SOS
|M>89tbi0 de dislinguer ia força de son amère*garde ; il était évident qu'elle était depuis peu de moments renforcée; et comme on n'était pas éloigné de laforôt de Soignes , il était probable qu'elle voulait tenir cette position pendant la nuit. Pour s'en assurer, les cuirassiers de Milhaud se déployèrent, et sous la protection du feu de quatre batteries d'artillerie légère, firent miné de charger; l'ennemi démasqua alors cinquante ou soixante pièces de canon ; toute l'armée y était. Il aurait fallu deux heures de jour de plus pour pouvoir l'attaquer. L'armée française prit position en avant de Planchenoit : le quartier-général se plaça à la ferme de Caillou , à deux mille quatre cents toises du village de Mont-Saint-Jean.
Pendant cette retraité , plusieurs officiers de cavalerie anglaise furent pris et amenés à l'Empereur; plusieurs étaient blessés, il les fit panser par son diirurgien avant de les interroger , après quoi il les questionna sur la situation de leur armée , en se servant du général Flahaut pour interprète.
Parmi ces officiers, se trouvait le capitaine Elphinston. En traversant la chaussée de Bruxelles aux Quatre-Bras, il fut facile d'évaluer combien grande avait été la perte des Anglais, quoiqu'ils eussent déjà enterré la plus grande partie de leurs morts.
Le maréchal Grouchy avait poursuivi Blûcher par les routes de Mont- Gmibert et de Gémbloux; mais des ra{qK)rts lui ayant fait croire que la majeure partie de l'armée prussienne s'éiaH retirée par Gémbloux, il se porta avec ses principales forces sur ce point ; il y arriva le 16, à quatre heures du soir ; il y apprit que le corps de Bulow y était arrivé dans la nuit et n'avait pas assisté à la bataille ; que le désordre était grand dans plusieurs
corps de l'armée prussienne ; que tous les villages environnants étaient pleins de blessés et de fuyards ; que (a désertion était déjà très considérable pt^rmi les troupes saxonnes, wetsphaliennes, et même parmi les propres Prussiens.
Il envoya des reconnaissances dans les deux directions de Wavres et de Liège à la suite des deux arrières- gardes ennemies qui s'y étaient retirées. Cela fait, Grouchy fit prendre position à ses troupes; il n'avait cependant fait que deux lieues. Sur le soir , il reçut des renseignements positifs que les principales forces de l'ennemi étaient dirigées sur Wavres , mais il éuit plus de six heures, les soldats faisaient leur soupe ; il jugea qu'il serait à temps , le lendemain , de suivre l'ennemi qui se trouvait ainsi avoir gagné trois heures sur lui. Cette funeste résolution est la cause principale de la perte de la bataille de Waterloo.
Pendant la nuit , la pluie continua à tomber , ce qui rendit à peu près impraticable pour l'artillerie , la cavalerie et môme rinfai^terie , tout le plat pays. Pendant la journée du 17 , et la nuit du 17 au 18 , les flanqueurs de droite de l'armée française rendirent compte qu'ils étaient en communication avec ceux du maréchal Grouchy , qui avait poursuivi toute la journée le maréchal Blûcher , sans qu'il se fût passé aucun événement important. A neuf heures du soir , le général Milhaud, qui avait marché avec son corps pour maintenir les communications avec le maréchal Grouchy , rendit compte qu'il avait eu connaissance d'une colonne de cavalerie ennemie , qui, de Tilly s'était reployée eu toute hâte sur Wavres. Un corps de deux mille chevaux fut dirigé sur Hall, menaçant de tourner la droite de la forêt de Soignes et de se porter sur Bruxelles ; le duc de Wellington ,
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alarmé, y envoya sa cpiatrième divi- sa retraite sor Bruxdles, smt pour se
sion d'infenterie : dans la nuit la cavalerie française rentra au camp , la division anglaise resta en observation et se trouva paralysée pendant la bataille.
VI. L'Empereur , avec les premier, deuxième, sixième corps d'infanterie, la garde » une division de cavalerie légère de Pajol et les deux corps de cuirassiers de Milhaud et de Kellermann, en tout soixante-huit mille neuf cent six hommes et deux cent quarantedeux pièces de canon, était campé en avant de Planchenoit, à cheval sur la grand'route de Bruxelles, à quatre lieues et demie de cette grande ville, ayant devant lui l'armée anglo-hollandaise, forte de quatre-vingt-dix mille hommes et dQ deux cent cinquantecinq pièces de canon, dont le quartiergénéral était à Waterloo. Le maréchal Grouchy, avec trente-quatre mille hommes et cent huit pièces de canon, devait être à Wavres; mais il éteit en effet en avant de Gembloux, ayant perdu de vue l'armée prussienne ; celleci était à Wavres. Ses quatre corps y étaient réunis, forts de soixante-quinze mille hommes.
A dix heures du soir, l'Empereur expédia un officier au maréchal Grouchy, que l'on supposait sur Wavres, pour lui faire connaître qu'il y aurait le lendemain une grande bataille ; que l'armée anglo-hollandaise était en position en avant de la forêt de Soignes, sa gauche appuyée au village de la Haye; qu'il lui ordonnait de détacher, avant le jour , de son camp de Wavres, une division de sept mille hommes de toutes armes et seize pièces de canon sur Saint-Lambert , pour se joindre à la droite de la Grande- Armée et opérer avec elle ; qu'aussitôt qu'il serait as^ sure que le maréchal Blucher aurait évacué Wavres, soit pour continuer
porter dans toutes autres directions , il devait marcher avec la majorité de ses troupes , pour appuyer le détachement qu'il aurait fait sur Saint- Lambert.
A onze heures du soir, une heure après que cette dépêche était expédiée, on reçut un rapport du maréchal Grouchy, daté de Gembloux, cinq heures du soir. Il rendait compte qu'il était avec son armée à GemUoux, ignorant la direction qu'avait prise le maréchal Blucher, et s'il s'était porté sur Bruxelles ou sur Liège; qu'en conséquence , il avait établi deux avantgardes , l'une entre Gembloux et Wavres, et l'autre à une lieue de Gembloux, dans la direction de Liège.
Ainsi, le maréchal Blucher lui avait échappé et était à trois lieues de lui !l! Le maréchal Grouchy n'avait fait que deux lieues dans la journée du 17. Un second officier lui fut envoyé à quatre heures du matin, pour lui réitérer l'ordre qui lui avait été expédié à dix heures du soir. Une heure après, à cinq heures, on reçut un nouveau rap* port, daté de Gembloux, deux heures du matin; ce maréchal rendait compte qu'il avait appris, à six heures du soir, que Blucher s'était dirigé avec tontes ses forces sur Wavres ; qu'en conséquence, il avait voulu l'y suivre à l'heure même ; mais que les troupes ayant déjà pris leur camp et fait la soupe, il ne partirait qu'au jour pour arriver de bonne heure devant Wa^ vres, ce qui attrait le même effet : que le soldat serait bien reposé et pkin d'ardeur.
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