour marcher à la i>osition en avant des Quatre-Bras, avait été arrêté par la canonnade qui s'était fait entendre sur son flanc droit» et par les rapports qu*il avait reçus, que les deux armées anglohollandaise et prusso-saxonne avaient déjà opéré leur réunion aux environs do Fleuras ; que dans cet état de cho« ses, s'il continuait son mouvement , il
CAMPAUB
serait tourné ; que du reste , il était prêt à exécuter les ordres que l'Empereur lui enverrsùt, aussitôt qu'il connattrait ce nouvel incident. L'Empe^ reur le blâma d'avoir déjà perdu huit heures; ce qu'il prétendait être un nouvel incident, existait depuis la veille; il lui réitéra l'ordre de se porter en avant des Quatre-Bras, et qu'aussitôt qu'il aurait pris position, il eût à détacher une colonne de huit mille hommes d'infanterie avec la division de cavalerie de Lerebvre-Desnouettes et vingt-huit pièces de canon , par la chaussée des Quatre-Bras à Namur; qu'elle quitterait cette chaussée au village de Marchais pour attaquer les hauteurs de Bry, sur les derrières de l'armée ennemie; ce détachement parti, il lui resterait encore dans sa position des Quatre-Bras trente-deux mille honmies et quatre-vingts pièces de canon (1), ce qui était suffisant pour tenir en échec les cantonnements de l'armée anglaise, qui pourraient arriver dans la journée du 16. Le maréchal Ney reçut cet ordre à onze heures et demie; il était avec son ayant-garde près de Frasne ; il devait avoir pris à midi sa position en avant des Quatre- Bras : or , des Quatre-Bras aux hau«
DE 48i5. 79B
teurs de Bry, il y a quatife WiS^ toise^; la colonne qu'il détacherait sur les derrières du maréchal BiQcher devait donc arriver avant deux heures du village de Marchais. La ligne qu'occupait l'armée près de Fleurus n'était pas oSen* sive. Une partie était masquée ; Tarmée prussienne dut être sans inquiétude.
IL Mais à deux heures, l'Empereur ordonna un changement de front sur Fleurus, la droite en avant. Cette manœuvre porta le troisième corps à deux portées de canon de Saint-Amand , le quatrième à deux portées de canon de Ligny, la droite à deux portées de canon de Sombref. Le général Girard^ avec la troisième division du deuxième corps , se trouva être en potence sur l'extrémité de la droite de l'armée prussienne. Le ravin qui couvrait le front de la position de l'ennemi prenait naissance entre le troisième corps et la division Girard, de sorte que cette division était sur la rive gauche de c^ ravin. La garde et la cavalerie de Mît haud firent la même manoeuvre et sé trouvèrent en deuxième ligne à six cents toises , derrière le U*oisième et le quatrième corps. Le sixième corps, qui était en route de Gharieroi , reçut or« dre d'accélérer sa marche ^ «t de pron*
(1) Poree de l*«Ue gtoehe, 1« M, à la pointe év jmir t
â« Corps, 3 dit liions
i*f Corps , 4 divisions
Cuirassiers , Kellermann . . .
Garde, LefebTre-Desnouetles.
Inranlerie.
Garalerie.
Àrtillefie.
soo
ai,5oo
fiouches à fetl.
48,766 hommes.
i Infanterie 8,000 Cavaierio 8,000 Artillerie SH, Infanterie S4,S00' Cavalerie 5,800 Artillerie 1,0SS^
108 bouehes i ttn*
10,844 hommes. -^ S8 bouches à feu.
31,888 hommes. — 80 bouehes à feu.
N. B. Indipendianment de 9,300 hommes au pare de Cbarieroi.
L'BlintE.
dre position en avant de Fleurus , en réserve générale. Tout annonçait la perte de l'armée prussienne. Le comte Géhakd s'étant approché de TEmpereurpour demander quelques instructions pour Tattaque du village de Li* gny , ce prince lui dit : « Il se peut que » dans trois heures le sort de la guerre » soit décidé. Si Ney exécute bien ses » ordres , il ne s'échappera pas un » canon de Farmée prussienne; elle V est prise en flagrant délit (1). »
À trois heures après midi , le troisiè* me corps aborda le village de Saint- Amand. Un quart d'heure après, le quatrième corps aborda le village de Ligny^etle maréchal Grouchy reploya la gauche de l'armée prussienne.
Toutes les positions et maisons situées sur la droite du ravin furent emportées, et l'armée ennemie rejetée sur la rive gauche. Le reste du troisième corps de l'armée prussienne arriva pendant la bataille par le village de Sombref , ce qui porta la force de l'armée ennemie à quatre-vingt-dix mille hommes. L'armée française, y compris le sixième corps, qui resta constamment en réserve , était de soixante-dix mille hommes ; moins de soixante mille donnèrent. Le village de Ligny fut pris et repris quatre fois.
Le comte Gékabd s'y couvrit de gloire et y montra autant d'intrépidité que de talent. L'attaque fut plus faible au village de Saint-Âmand , qui fut aussi pris et repris; mais il fut emporté par le général Girard , qui ayant reçu l'ordre d'avancer par la gauche du ravin avec sa division , la troisième du deuxième corps, y déploya cette intrépidité dont il a donné tant d'exemples dans sa carrière militaire. Il culbuta à la baïonnette tout ce qui voulut s'opposer à sa marche, et s'empara de la moitié du village; mais il tomba blessé à mort. Le troisième corps se maintint dans l'autre partie de ce village (2). Il était cinq heures et demie.
(S) Ce fui la division Lefol qui eut rhonoear de commencer le feu et de culbuter les trois bataillons prussiens qui défendaient Saint- A.mtnd. Elle s'acquitta noblement de sa mission, car elle s'empara du village, malgré les eflforts de l'ennemi . Le général Lefol, entré le premier dans Saint-Amand, eut un cheval tué daos un verger, et faillit y être priionnier au moment où son neveu, qui était son aide-decamp, mettait pied i terre pour lui donner son cheval.
Le combat se prolongea avec des avantages balancés jusqu*au soir ; toutefois les Prussiens ne purent reprendre, ni Téglise ni le cimetière, dont la division Lefol s'était si vigoureusement emparée dès le matin. (les derniers Jawre de
(i) L^ârmée (^ancalso sur Ligny èUlt forts de soixante-onze mille hommes , et deux cent quarante bouches à fsn ^ savoir :
a* Corps, division Girard
8* Corps
4* Corps
S* Corps
Garde
Corps de cavalerie Psjol.
idem irExcelmans . . . .
Idm de Mllbaud
Infanterie.
Cavalerie.
Artillerie.
fiouchesâfeu.
4a,ooo
71,010 hommes.
910 bouches i fèn.
l'Empereur faisait exécuter plusieurs manœuvres à Finfanterie de sa garde pour la porter sur Ligny, lorsque le général Vandamme donna avis qu'une colonne de trente mille hommes , infanterie, cavalerie, artillerie, s'avançait sur Fleurus; qu'on l'avait d'abord prise pour la colonne détachée de la gauche , mais outre qu'elle était beaucoup plus forte , elle venait par une route différente; que les troupes du général Girard Tayant reconnue pour
la Grande-Armée, par le capiuine Hippolyte de Mauduit.)
: M. LeM, alors aide-de-camp du général et aujourd'hui trésorier de TÉcole militaire de Saint-Gyr, vient de publier sur le retour de KapoIéOQ de nie d'Elbe et sur la campagne de 1S15, des Souvenirs (\và doivent être consultés. Voici ce qu*on trouve dans ce livre au sujet de certains propos attribués an maréchal Ney, lorsque Ton connut à Paris le dél>arquement de TEmpereur. Nous n*avons jamais, quant à nous, accepté comme exacts, ces propos transmis par des personnes trop intéressées à jeter du bi&me sur le Maréchal. Mais ici, c'est un témoin qui raconte ce qu'il a entendu et son récit, empreint d'une simplicité antique, porte un tel cachet de vérité, qu'il nous semble impossible de s'y méprendre. Nous devons placer ce passage sous les yeux de nos lecteurs. « A sept heures du soir, le général Lefol faisait son entrée dans la ville (A vallon), à la tète de sa petite division : et comme j'avais fuit apprêter le dtner dans une salle du rez-de-cbaussée, donnant sur la cour, nous nous mimes de suite à table. Mais k peine étions-nous assis, que j'aperçus à travers nos croisées un officier général en grande tenue et portant uo chapeau à plumes blanches ; je sortis pour savoir quel était ce personnage, et lorsque je me trouvai en face de lui, je reconnus le maréchal Ney^ qui arrivait de Lons-le-Saulnier, après y avoir répandu ses proclamations, pour rejoindre TEuipcreur. L*ayani prévenu que le général Lcfol était là, il entra avec moi dans la salle à manger, se jeta au cou de mon oncle, et il y eut entre eux un feu croisé de demandes et de réponses que les circonstances leur dictaient. Le Maréchal se mit à table avec nous; et comme
ennemie, avaient en conséquence abandonné l'extrémité du village, et avaient pris position au bois pour couvrir Fleurus ; que son troisième corps luimême en était' ébranlé , et que si la réserve n'arrivait pas pour arrêter cette colonne ^ il serait obligé d'évacuer Saint-Amand et de battre en retraite.
La manœuvre de cette colonne parut inexplicable. Elle avait donc passé entre le maréchal Ney et le maréchal Bl&cher, ou bien entre les Quatre-Bras
il avait bftte d'aller trouver TBmpereur, il nous demanda sans façon la permission de se servir, pour arriver plus vite, des chevaux que j'avais eu tant de peine à nous procurer.
» Pendant plus d'une heure que dura notre dtner, le Maréchal nous raconta tout ce qu'il avait fait, depuis le moment où il avait appris le retour de Napoléon. Il nous dit qu'il était d'autant plus heureux de cet événement, qu'il avait conservé pour l'Empereur la plus sincère fidélité; que d'ailleurs, il n'avait pas trouvé à la cour de Louis XVUI, l'accueil qu'il devait s'aueodre à y recevoir ; que sa femme n'y était nullement considérée; qu'elle y avait toi^ours été traitée comme une parvenue. Il ajouta que l'on faisait déjà courir le bruit qu'il avait pro<mis au Roi, en prenant congé de lui aux Tuileries, quelques jours auparavant, de lui ramener Bonaparte, mort ou vif, dam une cage de fer ; que c'était une insigne calomnie. Et, s'adressant à mon onde-. Vous meconnaistet depuis assez longtemps, Lefol, pour me croire incapable d'avoir tenu un pareil langage Disaii-il vrai? L'histoire soutient que
non; moi, je dis oui, parce qu'en parlant ainsi, sa noble figure exprimait la franchise la plus sincère Après s'être fait raconter par le général et par moi, par quel hasard uous avions rejoint l'Empereur, il embrassa de nouveau mon oncle, me tendit la main et nous quitta. Le lendemain, il était à Auxerre avec Napoléon, qui de ce moment ne dut plus douter de la réusssite de son entreprise miraculeuse. » {Souvenirs sur le retour de l'empereur Ifapoléon de l'île d'Elbeet sur la campagne dei^ih, pendant les Cent- Jours, par M. Lefol, trésorier de l'école militaire de St-Gyr, ancien aldede-camp du général de division baron Lefol,)
LTUPllB.
et Gharleroi. Toutefois, l'avis s'en réitérant , l'Empereur arrêta la marche de la garde > et envoya en toute diUgenoe son ûde-de-eamp le générai De- Jean , <^cier de confiance , pour reoonnattre le nombre , la force et les intentions de cette colonne. Une heure après, on sut que cette colonne, préten^ due anglaise^était le premier corps commandé par le comte d'Erlon qui, ayant été laissé en réserve à deux lieues et demie des Quatre-Bras , accourait pour soutenir Tattaque de Saint -Àmand; que la division Girard, détrompée, avait repris sa position , et le troisième corps sa contenance. La garde continua alors son mouvement sur Ligny. Le général Pecheux , à la tôte de sa division, passa le ravin ; le comte Gérard, toute la garde , infanterie , cavalerie , artillerie , et les cuirassiers de Miihaud appuyèrent son mouvement. Toutes les réserves de l'ennemi furent culbutées à la baïonnette ; le centre de sa ligne fut percé. Quarante pièces de canon , huit drapeaux ou étendards , bon nombre de prisonniers , sont les trophées de cette journée. Le maréchal Groucby, les généraux Excelmans et P^jol se sont fott remarquer par leur intr^idité : le heutonant-général Monthion fut dans la nuit chargé de poursuivre la gauche des Prussiens. L'ennemi , dans ses rapports officiels , fait pcNrtor sa perte à vingt-cinq mille hommes tués, blessés ou prisonniers; sans compter vingt mille hommes qui se débandèrent et ravagèrent les rives de la Meuse jusqu'à Liège. La garde
et le sixième corps ne firent aucune p^rte; elle fut considérable au quatrième corps et aux corps de cavalerie d'Excehnans et de Pajol , et beaucoup moins considérable au troisième corps.
La division Girard, du deuxième corps, fut celle qui perdit davantage. La perte totale fut de près de six mille neuf cent cinquante hommes tués ou blessés (1). PIttsieun généraux ennemis furent tués ou blessés. Le maréchal Blucher fut culbuté par une charge de cuirassiers et foulé aux pieds des chevaux; mais les cuirassiers français continuèrent leur charge sans le Yoîr :
il faisait déjà nuit. Ce maréchal parvint à se sauver, froissé et à moitié estropié. La disproportion que l'on remarque entre les pertes des armées prussienne et française , provient de ce que les réserves de l'armée française furent tenues pendant toute la bataille hors de la portée du canon; de ce que les troisième et quatrième corps, qui étaient en première ligne, étaient masqués par des plis du terrain, tandis que l'armée prussienne était toute massée sur l'amphithéâtre qui va de Saint-Amand et Ligny aux hauteurs de Bry. Tous les boulets de l'armée française qui manquaient les premières lignes , frappaient dans les réser\es ; pas un coup n'était perdu. Le général Girard s'était distingué au passage du Tesin en 1800 ; il avait beaucoup contribué au gain de la bataille de Lutzen en 1813 ; c'était un des plus intrépides soldats (le l'armée française; il avait émineounent le feu sacré. L'Empereur,
(1) Perle de l'armée ft-ançaise à Ligny :
%• Corps , division Girard 4,900
SB Corps i,800
♦• Corps a,W»
1er Corps de cavalerie 300
2* idem <00
41» iàmm. 150
Garde 200
e,0MhOBI16S.
CAMPàftNX DB 1815.
satjs&it dtt comte Gérard « commandant le quatrième corps , lui destinait le bâton de maréchal de Tempire ; il le considérait comme une des espérances de la France.
III. Le prince d'Orange , dont le quartier ^général était à Braine-le- Comte, ne reçut qu'à la pointe du jour, le 16, Tordre du duc de Wellington de réunir ses troupes. Il se porta, avec la demième brigade de la troisième division belge, aux Quatre-Bras, pour soutenir une de ses brigades que commandait le prince Bernard de Saxe, qui, dès le 15, après avoir défendu Frasne, avait pris position entre les Quatre-Bras et Gennapes. Le prince d'Orange resta toute la matinée avec huit ou neuf mille Belges ou troupes de Nassau, infanterie, cavalerie, artillerie, sur cette position importante. Il savait que tous les cantonnements de l'armée anglo-hollandaise étaient levés et se dirigeaient par les routes de Bruxelles et de Nivelles sur les Quatre- Bras. Il sentait toute l'importance de cette position, puisque, si les alliés la perdaient, tous leurs cantonnements venant par la chaussée de Nivelles, ne pourraient faire leur jonction que par la traverse et derrière Gennapes. Si donc le maréchal Ney eût exécuté ses ordres, et se fût porté, avec ses quarante-trois mille hommes (1 ), à la pointe du jour du 16 sur les Quatre-Bras, il se fût emparé de cette position, et avec sa nombreuse cavalerie et artillerie légère, il eût mis en déroute et éparpillé cette division; bien plus, il pouvait attaquer les divisions de l'armée anglaise en marche, isolées sur les chaussées de
(1) Voyez page 787, le tableau de la composition de ces quarante-trois oïlile sept cent cinquante-six hommes.
Nivelles et de Bruxelles. A midi, ce maréchal ayant reçu les nouveaux ordres que l'Empereur lui envoya de Fleurus, marcha avec les trois divisions d'infanterie du deuxième corps, une division de cavalerie légère et une di-* vision des cuirassiers de Kellermann, en tout seize mille hommes d'infante* rie, trois mille hommes de cavalerie et quarante-quatre pièces de canon (vingtim ou vingt^eux mille hommes). 11 laissa en réserve en avant de Gosselies, pour observer Fleurus et assurer sa retraite, le premier corps fort de seize mille hommes d'infanterie, la division de cavalerie légère de la garde du général Lefcbvre-Desnouettes, et une division des cuirassiers de Kellermann, formant un total de seize mille hommes d'infanterie, quatre mille cinq cents hommes de cavalerie et soixantequatre bouches à feu. Ses tirailleurs engagèrent le combat à deux heures; mais ce ne fut qu'à trois heures, lorsque la canonnade de la bataille de Ligny se &t entendre dans toute sa force, qu'il aborda franchement l'ennemi.
Le prince d'Orange et sa division furent bientôt culbutés; mais elle fut soutenue par la division du prince de Brunswick et la cinquième division anglaise qui arrivaient en toute hâte et mal en ordre. Ces deux divisions étaient parties de Bruxelles à dix heures du matin, et avaient fait huit lieues; elles n'avaient ni artillerie ni cavalerie. Le combat se renouvela avec chaleur; l'ennemi avait la supériorité du nombre, puisque ia deuxième ligne du maréchal Ney était à trois lieues en arrière, mais l'artillerie et la cavalerie françaises étaient beaucoup plus nombreuses.
Les troupes de Brunswick, repoussées comme celles de Nassau, laissèrent beaucoup de morts, parmi lesquels le > prince régnant de Brunswick. Le 42«
rSMPlBE,
régiment écossais de la division Picton, s'étant mis en carré pour soutenir une charge de cuirassiers, fut enfoncé et taillé en pièces ; son colonel fut tué, son drapeau fut pris. Les tirailleurs français arrivaient déjà à la ferme des Quatre-Bras, lorsque la division des gardes anglaises n^ 1 et la division Alten n*" 3, arrivèrent au pas de course sur la chaussée de Nivelles; elles étaient également sans artillerie et sans cavalerie (1). Alors le maréchal Ney sentit le besoin de sa seconde ligne. Il l'envoya chercher , mais il était trop tard, il était six heures ; elle ne pouvait arriver sur le champ de bataille que vers huit heures. Le Maréchal se battit cependant avec son intrépidité ordinaire; les troupes françaises se couvrirent de gloire : et Tennemi, quoique double en infanterie, continuant à être fort inférieur en artillerie et en cavalerie, ne put faire aucun progrès ; mais
il profita du bois qui flanquait cette position, et la conserva jusqu'à la nuit. Le maréchal Ney prit sou quartiergénéral à Frasne, à mille toises des Quatre-Bras , et sa ligne de bataille à deux portées de canon de l'armée ennemie. Il fut joint par le premier corps que commandait le comte d'Erlon, dont le mouvement par Saint-Amand ne retarda l'arrivée que d'une demi^ heure. La perte de l'armée anglo-hollandaise est portée à neuf mille bornâmes (2) dans les récits officiels. La perte de l'armée française a été de trois mille quatre cents hommes (3). On sent facilement la cause de cette disproportion de pertes , lorsque l'on réfléchit que Tarmée anglo-hollandaise, privée d'artillerie et de cavalerie, dut rester en masse sous la mitraille de cinquante pièces de canon qui ne cessèrent pas de tirer depuis trois heures après midi jusqu'à huit heures du soir.
(1) Armée anglo-bollandaise, aui Quatre-Brai.
De troii heures après midi i aix heures du soir.
S* nWÎBion belfce
Division de Brunfwick
S* DiTision anglaise , général Picton.
Infanterie.
Garalerie.
Artillerie.
SS.iOO
De six heures i neuf heures do soir.
Comme ci-dessus frc Division angla 3e Division, général Alten.
tr« Division anglaise « général Cook.
~ lllei
Le reste de l*armée, rartillerie et la cavalerie , arrivèrent dans la nuit du 17 au 18.
(D Perte de Tarmée anglo-hollandaise aux Quatre-Bras :
Anglais 9,800 hommes.
Hanovriens 1,000
Belges et Nassau 3,000
Brunswlckois 9,500
ToUl.
0,00 hommes.
(8) Perte de l'armée française aux Quatre-Bras :
1er Corps . .' 0 hoamies.
9« Corps 5,000
Cavalerie Kellermann 900
Garde 100
ToUl .
5,400 hommes.
IV. Lo troisième corps de l'armée française bivouaqua sur le champ de bataille en avant de Saint-Amand , le quatrième corps mx avant de Ligny, le maréchal Grouchy à Sombref, la garde impériale sur les hauteurs de Bry , la eavalerie légère ayant des avant-postes jusque sur la chaussée de Namur; le sixième corps de réserve derrière Ligny. Blûcher battit en retraite sur Wavres en deux colonnes» l'une par Tilly , l'autre par Gembloux , où arriva à onze heures du soir, venant de Liège, le quatrième corps, commandé par le général Bulow. Les fuyards prussiens couvraient tout le pays et y commettaient les plus horribles ravages; Namur, les pays entre la. Sambre et la Meuse en étaient les victimes. La défidte de ces oppresseurs de la Belgique et de la rive gauche du Rhin, remplissait d'espoir et de joie les habitants de ces treize départements qui se voyaient déjà restitués à la grande famille de leurs affections. Le duc de Wellington passa la nuit aux Quatre-Bras ; les troupes anglaises continuèrent à lui arriver par les deux chaussées; elles étaient harassées de fatigue; elles avaient été en route la nuit du 16 au 16, la ioumée du 16 , et la nuit du 16 au 17.
V. À la pointe du jour du 17, le général Pajol , avec une division de son corps de eavalerie légère et la division d'infanterie Teste du sixième corps , se mit à la poursuite de Tannée prussienne dans la direction de Wavres, par les routes de Tiily et de Gembloux, et prit grand nombre de chariots et plusieurs pares de caissons. Le maréchal Ney avait reçu l'ordre de se porter sur les Quatre-Bras à la pointe du jour, et d'attaquer vivement Tarrière-garde anglaise. Le comte de Lob^iu, avec deux divisions d'infimterie 4c son
CAMPAGNE DE 1815. mi
corps, sa cavalerie légère et ies cui-
rassiers de Milbaud , se porta par la chaussée de Namur sur les Quatre-Bras, pour faveriser l'attaque du maréchid Ney , en prenant Tannée anglaise par son flanc. Le maréchal Grouchy partit avec le corps de cavalerie d'Excefanans et le troisième et le quatrième corps d'ui&nterie, pour appuyer le général Pajol et suivre Blûdler Tépée dans les reins, afin de Tempécher de se rallier. 11 avait T(H*dre positif de se tenir toujours entre la chaussée de Charleroi à Bruxelles et Blûcher , afin d'être constamment en communication et en me* sure de se réunir sur l'armée ; il était probable que le maréchal Blûcher se retirerait sur Wavres ; cet ordre pres« crivait qu'il y fût en même temps que lui ; si l'ennemi continuait à noanÂer sur Bruxelles et qu'il passât la nuit couvert par la forêt de Scngnes, qu'il le fit suivre jusqu'à la lisière de la forêt; s'il se retirait sur la Meuse, pour couvrir ses c<Hnmunications avec l'Allemagne, qu'il le fît observer par Tavant-garde du général Pajd, et occupât Wavres avec la cavaîwie d'£x«celmans , le troisième et la quatrième corps d'infanterie , afin de se trouver en communication avec le quartiergénéral qui marchait sur la chaussée de Charleroi à Bruxelles., La troisième division du deuxième corps , qui avait beaucoup souffert à la bataille de Ligny , resta pour garder le champ de bataille et porter secours aux blessés. Ainsi l'armée française marchait ea deux colonnes sur Bruxelles , Tune de sçixante-neuf mille hommes et Tautre de trente-quatre mille.
L'Empereur visita le champ de bataille, fit donner du secours aux Messes. La perte des Prussiens était énorme; on voyait six de leurs cadavres PQur up cadavre français. Un graivi
Mi
L'SMPIKB.
nombre de UiMés qui n'avaient pas été secourus , le furent. Tous les pages et plusieurs officiers restèrent pour les veiller. Le jeune Gudin , fils du brave général de ce nom, qui fut tué en Buflsie au combat de Valoutina, se distingua par sa pitié. Ce devoir sacré rempli, Napoléon se porta au galop pour arriver aux Quatre-Bras en même temps que la cavalerie du comte de Lobau. U la joignit au village de Marchais , mais arrivé à la vua de la ferme des Quatre-Bras, il s^aperçut qu'elle était encore occupée par un corps de cavalerie an^se. Un moment après , ODfi reconnaissance da cent hussards français revint , vivement poussée par un régiment de cavalerie ufiglaise. La cavalerie française prit position; les c«»SBiers de Milbaud sur la droite^ laxsavaferid légère sur la gauche ; l'inlamerie se plaça an deuxième ligne et les batteries se mirant en position. Un parti de cinq cents chevaux fut envoyé pour communiquer avec Frasne, et «voir des nouvelles de la gauche. Gommiant étaii-eUe encore dans son camp , ette qui devait être en marche depuis sîxlietma du malin? Arrivés à la lisîèie du bois, lashusiards commencèrent à tirailler, mais ils ne tardèrent pas à se reconnaître avec les lanciers rouges de la garde qu'ils avaioait pris p^ur 4e8 Anglais. Des officiers âirent envoyés è l^ey pour le presser de déboucW sur les Quatre^Bras ; et immédiatement après, le comte de Lobau se reforma et mardia en avant. Une vivandière anglaise, qu'en aooena prisonnière, donna des nouvelles des mouvements de son anskée. JLe duc de Wellington n'avait m>pris que fort avMt àms la nuit le désastre de Ligny; il avait sur-le-cbanap ordonné de batr tre en retraite dans la direction de Bruxelle/s, laissant )e g^Oéral Us^brjdge
avec un corps de cavalerie et des batteries d'artillerie légère pour rarrièregarde. Le général Uxbridge se retira aus^tôt qu'il aperçut le corps d'armée du comte de Lobau. L'Ëmpweur, arrivé à la ferme des Quatre-Bras , & mettre douze pièces d'artillerie légère en batterie, qui s'engagèrent avee deux battmes anglMses. La pluie tooH hait par torrents, cependant les troupes de la gauche ne débouchaient pas encore; impatienté, on envoya l'ordre directement aux cheb de corps. Le comte d'Erlon parut enfin. D prit le tète de la colonne et se mit en devoi? de pousser vivement l'arrière^garde anglaise; le générai Beifie, avec le deuxitaie corps, le suivit. Lorsque Ney parut, l'Empereur lui témoigna son mécontentement de tant d'incertttade, de tant de lenteur , et de ce qu'il venati de M foire perdre trcHs heures bim précieuses. Ce maréchal balbutia, s'excusa sur ce qu'il croyait queWdlington était encore aux Quatre-Bras avec toute son armée. Le comte de Lobau siùvît le deuxième corps, la garde marcha après. Les cuirassiers de Milhaud , éclairés par une division de cavalerie légère de Psjol, commandée par le général Subervie , formèrent une colonne intermédiaire. L'Empereur ae porta à la tAte de l'armée ; le temps était affireux ; sur la ohaussée le soi<fail avait de l'eau jusqu'à mi-jambe ; dans les terres il enfonçait jusqu'aux genoux ; l'artillerie ne pouvait pas y passer, et la cavalerie n'y passait qu'aveo peine ; c'est ce qui rendit difficile la retraite de la cavelmeenneorâ, et mil à même l'actWene française de loî foire quelque uni. A six heures du scûr l'enoemi , qui n'avait ju8qu*ak»8 sou»
tenu la retraite qu'avec quelques pièces de canon, en dénuisqua quinae. Le ' temps était très «brumeux , il était imr
GAMPAfiNS PB iSi5.
|M>S9ibl6 de dislinguer la force de son arrière-garde; il était évident qu'elle était depuis peu de moments renforcée; et comme on n'était pas éloigné de laforôt de Soignes , il était probable qu'elle voulait tenir cette position pendant la nuit. Pour s'en assurer, les cuirassiers de Milhaud se déployèrent, et sous la protection du feu de quatre batteries d'artillerie légère , firent mine de charger; Tennemi démasqua alors cinquante ou soixante pièces de canon ; toute Tannée y était. II aurait fallu deux heures de jour de plus pour pouvoir l'attaquer. L'armée française prit position en avant de Planchenoit : le quartier-général se plaça à la ferme de Caillou , à deux mille quatre cents toises du village de Mont-Saint-Jean.
Pendant cette retraite , plusieurs officiers de cavalerie anglaise furent pris ei amenés à l'Empereur; plusieurs étaient blessés, il les fit panser par son chirurgien avant de les interroger , après quoi il les questionna sur la situation de leur armée , en se servant du général Flahaut pour interprète.
Parmi ces officiers, se trouvait le capitaine Elphinston. En traversant la chaussée de Bruxelles aux Quatre-Bras, il fut facile d'évaluer combien grande avait été la perte des Anglais, quoiqu'ils eussent déjà enterré la plus grande partie de leurs morts.
Le maréchal Grouchy avait poursuivi Blûoher par les routes de Mont- Gnibert et de Gémbloux; mais des ra{qK)rl8 hii ayant fait croire que la moeurs partie de l'armée prussienne s'étail retirée par Gembioux, il se porta avec ses principales forces sur ce point ; il y arriva le 16, à quatre heures du soir ; il y apprit que le corps de Bulovsr y était arrivé dans la nuit et n'avait pas assisté à la bataille; que le désordre était grand dans plusieurs
corps de l'armée prussienne ; que tous les villages environnants étaient pleins de blessés et de fuyards ; que ta désertion était déjà très considérable pi^rmi les troupes saxonnes, v^etsphaliennes, et même parmi les propres Prussiens.
Il envoya des reconnaissai^ces dans les deux directions de Wavres et de Liège à la suite des deux arrières- gardes ennemies qui s'y étaient retirées. Cela fait, Grouchy fit prendre position à ses troupes; il n'avait cependant fait que deux lieues. Sur le soir , il reçut des renseignements positifs que les principales forces de l'ennemi étaient dirigées sur Wavres , mais il était plus de six heures, les soldats faisaient leur soupe ; il jugea qu'il serait à temps , le lendemain , de suivre l'ennemi qui se trouvait ainsi avoir gagné trois heures sur lui. Cette funeste résolution est la cause principale de la perte de la bataille de Waterloo.
Pendant la nuit , la pluie continua à tomber , ce qui rendit à peu près impraticable pour l'artillerie , la cavalerie et même l'infai^terie , tout le plat pays. Pendant la journée du 17 , et la nuit du 17 au 18 , les flanqueurs de droite de l'armée française rendirent compte qu'ils étaient en communication avec ceux du maréchal Grouchy , qui avait poursuivi toute la journée le maréchal Blucher , sans qu'il se fût passé aucun événement important. A neuf heures du soir , le général Milhaud, qui avait marché avec son corps pour maintenir les communications avec le maréchal Grouchy , rendit compte qu'il avait eu connaissance d'une colonne de cavalerie ennemie, qui, de Tiliy s'était reployée en toute hâte sur Wavres. Un corps de deux mille chevaux fut dirigé sur Hall, menaçant de tourner la droite de la forêt de Soignes et de se porter sur Bruxelles ; le duc de Wellington ,
Mi
L'SMPIKB.
nombre de UiMés qui n'avaient pas été secourus , le furent. Tous les pages el plusieurs officiers restèrent pour les veiller. Le jeune Gudin, fils du brave général de ce nom, qui fut tué en Russie au combat de Valoutina, se distiiigua par sa pitié. Ce devoir sacré rampti, Napoléon se porta au galop pour arriver aux Quatre-Bras en même temps que la cavalerie du comte de Lobau. Il la joignit au village de Marchais , mais arrivé à la vue de la ferme des Quatre-Bras, il s*aperçut qu'elle était encore occupée par un corps de cavalerie anglaise. Un moment après , une reconnaissance da cent hussards français revint , vivement poussée par un régiment de cavalerie anglaise. La otvalatîe française prit position; les cvînisBÎers de Milhaud sur la droite^ laxsavaferid légère sur la gauche ; Tin* lamerie se plaça en deuxième ligne et les batteries se mirent en position. Un parti de cinq eents chevaux fut envoyé pour eomoMiniqaer avec Frasne, et avxnr des nouvelles de la gauche. Ck«i- BMit étaii-elle rausore dans son camp, ette qui devak être en marche depuis sîxlietina du miÉtn? Arrivés à la lisîèie du bois, las hussards commencèranià tàraiUer, mais ils m tardère&t pas à se recoonattre avec les lanciers rouges de la gsrde qu'ils avaient pris pour des Anglais. Des officiers fiirent envoyés è Ney pour le presser de déboucher sur les QuatrehBras ; et immédiatement après, le comte de Lobau se reforma et marcha en avant. Une vivandière aai^aiae, qu'on amena prisonni^e, doima des nouvelles des mouvements de son année. Le duc de WeUiogton n'avait m>pris que fort avant dws la nuit le désastre de Ligny ; il avait sur-le-champ ordonné de batr tre en retraite dans la dii^ection de Brnxelieg, laissait le g^Péral Uxbridge
avec un corps de cavalerie et des batteries d'artillerie légère pour l'arrièregarde. Le général Uxbridge se retira ausâtôt qu'il aperçut le corps d'armée du comte de Lobau. L'Bmp^eur, arrivé à la ferme des Quatre-Bras , 6i mettre douze pièces d'artillerie légère en batterie, qui s'engagèrent avœ deux batteries anglaises. La pluie toinbait par torrents, cependant les troupes de la gauche ne débouchaient pas encore; impatienté, on envoya l'ordre directement aux chefo de corps. Le comte d Erlon parut enfin. Il jprit la tète de la colonne et se mit en devoi? de pousser vivement Tarri^-garde anglaise; le général BeiUe, avec le deuxitaie ccHrps, le suivit. Lorsque Ney parut , l'Empereur lui témoigna son mécontentement de tant d'incertitade, de tant de lenteur , et de ce qu'il venaîl de M fiûre perdre trois heujres bim précieuses. Ce marédial balbutia, s'excusa sur ce qu'il croyait queWdlington était encore aux Quatre-Bras avec tonte s(m armée. Le comte de Lobm. soivil le deuxième corps, la garde marcha après. Les cuirassiers de Milhand , éclairés par une division de cavalerie légère de Pqol, commandée par le gâoiéral Subervie , formèrent une colonne intermédiaire. L'Empereur se porta à la tAte de l'armée ; le tempe était àlkeiu ; sur la obaussée le soldat avait de l'eau jusqu'à mi-jonhe ; dans les terres il enfonçait jusqu'aux genoux ; l'artillerie ne pouvait pas y passer, et la eavalerie n'y passait qu'aveo peine ; c'est ce qui rencUt diSeîle la retraite de la cavalerie ennemie, et mit à mtaie l'astmesie française de Iw &ire quelque uni. A six heures du soir l'euiemi , qui n'avait juaqu'akHs sour tenu la retratte qu'avec quelques pièces de canon, en démasqua quinae. Le ' temps était très.bnuueux , il était imr
CAMPAGNE PB i8i5.